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CÉ LI MINME KI LA
SUR TROIS TOMBES
Georges Gratiant
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Georges Gratiant




Georges Gratiant


Georges Gratiant, né le 6 janvier 1907 dans la commune de Saint-Esprit en Martinique
 Et  mort le 20 juin 1992, est un avocat et homme politique martiniquais.
Il fut le maire du Lamentin de 1959 à 1989 et président du conseil général de 1946 à 1947.

Biographie

Georges Gratiant naît le 6 janvier 1907 dans la commune de Saint-Esprit en Martinique. Il est membre d'une famille aisée. Après des études secondaires au Lycée Schoelcher où il obtient son baccalauréat, Georges Gratiant entreprend en France des études de droit comme beaucoup de jeunes à son époque. Titulaire d'une licence de droit, il s'inscrit au barreau de Fort-de-France comme avocat. Sensible au sort de son peuple qui croupit dans la misère à l'époque, il sera séduit par les idées marxistes et deviendra naturellement un militant communiste.

Dans les années 1930, il fonde avec René Ménil, Victor Lamon et Thélus Léro le groupe "Front commun" et en 1936 ils opèrent une fusion avec le groupe "Jean Jaurès" pour former en 1938 la "Région Communiste de la Martinique".

1941-1943 : Georges Gratiant participe en compagnie de René Ménil, d'Aristide Maugée, d'Aimé et de Suzanne Césaire à la rédaction de la revue Tropiques qui lutta contre l'aliénation culturelle et contre le régime de Vichy.

1945 : à la libération, Georges Gratiant comme tous les communistes de l'époque soutient l'assimilation et prendra une part active pour faire aboutir cette revendication.

1946 : Georges Gratiant est élu premier Président du Conseil Général du nouveau Département de la Martinique jusqu'en 1947.

1948 : lors de "l'Affaire des 16 de Basse-Pointe", Georges Gratiant est l'un des avocats des seize ouvriers agricoles inculpés pour l'assassinat d'un propriétaire béké sur l'habitation Leyritz à Basse-Pointe. Au procès à Bordeaux en 1951, il contribue grandement par sa remarquable plaidoirie à l'acquittement des ouvriers agricoles.

Les 21 et 22 septembre 1957 : Georges Gratiant, René Ménil, Léopold Bissol et Victor Lamon fondent le P.C.M (Parti Communiste Martiniquais). Le P.C.M aura comme mot d'ordre l'autonomie pour la Martinique. Le 14 février 1960, le P.C.M adopta un nouveau projet de statut pour la Martinique en proposant un territoire autonome fédéré à la République Française. les pouvoirs du territoire seraient exercés par une Assemblée législative et par un Conseil de Gouvernement.

1961 : lors de la grève des ouvriers agricoles du Lamentin, les gendarmes tirent sur la foule et provoquent la morts de trois ouvriers. Aux obsèques, Georges Gratiant prononce le célèbre "Discours sur les trois tombes" : Qui veut du pain aura du plomb, au nom de la loi, au nom de la force, au nom de la France, au nom de la force de la loi qui vient de France. Ce discours provoque la colère du ministre des armées Pierre Messmer qui poursuit Georges Gratiant devant les tribunaux mais celui-ci obtint finalement gain de cause.

Georges Gratiant passa toute sa vie à se battre contre les injustices et il s'y employa notamment à travers son métier d'avocat le plus souvent à ses risques et périls. Il participa également dans les luttes anticolonialistes et prit fait et cause pour la dignité martiniquaise notamment dans l'affaire O.J.A.M. et lors de la terrible grève de 1974.

1989 : Georges Gratiant après avoir été maire du Lamentin pendant trente ans et après avoir fait de cette commune la deuxième ville de la Martinique annonce qu'il ne se représente pas aux municipales et soutient la candidature de son premier adjoint Pierre Samot.

1992 : après s'être retiré progressivement de la politique, Georges Gratiant meurt le 20 juin 1992 à l'âge de 85 ans. En son hommage, le stade de Place d'Armes au Lamentin fut baptisé Stade Georges Gratiant, il y a quelques années.

Parcours politique
1945 à 1956 : premier adjoint au Maire de Fort-de-France
1946 à 1947 : président du Conseil général de la Martinique
1945 à 1961 : conseiller général de Fort-de-France
1970 à 1988 : conseiller général du Lamentin
1959 à 1989 : maire du Lamentin
1983 à 1990 : conseiller régional
Source : Wikipédia
Pour en Savoir plus cliquez ICI

http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Gratiant



Marie-Hélène LEOTIN - historienne
24 Mars 1961 – 24 Mars 2011 - 50e Anniversaire de la tuerie du Lamentin

Dans le cadre du 50e anniversaire de la tuerie du Lamentin, le Parti Communiste Martiniquais, vous invite à l’hommage qui sera rendu aux victimes innocentes de la répression coloniale et à Georges Gratiant, le maire du Lamentin qui était poursuivi par la justice coloniale pour s’être indigné et révolté contre l’assassinat de trois citoyens de la commune.

Dans les années 1960, en cette fin de règne des habitations, les ouvriers agricoles martiniquais connaissent des conditions de vie extrêmes avec des salaires de misère. C’est dans ce contexte difficile que trois lamentinois ont été tués au cours d’une manifestation suite à une fusillade des forces de l’ordre.

Rendez-vous :

Jeudi 24 mars 2011 à 17 heures - Devant le cimetière du Lamentin

« Vous trois dont le cœur était plein d’espoir Et d’amour Sachez que votre sang a fécondé le sol de votre ville Pour que se lèvent des milliers de bras Qui sauront un jour honorer votre martyre, Dans la paix, dans la raison et dans la liberté ».

(Extrait du Discours sur trois tombes de Georges Gratiant)

Radio APAL a conçu cette petite vidéo, un vrai rappel à un moment historique qu’a vécu notre île, avec la participation de Marie-Hélène LEOTIN - historienne



24 MARS 1961
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24 MARS 1961

Un peu plus d'un an après les émeutes de Décembre 1959 qui avaient fait 3 morts et de nombreux blessés à Fort de France, c'est au Lamentin que le 24 mars 1961, 3 Martiniquais sont tués et plus d'une vingtaine blessés par les balles des mitraillettes des forces de répression coloniale française.

Il faut rappeler que cette période était celle de la décolonisation surtout en Afrique où nombre de pays sous domination coloniale française accèdent à l'indépendance. C'est la période où courageusement, les Algériens luttent les armes à la main pour recouvrer leur souveraineté.

Le pouvoir colonial a peur que la Martinique aussi ne s'émancipe de cette tutelle coloniale. D'autant que la revendication nationale commence à s'exprimer ici et dans l'émigration.

Ainsi a-t-il pris l'ordonnance d'Octobre 1960 visant à museler ceux qu'il considère comme dangereux pour son système, qu'il va appliquer à Dufond, Guitteaud, Mauvois, nicolas .

En Mars 61, les ouvriers agricoles étaient en grève pour réclamer des augmentations du salaire de misère qui leur était versé, ainsi que des améliorations des conditions de travail et de paiement des salaires.

Ce 24 Mars, comme à l'habitude les travailleurs se rassemblent au bourg du Lamentin, qui était à l'époque un centre important de culture de canne et de production de sucre. Ils allaient aussi d'habitation en habitation pour convaincre les ouvriers de suivre le mouvement de grève, ce que les autorités coloniales et les békés essayaient d'empêcher. Durant la matinée les gendarmes arrêtent 3 responsables syndicaux qu'ils emmènent à Fort de France, les travailleurs restent mobilisés toute la journée réclamant la libération de leurs camarades.

Un des membres de la famille Aubéry, responsable de l'assassinat d'André ALIKER en 1934, détentrice de la majeure partie des plantations de canne du Lamentin, vient provoquer à plusieurs reprises les travailleurs là où ils sont rassemblés.

Arrive un moment où les grévistes réagissent. Se croyant menacé, Aubéry se réfugie dans une maison voisine. Les ouvriers prennent position devant la maison dénonçant l'arrogance béké et exigeant la libération de leurs camarades qui n'avaient commis aucun délit.

En début de soirée alors que les syndicalistes qui avaient été conduits à Fort de France étaient de retour vers le Lamentin, les gardes mobiles postés près de l'église, sans que rien ne le justifie, décident de tirer sans sommation sur la foule formée essentiellement de personnes sortant de la prière du carême à l'église.

Tous ceux qui sont tombés ont été atteints de balles dans le dos car ils s'éloignaient de l'église pour rejoindre leur domicile. On compta 3 morts : MARIE-CALIXTE, LAURENCINE, VALIDE. Il s'agit d'un véritable massacre perpétré par ceux qui ne voulaient tolérer aucune résistance face à la féroce exploitation capitaliste exercée par les békés, aucune contestation du totalitarisme colonial en vigueur, qui voulaient faire peur à la population pour qu'elle ne revendique pas.

Dans le discours prononcé lors des obsèques des victimes, « sur trois tombes » Georges GRATIANT , maire communiste, fustigea le comportement des autorités coloniales, ainsi que la férocité de la répression contre des ouvriers qui réclamaient du pain et à qui on a donné du plomb.

Pour ce discours, il a été poursuivi par le gouvernement français et frappé de suspension de ses fonctions par la justice coloniale à son service.

40 ans après, nous devons nous rappeler cet épisode de l'histoire du mouvement ouvrier, cette triste page de notre histoire, trop souvent cachée, ignorée, falsifiée dans l'intérêt du colonisateur.

Oui nous devons faire connaître à nos enfants ce que furent les luttes menées par les travailleurs, quelles sont les victimes de la violence coloniale toujours perpétrée dans notre pays.





 
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Audiovisuel La tuerie du 24 Mars 1961 (Histoire du Lamentin)
16-11-2008
Le Lamentin, Martinique, 15 novembre 2008. Un documentaire audiovisuel réalisé et présenté par la cellule des jeunes lamentinois de Comme Chez Soi de l'Office de la Culture du Lamentin autour de la fusillade du Lamentin, "La tuerie du 24 Mars 1961, une tranche de l'histoire du Lamentin" (Martinique).


de g. à d. : Mélissa Marie-Luce, Laura Lonete, Audrey Cassilde, Mme Manuella Nourel, Mme Nathalie Glaudon, Caroline Pierre-Louis, Anthony Lancry, Laëtitia Nourel


La projection du film documentaire, court-métrage de 26 minutes précédé d'une bande annonce s'est déroulée devant les familles des victimes, les élus du conseil municipal, les invités au centre culturel du bourg. Les jeunes encadrés par la productrice et chef de projet Manuella Nourel et par la formatrice en technique audiovisuelle Nathalie Glaudon délivrent un documentaire cinématographique relatant dans un souci d'objectivité l'événement qui a marqué au Lamentin la période des grandes grèves des ouvriers agricoles de la Martinique, à travers le témoignage de témoins oculaires, syndicalistes, rédacteurs de journaux, ouvriers agricoles, historiens, familles des victimes, la veuve Jenny du maire communiste de l'époque Georges Gratiant. Cette répression a coûté la vie à Alexandre Laurencine 21 ans, Edouard Valide, 26 ans et Annette Eulalie Marie-Calixte, 24 ans faisant également des dizaines d'adultes blessés par balles, les enfants ayant étant mis en sécurité par les grévistes dès le début de la grève. Ce premier documentaire accompli est l'ouverture du projet cadre "Jeunes... A vos caméras !"

Synopsis de la tuerie du 24 mars 1961, une tranche de l'histoire du Lamentin

"Dans les années 1960, en cette fin de règne des habitations, les ouvriers agricoles martiniquais connaissent des conditions de vie extrêmes avec des salaires de misère. Aussi, doivent-ils chaque année manifester dans les rues et faire grève afin de négocier des augmentations.

Ces manifestations se terminent le plus souvent par de violentes répressions. C'est dans ce contexte difficile que trois innocents sont tués le 24 Mars 1961 au Lamentin. Suite à une fusillade des forces de l'ordre, le maire du Lamentin Georges Gratiant est condamné après son discours Sur Trois Tombes prononcé lors des funérailles des victimes.

Pourquoi cette tuerie, comment et avec quelles conséquences ? Les jeunes Lamentinois de la Cellule "Comme Chez Soi" de l'Office de la Culture du Lamentin, décident d'enquêter sur ce pan méconnu ou "tu" de leur histoire. Ils le transmettent sous la forme d'un film documentaire. Dans ce cadre, ils vont aux sources premières en interviewant des témoins présents ce 24 Mars 1961. Ils reconstituent ainsi, pas à pas, dans un souci de vérité les événements qui ont été des faits marquants de leur commune."

La tuerie du 24 Mars 1961, Réalisateur : Laura Lonete. Co-réalisateur : Audrey Cassilde. Régisseur : Caroline Pierre-Louis, Mélissa Marie-Luce. Caméraman : Anthony Lancry. Prise de son : Clarisse Petit, Laetitia Nourel. Scénario : Audrey Cassilde, Coralie Lebon, Maude et Laetitia Nourel, Laura Lonete. Formatrice Coordinatrice : Nathalie Glaudon. Directrice de production : Manuella Nourel. Bande annonce : IG Films. © 2008 Comme Chez Soi

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Musique : Kolo Barst, Lot Bo So, Février 1974 ...Commentaires
0 #1 Marie-Calixte 16-11-2008 13:28
Bonjour à tous,je tiens à dire qu'il y a beaucoup de commémorations mais que la famille habitant toujours au Lamentin,la famille proche,les frères et soeurs,nièces et neveux de Marie-Calixte Annette ne sont jamais conviés aux commémorations ainsi qu'aux diverses projections organisées en l'honneur des victimes.

Cordialement

MARIE-CALIXTE
Citer +1 #2 Tuerie du 24 Mars 1961 — Phil 16-11-2008 13:58
Le nom de la victime Marie Calixte, a malheureusement été l'objet d'une erreur puisque la plaque commémorative était au nom de Suzanne et non pas Annette Eulalie, c'est la source d'un malentendu regrettable entre la Ville du Lamentin et la famille. Mais cela a été rappelé par un Marie-Calixte présent lors de la projection. Les jeunes de Comme Chez Soi ont tout fait pour tenter de réparer cette double injustice douloureuse : la plaque a été changée par les autorités. Tienbé rèd.
Citer 

 


 
Vign_gerichot
La mémoire est souvent selective. Elle porte aux nues des événements insignifiants. Elle condamne parfois 
à I'oubli ceux qui ont marque I'histoire des peuples, qui ont façonné leur destin.
Tel est Ie sort reservé aux tragiques événements qui ont ensanglanté Ie Lamentin ce 24 mars 1961.
Denouement tragique des luttes héroïques de ces misérables ouvriers agricoles qui reclamaient du pain
et qui recevaient du plomb. Barbarie coloniale !
Ce vendredi de carême, face à ces fusils et à ces mitrailleuses au service des seigneurs de la terre, une
foule d' ouvriers agricoles aux ventres vides, aux mains nues et de paroissiens qui venaient d'accomplir
leur acte de foi serrant sous leurs bras leurs livres de priere. Les salves ne firent pas de detail. Trois de ces Lamentinois
- Suzanne MARIE-CALIXTE  24 ans, couturiere,
- Alexandre LAURENCINE,21 ans, ouvrier agricole,

- Edouard VALlDE, 26 ans, ouvrier agricole•••
ne se relevèrent iamais. 21 autres blessés furent soignes à I'Hâpital du Lamentin.
La terre lamentinoise si fertile pour la canne n' avait pas besoin d' être arrosée du sang de ces innocentes victimes.
Mais leur sacrifice n'aura pas été vain. II a ouvert les yeux de ceux qui doutaient encore de la sauvagerie
du colonialisme. Leur sang a petri Ie ciment de la solidarite des luttes des travailleurs martiniquais. .
Leurs depouilles reposent sous trois modestes pierres blanches. Mais leurs noms, sont entrès dans I'Histoire de
notre peuple et dans l'Eternite. A I'occasion de la commemoration du 44e anniversaire de leur martyre, Ie Parti Communiste
Martiniquais tient à rendre un hommage solennel a toutes les victimes de la repression coloniale et a tous
ceux qui ont defendu la cause de ces damnes de la terre. Un souvenir qui s'impregnera d'une profonde
émotion après la découverte du magnifique discours poème de Georges GRATIANT"Sur trois tombes".
Relisons-Ie donc !
Pour ne pas oublier ce que nous avons ete et ce que nous avons subi, associons-nous a la commemoration de
ce grand souvenir.

Georges ERICHOT
Secreta ire General
duParti Communiste Martiniquais
24 Mars 2005
 
Vign_Discours-sur-trois-tombes-24-mars-1961-
DISCOURS

Prononcé par:
Georges GRATIANT
Maire du Lamentin

Aux obsèques de :

Suzanne, Eulalie, MARIE-CALIXTE
24 ans, couturière, quartier « Florinde »

Marcellin, Alexandre, LAURENCINE
21 ans ouvrier agricole à « Roches Carrées »

Edouard VALIDE
26 ans, ouvrier agricole à « ROCHES Carrées »

Tués au Lamentin
Le Vendredi 24 mars 1961
Par les force de répression



Au nom de l’ordre et de la force publique,
au nom de l’autorité qui nous régente, au nom de
la loi et au nom de la France,une poignée d’assassins
en armes vient de creuser trois tombes d’un coup
dans notre sol Lamentinois.

Crime plein de lâcheté et plein d’horreur !

Crime policier, crime raciste, crime politique.
Policier certes, parce que pas une main civile
N’a commis en cette nuit du Vendredi 24 Mars 1961
Le moindre geste meurtrier.
Crime raciste certes, même quand des valets
de notre sang,de notre race,au service à la fois
de la force et de l’argent,
trahissent leur sang,trahissent leur race,
pour se faire vils et dociles assassins.
Crime politique certes, parce qu’il fut organisé
pour et par les forces d’oppression capitalistes
et colonialistes et qu’il s’est commis
au grand détriment de familles ouvrières
des plus humbles mais des plus dignes .

Vingt-et–un blessés et trois cadavres, voici le bilan
de cette nuit tragique,de ces minutes de rage policière.

Nous mesurons alors le poids du mépris
des meurtriers en uniformes et nous savons aujourd’hui
encore mieux qu’hier le peu de poids que pèsent
dans la balance de l’Etat Français les vies humaines,
lorsque ces vies-là sont celles des nègres de chez nous.

Le plus féroce des meurtriers, fut-il fusil au poing,
mitraillette au côté,chasse de la voix le chien
qui devant sa porte approche,
pour l’avenir des sévices qu’il encourt .

Ici, les assassins officiels- sans crier gare-
Couchent sur le sol en deux salves sanglantes,
Des hommes, des femmes, qui ont commis la faute
de ne pas être contents d’avoir été si longtemps
trompés,abusés,exploités.
Qui veut du pain aura du plomb
au nom de la loi, au nom de la force,
au nom de la France ,

au nom de la force de la loi qui vient de France.

Pour nous le pain n’est qu’un droit,
pour eux le plomb c’est un devoir.

Et dans l’histoire des peuples noirs
Toujours a tort qui veut du pain
Et a raison qui donne du plomb.

Ainsi vont les choses pour nous les noirs.

De mal en pis elles vont, les choses.

Pour que les cris des peuples noirs,
ceux de l’Afrique, ceux du Congo,
ceux de Cayenne et ceux d’ici,

ne puissent s’unir en une seule voix dont les échos
feront un jour éclater l’avenir en gros morceaux
de joie,de tendresse et d’amour,

feront s’évaporer la haine,la domination et la servilité,

feront pleuvoir du bonheur pour les pauvres,

pour que les échos de cette immense voix des travailleurs
de toutes les races,unis,égaux, en droits,
ne puissent résonner à l’unisson,
on étrangle,on enferme et l’on tue .

Dans les lambeaux de quel drapeau vont se cacher
Pour palpiter les principes humains de le morale française ?

Sous les plis de quelle bannière va se tapir la charité chrétienne ?

Répondez, citoyens, camarades,
répondez,vous que le plomb tient aux entrailles
et qui râlez à l’hôpital.

Répondez, vous que les balles assassines
Ont couchés dans le silence.

Répondez, vous trois qui avez passé vos brèves années
dans le culte du travail et de dieu.

Réponds- moi Suzanne MARIE-CALIXTE,
belle et forte camarade,
toi qui pendant tes 24 années passées sur terre,
as cultivé l’amour de ta mère et de ta grand’mère,
l’amour des tiens,l’amour de Dieu,de tes prochains.

Dis-moi quelle dernière prière tu venais d’adresser
à ton Seigneur dans son Eglise que tu quittais à peine,
quand les gendarmes firent entrer la mort par un grand trou
dans ton aisselle,à coups de mitrailleuses.

Et si ton Dieu t’accueille au ciel,
Tu lui diras comment les choses se sont passées.

Tu lui diras q’Alexandre LAURENCINE ici présent
Avait seulement 21 ans.

Qu’il s’est couché sur le pavé
et que c’est là,face contre terre,
qu’il fut tiré et qu’il fut tué,
déjà couché,prêt au tombeau.
Tu lui diras que son papa
s’était baissé pour l’embrasser
et qu’à la main il fut blessé .

Tu lui diras jeune fille, qu’Edouard VALIDE
garçon tranquille de 26 ans,
donnait le dos aux assaillants,
et qu’à la nuque il fut atteint
et que sa tête de part en part fut traversée.

Tu lui diras que des Français forment
ici une gestapo
qui assassine dans le dos
au nom de la loi,au nom de la force,
au nom de l’ordre,au nom de la France
au nom de l’ordre qui vient de France.
Vous trois, amis, dont la police et la gendarmerie
ont cru utile et agréable
d’ouvrir les tombes à coups de fusil,

vous trois dont les mains étaient vides
comme vos poches et votre ventre,

vous trois dont la tête était pleine de tracasseries
et de soucis,

de manque d’argent et de malheur,

vous trois dont le cœur était plein d’espoir
et d’amour

sachez que votre sang a fécondé le sol de votre ville

pour que se lèvent des milliers de bras
qui sauront un jour honorer votre martyre,
dans la paix,dans la raison et dans la liberté.

Vos noms rejoignent glorieusement

Ceux du François de 1900,

Ceux du Carbet de 1948,

Et tous ceux qui pour les mêmes raisons,
sont les victimes du plus fort
et de la trahison.

Au nom de l’Edilité de votre ville,
au nom de tout un peuple de Travailleurs,
je m’incline avec piété devant vos trois cercueils
et je salue affectueusement vos familles dans la douleur.

Puisse votre souvenir illuminer nos luttes à venir
qui seront dures certes-
ici vos bières nous l’indiquent à suffire-
mais qui seront,nos luttes,assurément victorieuses.

Car nous sommes tous avec vous trois
par votre sang, par notre honneur,
liés, pour la raison contre la trahison,
dans le courage contre la lâcheté
dans l’amour contre la haine,
pour la liberté contre la servilité,
pour la fraternité des peuples contre le racisme,
pour la paix et le bonheur universels
contre l’égoïsme cruel de quelques uns.

Fiers et Chers Camarades, Adieu !



SOURCE :


http://journal-justice-martinique.com/discours-sur-trois-tombes



 
 
 
 
 
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QUI EST JULES MONNEROT,
FONDATEUR DE « JUSTICE » ? (1874-1942
Pour En savoir plus cliquez ICI

http://journal-justice-martinique.com/qui-est-jules-monnerot-fondateur-de-%C2%AB-justice-%C2%BB-1874-1942







 
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André Aliker

André Aliker, né le 10 février 1894 dans le quartier Roches-Carrées sur la commune du Lamentin en Martinique,
France est un militant communiste martiniquais.
 Le 12 janvier 1934, son corps a été retrouvé ligoté.
La mort d'Aliker est un détonateur pour le mouvement ouvrier en Martinique.
 
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Marie-Hélène LEOTIN - historienne
 
GRATIANT GILBERT (1895-1985)
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Léopold Bissol
Léopold Bissol, né le 8 octobre 1889 au Robert en Martinique
 et mort le 10 septembre 1982 est un homme politique martiniquais.
 Il fut député de la Martinique de 1945 à 1958
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Georges Gratiant

Maire du Lamentin de 1959 à 1989
 
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Le Stade Georges Gratiant
 est situé dans la ville de Le Lamentin en Martinique.

C'est le deuxième plus grand stade de la Martinique après le Stade Pierre Aliker.

Sa capacité est de 10 000 places. Le stade est également équipé d'une piste d'athlétisme et d'un éclairage nocturne satisfaisant. L'Aiglon du Lamentin, club phare de la ville du Lamentin joue les compétitions officielles (championnat et coupes) sur le stade Georges Gratiant.
 
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RCI, Mano, Josette Manin, et Georges Gratiant

administrateur | 14 avril 2011

À la toujours excellente émission de Mano sur RCI du dimanche matin, l’invitée du jour, la nouvelle présidente du Conseil Général de la Martinique, Mme Josette Manin, nous raconta les événements marquants de sa vie. Et récidiva.

Comme lors de son 1er discours le jour de son élection, elle cita, à la fois Georges Gratiant qui l’accueillit dans son équipe municipale, La tuerie du 24 mars 1961 au Lamentin où trois Lamentinois périrent, Le Discours sur trois tombes de Georges Gratiant. (Au cours du 1er discours, elle avait également cité Édouard Glissant et le « Tout Monde »).

Il y eut DEUX moments émouvants dans cette évocation, ce dimanche-là.

Car Josette Manin, alors âgée de onze ans, était présente, nous dit-elle, au mitan des ouvriers agricoles rassemblés devant la rue des Barrières et la rue Hardy de Saint-Omer qui réclamaient la libération de deux des leurs arrêtés par les forces de l’ordre, (voir à ce propos le lien suivant de « terres locales « : http://www.terrelocale.net/Pages-d-histoire-50e-Anniversaire.html reprenant une courte vidéo éditée par Radio-Apal).

La mère de Josette, ouvrière agricole, et visiblement femme de grande conscience, avait charoyé là ses deux filles sous ses bras : par ce geste, elle avait décidé de marquer, indélébilement, la conscience de ses enfants à l’orée de leur adolescence.

Le Discours sur trois tombes – qui valut à Georges Gratiant la foudre des autorités de l’époque – fut la conclusion épique de cette tragédie ouvrière et coloniale, et sa citation répétée par l’intéressée témoigne de la marque qu’il imprima dans le cœur de la jeune lamentinoise.

Mais le deuxième temps émouvant, fut, encore plus, celui où Mano nous fit entendre la voix de Georges Gratiant, racontant comment lui-même – et je pourrais ajouter lui seul – obligea Césaire et Bissol à se rencontrer.

Une bonne partie de la conscience de ce qui s’est passé dans ce pays s’est construite autour de six ou sept mythes mensongers, je dis bien mensongers (1), mais ce qui arriva dimanche dernier en fit éclater l’un des plus tenaces qui écartait Georges Gratiant du rôle premier qu’il joua dans l’émergence de la nouvelle vie politique qui était en train de s’instaurer dans notre pays, un rôle fondamental qu’il accomplit sans ostentation, mais avec un efficacité redoutable, et au nom d’un mouvement politique qui allait renverser l’ordre municipal, l’ordre législatif, l’ordre de l’unique Assemblée qui coiffait la vie politique coloniale de l’époque en devenant en 1946 le 1er président du Conseil général du nouveau Département de la Martinique.

Gratiant étant mort en 1992, Darsières et Césaire, eux beaucoup plus tard, auraient pu dénoncer ses propos, si d’aventure Georges Gratiant en avait travesti la vérité. On doit donc les considérer comme définitivement acquis, définitivement vrais.



***

Je ne sais si Josette Manin s’en estime, quitte par cette seule allusion radiophonique du devoir non seulement de mémoire mais d’exemplarité qu’imposent ses références.

Je ne sais si la pulvérisation, jusqu’à la dernière pierre, de ce qui restait de ce temple des réalités de la condition ouvrière que fût l’Usine du Lareinty, par une équipe au sein de laquelle elle est un acteur de premier plan, peut se concilier avec cette brûlure qui nous a tous saisis – et déterminés – lorsque, après 1959, après 1961, le temps des engagements nous fut arrivé, nous entraînant, nous les militants de l’OJAM, à côté et avec les jeunes communistes de l’époque (et avec eux seuls !) à dire à notre tour combien ce système colonial devait être aboli…

Et je ne sais encore moins si la majorité de circonstance qui l’a conduit au poste de n° 1 du « Département » est le prolongement direct de « la » geste » de sa mère en ce jour fondateur du 24 avril 1961…

Je ne sais…

C’est à sa conscience, et à sa pratique, de répondre.

Henri PIED


(1) L’un des premiers de ses 6 ou 7 mythes mensongers était que la liberté des esclaves n’avait été acquise que grâce à l’action de Victor Schœlcher, quoiqu’il demeure, au rang des mensonges par omission, l’absence de toute référence dans la longue gestation de cette libération du rôle décisif de Bissette, Fabien, Volny quoiqu’ils aient pu faire par la suite qui eut pu ternir leur engagement premier…

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