NOU KA SONJÉ
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CÉ LI MINME KI LA
Chalvet 14 février
Vign_ilmany-ok
Bonjour la Caraïbe, Chalvet 14 février 1974 Le 13 février 1974, la capitale de la Martinique est paralysée par des grèves commencées depuis le 17 janvier

Chalvet : 14 février 1974




"Chalvet 1974" est à n'en pas douter; l'un des événements les plus marquants dans la mémoire collective du monde agricole et des Martiniquais. Trente ans après, la Martinique semble vouloir se souvenir et honorer leur mémoire. Plusieurs manifestations ont été programmées, notamment à Fort-de-France et à Basse-Pointe.



Le 13 février 1974, la capitale de la Martinique est paralysée par des grèves commencées depuis le 17 janvier et qui allaient encore se durcir car les négociations entre patrons et les ouvriers n'ont rien donné. La grogne gagnait plusieurs communes; Rivière Pilote, le Larnentin, le Robert et Gros Morne. Les employés du public, du privé, les ouvriers, tous faisaient entendre leurs revendications. Les gendarmes qui avaient pour rôle de maintenir l'ordre rencontraient partout de grandes difficultés. La tension était à son comble dans le pays et la moindre manifestation se soldait par l'intervention des policiers qui étaient régulièrement assaillis par des jets de pierres. Ils répondaient à coups de gaz lacrymogène.
C'est dans ce contexte de crispation que la tragédie du jeudi 14 février va se dérouler, ce jour là partout dans l'île des foyers de protestations se déclaraient, les autorités avaient décidé de mettre un terme à la révolte ouvrière. C'est ainsi que dans le milieu de la matinée, sur le plateau de Chalvet à Basse Pointe les ouvriers se sont retrouvés nez à nez avec les forces de l'ordre. Ces derniers n'ont pas hésité à utiliser leurs armes. Au cours de cette fusillade de nombreux blessés, un gendarme aura également la main tranchée, il y a un mort : llmany Sérier, dit Renor, 55 ans, père de famille nombreuse. L'émoi est considérable les gendarmes sont accusés de meurtre.


llmany Sérier est enterré le surlendemain au Lorrain. Des centaines de personnes défilent derrière les centrales syndicales, les mots d'ordre syndicaux sont remplacés par des cris de vengeance "Orsetti assassin", "llmany nous te vengerons" et par des slogans politiques "à bas la répression coloniale, songé l'Algérie, songé l'lndochine, Martinique lévé". Deux heures avant l'enterrement, le corps d'un jeune homme de 19 ans ,Marie Louise, est découvert sur une plage de Basse Pointe, non loin de Chalvet. Des dizaines d'habitants s'agglutinent autour du corps et très vite les témoignages laissent entendre que Marie Louise figurait dans un groupe impliqué dans un affrontement avec les policiers.
Il a fallut ces deux morts de ce mois de février pour mettre un terme à la grève puisque le protocole de fin de conflit est signé le 19 février avec les syndicats. La détermination des ouvriers a permis de remporter une grande victoire pour le monde agricole. Les circonstances de la mort de Marie Louise n'ont jamais été élucidées et jusqu'en octobre 1974, plusieurs des ouvriers agricoles ou indépendantistes ont été arrêtés par les gendarmes. Par exemple, Alex Ferdinand; professeur d'histoire, a fait plusieurs jours de prison. Il a été arrêté et poursuivi pour entrave à la liberté de travail et violences à agents. Les poursuites judiciaires se sont soldées par des peines de prison avec sursis que l'amnistie est venue effacer.

Ilmany Sérier mort
sous les balles le 14
février 1974
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Combat Ouvrier N°898 Le journal Février 1974. Il y a 30 ans, deux ouvriers agricoles grévistes étaient assassinés à Chalvet au Lorrain. En Martinique, le 14 et le 16 février 1974, ...
www.combat-ouvrier.net/co898/898_
Février 1974
Il y a 30 ans, deux ouvriers agricoles grévistes étaient assassinés à Chalvet au Lorrain
En Martinique, le 14 et le 16 février 1974, étaient des journées noires.
Renord Ilmany, ouvrier agricole gréviste de 55 ans était assassiné par les gendarmes au lieu-dit Chalvet sur la commune de Basse-Pointe. Une embuscade avait été tendue contre les grévistes regroupés sur l’habitation Fonds Brulé au Lorrain. Une dizaine de camions de gendarmes poursuivaient les grévistes qui regagnaient en groupe la commune de Basse-Pointe. Un hélicoptère crachait sur eux des grenades lacrymogènes. C’est à ce moment que les ouvriers, accompagnés de jeunes militants, ont été pris en chasse par les gendarmes qui ont tiré. Plusieurs ont été blessés, Omer Cyrille, Guy Crétinoir, Rasroc, François Rosaz. Renord Ilmany est tué. Dans cette tuerie, un autre ouvrier trouvera la mort. Un jeune ouvrier maçon, gréviste, Georges Marie-Louise, sera retrouvé deux jours plus tard, gisant mort à l’embouchure de la rivière Capot également dans la commune du Lorrain, probablement après avoir été frappé à mort par les mebres des forces de répression, gendarmes ou autres. La soldatesque s’était une fois encore déchaînée contre des travailleurs en grève pour défendre leur pain et leurs droits.

La situation sociale en 1974
La situation des classes laborieuses s’était dégradée. Dans les années 70, les dernières usines à sucre avaient cessé de fumer. Pour les possédants, les békés, la canne ne permettait plus de faire suffisamment de profits. Après avoir touché des millions de subventions de l’Etat, ils avaient fermé les usines à sucre et investi dans l’import-export. De grands super-marchés apparaissaient. Des masses d’ouvriers agricoles perdaient toutes ressources, surtout les plus âgés. Les plus jeunes avaient pu trouver un emploi dans le bâtiment ou sur les plantations de bananes qui avaient pris la place des champs de cannes.
Les années 70 sont aussi marquées par des hausses de prix importantes. Les capitalistes ont décidé de faire payer la crise du pétrole aux masses laborieuses. Le gouvernement français à leur service, fait marcher la planche à billet. Le passage au nouveau franc complique encore les choses pour les travailleurs et rend le coût de la vie de plus en plus élevé. Tout est cher: l’essence, les transports, les marchandises de première nécessité, huile, pain, farine, poisson. La misère s’installe dans les foyers des travailleurs.
Parallèlement, on assiste à une recrudescence de l’arrogance des patrons, et de l’administration coloniale qui voudraient imposer à la population ce recul social. Alors, les escarmouches de type raciste se multiplient entre patrons békés et travailleurs et chômeurs. En Martinique, le Conseil Général dirigé par Emile Maurice et sa majorité de droite suit fidèlement cette politique.

Les travailleurs ne se laissent pas faire
Dès la fin de l’année 1973, on assiste à une multiplication des conflits. Les travailleurs revendiquent des augmentations de salaire importantes pour compenser les hausses des prix. Ils refusent le saupoudrage et les miettes acceptées trop souvent par les directions syndicales.
Les salariés du journal France-Antilles dressés contre leur patron Hersant font grève depuis deux mois. Les ouvriers du Bâtiment sont à leur troisième semaine de grève illimitée. Ils exigent 25% d’augmentation sur leur salaire. Après le 28 décembre 1973, les salariés de l’ex-SPEDEM, aujourd’hui EDF Martinique, se préparaient eux aussi à rentrer en grève, suite à une entourloupette du préfet de l’époque, le dénommé Orsetti, qui renvoyait une négociation prévue sur leurs revendications à la fin du mois de janvier. Ils rentrent en grève non-limitée le 7 février.
Lorsque l’administration décide début janvier d’augmenter le tarif des cantines, les collégiens des CET, fils et filles de travailleurs, vont eux aussi descendre dans les rues pour refuser les augmentations. Ils auront le soutien de leurs parents et de l’ensemble de la population et se trouveront bien souvent au coude à coude avec les grévistes, notamment ceux du bâtiment, dans les manifestations.
Les ouvriers agricoles eux aussi sont en grève depuis le 17 janvier 1974, pour des augmentations de salaire . Ils réclament notamment la suppression du SMAG qui est le salaire minimum garanti dans l’agriculture, plus bas que le SMIG et veulent un salaire de 35.46F pour huit heures de travail. Sur certaines plantations, ils sont aidés par de jeunes militants issus du mouvement nationaliste.

Préparation de la grève générale du 12 Février
Devant l’ampleur des mouvements sociaux, les directions syndicales de l’époque, la CGTM, la CGTT-FO, et CFTC ont lancé un mot d’ordre de grève générale illimitée à partir du 11 février. Elles ont mis sur pied une plate-forme de revendications en 12 points dont l’alignement du SMIC et les allocations familiales sur ceux de la France. Mais ces directions, apparaissaient plutôt timorée à beaucoup de travailleurs. Elles ne semblent pas prêtes à faire réellement du 12 février un succès pour arracher les revendications ouvrières, elles ne se montrent pas présentes aux côtés des grévistes.
Pourtant dans les secteurs en lutte, la détermination des travailleurs est grande et les grèves se sont radicalisées face à l’arrogance patronale (coupures d’électricité, débauchages sur les chantiers, riposte à coups de pierre aux interventions policières dans les manifestations).
Alors, des jeunes travailleurs, certains d’entre eux politisés, appelleront leurs camarades à prendre leur mouvement en main et à mettre en place des «comités de grève» pour garder le contrôle du mouvement jusqu’à la satisfaction des revendications. Et les travailleurs des secteurs en lutte se rejoignent à la Maison des Syndicats, ou encore dans les manifestations, lors des débauchages.

Succès de la grève du 12 Février et du 13 février
Le 12 février, environ 5000 travailleurs de tous les secteurs, se retrouvent dans les rues de Fort de France pour réclamer des augmentations de salaires, fustiger les patrons et le gouvernement. Les jeunes des collèges et des lycées sont également dans les rues. Fort de France est ville morte. En fin de journée, la grève est reconduite après une assemblée générale des travailleurs à Fort de France. Le lendemain, la situation est tendue.
Après plus de deux mois de grève pour certains secteurs, l’heure n’est pas aux défilés-promenade. Des grévistes se répandent par petits groupes dans les rues de Fort de France. Ils obligent les magasins qui ont ouvert leurs portes à baisser les rideaux pour respecter la grève. Au soir du deuxième jour, la grève générale n’est pas arrêtée.
Mais les directions syndicales tirent en arrière. Elles craignent d’être débordées par la base, trop déterminée. Les partis politiques tels le PCM ou le PPM, iront jusqu’à faire chorus avec l’administration en dénonçant dans leur presse ou dans des communiqués, les «agitateurs gauchistes» .

La tuerie de Chalvet
C’est dans ce contexte, que la préfecture avec à sa tête le préfet Orsetti et à la demande du patronat de la SICABAM (organisation des planteurs békés de l’époque), décidera de mettre un coup d’arrêt sanglant à cette grande mobilisation ouvrière. C’est dans les champs de banane au Lorrain qu’ils frapperont.

Fin de la grève générale
Choqués par l’assassinat d’un gréviste de l’agriculture, des masses de travailleurs, des grévistes, des politiciens, et aussi des gens «de tous les horizons sociaux», se regrouperont pour célébrer ses obsèques. Ils se retrouveront dans la même émotion au moment des obsèques du jeune Marie-Louise. La grève générale n’était plus à l’ordre du jour.
La répression policière scélérate avait été orchestrée par les possédants et leur pouvoir pour casser le mouvement ouvrier.
Les mobilisations ouvrières continuèrent néanmoins plusieurs jours encore même si elle n’étaient plus aussi massives. C’était le cas des employés de l’entreprise Figuères chargée du ramassage des ordures ménagères à Fort de France, de ceux des boulangeries, ou des banques et des hôpitaux.
Et le 19 février 1974, le quotidien France-Antilles qu’on ne pouvait soupçonner de quelconque sympathie pour les grévistes titrait encore «situation confuse sur le front social».
Le 21 février 1974, un accord fut signé dans la banane. Les patrons bananiers acceptaient de payer la journée de travail de huit heures à 39.50F.
Avec leurs frères les plus exploités, les travailleurs de Martinique avaient fait reculer le patronat béké de l’agriculture. Dans d’autres secteurs, tels le bâtiment ou à la SPEDEM, des revendications importantes furent arrachées. Les patrons et tous ceux qui sont à leur service, leur avaient fait lourdement payer ces avancées. Cette page écrite du sang des ouvriers fait aujourd’hui partie de leur histoire et de leur quête de respect et de dignité pour une vie meilleure.
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Chalvet, février 1974,19 févr. 2006 ... Kolo Barts a rappelé à la mémoire. Il y a 32 ans, deux ouvriers agricoles MM. Marie-Louise et Ilmany disparaissaient dans des conditions ...
www.bondamanjak.com/martinique/...

Chalvet, février 1974,
Dimanche, 19 Février 2006 15:05
Kolo Barts l'a rappelé à la mémoire. Il y a 32 ans, deux ouvriers agricoles MM. Marie-Louise et Ilmany disparaissaient dans des conditions que l?histoire a conservées sous le nom de «Chalvet, février 74». Souvenirs. Kolo Barts l'a rappelé à la mémoire. Il y a 32 ans, deux ouvriers agricoles MM. Marie-Louise (19 ans) et Ilmany (55 ans) disparaissaient dans des conditions que l'histoire a conservées sous le nom de «Chalvet, février 74». Souvenirs. Année 1974. En France, l'ère gaulliste touche à son terme. Le Président Georges Pompidou, malade, mourrant, va brutalement laisser la place à Valéry Giscard d'Estaing. La Martinique elle, somnole sous le soleil colonial. Le clivage nanti/pauvre, citadin/rural est toujours prégnant. Les milliers de voitures, les dizaines de chaînes de télévisions, les multiples centres commerciaux, l'égoïsme, l'invasion européenne, n'ont pas encore ravagé le pays. L'Habitation agricole béké emploie encore des milliers de travailleurs. Pourtant c'est la crise, profonde, déterminante en ce que, c'est à partir de cette période, de ces évènements, que le pays va muter irrémédiablement, inexorablement et devenir ce qu'il est aujourd'hui un temple dédié à la consommation. A Basse-Pointe, sur l'Habitation Chalvet, c'est la grève. Les ouvriers agricoles réclament une augmentation de leur journée de travail à 5 francs. Là où les choses sont différentes et où l'on sort du schéma classique des grèves dans le monde agricole, c'est la présence avérée, comme l'affirmera trente ans après le curé de la paroisse, de jeunes gauchistes, révolutionnaires, étudiants ou fraîchement diplômés, venus pour la plupart de Fort-de-France. Encadrent-ils ? Manipulent-ils ou conseillent-ils les meneurs, les grévistes ? Les pouvoirs publics ont encore en mémoire le GONG'' guadeloupéen, l'OJAM martiniquaise. Il est hors de question que puisse être remis en cause l'ordre établi. Alors, le Préfet fera donner la troupe. Aujourd'hui Kolo Barts chante « Enfants, enfants écoutez ce qui s'est passé : c'était en février 1974, dans un champ d'ananas, tout près de la commune de Basse-Pointe, sur l'habitation Chalvet dont les terres appartiennent au béké ». Beaucoup des protagonistes de cette tragique affaire sont encore en vie. Il est sans doute trop tôt pour connaitre toute la vérité sur ces évènements qui appartiennent désormais à l'histoire.
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nasyon matnik peyi a sé ta nou |2006-02-20 02:33:08

C'est dans ce contexte de misère, de mécontentement et de luttes, que va
démarrer la grève des ouvriers agricoles, le 17 janvier 1974 sur l'habitation
Vivé au Lorrain puis sur celles d'Assier et de Fond Brûlé. Un comité de
grève regroupant les 3 habitations est créé ; plus tard, c'est la création
du comité de grève des travailleurs Agricoles de la Martinique. Une
plate-forme revendicative est élaborée en 11 points. La grève est marchante.
Les travailleurs passent d'habitation en habitation pour informer et mobiliser
leurs frères de misère.

Malgré la campagne de désinformation
(France-Antilles, Préfet Orsetti, SICABAM?), la mobilisation est importante.
Environ 5000 personnes défilent à Fort-de-France. L'UPSOA (Union Patriotique
de Soutien avec les Ouvriers Agricoles) est crée.

Le 13 février, les
patrons proposent 32f au lieu des 35F46 réclamés. Les travailleurs repartent
pour expliquer, habitation par habitation, pourquoi il faut continuer à se
battre. C'est alors que sur la route de Basse-Pointe, à l'habitation Chalvet
que se produit le drame. Les ouvriers sont attaqués par 200 gendarmes en armes,
appuyés par un hélicoptère. Ils encerclent les grévistes et leur tirent
dessus. Manifestement, ils voulaient abattre des nègres. RENOR ILMANY, 55 ans
est tué. Plusieurs de ses camarades sont grièvement blessés : GUY CRETINOIR,
ROBERT CYRILLE, FRANÇOIS ROZAS ET HENRI RASTOCLE.

Le 16, pendant
l'enterrement d'Ilmany on apprend la mort du jeune MARIE-LOUISE, retrouvé sur
une plage non loin de la fusillade, dont le corps portait des traces de torture.
Le 19, signature d'un accord entre les patrons et la CGT : 35F50 pour 8h (mais
le SMAG continue d'exister), paiement des heures supplémentaires, pas de
licenciement. Malgré l'accord, la répression va continuer : licenciement,
procès, interpellations, refus d'embaucher... Mais les assassins ne sont pas
inquiétés.

Février 74, Lonè ek respé ba yo


kalinago |2006-02-20 14:38:02

février 1974
février 2006
par bien des aspects, notre situation s'est
dégradée.
Aujourd'hui, les gros propriétaires n'ont pas besoin de faire
appel aux mitrailleurs de l'Etat français pour leur basse besogne.
Ils n'ont
qu'à menacer les ouvriers de la banane de licenciement, sponsoriser un bwè
manjé géant (surtout bwè), et ce sont ces mêmes ouvriers désormais
macoutisés qui sont prêts à agresser leurs propres frères dans l'affaire de
la grande rivière

QUEL AVENIR POUR LA BANANE ?
Vendredi, 13 Janvier 2006 05:36
Aux Antilles, les deux produits phares de l'agriculture ne brillent plus de tous leurs feux... La canne à sucre (de plus en plus dédiée au rhum) vivote, la banane elle, se meurt. Pourtant dans l'univers de la petite tigrée, des experts de cet univers avouent : "il faut décliner le produit. On peut faire beaucoup de choses avec le bananier, les fibres de son tronc peuvent servir à faire du papier, la rampe florale, qui porte les fruits, est gorgée de vitamines, on peut décliner ce produit presque à l'infini". Pour l'heure, on est au stade du "y a qu'à ". Pour mémoire, rappelons que sous nos latitudes, on bénéficie de 12 heures de rayonnement solaire par jour et qu'en matière de politique énergétique (cf énergies renouvelables) nous sommes encore à la préhistoire... Et c'est toujours la même histoire.
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février 1974 martiniqueFEVRIER 1974. A partir des années 60, une grave crise secoue la filière canne. ... La Martinique subit les conséquences du « choc pétrolier » de 1973. ...
www.pkls.org/pajlistwa/fevriye74.htm
FEVRIER 1974

A partir des années 60, une grave crise secoue la filière canne. Les usines ferment. De 12 sucreries en 1962, on passe à 2 en 1974. Des 62 rhumeries en 1962, il n'en reste plus que 20 en 1974. Le chômage augmente considérablement. De 1967 à 1974, on dénombre 5000 chômeurs de plus. La banane remplace peu à peu la canne. Le secteur du bâtiment est touché de plein fouet aussi. De plus en plus les jeunes émigrent vers la France.

La Martinique subit les conséquences du « choc pétrolier » de 1973. Les pays producteurs de pétrole augmentent le prix du baril. Par ricochet et parce que les capitalistes veulent conserver leurs marges bénéficiaires, les prix flambent. L'inflation atteint les 20%. Le prix de l'huile est doublé, le prix du riz est triplé. Le bœuf, la morue, les transports… tout augmente.

Les travailleurs vivent une situation marquée par la précarité, pas de règles (durée plus de 12h, toujours plus de travail), utilisation de produits toxiques, pas de sécurité ni d'hygiène, salaires de misère pas de SMIC mais un SMAG à 29F55.

Tout cela a pour effet de provoquer un mécontentement dans la population, et chez les travailleurs. Entre fin 73 et début 74, les grèves et les manifestations vont se succéder : camionneurs, bâtiment, lycées, banques, dockers, SPDEM (Electricité)…

C'est dans ce contexte de misère, de mécontentement et de luttes, que va démarrer la grève des ouvriers agricoles, le 17 janvier 1974 sur l'habitation Vivé au Lorrain puis sur celles d'Assier et de Fond Brûlé. Un comité de grève regroupant les 3 habitations est créé ; plus tard, c'est la création du comité de grève des travailleurs Agricoles de la Martinique. Une plate-forme revendicative est élaborée en 11 points. La grève est marchante. Les travailleurs passent d'habitation en habitation pour informer et mobiliser leurs frères de misère.

Malgré la campagne de désinformation (France-Antilles, Préfet Orsetti, SICABAM…), la mobilisation est importante. Environ 5000 personnes défilent à Fort-de-France. L'UPSOA (Union Patriotique de Soutien avec les Ouvriers Agricoles) est crée.

Le 13 février, les patrons proposent 32f au lieu des 35F46 réclamés. Les travailleurs repartent pour expliquer, habitation par habitation, pourquoi il faut continuer à se battre. C'est alors que sur la route de Basse-Pointe, à l'habitation Chalvet que se produit le drame. Les ouvriers sont attaqués par 200 gendarmes en armes, appuyés par un hélicoptère. Ils encerclent les grévistes et leur tirent dessus. Manifestement, ils voulaient abattre des nègres. RENOR ILMANY, 55 ans est tué. Plusieurs de ses camarades sont grièvement blessés : GUY CRETINOIR, ROBERT CYRILLE, FRANÇOIS ROZAS ET HENRI RASTOCLE.

Le 16, pendant l'enterrement d'Ilmany on apprend la mort du jeune MARIE-LOUISE, retrouvé sur une plage non loin de la fusillade, dont le corps portait des traces de torture. Le 19, signature d'un accord entre les patrons et la CGT : 35F50 pour 8h (mais le SMAG continue d'exister), paiement des heures supplémentaires, pas de licenciement. Malgré l'accord, la répression va continuer : licenciement, procès, interpellations, refus d'embaucher... Mais les assassins ne sont pas inquiétés.

Février 74, Lonè ek respé ba yo
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Chronique du temps présent

L’article 74: un tout petit début de commencement d’autonomie…

Raphaël Confiant

13 Novembre 2009

L’article 74, ce n’est pas l’autonomie. Surtout quand on examine la liste plutôt restreinte des compétences demandées par le Congrès du 18 juin dernier: transport, éducation, environnement etc... Ce n’est que le tout petit début de commencement d’une certaine forme d’approche de l’autonomie. Quelque chose qui est de l’ordre du Coca-light par rapport au Coca normal. C’est pourquoi les cries d’orfraie de la Droite et du néo-PPM ont quelque chose à la fois de malhonnête et scandaleux. Surtout le PPM avec sa prétendue «période d’expérimentation de six ans», lui qui n’a eu de cesse de réclamer l’autonomie pendant 50 ans.

Bref, il n’y pas fouetter (ou effrayer) un chat dans le 74. Car cet article 74 est un minuscule sac dans lequel même un chaton serait mal à l’aise. Le diaboliser donc est une atteinte à l’intelligence des Martiniquais et en faire un épouvantail («élever un mur de la peur» dit joliment Claude Lise), c’est s’exposer à ce que le mot «autonomie» remplace le mot «indépendance» dans la tête de Ti Sonson. On aura d’ailleurs remarqué que depuis près de deux ans, plus personne n’emploie le mot «indépendance», hormis deux-trois groupuscules d’extrême-gauche qui ne disposent d’aucune représentation électorale. En fait, quand je dis «c’est s’exposer», le mal est fait. Il est là, déjà là. Qu’on lise les articles pro-73 ou qu’on écoute les propos radio ou télédiffusés des 73-zistes et on se rendra compte que le mot «aventure» y revient de manière obsessionnelle, presque délirante. Les pro-74 veulent mener le peuple à l’aventure, clament-ils sur tous les tons! C’est vrai que Lise et Marie-Jeanne ont des têtes de Christophe Colomb. Ou de Livingstone…

Quand le néo-PPM aura donc suffisamment diabolisé le «mot» autonomie, quand le 17 janvier au soir, il fêtera la victoire (annoncée) du «NON», il voudra nous faire croire que six ans plus tard, les Martiniquais trouveront subitement des vertus extraordinaires à ce statut et voteront comme un seul homme pour lui. Non, messieurs! Autour de moi, le résultat de votre lamentable campagne est déjà palpable : autour de moi, tous les gens, d’âges variés et de conditions diverses, qui prononçaient le mot «indépendance» avec défiance ou dégoût, ne l’emploient plus du tout. Et vous voulez savoir pourquoi? Parce que vous avez réussi votre coup: remplacer dans leur tête «autonomie» par «indépendance». Bravo! Vous pouvez être fiers de vous. Surtout les intellectuels et autres universitaires qui vous accompagnent dans ce qui est, à mon sens, une véritable campagne d’abaissement mental et moral du Martiniquais. Une campagne abjecte visant purement et simplement à infantiliser ce dernier.

RIRES
L’e-mail a quelque chose de fascinant: il permet en trente secondes de contacter quelqu’un n’importe où à travers le monde et d’obtenir une réponse dans la minute, le quart d’heure ou l’heure qui suit. Je me suis donc amusé à envoyer l’article 74 et les compétences demandées par le Congrès de la Martinique à des connaissances dans des pays où existent une forme ou une autre d’autonomie. Leur réponse unanime: un vaste éclat de rire virtuel. LOL! (laught out lourder). Ainsi un ami canarien se demande (le pauvre!) pourquoi nous n’aspirons pas à gérer nous-mêmes nos impôts locaux. Un Catalan ne voit nulle part de revendication du créole comme langue co-officielle à côté du français, ce qu’est le catalan par rapport à l’espagnol dans son pays, ni d’obligation d’enseignement de la langue de la Maternelle à l’Université. Un Corse, qui a visité la Martinique et qui a été scandalisé par le bétonnage de notre littoral, ne voit nulle part d’outil permettant d’exproprier les contrevenants (je suppose qu’il pense au Cap Est qui l’a beaucoup choqué lors de son séjour ici). «Il n’y a pas de villa les pieds dans l’eau en Corse!» m’écrit-il. Oubliant d’ajouter que lorsque par hasard un richissime étranger s’avise d’en construire une, des encagoulés se chargent de la plastiquer la nuit venue. Un Açorien (de l’île de Terceira) ne voit rien concernant la maîtrise des transports aériens, chose vitale pour une île. Un Québécois s’écrie «What?» (en français dans le texte). Ce qui signifie «C’est quoi ça?», en voyant qu’il n’y a rien dans la liste des compétences qui concerne la coopération régionale et internationale. C’est quoi votre autonomie Coca-light qui fait tant trembler les gens apparemment, me rétorquent-ils tous? Je consacrerai bientôt une «Chronique du temps présent» entière à la publication de ces différentes réactions. Car il faut arrêter de se gratter le nombril. Il faut sortir du débat martinico-martiniquais et martinico-français. Il y a des centaines de pays à travers le monde qui possèdent des statuts d’autonomie divers et variés et le rôle des politiques et des intellectuels martiniquais est d’introduire cette donnée dans le débat (au lieu de perdre du temps à pondre de petits chefs d’œuvre de banalités jésuitiques comme le Manifeste du Mouvement des Autonomistes et Progressistes). Certes, nous sommes territoires français et c’est la constitution française qui nous régit, mais il y a dans les expériences d’autonomie à l’étranger largement de quoi nourrir notre réflexion, ce qui aura l’avantage en plus, d’éviter à certains de débiter des âneries sur un ton docte de professeur de Sciences péteux.

REMEDE MIRACLE
Mais en toute honnêteté, tout ça c’est un peu aussi la faute des pro-74. Ils disent, en effet, ou laissent dire, que le 74 c’est l’autonomie alors qu’ils savent pertinemment qu’il ne s’agit que d’un tout petit début de commencement d’approche d’autonomie. En réalité, le 74, c’est tout simplement… la période d’expérimentation demandée par le PPM!!! On expérimente tout de suite au lieu d’attendre 6 ans. Voilà tout! Je sais que mes camarades pro-74 vont hurler en lisant mes propos, mais c’est ce que je crois. Je crois très sincèrement que le néo-PPM n’a aucun problème avec l’autonomie (à moins qu’il ne soit composé de schizophrènes). Le néo-PPM n’a aucun problème avec la liste des compétences demandées par le Congrès. Le seul problème, le gros problème du PPM, c’est qu’il veut que ce soit lui, et personne d’autre, qui conduise la Martinique à l’autonomie. Il refuse que ce soit le tandem Lise/Marie-Jeanne. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il n’y a aucune opposition idéologique, aucun opposition de fond, entre le néo-PPM et le camp du 74. Il y a juste un conflit de pouvoir. Et c’est là que le spectacle devient lamentable. Oui, lamentable, ces 6 ans supplémentaires qui n’ont pour seul et unique objectif que d’attendre que Lise et Marie-Jeanne soient hors jeu politiquement à cause de l’horloge biologique. Calcul mesquin, ignoble, qui discrédite encore plus les universitaires et autres intellectuels qui «soutirent» le néo-PPM.

DIVERSION
Car s’il y avait une vraie opposition idéologique entre le néo-PPM et le camp du 74, ça se saurait. Et d’ailleurs la meilleure preuve qu’il n’y en a aucune, c’est que le PPM a commencé d’abord par réclamer un «article 74 constitutionnalisé»! Cela les partisans du 74 ne le rappellent pas assez, ne le martèlent pas suffisamment. Il faudrait photocopier les textes du «Progressiste» qui en parlent et les diffuser massivement. Oui, au début de ce débat, le néo-PPM a été pro-74, même s’il s’agissait d’un 74 constitutionnalisé (ce qui, soit dit en passant, nécessite la réunion du Congrès de France soit le rassemblement au Palais de Versailles de près d’un millier de députés et de sénateurs qui sortiront du fin fond de la Vendée ou de la Lozère juste pour voter un article concernant l’importantissime Martinique. Sans compter que ce genre de congrès coûte 1 million d’euros!). Ce n’est donc que dans un deuxième temps que le néo-PPM s’est rabattu sur son fameux article 73 constitutionnalisé. Oui, dans un deuxième temps! Cette valse hésitation démontre sans discussion possible que la position du néo-PPM n’est pas fondée sur une divergence d’appréciation de notre situation politique, mais simplement sur la volonté d’éviction de Lise et Marie-Jeanne.

En fait, la seule vraie opposition idéologique se situe entre la Droite et le camp du 74. Là oui, on a des deux côtés des convictions idéologiques fortes que l’on cherche à faire prévaloir. On n’est pas dans la valse-hésitation, dans le pas-de-deux, dans l’astuce de «6 ans d’expérimentation». L’appel à voter «NON» le 17 janvier lorsqu’il émane de la Droite reflète donc un vrai positionnement idéologique. Ce même appel dans la bouche du néo-PPM n’est qu’une misérable tactique visant à s’emparer du leadership politique de la Martinique. Car faut-il rappeler à ces messieurs que, même s’ils contrôlent la capitale de la Martinique, ils ne représentent que 17% des élus. D’où leur malhonnêteté à contester les résolutions des deux congrès de la Martinique puisque ces résolutions ont été prises à 74% de majorité et ces 74% d’élus ont été démocratiquement élus par le peuple martiniquais que l’on sache! Ils n’ont pas été désignés par un quelconque dictateur!

Alors, le néo-PPM a beau jeu de dire que ces 74% d’élus n’ont pas été mandatés par ceux qui ont voté pour eux afin qu’ils conduisent la Martinique au 74. Je veux bien! Mais le néo-PPM a-t-il, lui, reçu mandat du peuple pour réclamer dans un premier temps un 74 constitutionnalisé, puis dans un deuxième temps, un 73 constitutionnalisé?

Arété ti jé makak zot la, mésié !

Raphaël Confiant

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Les Evènements de Février 1974 - Le blog de Justin PAMPHILE, MAIRE ...11 févr. 2009 ... En février 1974, les ouvriers agricoles des bananeraies se mirent en ... Le chanteur martiniquais Kolo Barst à dédié un de ses morceaux ...
justinpamphile.over-blog.com/  article-27833340.htm l

justinpamphile Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 23:58 Les Evènements de Février 1974
Quand on parle des évènements de Février 19874, il s’agit des événements qui ont eu lieu dans la ville du Lorrain, le 14 février 1974 et plus connus sous le nom de "Affaire Chalvet" et qui a fait deux victimes. Ilmany Sérier, Georges Placide Marie Louise.

En février 1974, les ouvriers agricoles des bananeraies se mirent en grève pour revendiquer une augmentation de salaire journalier de 36,46 francs que leur refusait leur direction. Le 14 février, ils marchaient de plantations en plantations pour mobiliser le plus grand nombre de manifestants et porter ainsi leur revendication sur l’ensemble des habitations.

Les gendarmes s'interposèrent sur un pont à Fond Brûlé, que devait traverser le cortège des grévistes. Ils intimèrent l'ordre aux manifestants de rebrousser chemin, une manifestante, Raymonde CABRIMOL (Mme TOÏ) répliqua :"Nous sommes en pays de Liberté, Egalité, Fraternité, nous avons le droit de passer sur ce pont et nous passerons !" Elle s'engagea, les gendarmes s'écartèrent, les autres manifestants lui emboîtèrent le pas.

Plus loin les forces de l'ordre, 14 cars de gendarmes et un hélicoptère attendaient les manifestants sur l’habitation dit « chalvet ». Il était trop tard pour rebrousser chemin. L'affrontement devint inévitable, les gendarmes ouvrirent alors le feu, certains sautèrent dans la rivière, d autres rampèrent dans les champs d'ananas, mais au final un homme de 55 ans, Ilmany Sérier, dit Rénor, père de 22 enfants, resta à terre....

Au cours des obsèques d'Ilmany, soit deux jours plus tard, les ouvrier apprennent qu'un autre des leurs appelé Georges Placide Marie Louise, 19 ans avait été retrouvé sur la grève de Chalvet battu à mort, le corps déformé et boursouflé et jeté sur le bord de mer.

suite a ces incidents, un protocole d’accord proposa une augmentation de 36,50 francs, les ouvriers refusèrent, ils avaient réclamé 36,46 francs, rien de plus, et estimaient que 4 centimes ne valaient pas la vie de deux hommes
Cette affaire à profondément choqué la population martiniquaise qui organisa de grandes manifestations pour faire part de son indignation, ces événements sont restés dans les mémoires comme symboliques de la mobilisation populaire face à une répression de type colonial.

Le chanteur martiniquais Kolo Barst à dédié un de ses morceaux : "Février 74" à cette affaire.
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Février 1974.- Radio APAL
 

Chalvet : 14 février 1974 -Sa Zot Ka Fe

Cabrimol,Surnommée Man TOÏ
-A Lex FERDINAND,enseignant
- Édouard De Lépine ,historien
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Chalvet : 14 février 1974
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Cabrimol,Surnommée Man TOÏ
-A Lex FERDINAND,enseignant
- Édouard De Lépine ,historien
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Chalvet : 14 février 1974

 
 
 
 
La Parole Ressuscitée de Février 74
Vign_cassette
La parole ressuscitée
    de Fevrier 74


25 mars 1973, un militant du Groupe  Septembre 1870, en partance pour
Maxime, un quartier sur les hauteurs du Lorrain, a Ie reflexe de meltre dans une
sacoche un vieux magnetophone et deux cassettes Mmiplegiques. Puis,
avec application, il enregistre plus de trois heures d'Assemblee Generale d'ouvriers
agricoles en colere. S'impriment alors sur les cassettes, des paroles de
feu et de sang, tout droit sorties du ventre du Lorrain profond, 18 ou, de tous
temps les hommes ont revendique de vivre debout. Ces cassettes, après 1974, ont très
peu été utilisées, et ont surtout dormi trente-quatre ans dans des archives peu
consultées. A leur exhumation en 2007 les cassettes s'etaient abandonnees au silence ; définitivement a-t-on craint un
moment. D'autant que les soins éclairés et successifs de pas moins de quatre ingenieurs
du son ne leur rendaient pas la voix.Jusqu'au jour où Mano de RCI, au
moyen d'inenarrables matos, arracha du néant une heure et demi de paroles rebelles.
Grand merci à Mann ! Au total, une bande audio miraculée,
historique et sans équivalent . C'est a notre connaissance, Ie seul
document sonore d'avant Ie 14 février
1974 qui existe .•





Février 74
Vign_472846488_08b8d6edae
Février 74 III
Acrylic on canvas 3' X 3' (90 cm X 90 cm )
Je fais en fait référence à des événements qui ont eu lieu dans la ville du Lorrain au nord de la Martinique le 14 février 1974 et plus connus sous le nom de "Affaire Chalvet".
En février 74 les ouvriers agricoles des bananeraies se mirent en grève pour revendiquer une augmentation de salaire journalier de 36,46 francs que leur refusait leur direction. Le 14 février, ils marchaient de plantations en plantations pour mobiliser le plus grand nombre de manifestants.
Les gendarmes s'interposèrent sur un pont à Fond Brûlé, que devait traverser le cortège des grévistes.
Ils leur intimèrent l'ordre de rebrousser chemin, une manifestante, Raymonde Cabrimol répliqua :"Nous sommes en pays de Liberté, Egalité, Fraternité, nous avons le droit de passer sur ce pont et nous passerons !" Elle s'engagea, les gendarmes s'écartèrent, les autres lui emboîtèrent le pas.
Plus loin les forces de l'ordre, 14 cars de gendarmes et un hélicoptère attendaient les manifestants. Il était trop tard pour rebrousser chemin. L'affrontement devint inévitable, les gendarmes ouvrirent alors le feu , certains sautèrent dans la rivière, d autres rampèrent dans les champs d'ananas, mais au final un homme de 55 ans , Ilmany Sérier, dit Rénor, père de 22 enfants, resta à terre....
Au cours des obsèques d' Ilmany, deux jours plus tard, les ouvrier apprirent qu'un autre des leurs appelé Georges Placide Marie Louise, 19 ans avait été retrouvé sur la grève de Chalvet battu à mort, le corps déformé et boursouflé....
Quelques temps plus tard la direction proposa une augmentation de 36,50 francs, les ouvriers refusèrent, ils avaient réclamé 36,46 francs, rien de plus, et estimaient que 4 centimes ne valaient pas la vie de deux hommes
Cette affaire à profondément choqué la population martiniquaise qui organisa de grandes manifestation pour faire part de son indignation, ces événements sont restés dans les mémoires comme symboliques de la mobilisation populaire face à une répression de type colonial.
Le chanteur martiniquais Kolo Barst à dédié un de ses morceaux : "Février 74" à cette affaire.
Décidément le mois de février!!!!
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Décidément le mois de février!!!!

Kolo Barts l'a rappelé à la mémoire.

Il y a 32 ans, deux ouvriers agricoles MM. Marie-Louise (19 ans) et Ilmany (55 ans) disparaissaient dans des conditions que l'histoire a conservées sous le nom de «Chalvet, février 74». En France, l'ère gaulliste touche à son terme. Le Président Georges Pompidou, malade, mourrant, va brutalement laisser la place à Valéry Giscard d'Estaing.
La Martinique elle, somnole sous le soleil colonial, le clivage nanti/pauvre, citadin/rural est toujours prégnant. Les milliers de voitures, les dizaines de chaînes de télévisions, les multiples centres commerciaux, l'égoïsme,

l'invasion européenne, n'ont pas encore ravagé le pays.
L'Habitation agricole "béké" emploie encore des milliers de travailleurs. Pourtant c'est la crise, profonde, déterminante en ce que, c'est à partir de cette période, de ces évènements, que le pays va muter irrémédiablement, inexorablement et devenir ce qu'il est aujourd'hui un temple dédié à la consommation.
A Basse-Pointe, sur l'Habitation Chalvet, c'est la grève! Les ouvriers agricoles réclament une augmentation de leur journée de travail à 5 francs.
Là où les choses sont différentes et où l'on sort du schéma classique des grèves dans le monde agricole, c'est la présence avérée, comme l'affirmera trente ans après le curé de la paroisse, de jeunes gauchistes, révolutionnaires, étudiants ou fraîchement diplômés, venus pour la plupart de Fort-de-France.
Encadrent-ils ? Manipulent-ils ou conseillent-ils les meneurs, les grévistes ? Les pouvoirs publics ont encore en mémoire le "GONG'' guadeloupéen, "l'OJAM" martiniquaise. Il est hors de question que puisse être remis en cause l'ordre établi. Alors, le Préfet fera donner la troupe.

Aujourd'hui Kolo Barts chante

""Enfants, enfants écoutez ce qui s'est passé : c'était en février 1974, dans un champ d'ananas, tout près de la commune de Basse-Pointe, sur l'habitation Chalvet dont les terres appartiennent au béké "".


Beaucoup des protagonistes de cette tragique affaire sont encore en vie. Il est sans doute trop tôt pour connaitre toute la vérité sur ces évènements qui appartiennent désormais à l'histoire...
 
Vign_marie
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12 février 2009
Brannzeng sosial
Janvie-Fevriye 74

Se pou nou sonje :
Renor Ilmany (1919-1974)
Georges Marie-Louise (1953-1974)
Guy Cabort-Masson (1937-2003)
Marc Loulou Pulvar (1936-2008)
" … Nou te owonzon 60 moun ka dawne. Nou te ka fè bitasion yonn dèyè lot pou esplitje poutji fok te sispann djoubake, bay adan an detlet. Pa te ni p’an tjak menm lè jandam te le defann an ti krey dawnè pase.

Yo voye gaz lakrimojèn ek apre yo bat-dèyè. Kote twazè, nou te ka lonje an ti chimen-dekoupe nan mitan chan zannanna lè jandam bare nou, lawonnen nou. Se kepi wouj la te epi yo ek te ni an elikoptè te ka vole. Yo anni fè kout fizi anlè nou san kriye pangad, elikoptè a te ka voye lakrimojèn ek te ka raze fetay pebwa pou vire-voye moun, ki te ka fè pou chape an razie, anlè chimen an. Jandam teste yonn adan yo fè an kout-revolvè asou an detletis pou opoze’y ba anlot jandam an katrièm kout pa koutla. Detletis ta’a sete Ilmany. Bal la te ke djouke nan tjwis li pou bay-monte flandje bouden’y. man pa nepi sav. Sa man sav se man wè an jandam ka pile an moun ki te towblip. Man planni anlè’y, isalop la fè an kout-fizi. Bal la toumpakte fal mwen oliwon de santimet tjè mwen, man mantje pati abolay. Nou te kat konpayel detletis ki te flandje bon flandje a anba kout-fizi "..
Katoz fevriye 1974 sete jou gran brannzay nan detlet janvie-fevriye 1974 ki te leve 17 janvie anlè bitasion Vive atè Loren pou voye yo te ka voye djoubakè ba lari chenn (nan kawousel) pou kore degayad bitasion. Nan an bat-zie, detlet la pri nan bitasion Asie ek Fon-brile, tou. Se konsa an sikti krache-dife leve eti tit li sete, Krey pou Detlet nan bitasion Vive-Asie ek Fon-brile. Tikatikataw, detlet tala fè chimen’y ek siktire pou pititre an Krey Detlet tout djoubakè nan bitasion atè Matnik ek doubout an fondas-patatay nan 11 gred.
Brannzeng tala te krache-dife atè Matnik, se prèmie kou an dawnad djoubakè-bitasion te ka sanble plis ki 5 000 moun nan lari Foyal ek se prèmie bay-douvan goumen eti krey politik pou Matnik mawot te ka leve. UPSOA, an sikti natifnatalis pou lonje-pal ba djoubakè bitasion, te ka sanble anchay krey politik natifnatal-Matnik, ranboulzè marksis-leninis kontel GS 70, GAP, Mawonnè, Sanble Sen-Jozef la, natifnatalis lisid, epi anchay dot. Se pou nou sonje sa toulong, se pa prèmie kou betje te ka fè kriye jandam franse konpè yo pou te fè kout-fizi yo anlè moun Matnik. De djoubakè-bitasion towblip mò-fret adan detlet tala, Jòy Marilwiz ek Renò Ilmani ; anchay moun trape flandjay. Ki larel krache-dife detlet 74 la pòte ?
Brannzeng sosial ki leve Gwiyann, Gwadloup ek Matnik lajounen jòdi ek ka mete mili-mili moun nan lari (owonzon 65 000 atè Gwadloup, 25 000 atè Matnik) ka sanm detlet Janvie-Fevriye 74 la asou anchay kote, moun pa ka wè la yo ka ale, pates machandiz ki anbadjoumen ek lajan-djoubak ki dèyè toubannman, kawousel ka fetaye, respe pou akokitay djoubakè, Te ja jik ni djoubakè ka mande sispann mete langre toksik (Mocap, Némacur, Kapone) nan 74. Es sa pa fè nou wè nan de koko-zie nou brannzeng sosial la pa trape p’an pez si pa ni an brannzeng politik pou treleye’y ?
Nek pi fondal la, nan lespri mwen, brannzeng sosial 74 la tankou brannzeng sosial jòd’la ka fè nou wè, nan de koko-zie nou, sistenm anchoukay politik la kobiye atè Gwadloup, Gwiyann, Matnik. Fok trape anlot bagay ek se brannzeng sosial la se lè pou vire-larel jete an zie asou tout tjouns branbrann, bougannal, politik, matjoukanniz, jik nobleri. Se toulong menm penpenp la, gade an moun ka gade se patatay la, nan 1974 kon nan 2009 se pou’y teste moun mande sistenm sosial franse a treleye sikti sosial Gwadloup, Gwiyann, Matnik nek pis sa pe pa fet toubannman, ni 7 000 tjilomet nan mitan se peyi tala ek Lafrans, ni kat siek tan ki pase, se pou nou konprann flouz tout politik ki pa ka pòte lide an djoktoch politik natifnatal atè Gwadloup, Gwiyann oben Matnik se tankou chaye dlo an panyen. Se pou an menm tjak fè tilili ek vire pi vidjò de, senk, dis, ven lanne dèyè. Se djoubak politisen fè moun konprann sa nek mi makrey natifnatal la la ka double yo ek an brannzeng sosial. Janvie-Fevriye 74 tankon janvie-fevriye 2009 trape an dezienm bagay eti yo ka lote se sistenm kamariya, sistenm rayi-ras anchouke a ki pa ka fini bat pou djoknes katafal franse a ki ka vire-nefte’y toulong lè’y pran brèbrè-mouton peyi nou tankou konpayel, tankou dòkò. Betje ek konpè franse yo pe pa ka manje anlè tet Gwadloup, Gwiyann, Matnik konsa nan 2009, fok ni an toumbilad sosial fondal nan se peyi tala ek toumbilad sosial tala pe pa pa pran chimen an anchoukay politik atè Karayib la. Detlet Janvie-Fevriye 74 la te ja fè nou wè sa nan de koko-zie nou ek fè nou konprann sa nan kòkòlos nou.
1-Janvie-fevriye 74, an detlet dawnan.
Bitasion dèyè bitasion, detlet la te ka dawne pou fè moun konprann, leve-doubout ek sanble moun pou pran chimen detlet la. Pa te ni an akokitay-djoubakè pis CGT te bat-dèyè. 17 jik kote 23 janvie se nan linò Matnik tou-yonn detlet la te ka bay ek se Krey Detlet djoubakè-bitasion tou-yonn te ka goumen. Anchay krey politik natifnatalis oben marksis-leninis kontel GS 70 (Krey Sektanm 70, nan franse, Groupe Septembre 1870) te ka djoubake pou fè djoubakè pran konsians ek bay adan CGT. Dot kontel GAP (Krey brannzay madjendjen, nan franse, Groupe d’Action Prolétarienne) te ka djoubake pou ladje CGT ki te tak two molpi ek leve an akokitay natifnatal madjendjen-bitasion.
Se nan bout mwa janvie a ek lagan mwa fevriye a eti yogann mitan ek lisid Matnik pri adan detlet la, Robè, Trinte, Sentmari, Marigo, Lanmanten, Ofranswa, Senjozef, Lawviè-pilot… Sa fè, natifnatalis la ek marksis-leninis la te doubout UPSOA (Sanble natifnatalis pou lonje-pal ba madjendjen-bitasion, nan franse Union patriotique de Soutien aux Ouvriers Agricoles) eti te ka pòte-kole epi Krey detlet la. Sanble tala te ni GS 70, GAP, Mawonnè, Sanble Senjozef, Natifnatalis lisid, ek Sanble krey brannzay moun sibrekate, adan ek djoubak li se te pou fè brannzeng detlet la kouri-lawonn nan tout peyi a (an tan tala pa te djè ni radio, televizion bò-kay) ek lotbotsay, se te pou lonje-pal nan politik ek bidol (lajan). Sel yogann ki te lonje-pal djok se yogann Lawviè-Pilot otila Alfred Marijàn te fini pran-lanmen.
Detletis te ka mande 35.46 fran pou an lajounen djoubake ywitè epi anchay ti bagay pou wonntonnen potjel djoubak la. Te ni wonz gred nou pe’e tabake se wonz la isiya la nek sa eti ki fondal se zafè yo te ja ka mande pou sispann Kapòn (papa klòdekòn la) nan tan tala. Nan 13 Fevriye aripatjatè, betje a, pa te le ale pi wo pase 32 F. Sa ki fè se pou detlet la te bay pi red ek rive nan 14 Fevriye otila jandàm franse tjwe Ilmany. 15 Fevriye, 5 000 moun dawne nan lari Foyal pou voye-labou dèyè bizangann jedi 14 fevriye a. Se jou-dèyè, 16 fevriye yo rive touve kò Jòy Marilwiz asou an sablin bò bitasion Chalve. Lendi 18 Fevriye te ni an makrey nan lari Foyal. Mawdi 19 aripatja siyen an topay ek CGT pou 35.50 F pou ywitè djoubak. Yo pran kat pa plis adan se wonz gred patatay la.
2- An bwarad toulong, betje/djoknes katafal franse.
Se pas bwarad tala djok depi nanninannan ki fè si chak gran detlet Matnik, djoubakè te ka pran kout-fizi ek yonnde te ka towblip mò-fret. Se pas bwarad tala vidjò kifè nan 74 tankou nan maws 1961 atè Lanmanten, nan desanm 59 atè Foyal, nan maws 1948 atè Kawbe… pa ni p’an ketzoban ki fet, pèsonn pa mande pèsonn poutji sa, ki moun ki tjwe ki moun, pa menm an fouyaya, ayen. Atè Matnik menm, pa ni p’an moun ki mande tjek anpanpannè politik ale fè eti gouvelman franse pou an ketzoban leve. Douvan an zasiet kokoyanm ek an koubouyon mariyan, defen Gi te ka di mwen : "lè yo tjwe Ilmany, man di se boug la ki moun nou ka tjwe, tout moun fè dèyè" . Lè pèsonn pa mande pèsonn ayen, an penteng konsa pa ka leve p’an toumbilad politik. Tout moun ka vire nan trentren yo konsi ayen pa te fet. Jandàm franse a nèyè pa menm trape tjek dilere pou tjoke konsians li.
Kantapou betje a, pou bwarad li epi djoknes katafal franse a se pou’y vire pran chimen aripatjat peyi a alagadigadaw. Aripatjat tala ka anbadjoumen lè pa ni p’an toumbilad politik, p’an tet-santi, p’an kout-woch an mitan kòkòlos, betje a epi djoknes katafal franse’y dèyè’y ka tilile aripatjat la. Moun ka patate pou ayen. Nan detlet janvie-fevriye 74 la djoubakè-bitasion te ja ka mande sispann Kapòn, fok te atann 30 lanne dèyè pou tjek anpanpannè politik te fè wol fè krey katjil asou klòdekòn la. Jik jòdi pa ni p’an betje ki peye se se an dis-santim-kok pou tjek bizangann yo se fè asou bougann lan oben yonn adan se djoubakè tala ki towblip apre yo fè kriye jandàm, ayen. Lè pa ni ayen konsa pou kore an leve-doubout, se sosial la ki bout adan an peyi, se sosializad politik kip a ka ale p’an kote.
Janvie-Fevriye 74 pou jik jòdi, bwarad tala tjenbe menm vidjozte a. Magre si djoubakatwa ewopeyen vini jwe tek-mab yo nan lakou betje a atè Matnik, bwarad tala pa ka degaye, se pou tout ewopeyen tala bay adan apartheid la alagadigadaw. Pi ewopeyen debatje, pi aripatjat betje a pofite atè Matnik ek atè Gwadloup tou, magre si betje tala pa anchouke Gwadkoup. Se pa jòdi man ka plodarele anlè sa, se pa pas betje a ek ewopeyen nan menm lespri ras la, tou-yonn, pi ni ewopeyen pi makrey moun ki pa betje ka pete, ek tala ki pi chaben an ke fè wotasion ba sa ki t’ak pi kongo ; se ki ewopeyen-debatjan a menm tala ki pa ni an mayengwen mare nan an kabouya ka pran poz an krey-koklè nan mitan betje a ek tout makrey ki pa betje. T’ak pi nolfok, se pou nou konprann flouz, pas sa flouz pou konprann, betje a trape mayet ekonomik la nan zie djoknes katafal franse a ek ewopeyen-debatjan an trape mayet matjoukanniz la, se li ka fè matjoukanniz franse a kouri-lawonn, reldjanse atè Gwadloup, Gwiyann, Matnik. Se pa jòdi man ka teste bagay tala.
3- Brannzeng sosial ek politik.
Lè pa ni p’an patatay politik klè nan brannzeng sosial la kous li pa ka tjenbe, se pou’y kouri-lawonn dri, chaye anchay moun nek se patatay la pa fouti regle an patat nan tan ka pase. An patatay branbrannis ka vire jou ki jou, nan de, kat, senk lanne dèyè. Mi tout se patatay janvie-fevriye 74 la vire pi red lajounen jòdi. Asou se wonz gred la, te ni an de ki te nan larel politik tenkant, se sispann langre toksik la (patatay 4) ek respe ba tout akokitay-djoubakè asou bitasion (patatay 10 la) jik jòdi nou trape menm patatay tala. Se sa ki fè detlet tala ka sanm brannzeng sosial lajounen jòdi, trannsenk lanne dèyè otila natifnatalis, ranboulzè mawoyis, ekolojis wayalachis ek gran-dezankayè ka mennen nan ti kawbe politik bò-kay. Karant lanne goumen natifnatalis atè Matnik pou rive apre wonz lanne dezankayaj pa fouti fè djoubalaptè, maren-pechè ek tout ti djoubakatwa bò-kay genyen se se an filibo apre de simenn bare.
Ek menm lè an betje-tèbè ba makrey tala an pal, leve boykot pou sispann ale genyen machandiz pouri oben makanda nan magazen yo, vire pran lopsion fwiniti peyi a, sa pa ka tjenbe. Patat sa ou tann ! Betje a se pa an titis swelelan tankou nou ka tann sa toulong, toupatou asou latè. Tout titis brannzengè oben titis swelelan toulong bat asou kanmouzaza andidan pou tjenbe. Nan titis betje a atè Matnik se djoknes katafal franse a ka fè kanmouzaza andidan tala. Se pousa sweleley andidan an kantekant epi sweleley andewò a, ek atè Gwadloup, Matnik sa flouz pou ladje sosial la ek bay nan politik, janbe laliman politik “peyi a se ta nou”. Se pousa betje a pa janmen pran chimen natifnatalis la ek kouri fè moun wè franseyite’y, menm si’y pa fouti kole de lide franse yonn dèyè lot san voye twa, kat woch.
Nan menm balan an, se anboktay sweleley andidan ek sweleley andewò ka anchouke patatay sosial la, ka fè’y pran chimen politik. Nek pis atè Matnik, pa ni anboktay, betje a se an sobreka djoknes katafal franse a, brannzeng sosial la ka rete pri toulong nan patatay branbrannis, menm si patatay politik ka toulong anchouke brannzeng sosial la, ka voye’y nan chimen-divini. Fok rive tounen brannzeng sosial la nan branzeng politik, se pou chak patatay sosial trape tankou an lonjman politik. Si nou mande bese pates machandiz, se pou nou mande yo mete an krey sèbed natifnatal se pates la.
Detlet janvie-fevriye 74 siktire ek leve krey politik natifnatalis atè Matnik. Se penteng tala ki fè anchay djoubakè vini sanble nan akokitay-djoubakè natifnatalis kontel UTAM (Yonnte djoubakè-bitasion atè Matnik) ki vini UGTM-Travailleurs agricoles eti ki te ladje lespri branbrann lan ek te bat pou leve an brannzeng sosial anchouke asou chimen pete-chenn peyi a. Es brannzeng sosial ki woule atè Matnik jòdijou pe rive leve an krey natifnatalis pi djok, pi anchouke pou leve lide an djoknes katafal natifnatal atè Matnik anchouke nan Karayib la. Ou se ri yo anba "euros pour tous" yo a , menm pou betje a ek ewopeyen detakse a.
Se pou brannzeng sosial la ka rive leve an toumbilad sosial fè an moun pran lanmè sèvi savann, fè tjek politisen ladje politik ay sere anba gol manman’y, an toumbilad nan ekonomi, nan matjoukannri, an bagay ki trape an pates politik, fè djoubakatwa krache-dife wouvè ek djoubakatwa betje a oben ewopeyen detakse a fèmen anfwa. Dawne, dawne nan peyi a, sa fè moun swe kònbif la ek dlo bizou betje vann ba yo nan debi-lareji, trape tjek djabet sikre an plis ; se pou wouvè zie anlè tout tjouns bougann la, pran pawol pou leve an kabicha djok ka wouvè chimen djoktoch politik natifnatal la.
Simao moun Wanakera

Li tou :

"La grève de Janvier-Février 1974", Marie-Hélène Léotin, APAL production, Fort-de-France, janvier 1995

- "Les indépendantistes face à eux-mêmes", Guy-Cabort-Masson, Voix du Peuple, Saint-Joseph, 1978.
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Joseph POLIUS
Vign_ok
 un éclairage tout à fait nouveau sur la grève de Février 1974
Février 1974:Deux ou Trois choses
Pour comprendre le mouvement de grève

PAR JOSEPH POLIUS
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