NOU KA SONJÉ
YO
CÉ LI MINME KI LA
 
Vign_barel-et-honore-coppet
BAREL COPPET
Vign_sans-titre
Anatole COPPET dit Barel
(Batterie - Saxo - Clarinette - Piano)
Une force - une Légende - un Mythe

La musique engendre des gênes que l'on ne saurait contester. A la Martinique, et partout ailleurs, il y a des familles de musiciens. Le nom de ces familles à traversé le siécle d'un bout à l'autre ; parmi celle-ci, il en est une dont le nom résonne régulièrement aux Antilles Guyanes : La dynastie des Coppet.
Anatole dit Barel est le benjamin de : Hypolite, Honoré et Bayard tous trois musiciens de renom, sans oublier les cousins Ivanes et Hurard. Avant cette génération, il y eu les Jaron et Sena Gallion, surnommé Yon-Yon, grand maître du " Chouval Bois ". Cela nous ramène à la montagne du Vauclin lieu dit " la Humbert ". Cette commune est aussi le lieu de naissance de Barel. Des son jeune age, il se passionne pour les rythmes et son instrument de prédilection est la batterie. Barel ne se sépare jamais des baguettes qui lui servent à taper sur tout ce qui l'entoure. Quand ses frères animent une fête de quartier, ou un mariage, il se croit obliger d'être présent pour soutenir le tempo. Il y parvient à merveille et cela amuse la galerie ; ceci lui vaut des encouragements. Un musicien de la Guadeloupe, cultivateur de son état, accordéoniste et clarinettiste épouse la sœur aînée Cécilia Coppet.
Il se nomme Alfred Edmée dont le surnom est " Pays ". Il a été musicien en Guyane comme bien d'autres. " Pays " dirige un orchestre dont les musiciens sont les suivants : François Manclet au violon - Georges Manclet au trombone - Jules Manclet au violoncelle - Mencliére au banjo - " Pays " tien la clarinette et Jeannot la Batterie. C'est d'ailleurs ce dernier qui fait la joie de Barel. Non seulement il lui permet de " faire le bœuf " avec sa batterie, il la lui laisse afin qu'il s'entraîne.
Maman Coppet décéde et les époux Edmé décident de partir à la Guadeloupe en amenant le petit dernier. Barel est alors agé de quatorze ans. Bien que inscrit à l'école du quartier, le jeune batteur continue à suivre son beau-frère. Ainsi, il découvre d'autres orchestres mais aussi d'autres batteurs. Ceux-ci sont en compétition et se livrent à des concours d'agileté. Citons donc les meilleurs d'entre eux : Edouard Pajaniandy dit " Mariepin " - Robert Mavounzy - Antoine Duteil - Michel Berté - et bien sur notre Barel.

La lutte s'annonce difficile entre les deux meilleurs qui ne sont autres que Barel Coppet et Robert Mavounzy. Tous deux sont sollicites dans les grands orchestres locaux. Mavounzy étant déjà des l'age de onze ans le batteur attitré de l'orchestre " Fairness's Jazz " de Roger Fanfant. (Pour la petite histoire, sachez que ces cinq batteurs furent tous par la suite les meilleurs saxophonistes et clarinettistes ayant fait carrière en Europe).

Depuis quelque temps Barel est attiré par l'instrument de son beau frère. Cela s'explique, attendu que ses frères aînés Hypolite et Honoré sont déjà clarinettiste ainsi que leur cousin Hurard. Des que " Pays " s'absente Barel emprunte son instrument pour essayer d'en tirer des sons. Petit à petit, il y parvient avec beaucoup d'aisance, atel point qu'un jour il est surpris par le beau frère. Celui-ci est à la fois agacé, vu qu'il n'aime pas que l'on se serve de son instrument par mesure d'hygiéne mais découvre en même temps le talent du benjamin. Il pause donc ses conditions et demande à Barel de se procurer un bec pour continuer à se servir de la clarinette. Conforté par cette entente le clarinettiste débutant s'adresse à Hypolite qui non consent à lui offrire un bec, lui achéte une clarinette. Des lors Barel Coppet se comporte en " self made man ". Maîtrisant parfaitement la clarinette, il s'essaie au saxophone.
Bien que passionné par la musique, Barel pense à travailler. Il trouve donc un emploi dans l'entreprise en bâtiment que dirige Monsieur Antoine Bariosco. Il est âgé de dix sept ans. Considéré comme l'employé le plus sérieux et le plus assidu, il y travaille durant trois années. Nous sommes en 1940, et l'éclatement de la guerre perturbe toutes les entreprises.
Barel trouve un emploi de cordonnier aux établissements Séverin Kancel, rue Frébeau à Pointe - à - Pitre. Il y restera six ans. Entre temps, il effectuera son service militaire à Saint - Claude de janvier 1943 à février 1944. A la caserne, il monte un orchestre, à la grande joie de ses supérieurs. C'est surtout à cette période qu'il maîtrise le saxophone. Son succès est éclatant tant dans les bals de quartiers, qu'au messe des officiers et sous officiers.
Bien qu'ayant repris ses activités dans la même cordonnerie Barel envisage un retour au pays natal. La guerre prend fin et cela stimule le musicien. Apres quelques mois de réflexion et de prise de contact, il à la garantie de travailler avec son frère Honoré dans le dancing que dirige celui-ci " le moulin rouge aux Terres-Sainville " 1946 marque le retour de " l'enfant prodige ". Barel est paré de ses deux instruments. Il se fait connaître des musiciens Martiniquais en jouant avec son frère Honoré. Se faisant, il rencontre Paul Julvécourt et un tandem se forme. Il parcourent ensemble toutes les communes de la Martinique. Les deux musiciens ont un tel succès qu'il leur est suggéré d'aller en France. Le projet prend forme mais au tout dernier moment Julvécourt y renonce, pour rester aider sa maman. Barel s'en va en compagnie de son frère Honoré.
C'est au cri de " Honoré Coppet est à Paris " que les Frères Coppet sont accueillis à la gare Saint-Lazare. Les français veulent oublier leurs déboires de la triste guerre. Deux années se sont écoulées, et tous les orchestres antillais ont du travail. Les deux frères n'ont aucune difficulté à être embauchés. Pierre Louiss est à la recherche d'un saxophoniste c'est Antoine Duteil qui le dit à Barel. Les choses se font très vite et Barel passe le " baptême du feu " à la " Boule d'or " rue plumier dans le quinzième arrondissement de la capitale. Rapidement cela devient une grande escalade, il est à l'affiche " au Reflet des Iles " boulevard Pasteur, de la, il part au nouveau " casino de Nice ", à Lille il est au dancing " Le Bellevue ", à " l'Alambra " à Vichy.
En 1949, c'est Arcachon qui le reçoit au " Casino de la Plage ", il y restera trois mois, deux mois à Paris au cabaret " l'Amiral ", trois mois à Marseille, 15 quai des belges au " Priva Léopold Bar ". Le 2 mai 1950, une grande porte lui est ouverte. Il devient chef d'orchestre du Bal Nègre " Le Blomet ", c'est pour lui la consécration, il y restera dix ans. En 1955, lors d'un gala à la "brasserie floréal", boulevard Bonne Nouvelle, Barel est abordé par un dirigeant de la maison Philips qui lui fait signer son premier contrat d'enregistrement. Le saxophoniste - clarinettiste n'est pas prêt pour ce genre de choses, il est tout juste en train de s'initier au solfège et a l'harmonie. Qu'a cela ne tienne ! fou de joie, il prend son véhicule pour rentrer chez lui.
Chemin faisant, il met en place un air qui lui trotte dans la tête. Arrivé chez lui il ajuste les paroles et cela donne " Moin ni an l'Auto Nef ". Au bout de huit ou dix jour, il est en mesure d'affronter la maison Philips. Barel n'a ni un centime pour payer les frais de studio, ni un centime pour les musiciens. Il fait appel à ses frères et à ses amis. Tous sont sidérés, ne connaissant pas Barel compositeur. Il leur explique " le topo " et les répétitions commencent.
L'orchestre se compose de :

Bayard Coppet à la batterie - Honoré Coppet à la clarinette - Edmar Gob au saxo tenor - Pierre Rassin au trombonne - Germain Jallier à la tumba - Pierre Chonchon à la contrebasse - Madame Troubadour au piano - Roland Paterne à la guitare - Auguste Nabajoth au guiro et au chant et Barel au saxo alto et chef d'orchestre.
Tout le monde se souvient de ce gros succès des années " cinquante ". Cela vaut à Barel de faire le tour de l'Europe et de l'Afrique. Après une dizaine d'années d'euphorie et de voyage, il quitte " le Blomet " pour la " canne à sucre ". Il y demeure jusqu'en août 1967.

Discographie Partielle de BAREL COPPET
Ce sont maintenant les cinéastes qui le sollicitent :
Société Lumière Films (15 rue de Paris à Boulogne)
Casino de Salins les Bains (les artistes associés, Film Paris Blues)
Les Films Marceau (vive la nuit)
Le Samouraï, rue Quentin Bouchart (film Rhom Paris Rhom)
A.T.C. Boulogne (il est minuit docteur Schoetzer)
Merry Yves (plusieurs représentations)
De retour à la Martinique pour animer " le Manoir " avec Pierre Rassin en 1969 l'infatigable Barel y reste durant dix neuf ans. Comme pour se reposer Barel Coppet anime la seule boite ou l'on peut apprécier la musique traditionnelle à la Martinique. Il dispense aussi des cours de clarinette, piano et saxo à enfants et adultes, tout en continuant à répondre aux demandes de la Guyane et de la Guadeloupe sans oublier Paris.
Le 10 avril Barel Coppet est élevé au grade de chevalier de l'ordre du mérite. Il est considéré comme étant le dernier des clarinettiste antillais de l'ancienne garde.. Compositeur de talent, il possède la plus grande culture musicale des musiciens d'orchestre de danse. " j'ai laissé la clef sur la porte " aîme t'il chanter. Cette porte n'est autre que celle de son grand cœur qu'il ouvre à tous.

Barel Coppet décède а l'âge de 89 ans suite а un accident cardiaux vasculaire le dimanche 18 Octobre 2009 à 10h du matin au CHU Pierre Zobda-Quitman à Fort de France Martinique.

Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a salué lundi la mémoire d’un "gardien éclairé et vigilant" de la musique antillaise. Barel Coppet était un "maître et un modèle pour les jeunes Martiniquais désireux de perpétuer une tradition musicale dont il était le gardien tout à la fois éclairé et vigilant", écrit le ministre dans un communiqué. Ce musicien, qui était "une des figures les plus brillantes et les plus attachantes" de la musique antillaise, était aussi "une authentique figure de la vie parisienne" où il était "le roi de la biguine" dans les années 50, souligne le ministre. "Aux métropolitains, il faisait alors découvrir une autre culture, celle des îles, culture indissociablement autre et nôtre", rappelle M. Mitterrand.
Un article publié par Le Monde le 23 Octobre 2009 lui à été consacré.
(Aude BAGOE) 

POUR E  SAVOIR PLUS CLIQUE ICI
http://alrmab.free.fr/bcoppet.html
 
Vign_FA5408

BAREL et HONORÉ COPPET
BIGUINE et MERENGUE (1956-1959)

 

                                                                          L’arrivée du merengue en France en 1955
Tout au long des années cinquante à Paris, les musiciens antillais se rassemblaient autour de deux pôles d’attraction. Aux alentours de Pigalle et Montmartre, depuis la fin 1942, régnait le jazz antillais notamment à la célèbre brasserie de “La Cigale”. S’y distinguaient des musiciens de premier plan comme les saxophonistes Robert Mavounzy, Sylvio Siobud, ou encore le tromboniste Albert Lirvat. Devenu chef d’orchestre de La Cigale en janvier 1955, il en restera l’un des piliers jusqu’à sa fermeture en 1975 (cf. Al Lirvat and his Cigal’s Band, disque Frémeaux & Associés FA 5215). Sur la rive gauche de la Seine, dans le quartier de Montparnasse, se trouvait le domaine des musiques et danses traditionnelles des Antilles. La biguine, lancée à Paris par le clarinettiste martiniquais Alexandre Stellio peu avant l’Exposition Coloniale de 1931, avait été délaissée à partir de 1940, au début de l’occupation allemande. Après la Libération, elle avait retrouvé sa vitalité avec l’ouverture d’un nouveau cabaret antillais à Montparnasse : “La Canne à Sucre”, au n° 4 de la rue Sainte-Beuve. À partir de juillet 1945, s’y succédèrent les orchestres de Pierre Louiss, d’Ernest Léardée (septembre à novembre 1946), de Sam Castendet (durant cinq ans jusqu’en novembre 1951), puis celui du contrebassiste martiniquais Emmanuel Jude. En juillet 1955, à la suite de mauvaises affaires, la Canne à Sucre fut mise en liquidation judiciaire. Cet événement entraîna d’une certaine façon l’arrivée du merengue à Paris comme nous allons l’expliquer.

À cette époque, le guitariste et chanteur Gérard La Viny, étudiant guadeloupéen âgé de 22 ans, assurait avec brio l’animation du restaurant antillais “La Créole” tenu par Lilian Harley au 22 rue Cambacérès dans le 8e arrondissement. Il s’était lié d’amitié avec un client amoureux des Antilles, Pierre Robert, négociant en tissus à Paris. Sachant que la Canne à Sucre est à vendre, Pierre Robert fait part à son ami de son intention de racheter le cabaret sous réserve que Gérard en soit l’animateur. Ce dernier est tout de suite conquis. L’acquisition a lieu fin septembre 1955. Des travaux de rénovation sont aussitôt entrepris et la Canne à Sucre rouvre ses portes dès le 7 octobre avec un orchestre recruté sous la direction artistique de Gérard La Viny. La nouvelle se répand chez les amateurs d’ambiance antillaise et c’est bientôt l’affluence. Pour stimuler l’intérêt de la clientèle et la fidéliser, Gérard veut renouveler le répertoire et trouver des attractions inédites. En novembre 1955, il profite d’un voyage aux Antilles pour prospecter et s’informer des dernières tendances musicales. Dès son arrivée, il est emballé par la danse qu’on entend partout à la radio : le merengue de Saint-Domingue. Sa décision est prise : il va ramener le merengue et le lancer à Paris où personne encore ne le connaît. C’est le 21 décembre 1955 à la Canne à Sucre que Gérard La Viny présente au public pour la première fois en France et en Europe ce nouveau rythme qui fait fureur dans les deux Amériques. Une démonstration fut donnée ce soir-là par la danseuse Sandra et le danseur guadeloupéen Éribert Sylvère (qui se fera une réputation internationale de danseur de Limbo sous le nom de Ceyro). La presse conviée à cette première fit largement écho à l’événement, contribuant de manière décisive à la renommée de la Canne à Sucre. Ce succès conduisit Gérard La Viny à réaliser avec son orchestre antillais le premier disque de merengue enregistré en France. Comportant six titres en espagnol, ce disque de marque Festival fut parrainé par Joséphine Baker lors d’une réception donnée le 30 mars 1956 au Grand Hôtel de Paris. Un autre microsillon fut publié la même année pour “La Guilde du Jazz” avec douze titres sous la désignation : “Dansons le cha cha cha, le mambo, le merengue avec Géraldo La Viny et son orchestre”. Beaucoup de musiciens antillais présents à Paris voulurent à leur tour adopter la nouvelle danse et la mettre au programme de disques parus à cette époque : Pierre Rassin, Moune de Rivel, Al Lirvat et bien sûr Barel et Honoré Coppet qui font l’objet de la présente réédition. 

Le merengue prend ses racines en République Dominicaine, partie Est de l’ancienne île d’Hispaniola ou Saint-Domingue, Haïti formant l’autre partie. Ce territoire est devenu indépendant en 1844 après avoir été à diverses reprises sous domination espagnole, française, haïtienne. Le merengue serait apparu vers le milieu du XIXe siècle mais ses origines restent obscures, comme c’est le cas de beaucoup de danses caribéennes. La forme la plus répandue est le merengue des campagnes joué à l’accordéon. Sur un rythme soutenu à deux ou quatre temps, les pas de danse sont des plus basiques, se résumant à une marche au déhanchement accentué, chaque pied martelant le temps. Selon certains, ce serait l’imitation de la démarche des esclaves ou des forçats enchaînés. Selon d’autres ce serait la parodie populaire d’un ancien personnage politique qui souffrait de claudi-cation. Mais la thèse souvent avancée affirme que le merengue serait issu de l’un des mouvements d’une contredanse dénommée “Urpa” qui circulait dans les Grandes Antilles au début du XIXe siècle et se serait propagée de La Havane à Saint-Domingue en passant par Porto Rico. Pour promouvoir sa campagne présidentielle en 1930, le dictateur Rafael Trujillo fit jouer des orchestres sur les places publiques. Le merengue fut alors élevé au rang de danse nationale de la République Dominicaine. En dépit d’un premier rejet par la haute société, le merengue de salon a gagné progressivement le cœur de toutes les classes sociales de Saint-Domingue. Dans le courant des années cinquante, il a connu une grande popularité dans la communauté latine de New York. Les morceaux le plus en vogue aux Amériques à l’époque de l’introduction du merengue en France étaient sans nul doute ceux enregis-trés pour Ansonia Records par “Angel Viloria y su Conjunto Típico Cibaeño”. Plusieurs d’entre eux furent repris par Gérard La Viny. Ces disques sont caractérisés par la dominance du tandem accordéon saxophone alto (Angel Viloria et Ramón E. García) se répondant l’un à l’autre ou jouant à l’unisson sur des motifs à répétition, alertes et obsédants, conférant à la danse un pouvoir d’entraînement vers un état de transe. Il ne faut pas confondre le merengue dominicain avec sa voisine et homonyme “la méringue haïtienne”, plus élaborée, presque classique, influencée par la musique européenne de l’époque coloniale. Il en existe de très belles versions au piano seul ou en duo piano-violon par les frères Duroseau.

Les frères Honoré et Barel Coppet 

Honoré et Barel Coppet, natifs du Vauclin, petit village de pêcheurs sur la côte atlantique sud de la Martinique, sont deux figures majeures de la musique des Antilles. Honoré Boniface Coppet est né le 16 mai 1910. Il est le troisième enfant d’une famille qui en comptera sept : cinq garçons et deux filles, auxquels il faut ajouter deux autres garçons reconnus par leur père, issus d’une précédente union. Tous les enfants sont doués pour la musique, qu’ils pratiquent en autodidactes. Le jeune Honoré s’initie à la flûte traversière et commence à jouer dans les bals du Vauclin. Puis il se prend de passion pour la clarinette grâce à un oncle, Céna Galion, qui jouait de cet instrument en accompagnement d’un manège de chevaux de bois lors des fêtes communales. À l’âge de quinze ans, Honoré s’achète une clarinette d’occasion au magasin Sompeyrac de Fort-de-France avec l’argent économisé en travaillant comme peintre en bâtiment. Sans l’aide d’aucun professeur, il s’exerce avec persévérance pour trouver par lui-même la technique de l’instrument et se perfectionner. En 1925, il a la chance de voir et d’entendre une seule fois dans sa vie le clarinettiste Alexandre Stellio lors d’une représentation du cirque Urrutia sur la place de la Savane à Fort-de-France. Mais c’est le tromboniste Archange Saint-Hilaire, revenu de Paris quelques mois après son départ avec Stellio en 1929, qui formera véritablement Honoré au répertoire et au style de clarinette du maestro par l’écoute de ses disques 78 tours. C’est aussi avec Archange Saint-Hilaire qu’Honoré commencera à travailler comme musicien professionnel en 1934 au “Central Dancing”, en bas du boulevard Allègre qui longe le canal Levassor à Fort-de-France. Lors de la célébration du Tricentenaire du rattachement des Antilles à la France en 1935, il fait partie du “Caraïb’s Jazz” du saxophoniste Frantz Blérald au Parc Floral de Fort-de-France. Deux autres orchestres animèrent également ces manifestations : le “Bagoe’s Hot Jazz” d’Anderson Bagoé et le “Del’s Jazz Biguine” d’Eugène Delouche. Sur le boulevard Allègre se trouvaient deux autres salles de bal : le “Palais Schoelcher” et le “Select Tango”, où Honoré se produira jusqu’au début de la guerre avec l’Allemagne en 1939. Fin 1943, après la destitution de l’Amiral Robert et le ralliement de la Martinique aux Forces Françaises Libres, Honoré Coppet inaugure dans le quartier des Terres-Sainville son propre dancing baptisé “Le 103”, situé à ce numéro de la rue Brithmer (aujourd’hui avenue Jean Jaurès). Les danseurs s’y pressent aussitôt pour manifester leur joie après les années de privations subies durant le blocus de la Martinique. Accompagné d’un tromboniste nommé Éloi, du pianiste Jude Marlet et du batteur Vandestoc, Honoré le dirigera jusqu’en 1946. Il devient ensuite le chef d’orchestre du “Moulin Rouge”, autre dancing des Terres-Sainville connu aussi sous le nom de “Chez Pélage”. C’est à la fin de l’année 1946 qu’il est rejoint par son frère Barel, de dix ans son cadet, revenu de Guadeloupe pour participer au carnaval de 1947. À partir de ce moment et jusqu’à la fin de leur vie, les carrières des deux musiciens se suivront de près.

 

Anatole Coppet dit “Barel”,

né le 3 juillet 1920, est le benjamin de la fratrie. Tout jeune enfant, il accompagne son frère Honoré en jouant de la batterie sur une chaise avec deux baguettes. En 1934 survient la mort de leur mère. Âgé de 14 ans, Barel part en Guadeloupe avec sa sœur Cécilia qui avait épousé Alfred Edmée surnommé “Pays”, un clarinettiste guadeloupéen arrivé en Martini-que après un séjour de plusieurs années en Guyane. De retour en Guadeloupe, ce vétéran dirige un orchestre de six musiciens au “Rialto Palace”, dancing situé en bord de mer sur la rade de Pointe-à-Pitre. Barel, encore en culotte courte, intègre l’orchestre de son beau-frère à la batterie. Il cherche à égaler Robert Mavounzy, de trois ans son aîné, excellent batteur dans l’orchestre de Roger Fanfant. Mais le jeune Barel est davantage attiré par la clarinette de son beau-frère qu’il emprunte secrètement durant ses absences, jusqu’à ce qu’il soit un jour découvert. Un de ses frères résidant en Guadeloupe, Hippolyte Coppet, l’aide à s’acheter une clarinette d’occasion sur laquelle Barel fait de rapides progrès. Pour gagner sa vie, il travaille en 1939 dans une entreprise en bâtiment puis, de 1940 à 1945, comme cordonnier chez Séverin Kancel, marchand de chaussures rue Frébeau à Pointe-à-Pitre. Durant ces années-là, Barel Coppet se lie d’amitié avec le Guadeloupéen Émilien Antile, de cinq ans son cadet, banjoïste et clarinettiste débutant particulièrement doué avec lequel il forme en novembre 1941 un premier orchestre baptisé “Espérance”. Il le renommera ensuite “Caraïbe Jazz” quand Stéphane Benoît trouvera la notoriété avec son orchestre “Esperanza”  dans les années quarante. Ces débuts professionnels dans la musique sont interrompus durant treize mois par le service militaire que Barel effectue en 1943 et 1944 à Saint-Claude en Guadeloupe. Il s’achète un saxophone alto et anime à la caserne une petite formation de musiciens. Revenu à la vie civile, Barel reforme son premier orchestre avec Émilien Antile jusqu’à ce que celui-ci rejoigne l’ensemble “El Calderon” de Brunel Averne. Barel joue ensuite avec les meilleurs orchestres de Guadeloupe comme ceux de Roger Fanfant, Édouard Pajaniandy, Élie Chaudreau, Roger Cité, El Calderon… sans cesser d’exercer son activité de cordonnier. Fin 1946, il part rejoindre son frère Honoré à la Martinique, bien décidé à saisir la première occasion qui se présentera d’aller tenter sa chance à Paris.

 Les deux frères Coppet, réunis pour la première fois à la clarinette et au saxophone dans un même orchestre à la Martinique, obtiennent un triomphe lors du carnaval de 1947 tant au “Moulin Rouge” de Fort-de-France que dans les divers bals organisés dans l’île. Dès le carnaval fini, un ami de la famille, Asson Courreur, de passage à la Martinique, décide les deux musiciens à partir à Paris où ils devraient trouver sans mal une audience à la mesure de leur talent. Honoré vend tous ses biens et s’embarque sur le paquebot “Flandre”, accompagné de sa femme et de Barel âgé de 27 ans. Arrivés à Paris le 10 avril 1947, les deux frères sont engagés dans un petit bal de la rue Poissonnière. Ils font aussi quelques passages à la brasserie de la Cigale. Au bout d’un mois, ayant formé un petit orchestre avec le pianiste Louis Jean-Alphonse et le tromboniste Pierre Rassin, ils signent leur premier contrat à “La Boule d’Or”, 10 rue Plumet dans le 15e arrondissement. C’est à leur instigation que le patron de ce bal musette, situé à quelques pas du “Bal Nègre de la rue Blomet”, accepte de le reconvertir, le samedi et le dimanche, en bal antillais. Le Blomet était animé à ce moment-là par le clarinettiste guadeloupéen Louis Mogère. Les deux orchestres ne vont pas tarder à se faire une concurrence tout amicale, les clients naviguant le plus souvent d’un établissement à l’autre au cours de la même soirée. En octobre 1947, les deux bals s’échangent leurs orchestres. Loulou Mogère vient à la Boule d’Or et Honoré Coppet rejoint le Bal Blomet. Il y restera deux ans et demi. Barel choisit alors de suivre son propre chemin. Après un court passage au “Reflet des Îles”, brasserie du Boulevard Pasteur tenue par un ancien boxeur, il intègre l’orchestre du trompettiste et guitariste martiniquais Pierre Louiss.

Cependant, dès leur arrivée à Paris, les deux frères avaient pris conscience du handicap représenté par leurs lacunes en théorie musicale. Ils vont s’empresser d’y remédier en prenant des cours de solfège, d’harmonie et de composition avec des professeurs de conservatoire. Honoré raconte à ce propos la mésaventure subie durant son passage à la Boule d’Or. Un chef d’orchestre présent dans la salle un soir, enthousiasmé par la virtuosité du clarinettiste, veut l’avoir en vedette pour une tournée de six mois sur la Côte d’Azur. Rendez-vous est pris le lendemain matin pour une répétition dans un studio de Pigalle. À son arrivée, Honoré voit onze musiciens cubains et européens, chacun devant son pupitre, et un douzième pupitre qui l’attend, chargé d’un monceau de partitions. Honteux et confus, il s’excuse auprès du chef d’orchestre et lui avoue ne pas savoir lire une note de musique. Sur le chemin du retour, il attend le métro sur un banc de la station en réfléchissant à sa mésaventure. La rame arrive en gare, Honoré se précipite dans la voiture, la porte se referme et il a juste le temps d’apercevoir sur le banc l’étui oublié contenant sa clarinette, un modèle spécial en ébène à pavillon recourbé en métal. À l’arrêt suivant, il fait appeler le chef de la station qu’il vient de quitter. Trop tard hélas… l’instrument avait déjà disparu !

Barel et Honoré, à force de travail et de persévérance, parviendront à acquérir un solide bagage musical qui leur permettra non seulement de faire face à toutes les situations mais encore de devenir plus tard des professeurs émérites, aimés et appréciés de leurs élèves. En mars 1948, à l’instigation d’Edmond Gisquet son ancien directeur d’école primaire retrouvé à Paris, Honoré Coppet réalise ses premiers enregistrements chez Odéon : quatre disques 78 tours de biguines, valses et mazurkas avec l’accompagnement du pianiste Louis Jean-Alphonse (1905-1981), du contrebassiste Fréjus Mauvois (1917-2002) et du batteur Paul Crémas “Orphélien” (1902-1972), réédités chez Frémeaux & Associés (“Parfum des Îles”, réf. FA 5080).

 

 Barel Coppet, au sein de l’orchestre de Pierre Louiss, passe au Casino de Nice (novembre-décembre 1947), au “Café Métropole” de Lausanne (hiver 1947-48), à l’Hôtel Bellevue de Lille (mars 1948), à “L’Alhambra” de Vichy (été 1948), au Casino d’Aix-en-Provence (fin 1948), à Berne puis à Bâle en Suisse (hiver 1948-49), à la brasserie “L’Amiral”, rue Arsène Houssaye à Paris (mai-juin 1949), au casino d’Arcachon (été 1949), au “Priva Léopold Bar”, un grand café situé 15 quai des Belges sur le Vieux Port de Marseille (fin 1949). Barel souhaite alors se fixer, tant pour avoir une vie de famille (il est père de deux enfants) que pour prendre le temps de compléter ses études musicales. Il se fait remplacer dans l’orchestre de Pierre Louiss par le saxophoniste guadeloupéen Lucien Popote. À Paris, il réunit une petite formation et prend la suite de son frère au Bal Blomet le 2 mars 1950. Il y jouera les samedis, dimanches et jours de fêtes durant 11 ans. En semaine, il est aussi durant trois ans le chef d’orchestre de “La Rose Rouge”, rue de la Harpe, le cabaret africain du danseur sénégalais Feral Benga (1906-1957). Cette période est entrecoupée de quelques saisons d’été ou de contrats de courte durée : brasserie “Le Floréal”, boulevard Bonne-Nouvelle à Paris (février 1955), “Le Floride” à Saint-Martin de Bréhal (juillet-août 1956), le “Palais de la Bière” à Nancy (mars-avril 1958), le Casino de Saint-Cast (juin-août 1960)… En 1954, Barel Coppet est admis à la SACEM en qualité d’auteur-compositeur.

 

Honoré Coppet ne quittera plus dès lors son île natale. Il occupera un poste de professeur de musique au SERMAC (Service Municipal d’Action Culturelle) de Fort-de-France et continuera de se produire à la clarinette et au saxophone alto dans des formations locales jusqu’à sa mort survenue le 20 mars 1990 à son domicile, au lieu-dit “Californie” dans la commune du Lamentin. Honoré Coppet était un homme généreux, chaleureux, modeste, d’une extrême simplicité. Il parlait de la musique avec un immense plaisir, heureux de raconter son histoire à ses visiteurs auxquels il accordait le meilleur accueil. Honoré Coppet, figure emblématique de la clarinette créole, est probablement celui qui s’est le plus approché de la sonorité à fleur de peau, de l’éloquence et du lyrisme de Stellio dont la musique exprimait  l’âme profonde de la Martinique.

Après le succès de son premier disque de merengue en 1956, Barel Coppet signe un contrat d’exclusivité chez Philips. Jusqu’en 1965, il réalise une dizaine de disques 45 tours, souvent en collaboration avec le tromboniste et arrangeur Al Lirvat. Il se produit au “Floréal” l’après-midi (1957-58) et au Blomet le soir. Barel reçoit un accueil enthousiaste lors de son premier retour à la Martinique pour le Carnaval, de mi-janvier à mi-février 1961, dans l’orchestre du batteur et clarinettiste martiniquais Sam Castendet. Une joute musicale avec l’orchestre local de Francisco (Frantz Charles-Denis) donna naissance à la fameuse biguine “Ti Coco”. Revenu à Paris, Barel quitte le Blomet le 14 juillet 1961. La salle de danse est alors sur sa fin. L’orchestre est repris durant quelques mois par le saxophoniste et percussionniste martiniquais José Benjamin, puis par un clarinettiste nommé Crampont, le dernier à s’y produire. En mai 1962, le bal s’arrêtera pour retrouver sa fonction première de débit de boisson et salle de billard. En juillet 1961, Barel part six mois pour l’ex Congo Belge qui avait accédé à l’indépendance en juin 1960. Il joue dans l’orchestre du tromboniste martiniquais Pierre Rassin qui avait obtenu un contrat dans un night-club à la mode intitulé “Le Showboat”, couru du tout Léopoldville et de sa jeunesse dorée. Barel reviendra ensuite à la Martinique presque à chaque Carnaval : une deuxième fois avec Sam Castendet (1962), puis dans l’orchestre de Pierre Louiss (1963), puis pour une tournée de six mois aux Antilles avec Al Lirvat, de décembre 1964 à avril 1965. 

 

Lors de ses séjours à Paris, Barel joue épisodiquement au “Bikini” mais aussi à la Canne à Sucre jusqu’en 1964 dans l’orchestre de Gérard la Viny. Il assure l’animation de nombreux galas et bals de mairies. Il forme avec Al Lirvat et Pierre Chonchon le “Trio des Îles” qui se produit chaque soir en attraction à la Canne à Sucre et dans plusieurs cabarets de Paris, de novembre 1965 à juillet 1967. En août 1967 Pierre Louiss, à la Martinique depuis 1964, le fait venir pour jouer quelques mois à l’Hôtel Lido de Schoelcher. Fin 1967, c’est Pierre Rassin, devenu propriétaire du night-club “Le Manoir” à Fort-de-France, qui fait appel à Barel Coppet pour remplacer le saxophoniste Émilien Antile reparti en Guadeloupe. Arrivé au début de l’année 1968 pour le Carnaval, Barel décide alors de se fixer définitivement dans son île. Il se produira pendant près de vingt ans au Manoir en compagnie de Pierre Rassin mais aussi dans la plupart des grands hôtels de l’île (Frantel, Méridien…). Excellent pédagogue, Barel Coppet va enseigner le solfège, l’harmonie, la technique instrumentale (piano, saxophone, clarinette) à de nombreux élèves de la Martinique, les faisant bénéficier de son savoir et de sa longue expérience musicale.

 

Barel Coppet apparaît comme figurant dans plusieurs films des années soixante, notamment dans “Paris Blues” en compagnie de Louis Armstrong (1961) et dans la scène finale du film qui lança l’inoubliable Cathy Rosier : “Le Samouraï” de Jean-Pierre Melville (1967) où l’on voit Barel un court instant au saxophone alto dans une boîte de jazz avec Al Lirvat et Pierre Chonchon. Barel Coppet est décédé à l’âge de 89 ans le matin du dimanche 18 octobre 2009 au CHU Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France, des suites d’un accident vasculaire cérébral. Toute la Martinique lui a rendu hommage au cours d’une veillée au stade Pierre Aliker puis lors d’une évocation musicale à l’Atrium. Ses funérailles ont été célébrées le 24 octobre à la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France, avant son inhumation au cimetière de La Joyau. Tout comme son frère Honoré, Barel Coppet était un homme au cœur immense, défenseur ardent et passionné de la tradition antillaise. Jusqu’à la fin de sa vie, il n’aura jamais manqué d’apporter son soutien à la musique de son pays. Il était un participant fidèle des Journées de la Harpe en Guadeloupe, Guyane, Martinique, manifestations au cours desquelles, au delà du répertoire classique, on célèbre chaque année un ou plusieurs compositeurs emblématiques de la musique des Antilles.

 

À propos de cette réédition

Les deux premières séances de cette réédition, dirigées successivement par Barel et Honoré Coppet, furent enregistrées en 1956 chez Philips et Odéon. Alors que Gérard La Viny reprend et chante en espagnol des merengues du répertoire dominicain, Barel fait preuve d’originalité en composant des merengues avec des paroles créoles, leur donnant ainsi une couleur locale amusante et inédite, propre à séduire la communauté antillaise de Métropole et d’Outre-mer. Tant par son rythme irrésistible, sa mélodie facile à retenir et ses paroles à l’humour désopilant, le merengue “Moin ni on loto nef” recueillit d’emblée un succès phénoménal, entraînant avec lui l’album Philips tout entier (titres 1 à 8). La séance se distingue par la qualité des arrangements de Barel Coppet et par l’extraordinaire cohésion d’un orchestre de dix musiciens comprenant : clarinette, saxophone alto, ténor, trombone, piano, basse, guitare et trois percussionnistes, réunis dans un feu d’artifice de swing et d’émotion. La batterie est tenue par Bayard Coppet, avant-dernier né de la fratrie. Pas un seul merengue qui ne nous fasse vibrer sur les chorus jubilatoires de Barel au saxo alto et sur ceux non moins swingants d’Edmar Gob au ténor. Ce musicien guadeloupéen né le 15 novembre 1917 à Sainte-Anne, passionné de jazz, se forma à l’écoute des disques de Don Byas, Coleman Hawkins, Charlie Parker, Sonny Stitt, Sonny Rollins. Il créa et dirigea en Guadeloupe de 1937 à 1954 un orchestre de jeunes, intitulé “Hot Swing Baby”. Il se lança à partir de 1954 dans une carrière en France métropolitaine et dirigea des orchestres de bals avant de revenir dans son pays en 1969 pour s’y consacrer à l’enseignement de la musique. Les autres instruments ne jouent pas en solo dans les merengues, occupés à nourrir ce généreux son d’ensemble produit par l’alliance des saxophones et du trombone. Par bonheur, la plupart des musiciens prennent un chorus dans les deux biguines (titres 3 et 6) où l’on peut entendre, outre les clarinettes de Barel et Honoré en introduction et en conclusion, les toniques interventions du trombone de Pierre Rassin. La formation est un peu remaniée dans la séance Odéon d’Honoré Coppet (titres 9 à 12). Elle ne comporte plus de trombone ni de guitare, et le piano est celui de René Léopold dans son style très typé. Les arrangements, toujours dus à Barel Coppet, sont de la même veine

La séance de 1957 (titres 13 à 16) se différencie par une guitare électrique très présente dans la biguine et dans la valse. Il s’agit de Pollo Malahel, converti à cet instrument dans les années cinquante. Quoique avec un son différent, on y retrouve l’élégance des solos de guitare à résonateur métallique enregistrés vingt ans plus tôt dans la formation du clarinettiste Eugène Delouche avec René Léopold au piano. Notons la présence d’une trompette dans les deux merengues. La séance de 1958 (titres 17 à 20) se situe dans un autre registre. Avec une formation réduite à quatre musiciens, Honoré Coppet renoue avec le style originel de la biguine martiniquaise. On y retrouve de manière inattendue le batteur Orphélien âgé de 56 ans, compagnon de Stellio de la première heure, qui nous chante les couplets de deux biguines satiriques de sa voix aigrelette si caractéristique. Il s’agit là de sa dernière prestation enregistrée. Les deux valses instrumentales (titres 18 et 20), de forme très classique, sont de toute beauté. Honoré nous les interprète d’un jet de clarinette, de la première à la dernière note, avec infiniment de nuances et de sentiment.

Le contraste est saisissant avec les quatre biguines finales (titres 21 à 24) enregistrées en 1959 avec un ensemble de neuf musiciens. Elles témoignent de la modernisation de la biguine en train de s’accomplir sous l’impulsion d’Al Lirvat, au trombone dans la formation. Inventeur du style de biguine “Wa-bap” dès le début des années cinquante, il est l’inspirateur d’arrangements pensés avec précision comportant introduction, coda, riffs, contrepoints de trombone et saxophones sur fond de polyrythmie de batterie et tumbas omniprésentes, imprimant à l’orchestre une dynamique enflammée. Honoré Coppet, disciple de Stellio jusque dans les merengues, illumine chacun de ses enregistrements des envolées lyriques de sa clarinette à la sonorité fluide et radieuse, au vibrato passionné, avec un goût marqué pour les incursions dans le registre aigu au risque du décrochage. En revanche, c’est à l’alto que son jeune frère Barel, davantage influencé par le jazz, donne sa pleine mesure. Il exploite à fond la mobilité et la souplesse du saxophone dans un style utilisant l’inflexion et la liaison des notes brèves, faisant ressortir les contours de la ligne mélodique. Après cette participation unique avec Honoré Coppet, Al Lirvat entamera avec Barel une collaboration assidue qui s’étalera sur une dizaine d’années pour donner naissance à de nombreux disques.

Jean-Pierre Meunier

© frémeaux & associés, groupe frémeaux colombini sa, 2013

SOURCE : 

http://www.fremeaux.com/index.php?option=com_virtuemart&page=shop.livrets&content_id=7696&product_id=1518&category_id=16

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
PAYOTT-1994
" Payott "
Hommage à Barel COPPET
Auteur Compositeur
Emission Présenté Par
Mano LOUTOBY, Edouard HERELLE
Henry PASTEL
TCI-LE 30-12-1994
Maîtrise D'ORCHESTRE : Victor THERME
AUDIO-VOL:01
hommage_a_barel_coppet_emission_payott_sur_tci-1994-vol-01
" Payott "
" Payott "
Hommage à Barel COPPET
Auteur Compositeur
Emission Présenté Par
Mano LOUTOBY, Edouard HERELLE
Henry PASTEL
TCI-LE 30-12-1994
Maîtrise D'ORCHESTRE : Victor THERME
AUDIO-VOL:02
hommage_a_barel_coppet_emission_payott_sur_tci-1994-vol-02
" Payott "
" Payott "
Hommage à Barel COPPET
Auteur Compositeur
Emission Présenté Par
Mano LOUTOBY, Edouard HERELLE
Henry PASTEL
TCI-LE 30-12-1994
Maîtrise D'ORCHESTRE : Victor THERME
AUDIO-VOL:03
hommage_a_barel_coppet_emission_payott_sur_tci-1994-vol-03
" Payott "
" Payott "
Hommage à Barel COPPET
Auteur Compositeur
Emission Présenté Par
Mano LOUTOBY, Edouard HERELLE
Henry PASTEL
TCI-LE 30-12-1994
Maîtrise D'ORCHESTRE : Victor THERME
AUDIO-VOL:04
hommage_a_barel_coppet_emission_payott_sur_tci-1994-vol-04
" Payott "
" Payott "
Hommage à Barel COPPET
Auteur Compositeur
Emission Présenté Par
Mano LOUTOBY, Edouard HERELLE
Henry PASTEL
TCI-LE 30-12-1994
Maîtrise D'ORCHESTRE : Victor THERME
AUDIO-VOL:05
hommage_a_barel_coppet_emission_payott_sur_tci-1994-vol-05
" Payott "
" Payott "
Hommage à Barel COPPET
Auteur Compositeur
Emission Présenté Par
Mano LOUTOBY, Edouard HERELLE
Henry PASTEL
TCI-LE 30-12-1994
Maîtrise D'ORCHESTRE : Victor THERME
AUDIO-VOL:06
hommage_a_barel_coppet_emission_payott_sur_tci-1994-vol-06-et_fin
BAREL COPPET
 

vign_2_ws52081117

vign_6_ws52081127

vign_7_ws52081150

vign_8_ws52081160

vign_9_ws52081164

vign_10_ws52081171

vign_11_ws52081175

vign_12_ws52081176

vign_13_ws52081177

vign_14_ws52081181
 

vign_u3610150308559_ws52081212

vign_sans-titre_ws52081211

vign_disque_ws64844182

vign_barel_copet_3_ws52081208

vign_114710950_ws52081206

vign_2_ws52081117

vign_6_ws52081127

vign_7_ws52081150

vign_13_ws52081177

vign_45_ws52081199
 
Vign_113896187
 
Vign_barel_coppet
 
Vign_barel-1
 
Vign_mister-lof-et-barel-coppet-jeunesse-vauclin-hit-parade-40-front
 
Vign_sans-titre
 
Vign_manoir_barel_claire_pascal_03
 
Vign_1922150
 
Vign_barel_coppet-2
 
Vign_114752323
 
Vign_7068
 
Vign_imagesca6rlzep
 
Vign_20-sans-titre-6
 
Vign_112456036
 
Vign_orchestre
 
Vign_imagesca7x28qa
 
Vign_disque-
 
Vign_4
 
Vign_16
 
Vign_barel_copet_3
 
Vign_2878989
 
Vign_10
 
Vign_barel_coppet
 
Vign_vignette_barel_coppet
 
Vign_barel_coppet_12
 
Vign_disque-
 
Vign_23-martinique-clarinette-127
 
Vign_17-martinique-clarinette-123
 
Vign_20-sans-titre-6
 
Vign_barel-et-honore-coppet-MERCI
 
Vign_BAREL-2
 
Vign_barel-1
 
Vign_barel_coppet
 
Vign_barel-5
 
Vign_barel-7
 
Vign_barel-6
 
Vign_merci---2
 
Vign_merci-3
 
Vign_merci-4
© 2011
Créer un site avec WebSelf