NOU KA SONJÉ
YO
CÉ LI MINME KI LA
Homma à Ti Raoul
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 Ti Raoul

GRIVALLIERS Raoul
Né le 3 août 1934 à Sainte-Marie, Raoul GRIVALLIERS dit Ti Raoul ou Ti Ayoul est issu d’une famille qui s’investit depuis plusieurs générations dans la tradition bèlè. Depuis enfant, il allait à des soirées. A chaque fois qu’il rentrait chez lui, c’était pour recevoir une raclée, qui ne l’éloignait pas de cette passion. Dès l’âge de 12 ans, son oncle Stéphane le laisse chanter pendant les soirées. Sa voix nasillarde se prête à ce style, ainsi que sa pertinence, qui lui permet de composer sur le champ une mélodie avec des paroles acerbes afin d’évoquer les problèmes de la société.

Vers les années 50, la notoriété de Ti Raoul arrive à Fort-de-France où il est invité à rejoindre le ballet folklorique de Loulou BOISLAVILLE. Ils partent en tournée en France en 1952. En 1953, Ti Raoul repartira avec le groupe de Raphaël PROSPA. Après sa prestation de 1955, il restera en métropole jusqu’en 1975. Au cours de ce long séjour, il obtiendra un CAP de peinture en bâtiment. Mais Raoul se consacre entièrement à sa vocation de chanteur.

Il enregistre ses premiers disques avec la Maison des Méringués. En 1989, il enregistre son troisième disque avec Asé Pléré An Nou Lité. En 1998, la compagnie AUVIDIS l’enregistre en live chez lui au Morne-des-Esses. Il participera à plusieurs festivals avec sa formation : festival d’Avignon en 1978, festival de Sainte-Marie en 1987.


Le Bon Exemple Ti Raoul
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les Frères Rastocle
les Frères Rastocle
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les Frères Rastocle

Benoît RASTOCLE est né le 11 décembre 1933 à Lassalle à Sainte-Marie.
Depuis l’âge de 12 ans, alors que son frère Paul avait 13 ans, Benoît allait chercher de l’eau à la source et s’adonnait au chant, tandis que Paul tapait sur les fûts d’eau, qui lui servaient de tambour. Ils se sont très tôt intéressés au bèlè. Stéphane BONIFACE était alors le grand chanteur de la place. Il accompagnait les gommiers du Lorrain à Sainte-Marie, avec les tambours. Benoît et Paul suivaient cette épopée. Benoît écoutera beaucoup, observera, et se mettra vite à composer ses propres chansons et à les interpréter.
Benoît reste très peu à l’école. Dès 11 ans, il entre dans la vie active : il transporte la canne à sucre, dirige le mulet pour le transport de la canne, laboure la terre, bref tous les travaux de l’agriculture. En plus, il a des emplois non déclarés (" taxi marron " ou " tout venant ") : il tue des bœufs pour ceux qui le lui demandent. Là aussi, il a appris en observant.
En 1976, il entre dans le groupe Foulard Jaune de la mère de Ti Emile, il y reste un an environ. Il chante ensuite dans le groupe " Maframé " aux côtés de Constant VELLASQUES au tambour. Il passe par " Princesias ", où il chante et joue du tambour. Puis il sera au tambour dans " Acacia ". " Flanm Difé " accueillera Benoît, qui sera aux côtés de Paul son frère. Benoît passera aussi à WAPA avec La SOSSO et Christian VALLEJO. Aujourd’hui, Benoît se déplace avec son frère dans les différentes soirées bèlè, avec Laurent SYMBAR au ti-bois, et leurs épouses aux chœurs (répondè).
Il a participé à plusieurs rencontres avec des artistes de " gwo-ka ".
On peut l’entendre sur cinq (5) enregistrements : Les frères RASTOCLE, Sully CALLY, Apollon VALLADE, Bèlè Boum Bap et AM4
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Paul RASTOCLE est né à Sainte-Marie en 1932.
Très tôt, il s’intéresse au bèlè, au tambour plus particulièrement. Il le découvre, encore enfant, chez la mère de Ti Emile. A cette époque, le tambour était omniprésent : à Noël, il accompagnait le transport des gommiers du Lorrain à Sainte-Marie ; il rythmait aussi les coups de main, à condition qu’il y ait une calebasse d’eau et une bouteille de rhum.
Les soirées bèlè étaient interdites aux enfants, car jugées dangereuses (lors des " danmyé ", l’un des combattants était parfois tué). Il s’y rendait alors en cachette. Lorsqu’il partait à la source chercher de l’eau avec son frère Benoît, il tapait sur les " bombes " qui lui servaient de tambour.
A l’âge de 21 ans, il avait l’autorisation de sortir aux soirées qui se tenaient dans les campagnes samaritaines. Là, il obtenait parfois la permission de jouer, quand les plus vieux voulaient bien. C’est en observant les anciens qu’il a appris à maîtriser cet instrument. Tous les quinze jours, le samedi, une soirée était organisée, de Reculée au Pérou, en passant par Bezaudin, Pain de Sucre…
A 29 ans, il assiste à un danmyé qui le perturbera pour plusieurs années. Le vainqueur ayant tué son adversaire, le frère de ce dernier, furieux, blessa le vainqueur d’un coup de rasoir. Paul, témoin de l’accident fut prié de quitter les lieux rapidement, et resta des années sans retourner à ces soirées : le danger était réel.

C’est Pierre CHONQUET, ce chanteur de Pain-de-Sucre qui révélera Paul RASTOCLE. Il l’invite à faire partie du groupe de Mme RENARD en 1972. Après six mois de répétition, le groupe part en tournée à la Barbade. Son répertoire : biguine, mazurka.
En 1976, lorsqu’Eugène MONA crée son groupe, Paul est invité à le rejoindre. Il restera 12 ans avec lui. Ainsi, il partira en France deux fois, en Guyane, en Guadeloupe, en Jamaïque.
Après la mort de MONA en 1992, le groupe " Héritage " est formé avec Max NELICAM (fils de MONA) et des musiciens de l’ancien groupe. Il existe encore aujourd’hui.
Paul RASTOCLE est aussi convié à participer au groupe Bel’ Allians de Ciméline RANGON. Son épouse est répondè, Etienne JEAN-BAPTISTE au tambour avec Paul, Félix CEBAREC est au chant. Après la séparation du groupe, Paul crée l’association Flanm Difé avec son frère Benoît (chant), son épouse Marianne (répondè), l’épouse de Benoît, Marie (répondè), entre autres. Le groupe cesse d’exister quand les danseurs et danseuses décident de rejoindre un groupe de jeunes. Il se produisait dans les hôtels, écoles, à la fête de Sainte-Marie.
Aujourd’hui, Paul répond aux invitations de participer à des CD. Il se déplace toujours avec son frère Benoît et leurs épouses, et " les frères RASTOCLE " sont invités à toutes les " swaré bèlè ".
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Vava Grivalliers
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Vava Grivalliers

La danse traditionnelle perd l'un de ses gardiens
Vava Grivalliers s'en est allé
H. S. France-Antilles Martinique 04.04.2011


Edvard Grivalliers dit « Vava » , est mort vendredi à l'âge de 84 ans. Originaire de la commune de Sainte-Marie, l'homme était reconnu par ses pairs comme un expert en danse bèlè, danmié et kalenda.
Parti très jeune vers Fort-de-France avec femme et enfants, il oeuvra durant de longues années à la préservation et à la valorisation de la danse traditionnelle. Cela à travers son engagement dans le Grand ballet de Martinique aux côtés notamment de Loulou Boislaville mais aussi au sein du Sermac. Une grande aventure qui lui donna l'opportunité de présenter les danses traditionnelles Martiniquaises aux quatre coins de la planète.
Au quartier Pérou, l'un des fiefs du Bèlè, sur les hauteurs de Sainte-Marie, nous avons rencontré Maurice et Armante, frère et soeur de Vava. Tous deux se souviennent d'un homme plutôt joyeux et convivial. « Vava était très jovial et apprécié de tous ceux qui le connaissaient, raconte Maurice. Avant de partir vers la ville, il était agriculteur et passionné de bèlè. Il allait danser partout où il y avait une soirée bèlè. À son arrivée à Fort-de-France, il s'est beaucoup investi au SERMAC dans la formation des jeunes. Il exerçait également, à temps partiel, le métier de boucher » .
Du quartier Pérou, à Fort-de-France puis aux quatre coins du monde...
« Nous étions quinze frères et soeurs et nous formions une famille soudée » , se rappelle Armante tout en nous montrant l'endroit où se situait la petite case familiale. C'est là, dans l'un des fiefs du bèlè, que Vava vit le jour il y a plus de 80 ans. Aujourd'hui, Armante y cultive de belles fleurs. « Mon frère souffrait du diabète depuis quelques temps déjà et ces derniers jours, il était très affaibli. C'est la vie... » , soupire t-elle.
Vava a eu sept enfants. Il garderont certainement le souvenir d'un homme ancré dans la tradition, comme tous ceux qui l'ont vu virevolter sur les différentes scènes et soirées Bèlè.
Félix Casérus, « mèt tanbouyé » a beaucoup joué avec Vava. Tous deux se sont côtoyés au sein du Grand Ballet mais aussi dans d'autres formations. « Nous avions de très bonnes relations, se souvient Félix. C'était un bon danseur et surtout un passionné. Bien sûr, chacun a son style et il avait le sien, que l'on appréciait ou pas. Il a appris, comme nous, c'est-à-dire, en observant les plus anciens. Ensuite c'est la passion qui fait la différence. Son père était tanbouyé bèlè également » .
Le monde de la musique et de la danse traditionnelle martiniquaise perd l'un de ses illustres représentants. Cependant le regain de dynamisme que connaît le bèlè ces dernières années est un excellent témoignage des efforts et de l'engagement de tous ces gardiens de la tradition qui ont su perpétuer des techniques et des savoir-faire menacés de disparition. Mèsi Misié!
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FORT-DE-FRANCE
An dènié ti pa pou Vava Grivalliers
J.-M. Al. France-Antilles Martinique 06.04.2011
 La danse traditionnelle perd un de ses « mèt » . Edvard Grivalliers dit « Vava » est parti avec les honneurs. Ils ont été nombreux à venir ce mardi pour ses funérailles, tenues en l'église de Saint-Christophe. L'expert en danse traditionnelle qu'il était aurait sans nul doute apprécié l'hommage en musique qui lui a été rendu. En effet, c'est au son des tambours bèlè que le corps de Vava Grivalliers a franchi les portes de l'église. Autour de sa famille, de nombreux artistes et sympathisants de la tradition sans oublier les représentants du Sermac, où il aura évolué pendant de nombreuses années. En signe de respect, tous portaient une tenue blanche, sertie d'un foulard bleu pour rappeler une des tenues de la ronde bèlè à laquelle il prenait souvent part.Les « mèt tanbouyé » tels que Félix Casérus et Sissi Percussions avaient tenu également à accompagner leur ami jusqu'à sa dernière demeure. Comme de nombreux défenseurs de notre patrimoine culturel, ils s'accordent à dire qu'un pan de la tradition est parti avec Vava Grivalliers, mais fort heureusement, la relève est là! Vava repose désormais au cimetière de Sainte-Thérèse.
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Appolon Vallade
Appolon Vallade
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Appolon Vallade

Appolon Vallade : « Non, Sanmdi gloria, pa ni amizé! »
Virginie Monlouis-Privat / Adams Kwateh France-Antilles Martinique 06.04.2011



A 88 ans, sa passion du tambour ne baisse pas d'un cran. Ce résident au quartier Citron à Sainte-Marie est toujours prêt à jouer le danmyè pour lequel il est un maître incontesté. 
 

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Parlez-nous de votre enfance!
Je n'ai pas connu ma mère. Mon père est décédé je n'avais que 6 ans. J'ai grandi de maison en maison. Je passais deux jours chez un frère ou une soeur, puis chez un autre. Ils me gâtaient beaucoup. Petit, j'ai fréquenté un peu l'école, mais il y avait toujours un camarade pour m'entraîner à faire l'école buissonnière. J'ai rapidement quitté les bancs. A partir de ce moment, j'allais chercher l'eau à la rivière que je transportais dans une calebasse jusqu'à la maison. Mon père a eu 18 enfants. Aucun d'entre nous n'a été à l'école. En ce temps-là, à la campagne, on n'envoyait pas les enfants à l'école.
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Vous n'avez vécu que dans le quartier de Citron, ici à Sainte-Marie ?
C'est ici que j'ai grandi et c'est ici aussi que je me suis forgé comme musicien et ouvrier. Plus tard, je suis parti travailler à Fort-de-France, cependant ma femme et mes enfants étaient restés à Sainte-Marie. Je revenais les voir tous les week-ends. Toute mon histoire s'est déroulée à Citron. Dans mon enfance, puis à l'âge adulte, j'ai connu de grands noms de Sainte-Marie dont deux très anciens maires Joseph Lagrosillère (1) et Louis Erimé (2).
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Comment « l'appel du tambour » vous est venu ?
Les plus grands tanbouyés se trouvaient à un kilomètre de chez moi, c'est-à-dire Bezaudin et Reculée. Quand le tambour jouait, on l'entendait depuis mon quartier. Vers l'âge de 10 ans, j'ai commencé à me rendre là-bas pour écouter et regarder les anciens jouer. Lorsque je revenais chez moi, je prenais une boîte en fer et je tapais dessus pour reproduire le son du tambour. Puis, une personne qui tenait un commerce au bourg de Sainte-Marie, près de la gendarmerie, m'avait demandé de jouer devant son magasin, le samedi. C'était pour attirer la clientèle. Les gens venaient boire et manger. Je recevais cinq francs, parfois deux ou trois. J'étais bien content, à l'époque ça représentait beaucoup. A partir de ce moment, j'ai commencé à m'améliorer et on m'a invité à jouer un peu partout, dans les autres communes.
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Qui vous a initié au tambour ?
J'ai appris en observant les plus grands, comme Féfé Marolany, spécialiste du bèlè, ainsi que Galfétè, lui était fort en kalenda. J'avais 13 ans. Mais c'est Jean Annette, le plus grand des tanbouyés de Martinique, qui m'a initié. Il jouait de tout. C'était un gars costaud, il portait toujours un foulard autour de la taille. Il était posé. Il ne faisait jamais d'histoires. Il m'a demandé de le suivre. Il m'a dit que lorsqu'il mourrait que je le remplacerai. J'ai commencé à jouer avec lui au Morne-Rouge, puis à Saint-Pierre, et puis partout dans l'île, sauf à Grand-Rivière et Macouba. Lorsque les anciens sont partis il ne restait plus de tanbouyés. J'étais pratiquement le seul. A l'époque, on interdisait aux enfants de jouer du tambour. C'était les vagabonds qui faisaient ça. Les parents te battaient s'ils te surprenaient à jouer du tambour. Je me souviens que Paul Rastocle, qui est aujourd'hui un grand tanbouyè, pendant longtemps il a écouté le tambour de loin sans pouvoir venir nous rejoindre. Ah non! Il ne pouvait pas venir. Mais vraiment pas.
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Pourquoi êtes vous parti travailler à Fort-de-France ?
Je travaillais dans la banane. Le géreur était très dur en ce temps-là. J'étais en mauvaise santé, j'avais maigri. Mon neveu m'a dit qu'il fallait que je quitte ce travail. Il m'a présenté au chef des services techniques à Fort-de-France. J'ai commencé comme carreleur, puis j'ai fait manoeuvre, charpentier... C'est là que j'ai retrouvé Ti Emile. Il s'occupait du pitt Dillon. Il m'a entraîné à jouer avec lui. Il y avait beaucoup de monde, parfois des embouteillages autour du pitt de Dillon, lorsque l'on y organisait des swaré bèlè. A partir de ce moment, on a cessé de dire que le bèlè c'était « an bagay viyé nèg » .
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Avez-vous un style par lequel vous vous distinguez des autres ?
D'abord, j'ai été très tôt reconnu pour mes capacités à jouer durant des heures et des heures. C'était incroyable à l'époque : je pouvais jouer tout seul de 20 heures à 5 heures du matin. Nous terminions de jouer au petit matin et directement on allait aux champs. Je travaillais la terre en ayant la tête encore pleine de sons de tambour. Moi, je suis reconnu pour être le maître du danmyé. C'est solide et chaud. Ce qui fait que je pouvais accompagner les plus grands majors qui habitaient Bezaudin. Ils se lançaient des défis qui se traduisaient par des vengeances. Les défis ne sont plus ce qu'ils étaient. J'avais fait ma première sortie au Morne-Rouge avec Ti Emile, puis à Saint-Pierre. Par la suite j'avais donné des spectacles avec Ti-Raoul.
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Comment vivez-vous le danmyé au fond de vous-même ?
Ce n'est pas du tout un jeu, comme certains veulent le faire croire. Je sais de quoi je parle car j'ai joué pour les majors. En ce temps-là on parlait de « gwo danmyé » . Les hommes ne venaient pas pour l'amusement. Les majors les plus dangereux se trouvaient du côté de Bezaudin. Quand ils se donnaient des défis, l'un pouvait aller jusqu'à soulever son adversaire pour le rejeter brutalement à terre, et ensuite lui sauter dessus à pieds joints. Quand il venait pour recommencer il fallait le retenir pour éviter le pire. Déjà au moment de courir la ronde, on savait quelle tournure aller prendre le combat. Si c'était de l'amusement les hommes gardaient leur chapeau sur la tête. Mais dès qu'ils l'enlevaient, c'est qu'il y avait danger. Autrefois, le danmyé était plus solide, plus chaud. Ce qui entraîne dès fois des bagarres et des combats par le rasoir. Au Samedi gloria, les groupes rivalisaient entre eux et pour cela, ils se préparaient durant des jours à la mer ou à la rivière. Durant une semaine, les futurs combattants cessaient toutes activités. Non, Sanmdi gloria, pa ni amizé! Les majors de Bezaudin étaient très forts. Il y avait un type redoutable au Gros-Morne qui se croyait invincible. On appelait « Chari » (La charrue). Un major de Bezaudin qui s'appelait Dultenor Casérus l'avait battu.
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Le danmyé vous a fait voyager aussi...
J'ai joué le danmyé partout en Martinique. Ensuite, je l'ai porté plus haut en me produisant à New York, Avignon et récemment à Dakar au Sénégal. Ces voyages me marquent encore : partout j'étais suivi par de nombreuses caméras. A New York, je ne me reconnaissais plus, tellement la foule de caméramen était grande autour de moi.
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Comment se passait le Samedi Gloria ici à Sainte-Marie ?
A cette occasion, toutes les célébrités venaient commémorer l'événement. Car avec le jour de l'An, c'est l'un des plus grands rendez-vous du monde bèlè. Nous avons réussi à maintenir cette tradition riche qui se déroulait tantôt chez les Casérus, tantôt chez un autre. Et c'est moi qui donnais le ton. C'est pour cela que certains m'appellent « Mèt tanbou » .
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Comment voyez-vous l'avenir du tambour ?
C'est une très bonne évolution, car maintenant, il y a des écoles de bèlè et de danmyè. Je me félicite de voir l'engouement qu'il y a autour de notre tradition. Dans mon enfance, nous n'étions pas conviés au mariage, aujourd'hui nous sommes souvent les maîtres de cérémonie. C'est la preuve que le tambour est appelé à vivre jusqu'à la fin des temps.(1) 1872-1950, maire de Sainte-Marie de 1910 à 1935.(2) 1895-1982, maire de Sainte-Marie de 1939 à 1941 et de 1943 à 1955.
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PORTRAIT : « Bèlè la jiska lafin di mond »

Un chapeau de feutre porté avec élégance, frêle et droit, Apollon Vallade caresse et fait vibrer son tambour avec force et fierté. Fierté d'avoir été choisi par les anciens pour prendre la relève, fierté d'avoir fait de son amour pour le tambour un acte de résistance, fierté d'avoir fait voyager le bèlè et le danmyé à travers le monde. A 88 ans, le doyen des tanbouyés martiniquais se souvient encore lorsqu'il était enfant, du tambour raisonnant à travers la campagne. Un tambour qui l'a toujours appelé de manière viscérale et qui a fait de lui le digne héritier des plus grands tanbouyés de Sainte-Marie.
C'est au quartier Citron, qu'Apollon a grandi. Orphelin depuis l'âge de 6 ans, il est le dernier enfant d'une famille nombreuse. Confiés à tour de rôle à ses quinze frères et soeurs, il grandira de maison en maison, jouissant ainsi d'une grande liberté. C'est ainsi qu'il préfèrera côtoyer les anciens plutôt que les bancs de l'école du quartier. « A l'époque on interdisait aux enfants de jouer du tambour. Mais moi, j'aimais ça. Je faisais jusqu'à un kilomètre à pied pour aller écouter le tambour, à Reculée. J'ai appris en observant les anciens. De retour à la maison je m'entraînais sur des boîtes en fer » .
Apollon admirait la frappe de Galfétè, Féfé Marolany et surtout celle de Jean Annette, le maître incontesté de tous. « Un jour Jean Annette m'a demandé de monter sur le tambour. J'avais 13 ans. C'est lui qui m'a initié et il m'a demandé de le remplacer après sa mort » . Dès l'âge de 15 ans Apollon est sollicité pour animer les swaré bèlè. Il sillonne la Martinique. Il fait du danmyé sa spécialité et dit avoir puisé sa force de frappe dans le jeu des « majò » .
Témoin de combats redoutables, ils se souvient encore des plus grands, les maîtres de Bezaudin : Teonor, Dulténor Casérus dit Koki, Persiani...
Ouvrier agricole pendant plus de 30 ans, le tanbouyé n'hésite pas à abandonner l'exploitation bananière sur laquelle il travaille pour un emploi aux services techniques de la mairie de Fort-de-France. Au début des années 70, de nombreux Martiniquais issus de la campagne rejoignent la capitale, comme Ti Emile qu'il ne tardera pas à rejoindre au célèbre Pitt Dillon pour animer des swaré bèlè. Dans ce foisonnement culturel favorisé par le maire de l'époque, Aimé Césaire, les deux Samaritains contribuent à la diffusion de la culture danmyé-kalenda-bèlè. Puis Apollon Vallade accompagne Ti Raoul en tournée pendant sept ans. Il jouera à New York, Avignon, Paris, en Guadeloupe et à Sainte-Lucie.
Invité d'honneur de la plupart des swaré bèlè et danmyé, récompensé par de nombreux prix, Apollon Vallade a su, malgré les éloges, rester humble. Membre de la coordination Lawonn bèlè, il prodigue volontiers à la jeune génération de nombreux conseils et se réjouit de l'engouement que vit le bèlè aujourd'hui. « Dire qu'autrefois on disait que le bèlè c'était pour les vagabonds! Tout moun fé sa apresan. Bèlè la jiska lafin di mond » .

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- IMAGE : Double maître
Il a l'art de donner du son dans la joie, la fierté et avec une force sans égale. Appolon Vallade, venu au tambour dès l'adolescence, s'est produit dans plusieurs pays du monde. La dernière fois, c'était à Dakar où il avait joué avec le célèbre tambour major Doudou N'Diaye Rose. Appolon Vallade est aussi un transmetteur de savoirs sur toutes les scènes et à toutes les occasions. Mais son seul regret c'est de voir qu'aucun de ses enfants ne s'intéresse au tambour. Il met désormais ses espoirs dans l'un de ses petits-enfants.
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- BIO-EXPRESS
Né le 10 mars 1923 à Sainte-Marie, quartier Ferme Saint-Jacques, dans une fratrie de onze frères et quatre soeurs
Ancien ouvrier agricole, il sera par la suite employé à la ville de Fort-de-France pendant 18 ans.
Il se marie avec Ginette Ruperné et ils auront sept enfants.
En 1987, il prend sa retraite à l'âge de 64 ans.
En 1999, il sort un album intitulé « Appolon Vallade » sur lequel il est accompagné de Rastocle au chant et de Sully Cally au ti-bwa.
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De son petit nom « Ti Sovi » , il a fait parler le tambour des mornes sur plusieurs scènes du monde. Dernière sortie de ce grand maître : le Festival des arts nègres de Dakar en décembre dernier.
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Virginie Monlouis-Privat / Adams Kwateh France-Antilles Martinique 06.04.2011



Ti Emile
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Ti Emile-1925-1992

Il est décédé le 10 mars 1992 et est enterré dans sa ville natale de Sainte-Marie.

Avec huit frères et sœurs, Emmanuel Casérus, que l'on appelle dès sa naissance à Sainte-Marie en 1925, Ti Emile, a vécu une enfance mouvementée passée dans le quartier Bezaudin. Dès l'âge de treize ans, il est obligé de quitter l'école et d'aider ses parents à subvenir aux besoins plutôt lourds de cette importante famille. La misère est aux portes de la maisonnée, les vicissitudes nombreuses, les difficultés énormes. Ses parents travaillent dans les champs de cannes de la région, ils s'épuisent en courbant l'échine jusqu'à s'affaiblir. Aîné, Ti Emile devient lui aussi sou¬tien de famille, manœuvre, au prix de un franc cinquante par jour puis rejoint très vite ses parents sous le soleil ardent qui brûle les champs des habitations Limbé, Union de Sainte-Marie, etc. Son corps se développant et l'ardeur du désespoir aidant, il arrive à couper jusqu'à cinq mille tiges par jour. Le géreur de l'une de ces habitations le remarque, Ti Emile est doté d'une personnalité forte qui ne passe pas inaperçue. Il devient ainsi muletier, à l'usine, puis cabrouetier. Il n'a encore que douze ans lorsqu'il commence à s'intéresser à la musique et aux danses traditionnelles que dominent à cette époque d'avant guerre les grands tambouyés et chanteurs que sont Genius Boniface dit Galfétè, Fernand Maholany dit Féfé, ou Stéphane Blanchard. Sa mère madame Saint-Ange est elle-même une dame «bèlè», une danseuse émérite attitrée d'une case bel-air, dansant au rythme du calendrier établi pour tous les lieux de divertissement de la région. Tous les amoureux du folklore -mais à l'époque il n'avait pas la connotation actuelle passéiste- e retrouvent dans ces «kaille bèlè» où la fête est \vraiment une fête, animée par tambouyé, chanteurs et danseurs toute la nuit jusqu’au petit jour.le jeune Ti Emile se faufile entre les jambes des adultes, écoute ces airs qu'il fredonne ensuite pendant son travail. En 1937, il participe à une prestation donnée par le groupe de Bezaudin à Saint-Pierre, sur la place du marché. Il lui faut marcher, et marcher encore, le long de la route de
la Trace mais la fatigue n'est rien face à la joie de chanter en public, devant des gens de la ville. L'organisateur, monsieur Octavius ne peut que se féliciter: le public a envahi la place, les applaudissements n'en finissent plus et Ti Emile, qui interprète «Abraham soulagé mwen» (8), est littéralement ovationné. Il vient d'être consacré chanteur de bel-air.

http://www.sully-cally.com/

Les événements vont s'enchaîner rapidement: Ti Emile construit sa case de bel-air avec quelques amis et sa première soirée a un tel retentissement dans toute la région que la case se révèle nettement trop petite. Il se devra de l'agrandir par la suite. Dans la foulée il crée son groupe, Les Foulards jaunes, composé en partie de parents et d'anciens amis de son quartier de Bezaudin. Ti Emile reçoit des encouragements de toutes parts : Stéphane Blanchard, comptant incontestablement parmi les meilleurs auteurs-compositeurs de bel-air, Génius Boniface, Fernand Maholany dit Coco Ali, passés maîtres du tambour, reconnaissent en lui un digne représentant de la tradition orale martiniquaise, digne d'entrer dans la famille du bel-air. Chaque samedi, Ti Emile donne une prestation dans un lieu différent, passant de case bel-air en case bel-air. En 1967, il est avisé par télégramme que on groupe et lui-même ont été retenus pour assurer les festivités de la fête patronale du Gros-Morne: de morne en morne le bruit court : «Ti Emile joué la fèt Gwo Mone» (9). Aristide Maugée. maire de la commune invite son homologue de Fort-de-France, Aimé Césaire, ainsi que de nombreuses personnalités, toute une assemblée venant des villes et peu habituée à la musique des campagnes. La soirée sera mémorable, de vingt heures à quatre heures, le public est en effervescence. Lors de cette fête, Ti Emile fait la connaissance d'une grande dame de la culture martiniquaise: Anca Bertrand qui devient, par la suite l'imprésario du groupe. Entre eux s'établit une solide amitié bâtie sur une admiration mutuelle. C'est avec consternation que Ti Emile apprendra plus tard sa maladie et il partagera son désespoir, avec tous les artistes des mornes, à l'annonce de la mort de celle qui aura tout fait pour défendre et promouvoir les traditions locales. Le maire du Lamentin, Gratien, a lui aussi été convaincu par le talent de Ti Emile: l'année suivante il fait appel à lui et à son groupe pour animer la fête de Justice. Le groupe se produit sur le podium occupé, à cette période, par la troupe théâtrale de Jean-Marie Serreau qui, subjugué par l'authenticité de la prestation, participe dès le lendemain, en sa compagnie, à un «bal grand mou ne» (l0) au quartier Dominant de Marigot. Un mois plus tard, Ti Emile et les Foulards jaune participent au premier festival de Fort-de-France: c'est la première fois qu'un groupe des mornes se produit ainsi dans la cité foyalaise. Bloqués par une forte pluie, la voiture en panne, ils n'arrivent que fort en retard à leur rendez-vous; le public impatient, maintenu en haleine, leur fait une véritable ovation et enfin, profitant d'une accalmie. Ti Emile et son groupe peuvent enfin se produire. une petite demi-heure, suffisamment pour déchaîner la foule qui leur lance monnaie et billets de banques. Remarqué par Renaud Degrandmaison, Ti Emile, engagé par Aimé Césaire qui l'accueille à bras ouverts, devient agent culturel e surveillant du pitt de Dillon. En 1970, ce pi devient Centre culturel Jean-Marie Serreau, en hommage à ce comédien décédé. Certes son passé très proche pèse sur lui (il quitté les champs de canne le jour précédant son embauche à Fort-de-France) et est handicapé par la perte de trois doigts survenue à la suite d’une accident lors d'une manœuvre malheureuse avec un palan qui transportait les ballots de canne par lequel il s'est trouvé accroché par la main à dix mètres du sol. Il n'avait que vingt-six ans, et la cicatrisation encore fraîche, il reprenait son travail comme avant. A peine est-il installé au pitt, que Renaud Degrandmaison lui envoie soixante-six élèves de l'école de l'AMEP pour être formés aux danses traditionnelles, dont Philibert Richard qui le remplace aujourd'hui au Centre "culturel Jean-Marie Serreau. Ti Emile a déjà eu l'expérience de l'enseignement de la danse, quelque temps auparavant. Lors d'un carnaval, il se produisait avec son groupe à
la Paillote, tenu par le saxophoniste Francisco et animé par le père Saint-Hilaire, au pied du fort Saint-Louis. Un autre dancing lui faisait concurrence, celui de
la Pointe Simon appartenant à l'hôtelier Gaston et animé par Sam Castendet. Le bruit se propagea rapidement dans la ville qu'un chanteur traditionnel se produisait ce soir-là à
la Paillote. Bientôt les clients de

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la Pointe Simon affluèrent en masse, suivis de Sam Castendet. Ce fut une soirée mémorable à laquelle assistaient quelques membres du Groupe folklorique martiniquais. L'un d'eux, dit Coquille, proposa à Ti Emile de faire partie de leur formation. Ti Emile demanda un temps de réflexion et ce ne fut que quelques jours plus tard que, reconnu par son grand bakoua dans une rue de Fort-de-France, il fut de nouveau sollicité, cette fois par Loulou Boislaville. L'affaire sera vite conclue et il enseignera, plusieurs samedis de suite, les danses traditionnelles au Groupe folklorique, à Sainte-Marie, ce qui donnera l'occasion, pour la plupart des danseurs, de découvrir, parfois avec une certaine stupeur, la vie de la campagne. Les musiques et les chansons de Ti Emile sont autant de pages d'une Martinique qui se perd dans le passé. Ancrées dans son quotidien, elles sont le reflet de la dure réalité et des moments agréables vécus par les gens des campagnes. La coupe du bois, qu'il effectuait, en coup de main, à Absalon se faisait en chantant pour rythmer les efforts des huit hommes qui, tels une charrue, tiraient les troncs d'un seul élan. C'était à l'époque de l'amiral Robert et le bois devait servir à la construction du bassin de radoub de Fort-de-France. C'est là qu'il fit la connaissance de Ossyo, un Guadeloupéen à la force herculéenne et à la splendide voix qu'il immortalisera en chantant «Ossyo allè ! / Ba mwen : Dé Kout palan !» (11). C'est Ossyo qui composa cette chanson si connue «Marie Rosé! Levé chimise!». Devenu pilier de la vie culturelle de son quartier de Bezaudin, son départ causa un vide énorme que les années n'ont fait qu'approfondir. Mais pouvait-il laisser passer l'opportunité de travailler à Fort-de-France, qui plus est reconnu pour ses capacités d'animateur, de danseur et de chanteur ? Au terme de sa vie, Ti Emile est un peu amer. Il estime avec raison avoir beaucoup fait pour

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la Martinique, pour la sauvegarde d'un patrimoine fragile face à une société qu'il estime décadente. Il fut traité de Vieux Nègre, mais il est fier d'être ce Nègre des mornes qui a su survivre à la misère et aux souffrances de sa jeunesse difficile. Sa santé a souffert des privations d'antan, mais aussi de toute cette énergie dépensée sans compter au profit de la chanson et de la danse. Un médecin le suit de près, lui conseille même d'abandonner la musique, mais ce serait abandonner sa vie. Alors il continue, avec moins d'énergie qu'avant mais avec tout autant de fougue. Il a déjà réalisé six disques dont deux avec Anca Bertrand, un avec le père Elie, et un avec le producteur Claude Genteuil en 1971. En 1989 il prend sa retraite. Mais de ses sept enfants aucun ne semble réellement intéressé par la tradition musicale de son pays et Ti Emile laconique me dit un jour : «Tan fé tan! Tan kité, kité tan !» (12).

En 1991, il participe au disque de Ronald Rubinel «Ethnicolor» et veut en enregistrer encore un autre. Il aura juste le temps de réaliser une bande sonore par le biais du corps mùsical, car le 10 mars 1992 il décède après une longue maladie.

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TI-EMILE, ROI BÈLÈ Avec la reédition du 3ème disque de Ti-Émile produit en 1974 par 3A, la production Hibiscus Records nous permet de mesurer le chemin d'un roi. Et quel roi ? Le roi du Bèlè, musique négro-martiniquaise. Cet album met en évidence les danses lalin klè' (kalenda, lalin klè, bénézwèl, lafouy tè") et le bèlè. Nous rappelon;; qu'il y a quatre danses fondamendales composant le bèlè : le bèlia, le mazouk bèlè, le gran bèlè, le bèlè. Ce nouveau tirage permet de restituer dans notre patrimoine cette musique directement liée à la culture populaire martiniquaise que l'on avait tendance à précipiter dans la folklore, c'est-à-dire comme une espèce de musique-musée ou de musique pour touristes, alors qu'elle est pour nous fondamentale et encore bien vivante. Ce que nous devons mettre sous l'idée de musique martiniquaise est complexe et diffractée car nous avons pour des raisons diverses le maintien authentique de certaines zones comme le bèlè, particulièrement celui du nord de
la Martinique qui est sans doute né en même temps que le pays Martinique. La biguine, la mazurka et bien d'autres seraient ses rejetons. "Basile"'" s'est doné le droit d'appeler Ti-Émile. La nouvelle dimension amorcée sur l'album Ethnicolor était l'occasion pour Ti-Émile de momtrer à la nouvelle génération qu'il pouvait lui, le "gran nonm", nous ramener à une esthétique particulière, à des sons que nous n'avons pas l'habitude de considérer ou que nous avons tout simplement perdus.

Mandibèlè


, Danses au soir de clair de lune " Chant de travail

'H Expression qui signifie que X, appelé Basile, est mort

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EDOUARD GLISSANT ET TI-EMILE EN 1962 Au loin des pâles rengaines "tropicales", découvrez ici le vrai et si méconnu folklore de
la Martinique. Ce que le peuple là-bas chante, ce qu'il rêve et ce qu'il lamente, pour la première fois vous l'entendrez, vous le ressentirez.

Grâce à l'obstination qu'ils mirent à vaincre tous les obstacles "techniques", les jeunes gens responsables de ces enregistrements nous mènent sans relai au Morne Bezaudin, commune de Sainte-Marie, dans le Nord-Est de l'île, Ti-Emile et Dame Joseph, les chanteurs de bèl-air, ce sont des travailleurs, des ouvriers agricoles. Et aussi Félix et Féfé qui battent le tambour. Et aussi l'admirable rythmeur qui tout au long du disque anime les "ti-bois". Je ne sais si le bel-air, danse martiniquaise, reprise à chaque fin de semaine comme pour marquer la pause et chanter la vie, s'apparente ou non à quelque cérémonie universelle du rituel populaire; mais voici que par lui nous vient, du fond des âges, l'antique et sans rivale mélopée. C'est l'Afrique qui tout soudain nous prend. Alors il me plait de reconnaître -ici accordée à une grave beauté, et à une "connaissance" qui ne craint pas le rire ou la moquerie de soi-même- l'image réelle de la terre antillaise.

Edouard Glissant, 1962. 
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SIMELINE RANGON
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SIMELINE RANGON

Ciméline RANGON

1925-2008

Née à Sainte-Marie en 1925, dans cette commune rurale du Nord-Atlantique et vivant toujours au rythme de traditions ancestrales, Ciméline Rangon commence à travailler très jeune: à l'âge de treize ans sa mère l'initie au travail des tibands puis elle rejoint l'habitation Union, appar¬tenant aujourd'hui aux rhums Saint-James, ainsi qu'une année durant, l'habitation Depaz à Saint¬Pierre. Amarreuse et tailleuse de cannes à sucre, elle est considérée comme étant l'une des ouvrières les plus performantes jusqu'à ce qu'un accident ne l'éloigne des champs.
Le travail est pénible, dur pour une jeune fille, mais son amour pour le chant l'a toujours soute¬nue. Dès l'âge de douze ans, en effet, elle fréquente les soirées de bel-air car sa mère, madame Duline, possède ce que l'on appelait à
l'époque une case bèlè au quartier Bezaudin où toute la famille réside. Par la suite elle animera ces mêmes soirées de bel-air, dont les tambours battaient le rappel, chaque samedi de morne en morne. Elle a connu les plus grands noms de la musique traditionnelle rurale : Man Carmélite dite Bodo, Stéphane Blanchard, Galfétè, Ti Emile, Féfé Maholany, etc.
Les femmes chanteuses de bel-air ont été très rares. Aujourd'hui encore Cirnéline Rangon, par sa présence, rehausse les soirées bel-air qu'elle continue de fréquenter. Membre de l'association Belle Alliance qui a enregistré un disque en 1993, où elle interprète avec brio des bel-airs et notamment la vwa bèf(1e chant qui accompagnait le tra¬vail des bœufs dans les champs de canne à sucre et qui a depuis totalement disparu).
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Cimeline Rangon : disparition d’une grande figure martiniquaise
03-11-2008
Cimeline Rangon, l’une des plus grandes voix féminines du bèlè, musique martiniquaise a été inhumée lundi 3 novembre 2008 au cimetière de Sainte-Marie.
La mort de Cimeline Rangon fut l’objet du dernier et bref reportage consacré aujourd’hui par la principale chaîne locale. C’est dire le peu d’importance que les martiniquais apportent à la disparition de cette figure majeure du chant, de l’improvisation et de la poésie créoles. Mais il est vrai que dans nos obscures Outre-mer, les Unes des journaux ne sont généralement réservées qu’aux personnages illustres ayant reçu des titres ou autres médailles de l'État français.

Marchande de son état, héritière d’un savoir-dire et d’un savoir-faire ancestral Cimeline a participé à la reconnaissance de la musique martiniquaise. Fière héritière, improvisatrice hors pair elle a œuvré pour la reconnaissance du bèlé, un rythme né de la résistance au système esclavagiste.

Véritable personnage, cette femme au corps et à la voix libres du joug colonial a porté grâce à son charisme la langue et la culture créoles au-delà de l’asservissement.
Ce lundi 03 novembre, grâce au rassemblement des tambouyés et des musiciens, le cortège accompagnant le corps à sa dernière demeure a su retrouver une empreinte créole.
Si nous revenons en arrière, nous constatons que dans le système habitionnaire, les religieux et les chroniqueurs s’étonnaient des étranges coutumes funéraires des nègres. La musique et les chants étaient omniprésents lors du décès d’un nègre sur l’habitation. Non pas du chant lyrique mais une musique rythmée au son du tambour et de la voix qui permettait d’exprimer la philosophie, l’identité et la symbolique créoles.
Les membres de la communauté signifiaient ainsi au mort qu’ils lui rendaient l’hommage auquel il avait droit en le représentant à travers la fonction sociale qu’il a eue dans le groupe.
Manifestement, les anciens ne vivaient pas dans la crainte de la mort parce qu’elle n’accordait pas un rôle aussi important à l’individualisation de la personne. Les rites funéraires créoles d’antan permettaient d’apprivoiser la mort et de glisser le drame de la mort du plan du réel au plan imaginaire (déplacements, symboles, métaphores), de réorganiser la société que la mort perturbait mais aussi de consoler les survivants même quand on croyait servir le défunt.

Simeline Rangon s’en allée dans une dignité créole, loin des discours et de la reconnaissance politicienne. Les grands grecs locaux ignorant sans nul doute de la notion même de patrimoine immatériel.

Diana RAMASSAMY
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Vendredi 27/05/2011 à la Maison du Bèlè le doyen des tambouyè M. Appollon Valade et Mme Paladino clotilde (Gastronomie) ont reçu la Médaille de l'ordre national du Mérite
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Les Grands Maitres du Bèlè par Benny René Charles
 
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