NOU KA SONJÉ
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Musique Décembre 1959
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TEMOIGNAGE : NICOLAS (1) , LE POLICIER ACCUSE « Je n'ai pas tué Christian Marajo »
Adams KWATEH / A. K. France-Antilles Martinique 22.12.2008

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Des soupçons avaient pesé sur cet ancien brigadier-chef, à la suite de la mort du jeune Christian Marajo en décembre 1959. Aujourd'hui, le nonagénaire nie toute implication dans le décès du lycéen.
C'est ce qu'on appelle une belle taille. Nicolas mesure 1,92 mètre pour une bonne centaine de kilos. Un poids lourd. Il a été policier entre 1941 et 1972 à Fort-de-France.Sa voix est haute, son allure droite. Il a 90 ans. Pas une ride. Pas de problèmes de santé non plus. Sa tête tient bien aussi. Ses souvenirs de décembre 1959 sont donc intacts. C'est un Robertin, bon teint, comme les parents de Christian Marajo. « J'allais au bal avec Rose (la mère de Christian, Ndlr). C'était dans leur jeunesse, entre les deux guerres. Ils se sont retrouvés ensuite à Fort-de-France. Rose Guillaume habitait aux Terres-Sainville, près du cinéma le Bataclan. Elle épousa Pierre-Justin Marajo, un militaire, parti sur les différents fronts de la guerre coloniale » .Décembre 1959. Pour lui, c'était hier. Il était brigadier-chef et avait sous ses ordres plus de 15 hommes, tous Martiniquais. Nicolas pratiquait le basket et arbitrait aussi les rencontres de football. D'ailleurs, le 20 décembre 1959, il était le 23e homme sur le terrain de la rencontre qui opposait l'US Robert au Good Luck. Résultat : les Foyalais perdent face aux Robertins. Non content, l'un des responsables de l'équipe perdante se tourne vers lui, l'accusant d'être à l'origine de la défaite. « C'est lui qui est allé dire mon nom au juge d'instruction » , répète sans cesse l'ancien policier.« Les politiques ont attisé le feu en jetant les jeunes dans les rues »
Commence alors un long bras de fer entre le magistrat et les policiers. Il demande la saisie de l'arme de Nicolas, ordonne une expertise balistique qui sera réalisée au fort Saint-Louis, un haut lieu du commandement du maintien de l'ordre en Martinique.« Le juge d'instruction était du côté des communistes. Il voulait ma tête » , se montre-t-il indigné. L'analyse balistique attesterait que la balle qui a tué Christian était un 9 mm. « Nous n'avions pas ce type de calibre » , insiste l'ancien brigadier-chef. C'est ainsi que la police a été « blanchie » , mais les relations entre les deux amis d'enfance accusent le coup. « On ne se voyait plus comme avant, déplore l'ancien policier. J'en souffre encore » .Nicolas s'élève contre l'attitude des politiques qui, selon lui, seraient à l'origine du soulèvement urbain à Fort-de-France. « Ils ont attisé le feu en jetant les jeunes dans les rues » . Au troisième jour des émeu- tes, il se pose en garant du retour à l'ordre. C'est ainsi qu'il propose à sa hiérarchie de prendre la situation en main. « Le 23 décembre 1959, j'ai arrêté deux personnes en possession de cocktails molotov. La gendarmerie est venue récupérer les coupables car la police n'avait plus de locaux » . Quelques mois après, Robert Lecourt, ministre d'Etat chargé du Sahara, des départements et des territoires d'Outre-mer, le décore de la Nicham al Anouar, une médaille décernée à l'époque aux hommes de troupe, en guise de remerciement pour service rendu à la colonie.(1) A sa demande, le prénom de ce témoin a été changé « pour ne pas réveiller la douleur de mes anciens collègues encore vivants » , précise-t-il.- La répression monte en puissance
Quelques semaines après les émeutes de Fort-de-France, le secrétariat général pour les départements d'Outre Mer présente un rapport sur « le maintien de l'ordre aux Antilles » . Il estime tout d'abord que le climat est moins tendu qu'en décembre 1959, mais que « le feu couve sous la cendre » . La mission a également émis l'idée de recruter au moins trois inspecteurs et des officiers de police. Par ailleurs, quatre pelotons de gendarmerie ont été demandés. Tout ce dispositif était destiné à contenir d'éventuels remous, mais aussi à préparer la visite du Général de Gaulle le 1er mai 1960.
Pour le moyen terme, le recrutement en masse de policiers « locaux » a été envisagé. Et dès les mois de juin 1960, de jeunes martiniquais ont intégré les forces de l'ordre.
Au plan politique, la surveillance a été accrue autour des partis de gauche. Ainsi, le préfet a renforcé le contrôle des organes de presse avec, en ligne de mire, le journal Justice. Le représentant de l'Etat dénonça aussi les communistes qui sont « les seuls à intervenir au Conseil général » . Il note également « une inconscience des classes dirigeantes » et « une politique inconsciente des békés » . L'Etat envisage une politique d'éloignement des éléments dits « communistes » .
« Il faut éliminer les fonctionnaires Armand Nicolas, René Ménil, Walter Guitteaud et Guy Dufond » , peut-on lire dans un rapport du préfet. Il préconise en outre, le bannissement du vice-recteur, seul haut fonctionnaire à élever la voix contre les répressions de décembre 1959. « Plénel qui peut revenir : A empêcher absolument » , recommande le préfet.- REPERES
« Kouvé Difè » et après...
« Kouvé Difè » , pour couvre- feu en français, c'est l'autre appellation donnée par la population aux émeutes de Fort-de-France. Elle est devenue le titre d'un morceau composé peu après puis repris par divers interprètes. La restriction de la circulation à la tombée du jour a été levée afin de permettre à la population de passer Noël dans des conditions un peu moins tendues. Mais Décembre 59 reviendra sur la scène avec le jugement d'un groupe de jeunes et surtout ce que l'on a appelé « L'affaire Plénel » . Agrégé de français, inspecteur d'académie et vice-recteur, Alain Plénel exerçait en Martinique depuis 1955. La décision de l'éloigner de la Martinique avait suscité la mobilisation de toutes les forces politiques. Un comité de soutien avait été constitué. Mais le 30 janvier, il quitte la Martinique pour Paris. Par la suite, il enseignera longtemps en Algérie. « L'affaire Plénel » ne va s'éteindre qu'au début des années 70, avec le retrait de la vie politique et publique de ses principaux soutiens. Dans un rapport qu'il avait adressé à son ministère de tutelle le 5 décembre 1959, M. Plénel écrit : « Le problème de la jeunesse martiniquaise est critique, dangereux. Il fait peser sur l'avenir de cette île un lourd nuage d'incertitudes » . Deux semaines plus tard, Fort-de-France subissait ses premières émeutes urbaines.
« CRS déwo! »
En novembre 1958 déjà, des incidents avaient opposé des CRS à des Martiniquais. Leur intervention musclée a été en grande partie à l'origine des échauffourées du dimanche 20 décembre 1959 à Fort-de-France.
A l'unanimité, les conseillers généraux ont exigé le départ des 90 hommes de ce corps de la sécurité publique. Après un mois de cantonnement, ils sont été envoyés en Guadeloupe.
Les Africains du nord surveillés
Peu d'incidents auraient opposé les Nord Africains à la population. Par contre, la venue des fonctionnaires du Maroc et de la Tunisie a suscité une forte hostilité des Martiniquais. Des rapports successifs établis par l'Etat, montrent leur arrogance. Du coup, après décembre 1959, les fonctionnaires venant de ces deux pays du Maghreb seront triés sur le volet. Et les membres de l'amicale des Nord Africains dont les membres se réunissaient à l'hôtel Central étaient très surveillés.- 3 QUESTIONS A LOUIS-GEORGES PLACIDE PROFESSEUR D'HISTOIRE ET AUTEUR D'UN MEMOIRE DE MAITRISE SUR DECEMBRE 59 : « Un moment charnière de l'histoire »
Pourquoi portez-vous un tel intérêt aux événements de Décembre 1959 ?
J'étais étudiant à la faculté des lettres de Toulouse lorsqu'avec d'autres Martiniquais nous avons décidé de célébrer les événements de Décembre 59. La manifestation se situait dans le cadre des activités de l'AGEM (Association générale des étudiants martiniquais). A notre grand étonnement, il n'existait aucun document sur les émeutes, sauf la brochure publiée par le Parti communiste martiniquais. Ce qui m'a incité à faire des recherches et mon mémoire de maîtrise répondait aux interrogations sur cet événement.


Que représente Décembre 59 dans l'histoire de la Martinique ?
Il y a deux niveaux de réponse. Tout d'abord, on assistait à la première évaluation grandeur nature de la départementalisation mise en place en 1945. Le deuxième niveau porte sur la nature même des événements. C'est-à-dire qu'il faut remonter à la fin du 19e siècle, à Saint-Pierre, pour trouver les premières émeutes urbaines qui ont touché la Martinique.
Par ailleurs, les participants aux émeutes de Fort-de-France en 1959 étaient majoritairement des jeunes.
C'était aussi un formidable mouvement de contestation qui soulignait les problèmes du moment : la crise économique, la crise sociale et le racisme ambiant. Conséquences : trois morts. Il s'agit d'un moment charnière de l'histoire où tout va s'accélérer.
Que reste-t-il de tout cela dans la mémoire collective ?
Paradoxalement peu et en même temps beaucoup de choses.
D'abord, comme on peut le constater, ce n'est qu'à présent que les acteurs et les témoins de l'événement commencent à parler. Ce qui permet aux journalistes et aux chercheurs de faire des investigations ou peaufiner leurs travaux. Et s'il y a beaucoup de choses sur ce sujet, c'est qu'il y a une culture de Décembre 59 qui naît avec l'émergence des mouvements nationalistes à partir des années 60. Ces mouvements vont régulièrement commémorer les émeutes de 59.
Par ailleurs, le Parti progressiste martiniquais (PPM) et le Parti communiste martiniquais (PCM) ont contribué à entretenir le souvenir des trois victimes. La preuve, des places commémoratives ont été apposées à leurs noms et des rues leur ont été dédiées.
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Musique Décembre 1959

NOU KA SONJE  DESANM 1959
Alors que la Martinique s'apprête à fêter Noël 1959,
Fort-de-France est le théâtre d'une révolte populaire née d'un banal accident de la circulation.
Trois jeunes manifestants sont tués.

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general_decembre-1959
Les larmes d'Edwy Plenel
Discours sur le Colonialisme
RMC Salines 4.avi
DECEMBRE-1959
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Alain PLENEL en visite à la mairie de Fort de France Martinique 
Dans le cadre de la commémoration de Décembre 59

Edité le : 21 janvier 2010

Auteur : Carole CRATER

nvité en Martinique dans le cadre de la commémoration des évènements de Décembre 59, Alain PLENEL ancien vice recteur à l'époque est venu expliquer ses engagements aux côtés des martiniquais en 1959.
J'avais à peine 6 ans en 1959, mais c'est avec plaisir que j'ai l'honneur de vous recevoir dans le bureau d'Aimé CESAIRE. Ce sont là quelques mots d'introduction du député maire Serge LETCHIMY à l'arrivée de Alain PLENEL.

Interrogé sur ses motivations l'ancien vice recteur a expliqué qu'il était un homme de tempérament de part ses origines bretonnes, habitué comme nous aux quolibets sur ses origines, qu'il avait lu la rue case nègre avant d'être nommé en Martinique, et qu'il avait aussi découvert l'Algérie.

Alain PLENEL s'est dit content de retrouver une Martinique où la parole est libérée et où l'on peut évoquer tous les sujets à travers les médias sans censure.

Serge LETCHIMY a tenu, par ailleurs, à féliciter les historiens à l'origine de la commémoration, à travers Gilbert PAGO, et a rappelé son attachement à ce que la ville contribue à commémorer les grandes dates de notre histoire pour mieux construire l'avenir de la Martinique

SOURCE ARTICLE DE Carole CRATER
Pour en Savoir plus Cliqué ICI
http://www.fortdefrance.fr/-3-Alain-PLENEL-en-visite-a-la-mairie

DECEMBRE 1959
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Regards croisés sur Décembre 1959
Dans le cadre de la commémoration à la Martinique des évennements de Décembre 59

Edité le : 21 janvier 2010

Auteur : Carole CRATER
Dernière étape de la commémoration du cinquantenaire des évènements de Décembre 1959 à la Martinique, une conférence organisée ce Mardi 22 Décembre au théâtre Aimé CESAIRE.


Regards croisés et critiques, sous forme d’échanges entre historiens Elizabeth LANDY, Camille CHAUVET et le grand témoin Charles CONCONNE , des causes historiques, politiques, administratives sociales et raciales, en Martinique à cette époque, qui furent le terreau de 3 jours d’émeutes populaires et urbaines, et de leurs conséquences.


SOURCE : ARTICLE DE  Carole CRATER
Pour en savoir plus  cliqué ICI

http://www.fortdefrance.fr/-4-Regards-croises-sur-Decembre-1959
DECEMBRE-1959
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1959-2009 Fort de France marque le cinquantenaire des évènements de Décembre 59

Edité le : 21 janvier 2010

Auteur : Carole CRATER

C'est devant un parterre de personnalités, mais en toute simplicité que le député maire de Fort-de-France Serge LETCHIMY a marqué ce matin, le cinquantenaire des émeutes de décembre 1959. Il y a cinquante ans, trois jeunes martiniquais étaient assassinés au cours de trois nuits d'émeute consécutives à un accident de la circulation entre un automobiliste et une moto.


Sérénité et gravité lors du dévoilage par George Deportes de la plaque située désormais sur la savane de Fort de France à l'entrée de la rue Victor Hugo. Une plaque sur laquelle on lira ces mots choc d'Aimé CESAIRE :
« Notre malheureux pays se meurt de haines stériles, de polémiques idiotes, de divisions stupides. Ces morts de décembre ne doivent pas devenir une cause supplémentaire de division. Ces morts n’appartiennent à personne sinon au peuple martiniquais tout entier. Cette émeute doit servir, oui. Mais au pays. Et elle ne servira au pays que si elle sert à l’union raisonnable, à l’union loyale de tous les martiniquais, de tous les démocrates contre l’injustice et le racisme, contre l’oppression et la tyrannie ».
Extrait de A.Césaire, Le Progressiste, 7 janvier 1960 Article dont vous pouvez lire l'intégralité en pièce jointe.
Une manifestation voulue sobre parce que, et Serge LETCHIMY le réclame encore 50 ans après Aimé CESAIRE, « Nul n'a le droit d'exploiter ces morts à des fins de propagande ». Nous avons voulu une cérémonie dans la sérénité la plus totale, annonçant la Conférence prévue le 22 Décembre au théâtre Aimé CESAIRE, conférence qui sera animée par Camille CHAUVET, illustrée par Jean Claude Duverger et présentée par Elizabeth LANDY.
Discours du député maire, à lire en pièce jointe.


Notons une grande implication des élus, et des services pour la réussite de cette manifestation pilotée par la Mission Culture Patrimoine Relations Internationales. Ont été mobilisés le Service DEPS, (Direction de l’ 'Eclairage de la Signalisation Routière), la MAP (Mission Aménagement paysager), le service Communication, la RGML (Régie Générale et Moyens Logistiques), la SEMAFF et le SERMAC qui a offert les tambou bèlè de Cazo et Patrick Saint Eli, le steel pan de Guy Louiset et la batterie de Daniel DANTIN pour que soit bien martelé les mots comme a su encore une fois le faire Jean Claude DUVERGER.


Notons enfin la visite ce mardi 22 Décembre du vice recteur PLENEL au bureau du député maire de Fort de France .

 SOURCE : ARTICLE DE  Carole CRATER
Pour en Savoir Plus Cliqué ICI

http://www.fortdefrance.fr/-5-1959-2009-Fort-de-France-marque-le-cinquantenaire-des-evenements-de-Decembre-59
DECEMBRE-1945
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Martinique > Actualité de la Martinique > Evènements de décembre 1959 : Sanblé Pou 50 Lanné Désanm 59

Evènements de décembre 1959 : Sanblé Pou 50 Lanné Désanm 59

le mercredi 16 décembre 2009

Du 20 et 21 décembre 1959, des émeutes opposants des CRS et une partie de la population de Fort France dégénèrent. Trois jeunes, Christian Marajo 15 ans , Edmond Eloi Veronique 20 ans et Julien Betzi, 19 ans sont tués par balle dans des conditions troublantes. Il n'y aura aucune suite judiciaire.
Cinquante ans après, pour rappeler ces évènements, plusieurs manifestations sont prévues :
Dimanche 20 décembre 2009 17 h 30 : Retraite aux flambeaux - Départ de la Savane, à proximité de l’hôtel Lafayette 19 h 00 : Rassemblement culturel, Place F. Mitterand
Lundi 21 décembre 2009 à 19 h 00 - Grande salle de l’Atrium conférenceavec des historiens, des acteurs et des témoins des événements.
La Ville du Robert se rappelle ces sanglantes pages de notre histoire et rend hommage à Christian Marajo jusqu'au 21 décembre.
Pour information, vous pouvez lire les précisions sur les émeutes des 20,21 et 22 décembre 1959 dans notre agenda, précisions apportées par une coconaute qui annonçait une conférence le 2 décembre 2009 au Conseil Général.
Par ailleurs, du 21décembre 2009 au 21 janvier 2010, vous pourrez découvrir une exposition de documents originaux sur les évènements de décembre 1959, exposition qui fait suite à la conférence débat du 2 décembre 2009.


SOURCE : ARTICLE  CLIQUE ICI

http://martinique.coconews.com/actualite-martinique/evenements-de-decembre-1959-sanble-pou-50-lanne-desanm-59.html
 
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L'affaire OJAM


L'affaire OJAM

Publié le 16/04/2008 à 12:00 par feobus



En décembre 1959, 3 fils de la Martinique, BETZI, MARAJO, ROSILE, tombaient victimes des coups du colonialisme français. Ce sacrifice montra à la jeunesse de notre pays la voie de l’émancipation, de la fierté, de la dignité. Depuis, notre peuple, si longtemps plongé dans les ténèbres de l’histoire, offre une résistance de plus en plus grande à l’oppression coloniale. Mais le colonialisme français, suivant ses intérêts, accentue chaque jour son potentiel répressif, voulant ainsi maintenir notre peuple sous le joug colonial. Aujourd’hui l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique déclare:

Que la Martinique est une colonie, sous le masque hypocrite de département français, comme l’était l’Algérie, parce que dominée par la France, sur le plan économique, social, culturel et politique. Ce qui se traduit par:

1) Une économie uniquement agricole, à caractère féodal.

2) La prépondérance d’une minorité béké, liée au colonialisme français, monopolisant la terre, les usines, le commerce et les banques.
3) Un déficit permanent de la balance commerciale.

4) Un revenu individuel moyen les plus bas du monde.

5) Le chomâge et la misère.

6) L’insuffisance d’écoles, de bibliothèques, de stades, d’installations sportives.

7) La déformation de l’histoire martiniquaise à des fins assimilationnistes.

8) L’étouffement de tout effort pour développer une culture martiniquaise populaire et authentique.- L’aggravation de la répression (Décembre 59, Mars 61), l’augmentation des forces policières, le renforcement constant de l’appareil administratif français, et l’immigration de plus en plus considérable de civils et militaires français.

9) La révocation de fonctionnaires martiniquais ayant résisté aux arbitraires tentatives d’exil.

10) Les condamnations de patriotes martiniquais.


Condamne définitivement le statut de département français comme contraire aux intérêts du peuple et de la jeunesse de la Martinique, et rendant impossible tout développement.
Proclame la nécessité de la collectivisation des terres et des usines. – le droit de notre peuple d’exploiter ses richesses et ses ressources et d’industrialiser le pays. – le droit de tous au travail et à un salaire décent. – La nécessité inéluctable de l’entrée de la Martinique dans le vaste mouvement de décolonisation totale.

En conséquence l’O.J.A.M. (l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) affirme que le malaise économique et social qui sévit à la Martinique ne pourra disparaître que grâce à un programme martiniquais au profit des martiniquais.

Proclame le droit des martiniquais de diriger leurs propres affaires.


Demande aux Guadeloupéens, aux Guyanais de conjuguer plus que jamais leurs efforts dans libération de leur pays pour un avenir commun. Soutien que la Martinique fait partie du monde antillais.


Appelle les jeunes de la Martinique, quelles que soient leurs croyances et leurs convictions, à s’unir pour l’écrasement définitif du colonialisme dans la lutte de libération de la Martinique.

LA MARTINIQUE AUX MARTINIQUAIS !


Les 18 auteurs du Manifeste de l’O.J.A.M, intitulé “La Martinique aux martiniquais”.
Rodolphe Désiré, Renaud de Grandmaison, Henri Pied, Hervé Florent, Marc Pulvar, Joseph “Kokho” René-Corail, Léon Sainte-Rose, Charles Davidas, Roger Riam, Victor Lessort, Gesner Mencé, Henri Armougon, Manfred Lamotte, Guy Dufond, Guy Anglionin, Georges Aliker, Josiane Saint-Louis-Augustin et Rol 

SOURCE : Publié le 16/04/2008 à 12:00 par feobus


POUR EN SAVOIR PLUS CLIQUE ICI

http://feobus.centerblog.net/4640558-L-affaire-OJAM
decembre-1959
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DES ÉMEUTES DE DÉCEMBRE 1959 EN MARTINIQUE


mercredi 23 décembre 2009
la rédaction de Montray Kreyol



Grand meeting à l’Atrium - salle Aimé CESAIRE, le 21 décembre 2009.

Conférence/débat à l’occasion du cinquantenaire des évènements de DECEMBRE 1959, avec la participation de Monsieur Alain PLENEL -Vice-recteur de Martinique à l’époque, Lauréat du Prix Carbet 2009- en qualité de Grand Témoin.

La salle était pleine à craquer, au rez-de-chaussée et en-haut – environ 1500 personnes de tous âges. Toutes les couches et toutes les tendances de la population étaient représentées.

Programme du Conseil Général de la Martinique, distribué aux invités. Rappel de « Les Trois Glorieuses de Décembre 1959 ».

Introduction et animation faites par le modérateur Francis CAROLE, Professeur de Lettres –Histoire ;
Allocution de Claude LISE, Président du Conseil Général ;
Allocution du Président du Conseil Régional, Alfred MARIE-JEANNE, représenté par Josette MASSOLIN ;
Intervention de Richard CHATEAU-DEGAT, Historien et Universitaire ;
Intervention de Louis-Georges PLACIDE, Historien et auteur d’un mémoire de maîtrise et d’un ouvrage sur Décembre 1959, intitulé : Les Emeutes de Décembre 1959 en Martinique – ouvrage actuellement en librairies ;
Gilbert PAGO, Professeur agrégé d’Histoire, directeur de l’IUFM ;
Interprétation par Mme Maura MICHALON-LAFARE du chant « Timanmay » écrit en hommage aux victimes de décembre 1959, par Mme Paulette NARDAL ;
Intervention de M. Alain PLENEL avec, pour couronner le tout, un illustre poème rappelant l’histoire de la Martinique de sa découverte à nos jours.

De nombreux intervenants ont pris la parole.

Gesner MENCE a eu Julien BETZI comme élève trois ans avant que ce jeune fut tué.

Il faut surtout savoir que Jocelyne MARAJO du Robert s’est exprimée, parlant de son frère Christian tué à l’âge de 15 ans en décembre 1959.

J’avais 17 ans, lorsque cet évènement eut lieu à Fort-de-France.

Les médias présents et les Journalistes vont s’exprimer là-dessus.

Voici en photos cette soirée remarquable et historique.

SOURCE :Léandre LITAMPHA
Cliqué ICI--------
http://www.montraykreyol.org/spip.php?article3360&lang=fr&debut_articles_rubrique=60   
 
decembre-1959
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26 septembre 2009
1959 : Décembre noir en Martinique

Décembre 1959

Alors que toute la Martinique s'apprête à fêter Noël, Fort-de-France est le théâtre d'une révolte populaire sans précédent. Trois manifestants tués, des commissariats détruits, des immeubles dévastés...

À l'origine, un banal incident de la circulation. Une étincelle qui va embraser une île sous haute tension et qui va sceller le nationalisme martiniquais.

Ce décembre noir va entraîner la création de nombreux groupes indépendantistes ou autonomistes dont l’OJAM, l’organisation de la jeunesse anti-coloniale martiniquaise qui proclamera d’emblée: "La Martinique au Martiniquais".

À la fois récit d’un fait-divers, mais aussi évocation des conséquences qu’il eût sur le devenir de la Martinique, ce documentaire dresse le portrait d’une société en plein bouleversement. En toile de fond, la France enlisée en Algérie et Cuba qui vient de tomber aux mains des castristes...

Réalisation : Xavier Marie Bonnot

A voir ABSO-LU-MENT !!!

Redif : 26/09 au 02/10 - 13e Rue

- 26/09 - 19h30
- 29/09 - 19h35
- 30/09 - 12h45
- 02/10 - 23h20

Ça se parle / s'est parlé :

- 50e anniversaire des évènements de décembre en Martinique
- Désanm 1959 - Témoignage d'un policier
- Programme "Sonjé désanm 59"

MàJ 01/11 : "La Martinique au Martiniquais" L'affaire de l'OJAM
SOURCE CLIQUE ICI
http://karucrea.blogspot.com/2009/09/decembre-noir-martinique-1959.html

MARTINIQUE-1959
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« LA MARTINIQUE AUX MARTINIQUAIS »
L’AFFAIRE DE L’OJAM.

Le dimanche 20 décembre 1959 chacun s’affaire aux préparatifs de noël quand intervient un banal accident entre le scooter d’un martiniquais et un automobiliste récemment arrivé de France. Un imposant groupe de curieux se rassemble aux abords du Central Hôtel, place de la Savane, et commente vivement l’incident alors que les deux personnes en cause en viennent aux mains. La C.R.S (Compagnie Républicaine de Sécurité) alertée, disperse la foule sans ménagement. Sans suivent deux nuits d’affrontement entre policiers martiniquais, et les CRS, pris à partis par des mécontents rapidement rejoints par de nombreux jeunes. Deux commissariats sont incendiés. Lors de ces émeutes les forces de l’ordre tuent 3 jeunes Martiniquais. Le lundi 21 : Edmond Eloi, dit Rosile, 20 ans, et Christian Marajo, 15 ans. Le Mardi 22 : Julien Betzi, 19 ans. Les appels au calme du Dr Pierre Aliker, 1er adjoint au maire et du Dr Camille Petit conseiller Général ne changent rien. La mèche est allumée ; l’ordre établit peut vaciller à tout instant. Le courant nationaliste, s’affirme à partir de ces évènements d’autant que les structures économiques et sociales sont dès lors profondément modifiées par des mesures gouvernementales visant à écarter une montée de la violence. Le Conseil Général de la Martinique, présidé par le socialiste Tertulien Robinel vote une motion pour réclamer une évolution statutaire de l’île en vue d’obtenir une plus grande participation a la gestion des affaires internes martiniquaises ; un statut proche de l’autonomie. « L’une des leçons politiques majeures de ces évènements sera l’émergence du mouvement nationaliste qui revendique aussi l’émancipation de la Martinique, le retrait des CRS, la réduction des impôts, l’extension de la Sécurité Sociale, l’application égalitaire France Martinique des allocations familiales. A ces revendications, l’état colonial répond par une volonté immédiate et répressive. Le BUMIDOM (Bureau des migrations des départements d’outre-mer) et le SMA ( Service Militaire Adapté) sont opérationnels. « L’objectif est de vider le pays de ses forces vives » Mais le serpent martiniquais est tapi dans l’ombre. Les premières revendications indépendantistes en Martinique datent de 1962. La Martinique aux martiniquais c’est l’affaire autour du « Manifeste de l’OJAM » (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) Les 23 et 24 décembre 1962, le manifeste de l’OJAM est placardé dans toute la Martinique, il critique violemment le statut départemental et affirme, le moment venu de libérer le pays du carcan colonial. Sur les 18 étudiants martiniquais auteurs du manifeste interpellés, 13 sont incarcérés à Fresnes, condamnés pour atteinte à la sureté de l’Etat. Rodolphe Désiré, Renaud de Grandmaison, Henri Pied, Hervé Florent, Marc Pulvar, Joseph « Koko » René-Corail, Léon Sainte Rose, Charles Davidas, Roger Riam, Victor Lessort, Gesner Mencé, Henri Armougon, Manfred Lamothe, Guy Dufond, Guy Anglionin, Georges Aliker, Josiane Saint-Louis Augustin et Rol. Ils seront acquittés après 2 ans de procès. « Les étudiants martiniquais en France ont joué un rôle importants dans l’évolution de la pensée politique en Martinique. Ils ont été souvent en première ligne de l’action militante, avec l’appui de la diaspora antillaise à Paris et le soutien logistique du FLN (Front de Libération Nationale) parti Socialiste algérien, fraichement victorieux en Algérie. »
Ce nouvel opus de la réalisatrice Camille Mauduech après le succès de « Les 16 de Basse Pointe » ne devrait en aucun cas décevoir le spectateur.
Ce documentaire n’est pas de ceux sur lesquels on tombe au hasard d’un zapping sur sa télévision. Vous savez ces types de documentaires distractions, remplies de petits oiseaux ou de grosses bêtes. D’événements politiques, historiques ou géographiques, scientifiques de part le monde voire même préhistoriques, extraterrestres, ou phantasmés : Nous sommes de plain pied dans notre histoire, aux sources vives de notre devenir. Le tournage ne fait pas dans la reconstitution avec le piège offert des docufictions qui agiraient pour produire l’illusion et s’autoriseraient de créer la réalité. Dans ce film didactique, présentant des faits réels, pas de scenario plus ou moins brocantés, pour forcer l’illusion du réel, mais l’information prise dans l’écho des acteurs eux-mêmes. Aucun détail ne nous est épargné. Les témoins, sont les protagonistes de l’Affaire de l’OJAM ils sont les narrateurs du film, les héros de leur propre histoire. Ils livrent sans acrimonie un vécu tout vibrant encore en eux.
Même si les points de vue divergent, ou inévitablement, parfois les commentaires se superposent dans un écho, naturellement quelque peu répétitif et peut être pas vraiment nécessaire. Ils se complètent. Un document patrimonial raccordant dans le vif du sujet, le passé et le présent fusionnels, qui survient en pleine traversée de temps moroses.
SOURCE :Christian Antourel
Sortie à Madiana le vendredi 11 Février 2011.
 
SOURCE : CLIQUE ICI

http://www.madinin-art.net/cinema/antourel_la_martinique_aux_martiniquais.htm
 
Guy Dufond, ancien de l’OJAM, militant PKLS
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Guy Dufond, ancien de l’OJAM, militant PKLS
 
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jean‑paul
Le 2 décembre 1959 à 21h13, le barrage de Malpasset s'effondrait sur

Christian Marajo tué pendant les évenements
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Christian Marajo tué pendant les évenements
José Apha avec Edouard Glissand
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José Apha avec Edouard Glissand
Alain Plénel, 87 ans
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Alain Plénel, 87 ans
Le public
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Le public
Claude Lise pdt du Conseil Général
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Claude Lise pdt du Conseil Général
Josette Massolin représentant Alfred Marie-Jeanne
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Josette Massolin représentant Alfred Marie-Jeanne
Les historiens
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Les historiens
Jocelyne Marajo soeur de Christian Marajo
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Jocelyne Marajo soeur de Christian Marajo
Edwy Plénel, journaliste
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Edwy Plénel, journaliste
Edouard Glissand
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Edouard Glissand
Mme Lamic dont le mari fait une deuxième grève de la faim
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Mme Lamic dont le mari fait une deuxième grève de la faim
1959 : Décembre noir en Martinique
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1959 : Décembre noir en Martinique




Les émeutes de décembre 1959 en Martinique - Un repère historique
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Les émeutes de décembre 1959 en Martinique - Un repère historique
 
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« LA MARTINIQUE AUX MARTINIQUAIS »
L’AFFAIRE DE L’OJAM.

MANO LOUTOBY
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