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Léopold Sédar Senghor
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Léopold Sédar Senghor
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 Léopold Sédar Senghor

Léopold Sédar Senghor est un poète, écrivain et homme politique sénégalais,
Né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal,
Et mort le 20 décembre 2001 à Verson, en France.
Il a été le premier président du Sénégal (1960-1980)
Et il fut aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française.
Il a également été ministre en France avant l'indépendance de son pays.


Il est le symbole de la coopération entre la France et ses anciennes colonies pour ses partisans ou du néo-colonialisme français en Afrique pour ses détracteurs.

Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire, est construite sur l'espoir de créer une Civilisation de l'Universel, fédérant les traditions par-delà leurs différences. Par ailleurs il approfondit le concept de négritude, notion introduite par Aimé Césaire, en la définissant ainsi : « La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ».

Biographie
 
Son enfance (1906 - 1928)

Léopold Sédar Senghor naît le 9 octobre 1906 à Joal, petite ville côtière située au sud de Dakar, Sénégal. Son père, Basile Diogoye Senghor, est un commerçant catholique aisé appartenant à l'aristocratie sérère du Sénégal. Originaire de Djilor, sa mère, Gnilane Ndiémé Bakhoum (?-1948), que Senghor appelle dans Élégies « Nyilane la douce », appartient à l'ethnie sérére et à la lignée Tabor mais a des origines Peules. C'est la troisième épouse de Basile Diogoye Senghor, dont elle aura six enfants dont deux garçons. Les deux branches de sa famille appartiennent à la noblesse Sérère, les Guelwar. Le prénom sérère Sédar signifie « qu’on ne peut humilier ». Son prénom catholique « Léopold » lui fut donné par son père en souvenir de Léopold Angrand, riche commerçant mulâtre ami et employeur ponctuel de son père. Avant son baptême Sédar Gnilane (il était alors d'usage que le prénom du fils fut accompagné de celui de sa mère) futur Léopold passe les premières années de sa vie chez sa famille maternelle, les Bakhoum. Puis de retour chez son père il fréquente plus tard la mission catholique de Djilor auprès du Père Dubois. C'est à la mission catholique de Djilor que le jeune Léopold apprend le catéchisme et les premiers rudiments de la langue française. Senghor commence ses études au Sénégal, d'abord chez les Pères Spiritains à Ngazobil pendant six ans, puis à Dakar au collège-séminaire François Libermann et au cours secondaire de la rue Vincens, qui s'appellera plus tard le lycée Van-Vollenhoven et aujourd'hui lycée Lamine Guèye. Il est déjà passionné de littérature française. Bon élève, il réussit le baccalauréat, notamment grâce au français et au latin. Le directeur du lycée et ses professeurs recommandent d'envoyer Senghor poursuivre ses études en France. Il obtient une demi-bourse de l'administration coloniale et quitte pour la première fois le Sénégal à l'âge de 22 ans.

Les années d’errance (1928)[modifier]Senghor arrive en France en 1928. Cela marquera le début de « seize années d’errance », selon ses dires. Il sera tout d'abord étudiant à la Sorbonne, mais très vite découragé, il entrera, grâce à l'aide du député du Sénégal Blaise Diagne, au lycée Louis-le-Grand où il prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure. Il y côtoie Paul Guth, Henri Queffélec, Robert Verdier et Georges Pompidou, avec qui il se liera d'amitié. Il y rencontre également Aimé Césaire pour la toute première fois.

L'agrégation de grammaire et le début de sa carrière de professeur (1935)[modifier]Après un échec au concours d'entrée, il décide de préparer l'agrégation de grammaire. Pour l'agrégation, il fait une demande de naturalisation[2]. Il obtient l'agrégation de grammaire en 1935, après une première tentative non couronnée de succès. Senghor fut donc le premier Africain agrégé de grammaire, mais pas, comme on le lit parfois, le premier normalien africain.

Il débute sa carrière de professeur de lettres classiques au lycée Descartes à Tours, puis est muté, en octobre 1938, au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés, dans la région parisienne (une stèle y commémore son passage). Outre ses activités d'enseignant, il suit des cours de linguistique négro-africaine dispensés par Lilias Homburger à l'École pratique des hautes études et ceux de Marcel Cohen, Marcel Mauss et de Paul Rivet à l'Institut d'ethnologie de Paris.

Seconde Guerre mondiale (1939 - 1945)[modifier]En 1939, Senghor est enrôlé comme fantassin de 2e classe dans un régiment d'infanterie coloniale. Il est affecté au 31e régiment d'infanterie coloniale, régiment composé d'Africains, malgré la naturalisation de Senghor en 1932. Le 20 juin 1940, il est arrêté et fait prisonnier par les Allemands à La Charité-sur-Loire. Il est interné dans divers camps de prisonniers (Romilly, Troyes, Amiens). Il est ensuite transféré au Frontstalag 230 de Poitiers, un camp de prisonniers réservé aux troupes coloniales. Les Allemands voulaient le fusiller le jour même de son incarcération ainsi que les autres soldats noirs présents. Ils échapperont à ce massacre en s'écriant « Vive la France, vive l’Afrique noire ». Les Allemands baissent leurs armes car un officier français leur fait comprendre qu'un massacre purement raciste nuirait à l'honneur de la race aryenne et de l'armée allemande. Senghor facilite l'évasion de deux soldats français. Il est transféré au camp disciplinaire des Landes à la fin de l'année 1941. En 1942, il est libéré, pour cause de maladie. Au total, Senghor passera deux ans dans les camps de prisonniers, temps qu'il consacrera à la rédaction de poèmes. Il reprend ses activités d'enseignant et participe à la résistance dans le cadre du Front national universitaire.

L’homme politique

dans la France coloniale (1945 - 1960)[modifier]Au lendemain de la guerre, il est communiste. Il reprend la chaire de linguistique à l’École nationale de la France d'outre-mer qu'il occupera jusqu'à l'indépendance du Sénégal en 1960. Au cours d'un de ses voyages de recherche sur la poésie sérère au Sénégal, le chef de file local des socialistes, Lamine Guèye lui propose d'être candidat à la députation. Senghor accepte et est élu député de la circonscription Sénégal-Mauritanie à l'Assemblée nationale française où les colonies viennent d'obtenir le droit d'être représentées. Il se démarqua de Lamine Gueye au sujet de la grève des cheminots de la ligne Dakar-Niger. Ce dernier vote contre car le mouvement social paralysait la colonie alors que Senghor soutient le mouvement, ce qui lui valut une grande popularité, et lui inspira un de ses plus beaux poèmes (Élégie pour Aynina Fall). Le 12 septembre 1946, Senghor se marie avec Ginette Éboué (1923-1992), attachée parlementaire au cabinet du ministre de la France d'Outre-mer et fille de Félix Éboué, ancien gouverneur général de l'Afrique-Équatoriale française avec qui il eut deux fils, Francis-Arphang (né le 20 juillet 1947) et Guy-Wali (né le 28 septembre 1948, décédé en 1983 à la suite d'une chute du cinquième étage de son appartement du 20e arrondissement de Paris). Il lui consacrera le poème « Chants pour Naëtt » repris dans le recueil de poèmes « Nocturnes » sous le titre « Chants pour Signares »[4].

Fort de son succès, il quitte l'année suivante la section africaine de la section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) qui avait soutenu financièrement en grande partie le mouvement social, et fonde avec Mamadou Dia le Bloc démocratique sénégalais (1948), qui remporta les élections législatives de 1951. Lamine Guèye perd son siège.

Réélu député en 1951 comme indépendant d'Outre-mer, il est secrétaire d'État à la présidence du Conseil dans le gouvernement Edgar Faure du 1er mars 1955 au 1er février 1956, devient maire de Thiès au Sénégal en novembre 1956 puis ministre conseiller du gouvernement Michel Debré, du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961. Il fut aussi membre de la commission chargée d’élaborer la constitution de la Cinquième République, conseiller général du Sénégal, membre du Grand Conseil de l'Afrique occidentale française et membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Entre temps, il avait divorcé de sa première femme en 1956 et s'était remarié l'année suivante avec Colette Hubert, une Française originaire de Normandie, avec qui il eut un fils, Philippe-Maguilen (1958-1981), décédé accidentellement à Dakar. Il consacrera recueil « Lettres d'Hivernage » à sa seconde femme. Senghor fait paraître en 1964 le premier d'une série de cinq volumes intitulée « Liberté ». Ce sont des recueils de discours, allocutions, essais et préfaces.

au Sénégal (1960 - 1981)
 
Drapeau de la Fédération du Mali
Drapeau du SénégalSenghor est un fervent défenseur du fédéralisme pour les États africains nouvellement indépendant, une sorte de « Commonwealth à la française ». Le 13 janvier 1957, une « convention africaine » est créée. La convention réclame la création de deux fédérations en Afrique française. Senghor se méfie de la balkanisation de l'AOF en huit petits états[5]. Le fédéralisme n'obtenant pas la faveur des pays africains, il décide de former, avec Modibo Keïta, l'éphémère fédération du Mali avec l'ancien Soudan français (l'actuel Mali). La fédération du Mali est constituée en janvier 1959 et regroupe le Sénégal, le Soudan français, le Dahomey (l'actuel Bénin) et la Haute-Volta (l'actuel Burkina Faso). Un mois après, le Dahomey et la Haute-Volta quittent la fédération refusant sa ratification. Les deux fédéralistes se partagent les responsabilités. Senghor assure la présidence de l'assemblée fédérale. Modibo Keïta prend la présidence du gouvernement. Les dissensions internes provoquent l'éclatement de la fédération du Mali. Le 20 août 1960, le Sénégal proclame son indépendance et le 22 septembre, Modibo Keïta proclame l’indépendance du Soudan français qui devient la République du Mali.

Élu le 5 septembre 1960, Senghor préside la toute nouvelle République du Sénégal. Il est l'auteur de l'hymne national sénégalais, le Lion rouge. Le Président du Conseil de Gouvernement, Mamadou Dia, est chargé de la mise en place du plan de développement à long terme du Sénégal tandis que Senghor est en charge des relations internationales. Les deux hommes entrent rapidement en conflit. En décembre 1962, Mamadou Dia est arrêté et accusé d'avoir tenté un coup d’État. Il resta douze ans en prison (à Kedougou, Sénégal oriental). À la suite de cet événement, Senghor instaure un régime présidentiel. Le 22 mars 1967 Senghor échappe à un attentat. Le coupable sera condamné à mort.

Il démissionne de la présidence, avant le terme de son cinquième mandat, en décembre 1980. Abdou Diouf, Premier ministre, le remplace à la tête du pouvoir, en vertu de l'article 35 de la Constitution. Sous la présidence de Senghor, le Sénégal a instauré le multipartisme (limité à trois courants : socialiste, communiste et libéral, puis quatre, les trois précédents étant rejoints par le courant conservateur), ainsi qu'un système éducatif performant. Senghor est souvent reconnu pour être un démocrate. Néanmoins, il réprima violemment Mamadou Dia, Valdiodio Ndiaye, et plusieurs mouvements estudiantins.

Francophonie

Il soutient la création de la Francophonie et fut le vice-président du Haut-Conseil de la Francophonie.

En 1962, il est l'auteur de l'article fondateur « le français, langue de culture »[6] dont est extraite la célèbre définition : « La Francophonie, c'est cet Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre ».

Il théorise un idéal de francophonie universelle qui serait respectueuse des identités et imagine même une collaboration avec les autres langues latines.

En 1969, il envoie des émissaires à la première conférence de Niamey (17 au 20 février) avec ce message[7] :

« La création d’une communauté de langue française sera peut-être la première du genre dans l’histoire moderne. Elle exprime le besoin de notre époque où l’homme, menacé par le progrès scientifique dont il est l’auteur, veut construire un nouvel humanisme qui soit, en même temps, à sa propre mesure et à celle du cosmos. »
Il est considéré, avec Habib Bourguiba (Tunisie), Hamani Diori (Niger) et Norodom Sihanouk (Cambodge), comme l'un des pères fondateurs de la Francophonie.

En 1971, Sedar Senghor devient le parrain de la Maison des droits de l'homme et de la négritude à Champagney. Musée d'une ville qui fut la seule à écrire un cahier de doléance pour l'abolition de l'esclavage.

En 1982, il a été l'un des fondateurs de l'Association France et pays en voie de développement dont les objectifs étaient de susciter une conscientisation des problèmes de développement des pays du Sud, dans le cadre d'une refonte des données civilisatrices.

L’académicien
 
(1983)Après avoir été désigné Prince des poètes en 1978, il est élu à l'Académie française le 2 juin 1983, au 16e fauteuil, où il succède au duc de Lévis-Mirepoix[8]. Il est le premier Africain à siéger à l'Académie française, celle-ci poursuivant ainsi son processus d'ouverture après l'entrée de Marguerite Yourcenar. La cérémonie par laquelle Senghor entre dans le cercle des immortels a lieu le 29 mars 1984, en présence de François Mitterrand.

Ses obsèques
 
(2001)En 1993, paraît le dernier volume des « Liberté » : « Liberté 5: le dialogue des cultures ».

Malade , Senghor passe les dernières années de son existence auprès de son épouse, à Verson, en Normandie, où il décède le 20 décembre 2001. Ses obsèques ont lieu le 29 décembre 2001 à Dakar, organisées par le Président Abdoulaye Wade et en présence d'Abdou Diouf, ancien président, de Raymond Forni, président de l'Assemblée nationale française et de Charles Josselin, secrétaire d’État français auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Francophonie. Jacques Chirac (« La poésie a perdu un maître, le Sénégal un homme d'État, l'Afrique un visionnaire et la France un ami »[10]) et Lionel Jospin, respectivement président de la République française et Premier ministre de l'époque, ne s'y rendent pas. Ce manque de reconnaissance suscite une vive polémique, et le parallèle est fait avec les tirailleurs sénégalais qui, après avoir contribué à la libération de la France, ont dû attendre plus de 40 ans pour avoir le droit de percevoir une pension équivalente à celle de leurs homologues français. L'académicien Erik Orsenna, lui-même très attaché au Sénégal et a l'Afrique , écrit dans Le Monde un point de vue intitulé : « J'ai honte ». Dans les milieux littéraires et poétiques, l'absence des deux premiers responsables politiques français à ces obsèques est encore plus sévèrement jugée. On a pu lire : « S'évitant de voir leur vision étriquée du monde confrontée à l'ampleur de la puissance intellectuelle du poète africain, d'un point de vue purement ontologique, leur absence même est un hommage suprême rendu au chantre de la francophonie. »[réf. nécessaire]

Le fauteuil numéro 16 de l'Académie française laissé vacant par la mort du poète sénégalais, c'est un autre ancien président, Valéry Giscard d'Estaing, qui le remplace. Comme le veut la tradition, il rend hommage à son prédécesseur lors d'un discours de réception donné le 16 décembre 2004. Confronté au puzzle senghorien, il décide de présenter les différentes facettes de Senghor « De l’élève appliqué, puis de l’étudiant déraciné ; du poète de la contestation anti-coloniale et anti-esclavagiste, puis du chantre de la négritude ; et enfin du poète apaisé par la francisation d’une partie de sa culture, à la recherche lointaine, et sans doute ambiguë, d’un métissage culturel mondial ».

Poésie

Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire, est construite sur l'espoir de créer une Civilisation de l'Universel, fédérant les traditions par-delà leurs différences. Senghor a estimé que le langage symbolique de la poésie pouvait constituer les bases de ce projet. En 1978, Senghor reçut le Prix mondial Cino Del Duca.

Le poème « À l'appel de la race de Saba », paru en 1936, est inspiré de l'entrée des troupes italiennes à Addis-Abeba.

Il fit également partie des premiers comités de la Société des poètes et artistes de France dans les années 1950 et 1960.

Négritude

Dans les années 1930, il se lie avec d'autres intellectuels de la diaspora d'Afrique notamment à travers la "revue du monde noir" et le salon littéraire de Paulette Nardal. Il y côtoie Jean Price Mars, René Maran, Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, et d'autres intellectuels noirs.

Alors qu'il était étudiant, il créa en compagnie du martiniquais Aimé Césaire et du guyanais Léon Gontran Damas la revue contestataire « L'Étudiant noir » en 1934. C'est dans ces pages qu'il exprimera pour la première fois sa conception de la négritude, notion introduite par Aimé Césaire, dans un texte intitulé « Négrerie ». Césaire la définit ainsi : « La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ». Senghor explique en ces termes le concept de Négritude « la Négritude, c’est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. Je dis que c’est là une réalité : un nœud de réalités ».

Politique

Bien que socialiste, Senghor se tint à l'écart des idéologies marxiste et anti-occidentale devenues populaires dans l'Afrique postcoloniale, favorisant le maintien de liens étroits et forts avec la France et le monde occidental. Beaucoup y voient une contribution décisive dans la stabilité politique du pays - qui demeure une des rares nations africaines à n'avoir jamais eu de coup d'État et avoir eu des transferts toujours pacifiques du pouvoir.

Mandats électif
Maire
1956 : maire de Thiès
Député
1945-1946 : Député de l'Assemblée Constituante française (1)
1946-1946 : Député de l'Assemblée Constituante française (2)
1946-1951 : Député de l'Assemblée nationale française
1951-1955 : Député de l'Assemblée nationale française
Président de la République
1960-1963 : Président de la République du Sénégal
1963-1968 : Président de la République du Sénégal
1968-1973 : Président de la République du Sénégal
1973-1978 : Président de la République du Sénégal
1978-1980 : Président de la République du Sénégal
Fonctions gouvernementales[modifier]Secrétaire d’État
 
1955-1956 : secrétaire d'État dans le gouvernement français d'Edgar Faure
Une reconnaissance internationale
Senghor a reçu de nombreuses distinctions au cours de sa vie :

Grand-croix de l'Ordre du Lion du Sénégal
Grand-croix de la Légion d’honneur
Grand-croix de l'Ordre national du Mérite
Commandeur des Arts et des Lettres
Commandeur des Palmes académiques
Ses faits d'armes lui vaudront :

la médaille de la Reconnaissance franco-alliée 1939-1945 ;
la Croix de combattant 1939-1945.
Il est docteur honoris causa de trente-sept universités…

Membre de l'Académie française ;
Membre correspondant de l'Académie bavaroise ;
Membre étranger de l'Académie des sciences morales et politiques ;
Membre étranger de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux ;
Membre étranger de l'Académie des sciences d'outre-mer ;
Membre étranger de la Black Academy of Arts and Letters ;
Membre étranger de l'Académie Mallarmé ;
Membre étranger de l'Académie du royaume du Maroc.
Il est également titulaire de très nombreuses distinctions culturelles et étrangères :

Médaille d'or de la langue française ;
Médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjöld (1965) ;
Médaille d'or de la CISAC (Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs) ;
Grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963) ;
Grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966) ;
Prix de la Paix des libraires allemands (1968) ;
Prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969) ;
Grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970) ;
Prix Guillaume Apollinaire (1974) ;
Prince en poésie 1977, décerné par l'association littéraire française « L'Amitié par le livre » ;
Prix mondial Cino Del Duca (1978) ;
Prix international du livre, attribué par le Comité international du livre (Communauté mondiale du livre, UNESCO, 1979) ;
Prix pour ses activités culturelles en Afrique et ses œuvres pour la paix, décerné par le président Sadate (1980) ;
Premier prix mondial Aasan ;
Prix Alfred de Vigny (1981) ;
Prix Athénaï, à Athènes (1985) ;
Prix international du Lion d'or, Venise (1986) ;
Prix Louise Michel, Paris (1986) ;
Prix du Mont-Saint-Michel, aux Rencontres poétiques de Bretagne (1986) ;
Prix Intercultura, Rome (1987).
Les hommages à travers le monde :

Plaque commémorative, située dans la ville de Québec, au Québec ;
L' université internationale de langue française d'Alexandrie inaugurée en 1990 porte son nom ;
Le collège de Corbeny (Aisne) porte son nom, en souvenir de l'un de ses parents qui avait combattu sur le Chemin des Dames, tout proche ;
Le Lycée Régional Polyvalent du Canada, basé à Évreux dans l'Eure et construit en 1995, est rebaptisé Lycée Léopold Sédar Senghor à sa mort ;
Le 10 octobre 2007, l'espace culturel Léopold Sédar Senghor fut inauguré dans la ville du May-sur-Èvre (Maine-et-Loire) dirigée par son neveu, Auguste Senghor ;
Le 10 novembre 2007 fut inaugurée la nouvelle école Léopold Sédar Senghor (élémentaire) à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, en hommage à l’homme de lettres, académicien d’origine africaine et 1er président du Sénégal, en présence du représentant de l’ambassadeur du Sénégal en France.
Un pont portant son nom` reliant la ville de Saint-Sébastien-sur-Loire à l'île de Nantes a été inauguré le 3 septembre 2010.
Œuvres[modifier]Poèmes
Chants d’ombre, poèmes, Le Seuil, 1945
Hosties noires, poèmes Le Seuil, 1948
Éthiopiques, Le Seuil, 1956
Nocturnes, poèmes, Le Seuil, 1961
Lettres d’hivernage, poèmes, Le Seuil, 1973
Chant pour Jackie Thomson, poèmes, 1973
Élégies majeures, poèmes, Le Seuil, 1979
Guélowar ou prince, Le Seuil, 1948
Nuit de Sine
La ruée de l'or
Femme noire
Le Lion rouge (hymne national sénégalais)
Poèmes divers, Le Seuil, 1990
Hosties noires (regroupe Prière de paix et Élégie pour Martin Luther King), lithographies de Nicolas Alquin, Les Bibliophiles de France, 2006 


Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, précédée de Orphée noir par Jean-Paul Sartre, PUF, 1948
Liberté 1 : Négritude et humanisme, discours, conférences, Le Seuil, 1964
Liberté 2 : Nation et voie africaine du socialisme, discours, conférences, Le Seuil, 1971
Liberté 3 : Négritude et civilisation de l’Universel, discours, conférences, Le Seuil, 1977
Liberté 4 : Socialisme et planification, discours, conférences, Le Seuil, 1983
Liberté 5 : Le Dialogue des cultures, Le Seuil, 1992
La Poésie de l’action, dialogue, Stock, 1980
Ce que je crois : Négritude, francité, et civilisation de l’universel, Grasset, 1988
Littérature de jeunesse
La Belle Histoire de Leuk-le-Lièvre (en collaboration), Hachette, 1953
Voir aussi[modifier] Articles connexes[modifier]Éthiopiques, revue culturelle créée par Senghor en 1975;
L'Université des Mutants, créée par lui et Roger Garaudy à l'île de Gorée;
L'Institut français Léopold Sédar Senghor à Dakar;
Le stade Léopold Sédar Senghor et l'aéroport international du même nom, à Dakar;
Liste d'écrivains sénégalais et littérature sénégalaise.
Bibliographie[modifier](fr) Léopold Sédar Senghor : bibliographie, Dakar, Bureau de documentation de la Présidence de la République, 1982 (2e édition), 158 p.
(fr) Yvan Venev (sous la dir. de Mme Matcheu Madjeu), La première bibliographie mondiale de Léopold Senghor, membre de l'Académie française (1100 publications) (1943-1995), vol. I : La partie chronologique et l'index des noms de personnes, Paris, Académie francophone, 1999, 119 p. (ISBN 2913417019)
(fr) Joseph-Roger de Benoist, Léopold Sédar Senghor, avec un témoignage de Cheikh Hamidou Kane, Paris, Beauchesne, 1998, 304 p. (ISBN 270101378X)
(fr) Jean-Pierre Biondi, Senghor ou La tentation de l'universel, Paris, Denoël, 1993, 197 p. (ISBN 2207240401)
(fr) André-Patient Bokiba (sous la dir. de), Le Siècle Senghor, Publications du Département de littératures et civilisations africaines de l'université Marien Ngouabi de Brazzaville, Congo), Paris, L'Harmattan, 2001, 256 p. (ISBN 2747510719)
(fr) André-Patient Bokiba, Le Paratexte dans la littérature africaine francophone : Léopold Sédar Senghor et Henri Lopes, Paris, L'Harmattan, 2006, 186 p. (ISBN 2296009778)
(fr) Hervé Bourges, Léopold Sédar Senghor : lumière noire, Paris, Mengès, 2006, 183 p. (ISBN 2856204678)
(fr) Mamadou Cissé, « De l’assimilation à l’appropriation : essai de glottopolitique senghorienne », Sudlangues[14] n° 8, 2007
(fr) Sophie Courteille, Léopold Sédar Senghor et l'art vivant au Sénégal, Paris, L'Harmattan, 2006, 199 p. (ISBN 2296019005)
(fr) Daniel Delas (sous la direction de), « Senghor et la musique », Le Français dans le monde, no 344, Paris, Organisation internationale de la francophonie, 2006, 104 p.
(fr) Daniel Delas, Léopold Sédar Senghor : le maître de langue, Croissy-Beaubourg, Aden, 2007, 301 p. (ISBN 9782848400877)
(fr) Jean-Michel Djian, Léopold Sédar Senghor, genèse d'un imaginaire francophone ; suivi d'un entretien avec Aimé Césaire, Gallimard, 2005, 253 p. (ISBN 2070776018)
(fr) Daniel Garrot, Léopold Sédar Senghor critique littéraire, Dakar, Les nouvelles éditions africaines, 1978, 154 p. (ISBN 2723604187)
(fr) René M. Gnaléga, La Cohérence de l'œuvre poétique de Léopold Sédar Senghor, Abidjan, Nouvelles éditions ivoiriennes, 2001, 111 p. (ISBN 2844871062)
(fr) Armand Guibert et Nimrod, Léopold Sédar Senghor, Paris, Seghers (Poètes d'aujourd'hui), 2006, 364 p. (ISBN 2232122751)
(fr) Robert Jouanny, Senghor : "le troisième temps" : documents et analyses critiques, Paris, L'Harmattan, 2002, 220 p. (ISBN 2747525368)
(fr) Chaker Lajili, Bourguiba-Senghor, deux géants de l'Afrique, Paris, L'Harmattan, 2008, 487 p. (ISBN 2296067813)
(fr) Buata Malela, Comme le lamantin va boire à la source. Le mythe de l’Afrique unitaire chez L. S. Senghor, Latitudes noires, 1, Paris, Homnisphères, 2003, p. 185-200
(fr) Nicolas Martin, Senghor et le monde : la politique internationale du Sénégal, Paris, ABC, 1979, 176 p. (ISBN 2858091080)
(fr) Babacar Ndiaye et Waly Ndiaye, Présidents et ministres de la République du Sénégal, Dakar, 2006 (2e édition), 462 p.
(fr) Christian Roche, L'Europe de Léopold Sédar Senghor, Toulouse, Privat, 2001, 126 p. (ISBN 2708969331)
(fr) Christian Roche, Léopold Sédar Senghor : le président humaniste (préface d'Abdou Diouf), Toulouse, Privat, 2006, 239 p. (ISBN 2708968602)
(fr) François de Saint-Cheron, Senghor et la terre, Paris, Éditions Sang de la Terre, 1988, 138 p. (ISBN 2869850336)
(fr) Njami Simon, C'était Senghor, Paris, Fayard, 2006, 326 p. (ISBN 2213629765)
(fr) Marcien Towa, Léopold Sédar Senghor, négritude ou servitude ?, Yaoundé, Éditions CLE, 1971, 115 p. (ISBN 2723500063)
(fr) Étienne Traoré, Léopold Sédar Senghor : le malheur de la conscience négro-africaine et ses fondements socio-historiques, Dakar, université de Dakar, 1974, 155 p. (mémoire de maîtrise de philosophie)
(fr) Janet G. Vaillant, Vie de Léopold Sédar Senghor : noir, français, africain (préface d'Abdou Diouf, postface de Souleymane Bachir Diagne, traduit de l'anglais américain par Roger Meunier), Paris, Karthala, 2006, 448 p. (ISBN 2845867573)
(en) William Kluback, Léopold Sédar Senghor: from politics to poetry, New York, P. Lang, 1997, (ISBN 0820434884)
(en) Sebastian Okechukwu Mezu, The poetry of Leopold Sedar Senghor, Londres, Heinemann, 1973, 101 p. (ISBN 0435186507)
(en) Janice S. Spleth, Léopold Sédar Senghor, Boston, Twayne Publishers, 1985, 184 p. (ISBN 0805766162)
Discographie[modifier]Léopold Sédar Senghor : enregistrements historiques, présentés par Philippe Sainteny, RFI : INA ; Frémeaux & associés, Vincennes, 2006, 1 CD + 1 brochure (20 p.)
Léopold Sédar Senghor par lui-même, entretiens avec Patrice Galbeau, INA/France Culture, 2006, 1 CD (126')
Filmographie[modifier]Courts métrages de Paulin Soumanou Vieyra : Les présidents Senghor et Modibo Keïta (1959) ; Une nation est née (1961) ; Voyage du président Senghor en Italie (1963) ; Voyage présidentiel en URSS (1963) ; Voyage du président Senghor au Brésil (1964) ; Le Sénégal au festival national des arts nègres (1966).
Léopold Sédar Senghor, au rythme du poème, de Béatrice Soulé, Le Poisson volant, RTS, PRV, France 3, 1996, 48' (VHS) ; 2008 (DVD)
Léopold Sédar Senghor, entre deux mondes, de Jean-Noël Jeanneney et Pierre Beuchot, La Sept Arte, INA, Paris, 1997, 94’ (VHS)
Lettre à Senghor, de Samba Félix Ndiaye, Cinémathèque Afrique, Les Fabriques de la Vanne, Sénégal, 1998, 52’
L.S. Senghor, Éthiopiques, de Philippe Richard, CNED, Poitiers, L'École des lettres, 2004? (cop. 1998), VHS (66’) + 1 livret (77 p.)
Un chant nègre : Léopold Sédar Senghor, de Jean-Denis Bonan, Bibliothèque publique d'information, Paris, 2007, 52’ (DVD)

Liens externes
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« Léopold Sédar Senghor », sur Wikimedia Commons (ressources multimédia)
Assemblée nationale française Biographie de Senghor
Académie française Biographie de Senghor
AUF Site du centenaire de la naissance de Senghor
INA Archives audio et vidéo de l'INA sur Senghor

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Frantz Fanon
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Frantz Fanon
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Frantz Fanon (1925-1961)


article de la rubrique histoire et colonies > colonies
date de publication : samedi 5 mars 2005


Le texte qui suit est une présentation sommaire de la vie et de la pensée de Frantz Fanon , très largement inspirée d’un chapitre de l’ouvrage "Petits moments de la psychiatrie en France" de Patrick Clervoy et Maurice Corcos, publié aux éditions EDK, en janvier 2005.

Les parties de ce livre qui ont été reprises sont encadrées par des guillemets « ... », et suivies du numéro de la page. Merci à Patrick Clervoy  de nous avoir autorisé cette "utilisation" de son texte.


"Chaque fois qu’un homme a fait triompher la dignité de l’esprit,
chaque fois qu’un homme a dit non à une tentative d’asservissement de son semblable,
je me suis senti solidaire de son acte."
Frantz Fanon - Peau noire, masques blancs
À Fort de France

Frantz Fanon est né le 20 juillet 1925. Ceux qui l’ont connu jeune décrivent un garçon intrépide, un meneur. Il a dix ans lorsqu’il assiste, avec sa classe, à une cérémonie devant le monument dédié à Victor Schœlcher, le héros célébré pour avoir libéré les esclaves de leurs chaînes ; Fanon dira plus tard son bouleversement lorsque lui fut révélée l’histoire de l’esclavage et la déshumanisation dans laquelle la France avait tenu ses ancêtres.

"Je me suis trompé !"

En 1940, l’Europe est en guerre et la France sous le régime de Vichy. Les Antilles accueillent l’Amiral Robert qui a quitté Brest avec une partie de la flotte de guerre française. A la fierté des Martiniquais succède vite le désenchantement : l’Amiral Robert applique avec rigueur les directives de Pétain (suppression des élections, interdiction des syndicats et des mouvements politiques ...) En 1943, faisant sien le NONgaullien, Fanon rejoint les Forces Françaises Libres. Le fils d’esclave s’engage pour libérer les fils de ceux qui avaient fait enchaîner ses aïeux. À ses amis qui lui disent que cette guerre n’est pas la leur, que les Nègres n’ont rien à y faire, Frantz Fanon répond :

"Chaque fois que la dignité et la liberté de l’homme sont en question, nous sommes concernés, Blancs, Noirs ou Jaunes, et chaque fois qu’elles seront menacées en quelque lieu que ce soit, je m’engagerai sans retour."

Il le fit, mais fut vite déçu. Sur le théâtre de guerre métropolitain, il constate l’indifférence des Français à l’engagement des siens. Il est Nègre et considéré comme tel. Profondément blessé, il s’écrie : "Je me suis trompé !".

Peau noire, Masques blancs.

Fanon survit aux épreuves de la guerre. Démobilisé, il retourne aux Antilles, passe son bac, et revient à Lyon s’inscrire en Faculté de médecine. C’est une période de lectures et de rencontres.

Le sujet de sa thèse, "Essai pour la désaliénation du Noir", reflète ses propres interrogations : « quel peut être pour le Nègre un destin qui ne soit pas celui du Blanc ? Son travail se construit comme un essai anthropologique et psychologique, développant la perspective phénoménologique d’un "exister" du Nègre qui peut être autonome et distinct des valeurs posées comme universelles par les Blancs. La thèse est refusée, pour des raisons autant de fond que de forme. Frantz Fanon change alors de sujet et rédige une thèse insipide sur "un cas de dégénérescence spino-cérébelleuse ou maladie de Friedrich". »

« Il reprend ensuite le texte de sa thèse initiale, change son titre qui devient "Peau noire, masques blancs" et fait publier l’essai aux éditions du Seuil grâce au soutien de Francis Jeanson. C’est un texte dense, lapidaire, fait de courts énoncés dont chacun mériterait un long développement. » 


En voici la conclusion en forme de profession de foi :

"Moi, l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose :
Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est-à-dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme, où qu’il se trouve. [...] Mon ultime prière : mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge !"

La souffrance du colonisé en métropole

En 1951, en même temps qu’il termine ses études de médecine, Fanon fait publier dans la revue Esprit un court essai intitulé "le syndrome Nord-Africain". « Il a probablement eu à rédiger des expertises sur des situations qui mettaient au premier plan l’expression somatique du mal-être de l’immigré maghrébin et les problèmes posés par sa sexualité. De cette expérience, il livre le constat d’une relation de soin où le médecin métropolitain reçoit le consultant maghrébin avec un préjugé racial. Il indique que le comportement du Nord-Africain - par son inadaptation au monde dans lequel il vit - provoque souvent de la part du personnel médical une attitude de défiance quant à la réalité de sa maladie, que celui-ci est perçu avec un a priori de "race feignante", qu’il triche sur ses symptômes pour n’en chercher que des bénéfices et que l’attitude préalable des soignants est avant tout de le pousser hors de l’hôpital où il est soupçonné de vouloir trouver refuge pour ne pas travailler. » 

En Algérie

En juin 1953, Fanon est nommé médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida. A son arrivée l’hôpital est à l’image de la psychiatrie coloniale avec une séparation radicale des malades mentaux indigènes [5] et des malades mentaux métropolitains. « La conception dominante qui prévalait alors en Algérie était que le malade mental métropolitain était accessible à la guérison, mais que l’indigène était incurable, voué à la maladie, sous le prétexte que ses structures diencéphaliques écrasaient toute possibilité d’une activité corticale développée. En dépit de l’hostilité qu’on imagine, Fanon se lance dans la rénovation institutionnelle de ses services. Sous son impulsion, le pavillon des femmes européennes se métamorphose rapidement. » 


« Fanon se hâte ensuite d’apporter ces mêmes orientations dans le pavillon des hommes indigènes. C’est un échec. Analysant cet échec il comprend que les indigènes ne peuvent répondre à une approche socio-thérapique qui se fonderait sur un modèle occidental : si la chorale ne marche pas c’est parce que les chanteurs au Maghreb sont des professionnels itinérants qui n’appartiennent pas au groupe, si l’atelier de vannerie est déserté c’est parce que c’est une activité réservée aux femmes, si l’organisation d’une crèche à Noël n’attire personne, c’est parce que c’est une fête chrétienne et non musulmane. Il organise le pavillon autour du modèle culturel indigène et installe dans le service un café maure, les décorations font référence au patrimoine et à la culture locale et non plus aux paysages et aux monuments de France. » [7]

« Parallèlement, Fanon donne une impulsion à la psychiatrie en milieu ouvert et met en place une unité qui prend en charge en un même lieu les patients d’origine métropolitaine et les patients maghrébins. Il organise la formation des personnels infirmiers ainsi que des rencontres universitaires. » C’est à cette époque qu’il noue des contacts avec le FLN.

L’engagement dans le F.L.N.

A Blida, Fanon a donc amorcé un vaste mouvement qui vise à repenser la psychopathologie en fonction des repères culturels des Algériens. Mais la vie de l’hôpital est profondément perturbée par le développement de la guerre de libération. Fanon reçoit un nombre important de patients dont la pathologie est directement liée aux hostilités.

"la colonisation, dans son essence, se [présente] déjà comme une grande pourvoyeuse des hôpitaux psychiatriques [...] Il y a donc dans [la] période de calme de colonisation réussie une régulière et importante pathologie mentale produite directement par l’oppression. Aujourd’hui la guerre de libération nationale que mène le peuple algérien depuis sept ans, [...] est devenue un terrain favorable à l’éclosion des troubles mentaux".
Dans ce passage de l’ouvrage Les damnés de la terre, Frantz Fanon ajoute : "Nous [signalons] que toute une génération d’Algériens, baignés dans l’homicide gratuit et collectif avec les conséquences psychoaffectives que cela entraîne, sera l’héritage de la France en Algérie".

« Fanon va progressivement s’engager totalement avec le FLN. Bien qu’il conserve une importante activité clinique, les événements le poussent à un nouvel engagement pour défendre, comme en 1943, "la liberté et la dignité de l’homme" ». 

La rupture

Précipité par la menace d’une répression, son hôpital étant considéré comme un lieu de refuge des combattants du FLN, Fanon présente sa démission. Le courrier qu’il adresse en 1956 au Ministre Résident est un bilan :

"[...] Si la psychiatrie est la technique médicale qui se propose de permettre à l’homme de ne plus être étranger à son environnement, je me dois d’affirmer que l’Arabe, aliéné permanent dans son pays, vit dans un état de dépersonnalisation absolue."

"Le statut de l’Algérie ? Une déshumanisation systématisée. [...]"

"Les évènements d’Algérie sont la conséquence logique d’une tentative avortée de décérébraliser un peuple."

"Il n’était point exigé d’être psychologue pour deviner sous la bonhomie apparente de l’Algérien, derrière son humilité dépouillée, une exigence fondamentale de dignité. Et rien ne sert à l’occasion de manifestations non simplifiables, de faire appel à un quelconque civisme."

"La fonction d’une structure sociale est de mettre en place des institutions traversées par le souci de l’homme. Une société qui accule ses membres à des solutions de désespoir est une société non viable, une société à remplacer."

L’engagement révolutionnaire

Fanon quitte Blida pour rejoindre Paris. Peu après, un arrêté d’expulsion est émis à son encontre. Il part pour Tunis où il ménera une double activité, psychiatrique et politique. Il fonde un centre neuro-psychiatrique de jour à l’hôpital de La Manouba où il poursuit son travail de rénovation des pratiques de soin. Parallèlement il est intégré dans le service de presse du FLN et rédige régulièrement des articles pour le journal El Moudjahid. Il voit au-delà du conflit algérien et envisage la question de la décolonisation pour l’ensemble de l’Afrique. À partir de 1959, nommé ambassadeur itinérant du Gouvernement provisoire de la République algérienne, il multiplie les voyages et les conférences.

En décembre 1960, des examens de santé révèlent une leucémie. Il a encore beaucoup à dire mais il sait que le temps lui est désormais compté. Il dicte dans la hâte le livre qu’il avait en projet et qui s’intitulera Les damnés de la terre. Il y inclut un long chapitre sur les troubles mentaux liés aux guerres coloniales qui associent des observations de troubles mentaux chez les victimes de torture de la part des forces coloniales, comme des observations de troubles mentaux chez les personnels des forces de police qui commettent ces actes de barbarie.

Son état de santé s’aggrave ; il part se faire soigner aux Etats-Unis. Lors d’une courte escale à Rome, il rencontre Jean-Paul Sartre qui rédige une préface pour son livre. Il reçoit les premiers exemplaires trois jours avant sa mort. Peu avant il avait écrit dans une longue lettre à un ami : « ... Nous ne sommes rien sur terre si nous ne sommes d’abord les esclaves d’une cause, de la cause des peuples, la cause de la justice et de la liberté. »

Il est enterré en terre algérienne. Aujourd’hui, l’hôpital de Blida porte son nom.

Racisme et culture 

"Le racisme (...) n’est qu’un élément d’un plus vaste ensemble : celui de l’oppression systématisée d’un peuple. Comment se comporte un peuple qui opprime ? Ici des constantes sont retrouvées.

On assiste à la destruction des valeurs culturelles, des modalités d’existence. Le langage, l’habillement, les techniques sont dévalorisées. Comment rendre compte de cette constante ? Les psychologues qui ont tendance à tout expliquer par des mouvements de l’âme, prétendent retrouver ce comportement au niveau de contacts entre particuliers : critique d’un chapeau original, d’une façon de parler, de marcher ...

De pareilles tentatives ignorent volontairement le caractère incomparable de la situation coloniale. En réalité les nations qui entreprennent une guerre coloniale ne se préoccupent pas de confronter les cultures. La guerre est une gigantesque affaire commerciale et toute perspective doit être ramenée à cette donnée. L’asservissement, au sens le plus rigoureux, de la population autochtone est la première nécessité.

Pour cela il faut briser ses systèmes de référence. L’expropriation, le dépouillement, la razzia, le meurtre objectif se doublent d’une mise à sac des schèmes culturels ou du moins conditionnent cette mise à sac. Le panorama social est déstructuré, les valeurs bafouées, écrasées, vidées.

Les lignes de forces, écroulées, n’ordonnent plus. En face un nouvel ensemble, imposé, non pas proposé mais affirmé, pesant de tout son poids de canons et de sabres.

La mise en place du régime colonial n’entraîne pas pour autant la mort de la culture autochtone. Il ressort au contraire de l’observation historique que le but recherché est davantage une agonie continuée qu’une disparition totale de la culture pré-existante. Cette culture, autrefois vivante et ouverte sur l’avenir, se ferme, figée dans le statut colonial, prise dans le carcan de l’oppression. A la fois présente et momifiée, elle atteste contre ses membres. Elle les définit en effet sans appel. La momification culturelle entraîne une momification de la pensée individuelle. L’apathie si universellement signalée des peuples coloniaux n’est que la conséquence logique de cette opération. Le reproche de l’inertie constamment adressé à "l’indigène" est le comble de la mauvaise foi. Comme s’il était possible à un homme d’évoluer autrement que dans le cadre d’une culture qui le reconnaît et qu’il décide d’assumer."

P.-S.
Les principaux ouvrages écrits par Frantz Fanon sont :
• Peau noire, masques blancs, éd. Seuil, 1952.
• Les damnés de la terre, 1961, rééd. La Découverte 2002.
• Pour la révolution africaine, éd. Maspéro, 1964 rééd. 1979.
• L’an V de la révolution algérienne, réédité en 1966 sous le titre "Sociologie d’une révolution".

Notes
[1] Une biographie Frantz Fanon, portrait par Alice Cherki a été publiée (éd. Seuil, 2000.

[2] Patrick Clervoy est psychiatre, Chef du service de Psychiatrie de l’Hôpital d’Instruction des Armées Sainte-Anne de Toulon.

[3] Page 139.

[4] Page 140.

[5] Le mot "indigène" est utilisé dans cet article, avec le sens qu’il avait à l’époque coloniale, pour désigner les Algériens, par opposition aux "Européens".

[6] Page 141.

[7] Page 141.

[8] Page 142.

[9] Page 142.

[10] Extrait de "Pour la Révolution Africaine"

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Frantz Fanon
Frantz Omar Fanon, né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France et décédé le 6 décembre 1961 à Washington, était un psychiatre et essayiste martiniquais et algérien.

Il est l'un des fondateurs du courant de pensée tiers-mondiste. Penseur très engagé, il a cherché à analyser les conséquences psychologiques de la colonisation à la fois sur le colon et sur le colonisé. Dans ses livres les plus connus, il analyse le processus de décolonisation sous les angles sociologique, philosophique et psychiatrique mais il a également écrit des articles importants dans sa discipline : la psychiatrie.


Biographie[modifier] Période française[modifier]Frantz Fanon, né à Fort-de-France en Martinique, est le cinquième enfant d'une famille mulâtre comptant huit personnes. Il reçoit son éducation au Lycée Victor-Schoelcher de Fort-de-France où Aimé Césaire enseigne à l'époque.

En 1943, il rejoint les Forces françaises libres puis s'engage dans l'armée régulière après le ralliement des Antilles françaises au général de Gaulle. Combattant avec l'armée française du général De Lattre de Tassigny, il est blessé dans les Vosges. Parti se battre pour un idéal, il est confronté à « la discrimination ethnique, à des nationalismes au petit pied »[1]. Après son retour en Martinique, où il passe le baccalauréat, il revient en France métropolitaine et poursuit ensuite des études en médecine, tout en suivant des leçons de philosophie et de psychologie à l'Université de Lyon, notamment celles de Maurice Merleau-Ponty.

De son expérience de noir minoritaire au sein de la société française, il rédige Peau noire, masques blancs, dénonciation du racisme et de la « colonisation linguistique » dont il est l'une des victimes en Martinique. Mais ce livre est mal perçu à sa publication en 1952. Frantz Fanon évoquera à de multiples reprises le racisme dont il est victime dans les milieux intellectuels parisiens.

Période algérienne[modifier]En 1953, il devient médecin-chef d'une division de l'hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en Algérie et y introduit des méthodes modernes de « sociothérapie » ou « psychothérapie institutionnelle », qu'il adapte à la culture des patients musulmans algériens ; ce travail sera explicité dans la thèse de son élève Jacques Azoulay. Il entreprend ensuite, avec ses internes, une exploration des mythes et rites traditionnels de la culture algérienne. Sa volonté de désaliénation et décolonisation du milieu psychiatrique algérien lui vaut l'hostilité d'une partie de ses collègues[réf. nécessaire].

Dès le début de la guerre d'Algérie, en 1954, il s'engage auprès de la résistance nationaliste et noue des contacts avec certains officiers de l'Armée de libération nationale ainsi qu'avec la direction politique du FLN, Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il remet au gouverneur Robert Lacoste sa démission de médecin-chef de l'hôpital de Blida-Joinville en novembre 1956 puis est expulsé d'Algérie en janvier 1957.

Il rejoint le FLN à Tunis, où il collabore à l'organe central de presse du FLN, El Moudjahid. En 1959, il fait partie de la délégation algérienne au congrès panafricain d'Accra ; il publie la même année L'An V de la révolution algérienne publié par François Maspero. En mars 1960, il est nommé ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne au Ghana. Il échappe durant cette période à plusieurs attentats au Maroc et en Italie.

Se sachant atteint d'une leucémie, il se retire à Washington pour écrire son dernier ouvrage Les Damnés de la Terre. Il décède le 6 décembre 1961 à l'âge de 36 ans, quelques mois avant l'indépendance algérienne ; sa dépouille est inhumée au cimetière des « Chouhadas » (cimetière des martyrs de la guerre) près de la frontière algéro-tunisienne, dans la commune d'Aïn Kerma (wilaya d'El-Tarf).

Il laisse derrière lui son épouse, Marie-Josèphe Dublé, dite Josie (décédée le 13 juillet 1989 et inhumée au cimetière d'El Kettar au cœur d'Alger), et deux enfants : Olivier né en 1955 et Mireille qui épousera Bernard Mendès-France (fils de Pierre Mendès France).

En hommage à son travail en psychiatrie et à son sacrifice pour la cause algérienne, l'hôpital de Blida-Joinville où il a travaillé porte désormais son nom.

Œuvre littéraire[modifier]Frantz Fanon est devenu un maître à penser pour de nombreux intellectuels du tiers-monde. Son livre le plus connu est Les Damnés de la terre, manifeste pour la lutte anticoloniale et l'émancipation du tiers-monde. Cet ouvrage et, peut-être plus encore, la préface écrite par Jean-Paul Sartre, ont été perçus rétrospectivement comme fondateurs de la critique tiers-mondiste[2] Il a inspiré des mouvements de libération en Afrique ou encore le Black Panther Party aux États-Unis.

Aujourd'hui encore, Frantz Fanon est revisité par de nombreux auteurs ; le courant des critiques post-coloniales a notamment initié une relecture de l'auteur martiniquais. Edward Saïd, dans Culture et impérialisme, a très souvent repris les écrits de Fanon. D'autres auteurs contemporains se sont intéressés à son œuvre, comme Stuart Hall, Homi Bhabha et Judith Butler, et en particulier à Peau noire, masques blancs. Des représentants de la scène dite du "rap de fils d'immigrés" tels Casey ou La Rumeur, dont les textes sont centrés sur la dénonciation de la colonisation, font référence à Fanon et à son œuvre, parfois ouvertement comme dans le titre "Nature Morte" de La Rumeur. On peut ainsi voir sur la pochette du street-cd Nord Sud Est Ouest du rappeur Ekoué une réédition du livre Les Damnés de la Terre.

Son livre Peau noire, masques blancs contient une critique de l'ouvrage Psychologie de la colonisation[4] d'Octave Mannoni. Frantz Fanon qui adopte une attitude d'observateur extérieur au système colonial n'admet pas l'analyse psychologique de Mannoni. En particulier l'élaboration du "complexe de Prospero" du colonisateur lui parait "non fondée"[5].

Claude Lanzmann dans son livre Le Lièvre de Patagonie raconte sur de nombreuses pages sa rencontre avec Fanon et comment celle ci a été la plus marquante de sa vie. C'est lui qui le présentera ensuite à Sartre.

Publications

Voir aussi sur Wikiquote les citations « Frantz Fanon ».L'œil se noie, Les Mains parallèles et La Conspiration, trois pièces de théâtres inédites écrites entre 1949 et 1950 ;
Peau noire, masques blancs, 1952 ;
L'An V de la révolution algérienne, 1959 ;
Les Damnés de la Terre, La Découverte, 1961 ;
Pour la révolution africaine, La Découverte, 1964.
Bibliographie

Bouvier, Pierre, Aimé Césaire et Frantz Fanon. Portraits de (dé)colonisés, Paris, Les Belles Lettres, coll. "Histoire de Profil", 2010. (ISBN 978-2-251-90003-2)
Bouvier, Pierre, Fanon, éd. Universitaires, Paris, 1971
Alice Cherki, Frantz Fanon : portrait, Seuil, 2000 (ISBN 2020362937)
Caute David, Fanon, éd. Collins, Londres, 1970, traduit par G. Duran), éd. Seghers, Paris, 1970
Christiane Chaulet-Achour, Frantz Fanon, l'importun, éd. Chèvrefeuille étoilée, Montpellier, 2004
Joby Fanon, De la Martinique à l'Algérie et à l'Afrique, éd. L'Harmattan, Paris, 2004
Peter Geismar, Fanon, éd. Dial Press, New York, 1971
David Macey, Frantz Fanon, éd. Granta Books, Londres
Florent Schoumacher, Frantz Fanon et le renouveau de la question marxiste de la libération nationale, Dissidences BLEMR, n°9, Nancy, octobre 2001
L'œuvre de Fanon a considérablement influencé des problématiques liées à la notion de l'identité développées dans l'art contemporain, comme en témoignent entre autres le film de l'artiste londonien Isaac Julien.

Références

1.↑ Alice Cherki, Frantz Fanon : portrait, Seuil, 2000 (ISBN 2020362937), p. 27
2.↑ Le livre de Pascal Bruckner, Le Sanglot de l'homme blanc, paru en 1983, a inauguré une vague d'attaques contre la critique tiers-mondiste liées au contexte général de révolution néo-conservatrice qui s'ouvrait alors.
3.↑ Paroles de la chanson "Nature Morte"[1] [archive]
4.↑ Psychologie de la colonisation, Seuil, 1950, réédité sous le titre Prospero et Caliban, Editions Universitaires, 1984, et Le racisme revisité, Denoël, 1997. ISBN 2-207-24587-X
5.↑ "Peau noire, masques blancs" p.87 (édition de 1975) ISBN 978-2-02-000601-9
Voir aussi[modifier]Octave Mannoni
Roberto Beneduce
Liens externes

Site consacré au 50ème anniversaire de la disparition de Frantz Fanon, en 2011
Site sur Frantz Fanon – la cause des peuples colonisés
Site sur Frantz Fanon - Plume noire chauffée à blanc
Vidéos de la conférence « Regards croisés » Frantz Fanon - Aimé Césaire
article de Frantz Fanon Antillais et Africains dans la revue Esprit, février 1955

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Aimé Césaire
Aimé Césaire
Aimé Césaire
Aimé Césaire
Aimé Césaire
Aime Cesaire
Vign_merci_aime
Aimé Fernand David Césaire,
est un poète et homme politique français de Martinique, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. Il est l'un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu.


Biographie
 
Les jeunes années
Aimé Césaire faisait partie, d'une famille de sept enfants ; son père était fonctionnaire et sa mère couturière. Son grand-père fut le premier enseignant noir en Martinique et sa grand-mère, contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et écrire ; elle enseigna très tôt à ses petits-enfants la lecture et l'écriture. De 1919 à 1924, Aimé Césaire fréquente l'école primaire de Basse-Pointe, dont son père est contrôleur des contributions, puis obtient une bourse pour le lycée Victor Schoelcher à Fort-de-France. En septembre 1931, il arrive à Paris en tant que boursier pour entrer en classe d'hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand où, dès le premier jour, il rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié qui durera jusqu'à la mort de ce dernier.

Émergence du concept de négritude[modifier]Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, notamment lors des rencontres au salon littéraire de Paulette Nardal, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas, qu’il connaît depuis la Martinique, découvrent progressivement une part refoulée de leur identité, la composante africaine, victime de l'aliénation culturelle caractérisant les sociétés coloniales de Martinique et de Guyane.

En septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains (parmi lesquels Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop), le journal L'Étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l'idéologie colonialiste.

Construit contre l'idéologie coloniale française de l'époque, le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s’agit, au-delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

Ayant réussi en 1935 le concours d'entrée à l'École normale supérieure, Césaire passe l'été en Dalmatie chez son ami Petar Guberina et commence à y écrire le Cahier d'un retour au pays natal, qu'il achèvera en 1938. Il lit en 1936 la traduction de l’Histoire de la civilisation africaine de Frobenius. Il prépare sa sortie en 1938 de l'École normale supérieure avec un mémoire : Le Thème du Sud dans la littérature noire-américaine des USA. Épousant en 1937 une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi, Aimé Césaire, agrégé de lettres, rentre en Martinique en 1939, pour enseigner, tout comme son épouse, au lycée Schœlcher.

Le combat culturel sous le régime de Vichy[modifier]La situation martiniquaise à la fin des années 1930 est celle d'un pays en proie à une aliénation culturelle profonde, les élites privilégiant avant tout les références arrivant de la France, métropole coloniale. En matière de littérature, les rares ouvrages martiniquais de l'époque vont jusqu'à revêtir un exotisme de bon aloi, pastichant le regard extérieur manifeste dans les quelques livres français mentionnant la Martinique. Ce doudouisme, dont des auteurs tels que Mayotte Capécia sont les tenants, allait nettement alimenter les clichés frappant la population martiniquaise.

C'est en réaction à cette situation que le couple Césaire, épaulé par d'autres intellectuels martiniquais comme René Ménil, Georges Gratiant et Aristide Maugée, fonde en 1941 la revue Tropiques. Alors que la Seconde Guerre mondiale provoque le blocus de la Martinique par les États-Unis (qui ne font pas confiance au régime de collaboration de Vichy), les conditions de vie sur place se dégradent. Le régime instauré par l’Amiral Robert, envoyé spécial du gouvernement de Vichy, est répressif. Dans ce contexte, la censure vise directement la revue Tropiques, qui paraîtra, avec difficulté, jusqu’en 1943.

Le conflit mondial marque également le passage en Martinique du poète surréaliste André Breton (qui relate ses péripéties dans un bref ouvrage, Martinique, charmeuse de serpents). Breton découvre la poésie de Césaire à travers le Cahier d'un retour au pays natal et le rencontre en 1941. En 1943 il rédige la préface de l'édition bilingue du Cahier d'un retour au pays natal, publiée dans la revue Fontaine (n° 35) dirigée par Max-Pol Fouchet et en 1944 celle du recueil Les Armes miraculeuses, qui marque le ralliement de Césaire au surréalisme.

Surnommé « le nègre fondamental », il influencera des auteurs tels que Frantz Fanon, Édouard Glissant (qui ont été élèves de Césaire au lycée Schoelcher), le guadeloupéen Daniel Maximin et bien d'autres. Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l'acculturation.

Après guerre, le combat politique[modifier]En 1945, Aimé Césaire, coopté par les élites communistes qui voient en lui le symbole d'un renouveau, est élu maire de Fort-de-France. Dans la foulée, il est également élu député, mandat qu'il conservera sans interruption jusqu'en 1993. Son mandat, compte tenu de la situation économique et sociale d'une Martinique exsangue après des années de blocus et l'effondrement de l'industrie sucrière, est d'obtenir la départementalisation de la Martinique en 1946.

Il s'agit là d'une revendication qui remonte aux dernières années du XIXe siècle et qui avait pris corps en 1935, année du tricentenaire du rattachement de la Martinique à la France par Belain d'Esnambuc. Peu comprise par de nombreux mouvements de gauche en Martinique déjà proches de l'indépendantisme, à contre-courant des mouvements de libération survenant déjà en Indochine, en Inde ou au Maghreb, cette mesure vise, selon Césaire, à lutter contre l'emprise béké sur la politique martiniquaise, son clientélisme, sa corruption et le conservatisme structurel qui s'y attache. C'est, selon Césaire, par mesure d'assainissement, de modernisation, et pour permettre le développement économique et social de la Martinique, que le jeune député prend cette décision.

En 1947 Césaire crée avec Alioune Diop la revue Présence africaine. En 1948 paraît l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache, préfacée par Jean-Paul Sartre, qui consacre le mouvement de la « négritude ».

En 1950, il publie le Discours sur le colonialisme, où il met en exergue l'étroite parenté qui existe selon lui entre nazisme et colonialisme. Il y écrit entre autres choses :

« Oui, il vaudrait la peine d'étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d'Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'Hitler l'habite, qu'Hitler est son démon, que s'il le vitupère, c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation contre l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les arabes d'Algérie, les colonies de l'Inde et les nègres d'Afrique [...] »
S'opposant au Parti communiste français sur la question de la déstalinisation[3], Aimé Césaire quitte le PC en 1956, s'inscrit au Parti du regroupement africain et des fédéralistes, puis fonde deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM), au sein duquel il va revendiquer l'autonomie de la Martinique. Il siège à l'Assemblée nationale comme non inscrit de 1958 à 1978, puis comme apparenté socialiste de 1978 à 1993.

Aimé Césaire restera maire de Fort-de-France jusqu'en 2001. Le développement de la capitale de la Martinique depuis la Seconde Guerre mondiale est caractérisé par un exode rural massif, provoqué par le déclin de l'industrie sucrière et l'explosion démographique créée par l'amélioration des conditions sanitaires de la population. L'émergence de quartiers populaires constituant une base électorale stable pour le PPM, et la création d'emplois pléthoriques à la mairie de Fort-de-France furent les solutions trouvées pour parer à court terme aux urgences sociales de l'époque.

La politique culturelle d'Aimé Césaire est incarnée par sa volonté de mettre la culture à la portée du peuple et de valoriser les artistes du terroir. Elle est marquée par la mise en place des premiers festivals annuels de Fort-de-France en 1972, avec la collaboration de Jean-Marie Serreau et Yvan Labéjof, puis la mise en place d'une structure culturelle permanente grâce à l'installation au Parc Floral de Fort-de-France et dans les quartiers, pour la première fois en Martinique d'une équipe professionnelle autour de Yves Marie Séraline missionné pour cette tâche, à partir de août 1974. En 1976, à partir des fondations de l'équipe de l'office de la culture provisoire, ce sera la création officielle du Service Municipal d'Action Culturelle (SERMAC) dirigé par Jean-Paul Césaire, qui par le biais d'ateliers d'arts populaires (danse, artisanat, musique) et du prestigieux Festival de Fort-de-France, met en avant des parts jusqu'alors méprisées de la culture martiniquaise.Le Sermac est dirigé depuis quelques années par Lydie Bétis.

Son Discours du colonialisme fut pour la première fois au programme du baccalauréat littéraire français en 1994, avec le Cahier d'un retour au pays natal.

Aimé Césaire s'est retiré de la vie politique (et notamment de la mairie de Fort-de-France en 2001, au profit de Serge Letchimy), mais reste un personnage incontournable de l'histoire martiniquaise jusqu'à sa mort. Après le décès de son camarade Senghor, il est resté l'un des derniers fondateurs de la pensée négritudiste.

Jusqu'à sa mort, Aimé Césaire a toujours été sollicité et influent. On notera sa réaction à la loi française du 23 février 2005 sur les aspects positifs de la colonisation qu'il faudrait évoquer dans les programmes scolaires, loi dont il dénonce la lettre et l'esprit et qui l'amène à refuser de recevoir Nicolas Sarkozy. En mars 2006, Aimé Césaire revient sur sa décision et reçoit Nicolas Sarkozy puisque l'un des articles les plus controversés de la loi du 23 février 2005 a été abrogé. Il commente ainsi sa rencontre : « C'est un homme nouveau. On sent en lui une force, une volonté, des idées. C'est sur cette base-là que nous le jugerons. »

Durant la campagne de l'élection présidentielle française de 2007, il soutient activement Ségolène Royal, en l'accompagnant lors du dernier rassemblement de sa vie publique. « Vous nous apportez la confiance et permettez-moi de vous dire aussi l'espérance[5] ».

Rétrospectivement, le cheminement politique d'Aimé Césaire apparaît étrangement contourné, en contraste avec la pensée de la négritude qu'il a développée par ailleurs. Tour à tour assimilationniste (départementaliste), indépendantiste et autonomiste (sans que l'on sache précisément ce qu'il entendait par là), Césaire semble avoir été davantage à la remorque des initiatives prises par les gouvernements métropolitains (en matière de décentralisation tout particulièrement) qu'un élément moteur de l'émancipation de son peuple. Il restera sans doute dans les mémoires comme le "nègre fondamental" et comme l'un des grands poètes de langue française du XXe siècle, mais non comme un chef politique ayant véritablement influencé son époque.

Décès

Le 9 avril 2008, il est hospitalisé au CHU Pierre Zobda Quitman de Fort-de-France pour des problèmes cardiaques. Son état de santé s'y aggrave et il décède le 17 avril 2008 au matin.

Hommages

Dès l'annonce de sa mort, de nombreuses personnalités politiques et littéraires lui ont rendu hommage comme le président Nicolas Sarkozy, l'ancien président sénégalais Abdou Diouf ou l'écrivain René Depestre.

Reprenant une initiative de l'écrivain Claude Ribbe, Ségolène Royal, Jean-Christophe Lagarde, Christine Albanel, appuyés par d'autres élus, ont demandé son entrée au Panthéon et une pétition a été mise en ligne pour qu'il soit inhumé au Panthéon le 10 mai 2008[7].

Des obsèques nationales
 
ont été célébrées le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence du chef de l'État. Un grand discours a été prononcé par Pierre Aliker, son ancien premier adjoint à la mairie de Fort-de-France, âgé de 101 ans. Le président de la République n'a pas donné de discours mais s'est incliné devant la dépouille, devant plusieurs milliers de personnes réunies au stade de Dillon. Il est inhumé au cimetière La Joyaux près de Fort-de-France. Sur sa tombe sont inscrits des mots choisis par Aimé Césaire lui-même et extraits de son Calendrier lagunaire :

« La pression atmosphérique ou plutôt l'historique
Agrandit démesurément mes maux
Même si elle rend somptueux certains de mes mots »
D'autres personnalités se sont déplacées, telles Dominique de Villepin, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, Lionel Jospin, Yves Jégo, Rama Yade, Bernard Kouchner, François Hollande, François Fillon, Lucette Michaux-Chevry,Victorin Lurel, Michèle Alliot-Marie, Patrick Devedjian, Serge Letchimy…

Plusieurs nouveaux édifices ont pris son nom depuis son décès. Une station de la Ligne 12 du métro de Paris devrait prendre son nom.

Dans H (série télévisée), le personnage d'Eric Judor se nomme Aymé Cesaire.

Son parcours politique

De 1945 à 2001 : maire de Fort-de-France (durant 56 ans)
De 1945 à 1993 : député de la Martinique (durant 48 ans)
De 1983 à 1986 : président du conseil régional de la Martinique
De 1945 à 1949 et 1955 à 1970 : conseiller général de Fort-de-France
Œuvres

1939 Cahier d'un retour au pays natal, Revue Volontés n°20, 1939, Pierre Bordas 1947, Présence africaine, Paris, 1956.
1946 Les Armes miraculeuses, 1946, Gallimard, Paris, 1970
1947 Soleil cou coupé, 1947, Éditions K., Paris, 1948
1950 Corps perdu (gravures de Picasso), Éditions Fragrance, Paris, 1950
1960 Ferrements, Seuil, Paris, 1960, 1991
1961 Cadastre, Seuil, Paris, 1961
1976 Œuvres complètes (trois volumes), Desormeaux, Fort-de-France, 1976
Poésie
1982 Moi, laminaire, Seuil, Paris, 1982
1994 La Poésie, Seuil, Paris, 1994. (Ce volume, qui compile toute l'œuvre poétique de l'auteur, figure au programme de l'agrégation de lettres modernes de 2009 à 2011, au sein du thème de littérature comparée intitulé "Permanence de la poésie épique au XXe siècle").
2010 Sept poèmes reniés suivi de La Voix de la Martinique, édition bibliophilique (David Alliot éditeur), Paris, 2010
Théâtre
1958 Et les chiens se taisaient, Présence Africaine, Paris, 1958, 1997
1963 La Tragédie du roi Christophe, Présence Africaine, Paris, 1963, 1993
Une saison au Congo, Seuil, Paris, 1966, 2001
1969 Une Tempête, d'après La Tempête de William Shakespeare : adaptation pour un théâtre nègre, Seuil, Paris, 1969, 1997
Essais
1948 Esclavage et colonisation, Presses Universitaires de France, Paris, 1948, réédition : Victor Schoelcher et l'abolition de l'esclavage, Éditions Le Capucin, Lectoure, 2004
1950 Discours sur le colonialisme, éditions Réclames, Paris, 1950 ; éditions Présence africaine, 1955
1987 Discours sur la négritude, 1987, Paris, Présence Africaine, 2004 (avec le Discours sur le colonialisme).
Histoire
1962 Toussaint Louverture, La révolution Française et le problème colonial, Présence Africaine, Paris
Entretiens
2004 Rencontre avec un nègre fondamental, Entretiens avec Patrice Louis, Arléa, Paris
2005 Nègre je suis, nègre je resterai, Entretiens avec Françoise Vergès, Albin Michel, Paris
Enregistrement audio
1994 Aimé Césaire, Hatier, Paris, Les Voix de l'écriture
Monographies[modifier]David Alliot, Aimé Césaire le nègre universel, Gollion (Suisse), Infolio, 2008
David Alliot, Le tapuscrit du Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire, Paris, Assemblée nationale, 2008
Pierre Bouvier, Aimé Césaire et Frantz Fanon. Portraits de (dé)colonisés, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Histoire de Profil », 2010 (ISBN 978-2-251-90003-2)
Bernadette Cailler, Proposition poétique, une lecture de l'œuvre d'Aimé Césaire, Sherbrooke, (Québec), Naaman, 1976 ; Nouvelles du Sud, Paris, 2000
Gilles Carpentier, Scandale de bronze, lettre à Aimé Césaire, Paris, Seuil, 1994
Raphaël Confiant, Aimé Césaire. Une traversée paradoxale du siècle, Paris, Stock, 1994
Daniel Delas, Portrait littéraire, Paris, Hachette, 1991
Diop Papa Samba, La poésie d'Aimé Césaire. Propositions de lecture, Honoré Champion, 2011
Romuald Fonkoua, Aimé Césaire, Paris, Perrin, 2010
Thomas A. Hale, « Les écrits d'Aimé Césaire, Bibliographie commentée », dans Études françaises, t. XIV, no 3-4, Les Presses de l'Université de Montréal, 1978.
René Henane, Aimé Césaire, le chant blessé, biologie et poétique, Paris, Jean-Michel Place, 2000.
Michael E. Horn, La Plurivocalité dans le Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire, Montréal, Thèses de McGill (Université McGill), 1999
Victor M. Hountondji, Le Cahier d'Aimé Césaire. Éléments littéraires et facteurs de révolution, L'Harmattan, 1993
Lilyan Kesteloot, Aimé Césaire, Paris, Seghers, 1979
Annie Le Brun, Pour Aimé Césaire, Paris, Jean-Michel Place, 1994
Jacqueline Leiner, Aimé Césaire, le terreau primordial, Tübingen, G. Narr, 1993
Patrice Louis, ABC ...ésaire, Guyane, Ibis Rouge, 2003
Buata Malela, « Le Rebelle ou la quête de la liberté chez Aimé Césaire », Revue Frontenac Review, 16-17, Queen’s University, Kingston (Ontario), 2003, p. 125-148
Buata Malela, « Les Enjeux de la figuration de Lumumba. Débat postcolonial et discours en contrepoint chez Césaire et Sartre », Mouvements, no 51, 2007/3, p. 130-141
Buata B. Malela, Les Écrivains afro-antillais à Paris (1920-1960). Stratégies et postures identitaires, Paris, Karthala, coll. Lettres du Sud, 2008
Buata B. Malela,Aimé Césaire. Le fil et la trame. Critique et figurations de la colonialité du pouvoir, Paris, Anibwe, 2009
Clément Mbom, Le Théâtre d'Aimé Césaire ou la Primauté de l'universalité humaine, Paris, Nathan, 1979
Ernest Moutoussamy, Aimé Césaire, député à l'Assemblée nationale, 1945-1993, Paris, L'Harmattan, 1993
Georges Ngal, Aimé Césaire, un homme à la recherche d'une patrie, Paris, Présence Africaine, 1994
Gloria Nne Onyeoziri, La Parole poétique d'Aimé Césaire, essai de sémantique littéraire, Paris, L'Harmattan, 1992
Albert Owusu-Sarpong, Le Temps historique dans l'œuvre théâtrale d'Aimé Césaire, Sherbrooke (Québec), Naaman, 1986 ; Paris,L'Harmattan, 2002
Christian Paviot,Césaire autrement. Le mysticisme du Cahier d'un retour au pays natal, Paris, L'Harmattan, 2009
Claude Ribbe, Le Nègre vous emmerde, Paris, Buchet-Chastel, 2008
Aliko Songolo, Aimé Césaire, une poétique de la découverte, Paris, L'Harmattan, 1985
Roger Toumson, Simonne Henry-Valmore, Aimé Césaire, le nègre inconsolé, Paris, Syros, 1994. Rééditions augmentées : La Roque d'Anthéron, Vents d'ailleurs, 2002 et 2004
Khal Torabully, Chair corail, fragments coolies, Guyane, Ibis Rouge, 1998
Marcien Towa, Poésie de la négritude, approche structuraliste, Sherbrooke (Québec), Naaman, 1983
Pierre Vilar, Les Armes miraculeuses d’Aimé Césaire, Bienne – Genève, ACEL Ed. Zoé, coll. Le cippe, 2008
Ouvrages collectifs[modifier]Tshitenge Lubabu Muitibile K. (éd.), Césaire et nous. Une rencontre entre l'Afrique et les Amériques au XXIe siècle , Bamako, Cauris Éditions, 2004
Centre césairien d'études et de recherches, Aimé Césaire. Une pensée pour le XXIe siècle, Paris, Présence Africaine, 2003
Aimé Césaire ou l'Athanor d'un alchimiste. Actes du premier colloque international sur l'œuvre littéraire d'Aimé Césaire, Paris, 21-23 novembre 1985, Paris, Éditions caribéennes, 1987
Aimé Césaire, numéro spécial 832-833, Paris, Europe, septembre 1998
Césaire 70, travaux réunis et présentés par Mbwil a Mpaang et Martin Steins, Paris, Silex, 2004
Jacqueline Leiner, (éd.), Soleil éclaté, mélanges offerts à Aimé Césaire à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire, Tübingen, G. Narr, 1985.
Annick Thebia-Melsan, Gérard Lamoureux, (éd.), Aimé Césaire, pour regarder le siècle en face, Paris, Maisonneuve et Larose, 2000
Roger Toumson et Jacqueline Leier, (éd.), Aimé Césaire, du singulier à l'universel (Actes du colloque international de Fort-de-France, 28-30 juin 1993), numéro spécial d'Œuvres et Critiques, 1994.
L'aéroport Martinique - Aimé Césaire[modifier]Par arrêté du ministre des Transports, de l'Équipement, du Tourisme et de la Mer, Dominique Perben, en date du 15 janvier 2007, l'aéroport de Fort-de-France - Le Lamentin a été rebaptisé « Aéroport Martinique - Aimé Césaire ».

Filmographie

1976 : Martinique, Aimé Césaire, un homme une terre, (52 mn), documentaire de Sarah Maldoror avec la participation de Michel Leiris, CRS, « Les amphis de la cinquième »
1986 : Miami, Martinique, Aimé Césaire, le masque des mots, (52 mn), documentaire de Sarah Maldoror
1991 : La Manière Nègre ou Aimé Césaire, chemin faisant, (80 mn), documentaire de Jean Daniel Lafond, Québec
1994 : Aimé Césaire, une voix pour l'histoire, réalisé par Euzhan Palcy. Ce documentaire se divise en 3 parties :
L'île veilleuse: Le premier volet retrace, à travers des témoignages d'hommes politiques et d'intellectuels, d'images d'archives et de photos, l'engagement du poète Aimé Cesaire au service de la négritude.
Au rendez-vous de la conquête[13] : Le deuxième volet débute par les années de formation intellectuelle du poète et finit avec les années 1950. Témoignages, archives et lectures de textes du poète et de l'homme engagé.
La force de regarder demain[14] : Le dernier volet aborde les problèmes actuels du « grand cri nègre ». Archives, témoignages et lectures d'extraits des œuvres du poète et de l'homme de théâtre émaillent les interviews.
2006 : Césaire raconte Césaire, DVD, par Patrice Louis, LivresAntilles.com
2007 : Aimé Césaire, Un nègre fondamental, (52 mn), écrit par François Fèvre, réalisé par Laurent Chevallier et Laurent Hasse, Production : 2f Productions, France 5, RFO, diffusé sur France 5 le 9 novembre 2007 à 20 h 40 et le 11 novembre 2007 à 9 h 45.


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 Des obsèques nationales pour Aimé Césaire

Le chantre du concept de "négritude" s'est éteint jeudi matin au CHU de Fort-de-France, en Martinique, où il était hospitalisé depuis le 9 avril.
Mots-clés : Aimé Césaire, poète, Martinique, Fort-de-France, Discours sur le colonialisme, état de santé
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Le poète martiniquais Aimé Césaire, 94 ans, est décédé jeudi 17 avril à Fort-de-France (Martinique), et la France s'apprêtait à organiser des obsèques nationales pour le chantre de la "négritude", dont le combat contre la colonisation avait trouvé des échos jusqu'en Afrique ou aux Etats-Unis.

Figure emblématique des Antilles françaises, Aimé Césaire avait été admis le 9 avril au CHU de Fort-de-France, où il est décédé.

Depuis son hospitalisation, pour des affections "de nature cardiologique", à l'hôpital Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France, des rumeurs alarmistes circulaient sur son état de santé, qualifié de "préoccupant" par ses médecins.

"Négritude"

Aimé Césaire fut, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, l'un des chantres du courant de la "Négritude".
L'auteur du "Cahier d'un retour au pays natal" avait consacré sa vie à la poésie et à la politique. Principale figure des Antilles françaises, il fut depuis les années 1930 de tous les combats contre le colonialisme et le racisme.
Les Martiniquais attendaient ces derniers jours avec sérénité et dans la discrétion l'évolution de l'état de santé d'Aimé Césaire, notamment à Fort-de-France, la ville dont il fut le maire pendant 56 ans, de 1945 à 2001.

Refus de rencontrer Nicolas Sarkozy

Le président Nicolas Sarkozy avait salué le 26 juin dernier en Aimé Césaire le poète et "homme d'action", "porteur d'un message de paix, de tolérance et d'ouverture", à l'occasion du 94e anniversaire de l'écrivain, dans une lettre rendue publique par l'Elysée.
Après avoir refusé de rencontrer Nicolas Sarkozy lors d'un voyage prévu, puis annulé, aux Antilles en 2005, le poète martiniquais avait finalement reçu en mars 2006 celui qui était alors ministre de l'Intérieur.

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Edouard GLISSANT - 03-02-2011
"Agé de 82 ans, écrivain et figure de proue du concept de la créolité, Edouard Glissant est décédé ce jeudi, à Paris, selon sa maison d’édition. Edouard Glissant était malade depuis quelques mois et avait été hospitalisé à New York aux Etats-Unis en juillet (il y résidait) avant d’être transféré en France au mois de septembre 2010. Il avait dû être opéré suite à un problème cardiaque et pulmonaire..."
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Édouard Glissant, né le 21 septembre 1928 à Sainte-Marie en Martinique
Décédé à Paris le 3 février 2011 est un écrivain, poète et essayiste français.

Fondateur des concepts d'« antillanité », de « créolisation » et de « tout-monde », il était « Distinguished Professor » en littérature française, à l'université de la Ville de New York et président de la mission de préfiguration d'un Centre français consacré à la traite, à l'esclavage et à leurs abolitions.

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Léon Gontran-DAMAS
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Léon-Gontran Damas (28 mars 1912 - 22 janvier 1978)

Métis blanc, amérindien, noir, né en Guyane, cofondateur du mouvement de la négritude avec Césaire et Senghor, grand amateur de jazz, il publia en 1937 Pigments, recueil de poèmes où il se révolte avec violence contre l'éducation créole qu'il voit comme de l'acculturation imposée. Il fit à Paris des études de droit puis, à l'École des langues orientales de russe, de japonais et de baoulé. Un de ses grands thèmes est la honte de l'assimilation. Engagé dans la politique, il fut député de Guyane.



Biographie[modifier]Léon Gontran Damas naquit à Cayenne, dernier des cinq enfants de Ernest Damas (1866-?), mulâtre européen-africain, et de Marie Aline (1878-1913), Métisse amérindien-africain originaire de Martinique. Une sœur jumelle, Gabrielle, née quelques minutes avant, mourut en bas-âge. À la mort de sa mère, son père confia leurs cinq enfants à sa sœur Gabrielle Damas. En 1924, Léon-Gontran fut envoyé en Martinique pour ses études secondaires au Lycée Victor Schoelcher ; c'est là qu'il rencontra Aimé Césaire qui allait être pendant longtemps son proche ami et collaborateur.

En 1929, il vint à Paris pour ses études supérieures. Il fréquenta le salon littéraire de Paulette Nardal. C'est là qu'il rencontra Léopold Sédar Senghor. En 1935, les trois jeunes gens publièrent le premier numéro de la revue littéraire L'Étudiant noir, fondatrice pour ce qui allait être appelé la négritude, mouvement littéraire et idéologique d'intellectuels noirs francophones rejetant la domination occidentale en matières politique, sociale et morale.

En 1937, Damas publia son premier livre de poésie, Pigments. Damas s'engagea dans l'Armée française durant la Seconde Guerre mondiale, et fut ensuite député de Guyane (1948-1951). Dans les années suivantes, il voyagea et donna des conférences un peu partout en Afrique, aux États-Unis, en Amérique Latine et dans les Antilles. Il fut aussi l'un des rédacteurs de Présence africaine, important périodique d'études noires, et délégué auprès de l'UNESCO pour la Société Africaine de Culture.

En 1970, Damas vint à Washington DC, où il enseigna à Georgetown University, puis devint professeur à l'Université Howard. Il y demeura jusqu'à son décès en janvier 1978. Il fut enterré en Guyane.

Citation[modifier]Trois fleuves
trois fleuves coulent
trois fleuves coulent dans mes veines.
(Black-Label)
Vous ai-je dit ou non qu'il fallait parler français
le français de France
le français du français,
le français français?
(Hoquet)
Œuvres[modifier] Poésie[modifier]Pigments. Paris : Guy Lévis Mano, (1937). Paris : Présence Africaine, (1962).
Poèmes nègres sur des airs Africains. Paris : Guy Lévis Mano, (1948).
Graffiti. Paris : Seghers, (1952).
Black-Label. Paris : Gallimard, (1956).
Névralgies. Paris : Présence Africaine, (1966).
Pigments. Paris : Hoquet, (1962)
Essais[modifier]Retour de Guyane. Paris : José Corti, (1938).
Poètes d’expression française. Paris : Seuil, (1947).
Poèmes Nègres sur des airs africains. Paris : G.L.M. Éditeurs, (1948).
Contes[modifier]Veillées noires, Contes Nègres de Guyane. Paris : Stock, 1943. Montréal/Ottowa : Leméac, (1972).
Liens externes[modifier]Choix de poèmes
Présentation
Repères bibliographiques
Léon-Gontran Damas, présentation de l'auteur, bibliographie complète (« île en île »).

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Alioune Diop
Alioune Diop
Alioune Diop
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Alioune Diop ( 10 janvier 1910, Saint-Louis du Sénégal - 2 mai 1980, Paris) est un intellectuel sénégalais qui a joué un rôle de premier plan dans l'émancipation des cultures africaines, fondant notamment la revue Présence africaine.



Années de formation

Fils de postier, Alioune Diop est né à Saint-Louis le 10 janvier 1910. Né musulman, il fréquente l'école coranique durant son enfance, mais ses tantes maternelles l'initient à la lecture de la Bible. A l'âge adulte, Alioune Diop se convertira au christianisme. Il recevra son baptême catholique du père dominicain Jean-Augustin Maydieu dans la nuit de Noël 1944 à Saint-Flour dans le Cantal (France) sous le nom de Jean.

Le jeune Alioune effectue ses études primaires à Dagana et ses études secondaires à Saint-Louis (lycée Faidherbe). Il obtient son baccalauréat classique (Latin - Grec) en 1931. Puis, en qualité de citoyen français, il effectue son service militaire à Thiès.

En 1933, n'ayant pas obtenu une bourse pour se rendre en métropole, il se rend à Alger où il s'inscrira à la faculté de Lettres classiques, à l'Université d'Alger, la même année qu'Albert Camus, alors en philosophie. Il subvient à ses besoins en exerçant les fonctions de Maître d'internat jusqu'à son arrivée en France en 1937. Il poursuivra ses études en faculté à Paris. Il est titulaire d'une licence de lettres classiques et d'un diplôme d'études supérieures .

En 1939, avec l'éclatement de la deuxième Guerre mondiale, il est mobilisé comme soldat, avant d'être démobilisé à l'armistice en 1940, qui le trouve à Marseille.

Carrière
Il fera l'expérience de plusieurs activités professionnelles, tour à tour enseignant et fonctionnaire de l'AOF (professeur au Prytanée militaire de La Flèche dans la Sarthe en 1943, professeur au lycée Louis le Grand en 1945, puis chargé de cours à l'École coloniale, il est ensuite nommé chef du cabinet du Gouverneur général de l'Afrique occidentale française).

Il sera également sénateur de la IVe République française [4] entre décembre 1946 et novembre 1948. Il milite à cette époque à la SFIO (Section Française de l'Internationale Socialiste), et figure en troisième position sur la liste présentée par ce parti au Sénégal lors des élections du 23 décembre 1946 au Conseil de la République. Il est élu.

Au terme de ce mandat, lors des élections qui suivent, le 14 novembre 1948, il figure encore en troisième position sur la liste présentée par la SFIO au Sénégal mais il n'est pas réélu, son siège étant remporté par Mamadou Dia du BDS (Bloc Démocratique Sénégalais).

Cependant, c'est surtout à travers ses talents d'animateur culturel, d'organisateur, de fédérateur qu'il trouve sa voie, se consacrant désormais à ses activités d'éditeur de revue littéraire, puis d'éditeur au sein de sa maison d'édition.

Actions & Réalisations[modifier]Articles connexes : Présence africaine et Congrès des écrivains et artistes noirs.En 1947, alors qu'il est encore sénateur, il fonde la revue Présence africaine dont il propose le titre. Le logo de Présence africaine, inspiré d'un masque Dogon, sera proposé par l'écrivain français Michel Leiris, qui est membre du comité de patronage de la revue. Parmi les autres membres du comité de patronage, il y a également Paul Rivet, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, André Gide, Théodore Monod, Richard Wright, le R.P Maydieu, Merleau-Ponty, Aimé Césaire.

En 1947, le 1er numéro paraît simultanément à Paris et à Dakar. Dans l'éditorial du numéro 1 de la revue, intitulé "Niam n'goura ou les raisons d'être de Présence Africaine", Alioune Diop écrit: « (...)notre revue se félicite (...) d’être française, de vivre dans un cadre français ». Il renchérit à la fin : « C’est au peuple français d’abord que nous faisons confiance : je veux dire à tous les hommes de bonne volonté qui, fidèles aux plus héroïques traditions françaises ont voué leur existence au culte exclusif de l’homme et de sa grandeur »[6].

Pour l'anecdote, un des numéros de cette revue, consacré aux Antilles et à la Guyane, sera saisi en 1962 par le parquet de la Seine pour « atteinte à la sûreté de l'État ».

Entre 1947 et 1960, on trouvera 12 fois la signature de Léopold Sédar Senghor dans la revue Présence Africaine.

En 1949, Alioune Diop fonde également les éditions Présence Africaine.

En 1953, la revue Présence Africaine commandite et finance le documentaire Les statues meurent aussi, dont le thème est l'art nègre, film réalisé par les cinéastes français Chris Marker et Alain Resnais. La commission cinématographique de contrôle refusera au film son visa de sortie, du fait notamment du discours anticolonialiste explicitement véhiculé dans le documentaire. Au bout de 10 ans, une copie tronquée du film sortira toutefois sur les écrans français.

En 1956, il organise à la Sorbonne le Congrès des écrivains et artistes noirs qui réunira les intellectuels noirs de nombreux pays, soutenus par des écrivains et artistes du monde entier, et militant pour l'émancipation des cultures africaines, et en faveur de la décolonisation.

En 1957, il crée la Société africaine de culture (SAC), sur le modèle de la Société européenne de culture, fondée en 1950 à Venise et dont Alioune Diop était alors le seul membre originaire d'Afrique. Alioune Diop sera le secrétaire général de la SAC, le Haïtien Jean Price-Mars (1876 - 1969), diplomate, médecin et auteur, en étant le premier président.

La Société africaine de culture compte à son actif l'organisation du Deuxième Congrès des écrivains et artistes noirs (Rome, 26mars-1er avril 1959) sur le thème de « l'unité des cultures négro-africaines », ainsi que l’organisation du premier Festival mondial des arts nègres (Dakar, 1966), du Festival d'Alger (1969) et de celui de Lagos (1977).

Avec les indépendances qui se succèdent rapidement, Alioune Diop organisera avec Léopold Sédar Senghor le premier Festival mondial des Arts nègres en 1966 à Dakar, dans un Sénégal désormais indépendant, qui sera aussi l'occasion de la première commémoration du souvenir de l'esclavage dans le monde et le lieu des premières questions sur la réparation.

A l'occasion de la préparation du Concile Vatican II, Alioune Diop mobilisera, au sein de la Société africaine de culture, les intellectuels catholiques, prêtres et laïcs, pour le colloque de Rome qui a lieu du 26 au 27 mai 1962, sur le thème « Personnalité africaine et catholicisme ».

Après la déclaration du pape Paul VI à Kampala ( "Vous pouvez et vous devez avoir un christianisme africain"), le SAC confiera à Alioune Diop ( en compagnie du laïc camerounais Georges Ngango), la mission d'obtenir du pape l'autorisation d'organiser "les états généraux du christianisme africain" .

En 1968, Alioune Diop dénoue une crise entre le Président sénégalais et les prêtres dominicains à Dakar (centre Lebret).

Le 26 juin 1968, Léopold Sédar Senghor avait envoyé une lettre au nonce apostolique de Dakar, dans laquelle il écrivait: « Monseigneur, mon attention a été appelée, encore une fois, sur les agissements des pères dominicains, qui ont la direction morale des étudiants catholiques. Hélas ! au lieu de diriger les étudiants, les pères se laissent diriger par eux dans des entreprises de subversion, téléguidées de Pékin. Car je suis tout prêt à vous fournir la preuve que les événements de l'université de Dakar sont en relation avec ceux de la Sorbonne, mais dirigés à Paris de Pékin… En conséquence… j'ai décidé que les pères dominicains quitteraient le Sénégal. Je préfère ne pas prendre une décision d'expulsion. Je vous demande donc de transmettre ma requête à S.S. le pape Paul VI. Qu'il veuille bien donner des ordres au supérieur hiérarchique des PP dominicains, qui sont à Dakar, pour que ceux-ci quittent le Sénégal avant le 31 juillet 1968… ».

Grâce à l'intervention d'Alioune Diop, il y eut pardon et réconciliation dans les premiers jours de 1969, et les pères dominicains resteront au Sénégal .

Les éditions Présence Africaine ont publié, entre autres, les premiers écrits du romancier Mongo Béti et du poète David Diop, ainsi que Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire.

Plus tard, dans son livre d'entretiens avec Ambroise Nkom, "Mongo Beti parle, Testament d'un esprit rebelle" (Editions Homnisphère, 2006), l'écrivain camerounais critiquera Christine Yandé Diop qui, devenue présidente de Présence africaine lui avait refusé la publication de son manuscrit Main basse sur le Cameroun, en lui déclarant qu'elle "n'accepte jamais des livres qui critiquent un Chef d'Etat africain" [10]. Dans ce livre, Mongo Béti déclare que Présence Africaine "n'est pas un éditeur sérieux".

Postérité[modifier]Il meurt le 2 mai 1980 à Paris, à l'âge de 70 ans et Léopold Sédar Senghor lui rend un vibrant hommage, le désignant comme un « Socrate noir », plus soucieux d'accoucher les autres que de produire une œuvre personnelle ambitieuse. Les obsèques d'Alioune Diop ont eu lieu à l'église Saint-Médard de Paris le 17 mai 1980[11] et il est enterré au cimetière catholique de Bel-Air (à Dakar).

Dans « Hommage à Alioune Diop ». (Présence Africaine, 1978), le poète antillais Guy Tirolien déclarera : « S’il est un des rares intellectuels musulmans à s’être converti au christianisme, je veux croire que c’est, avant tout, par soif d’une spiritualité neuve et par besoin d’élargir, non sans déchirement, sa quête passionnée de l’homme (...) ». Pour sa part, l'avocat Moustapha Wade (frère aîné d'Abdoulaye Wade, actuel Président de la République du Sénégal), dira ceci : « Tous ceux de ma génération voudraient lui dire ce qu’il fut, ce qu’il demeure et sera toujours pour eux : plus qu’un révélateur, plus qu’un initiateur, plus qu’un guide : un créateur d’absolu » .

Un prix d'édition africaine Alioune-Diop a été créé en 1995 par l'Organisation internationale de la francophonie. Il est décerné tous les deux ans à la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK).

La veuve d'Alioune Diop, qu'il a connue en 1941, Yandé Christiane Diop (née en 1925, d'un père sénégalais et d'une mère camerounaise), a pris la relève au sein de la revue, aux côtés d'un Directeur de la publication.

Le centenaire de la naissance d'Alioune Diop est célébré en 2010. Une plaque sera apposée sur la maison familiale des Diop à Saint-Louis le 10 janvier 2010. Le 12 janvier 2010, à la suite de l'hommage solennel qui lui a été rendu par la ville de Saint-Louis, en présence de sa veuve et de ses enfants,l'Université Gaston Berger a organisé une conférence sur la vie et l'oeuvre d'Alioune Diop,avec le soutien actif du Recteur, Mary Teuw Niane, et la participation magistrale de Djibril Tamsir Niane, Prosper Issiaka Laleye, et de beaucoup d'autres éminentes personnalités. Un colloque intitulé "Alioune Diop, l’Homme et son œuvre face aux défis contemporains" a eu lieu en mai 2010 en présence de nombreuses personnalités comme le président sénégalais Abdoulaye Wade, le prix Nobel de littérature Wole Soyinka, les écrivains Cheikh Hamidou Kane et Marcelinho Dos Santos, l'ancien directeur général de l'Unesco Amadou Mahtar Mbow. Christiane Diop, la veuve d'Alioune Diop, ainsi que ses filles, étaient également présentes. Abdoulaye Wade et Marcelinho Dos Santos sont deux des témoins oculaires du congrès des écrivains et artistes noirs de 1956, organisé par "Présence Africaine".

Vie personnelle

L'épouse d'Alioune Diop, Yandé Christiane Diop, est la sœur du poète David Diop. Tous les deux font partie des cinq enfants nés de l'union de Mamadou Diop Yandé, (lui-même cousin de Léopold Sédar Senghor) et de Maria Mandessi Bell, Camerounaise protestante d'ethnie douala.


Mamadou Diop Yandé décédé en 1935 en France, était installé à Douala comme agent des Chemins de fer français, quand il devint le deuxième époux de Maria Mandessi Bell. De son premier mariage, Maria Mandessi Bell eut un fils, le journaliste Iwiyé Yèsco Ernst Kala-Lobé (1917 - 1991), qui travaillera plus tard aux côtés d'Alioune Diop, à la Société africaine de culture. Iwiyé Yèsco Ernst Kala-Lobé est le père de la journaliste Suzanne Kala-Lobè.

Alioune Diop et Christiane Yandé Diop se sont mariés le 5 novembre 1945 à Paris.

Ils eurent quatre enfants : Marie-Aïda Diop Wane, mère du chanteur pop Almamy, qui poursuit une carrière d'interprète de conférence, puis Suzanne Bineta Diop qui, après avoir exercé le métier de journaliste à Dakar, a fait carrière à l'Unesco et qui est actuellement co-gérante de Présence Africaine, puis Mor Samba David Diop, filleul du poète David Diop, et mort à Paris le 7 mars 1971, et enfin Emmanuel Adrien Mamadou Ousmane NDiawar Diop, né en 1950, et filleul du Professeur Adrien Diop, qui est aussi médecin.

Le 8 avril 2009, Yandé Christiane Diop a reçu la décoration de chevalier de la Légion d'honneur, au Palais de l'Élysée, des mains de Nicolas Sarkozy.
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Vincent Placoly
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Vincent Placoly est né le 21 janvier 1946 au Marin, en Martinique, de parents instituteurs. Après des études secondaires au Lycée Schoelcher, il fait une khâgne au Lycée Louis le Grand à Paris et des études supérieures à la Sorbonne.
Très tôt, avec son professeur de philosophie René Ménil, compagnon d'armes d'Aimé Césaire, il s'interroge sur « les formes, les structures, les styles du roman ». Selon eux, « le roman est la destinée de la Martinique et en première urgence, l'écriture doit apporter une esthétique du refus qui sait dire non à la banalité du sentiment et du langage pour bien asseoir la liberté et l'indépendance de la création littéraire ».

Dès ses premiers romans, La vie et la mort de Marcel Gonstran (1971) et L'eau de mort guildive (1973), l'écrivain se montre, selon Jack Corzani, l'un des rares écrivains, après Césaire, à avoir fait un apport vraiment nouveau à la littérature antillaise.

Durant de nombreuses années, Vincent Placoly va partager sa vie entre l'écriture, l'enseignement et le militantisme (il a participé à la création, en 1971, du Groupe Révolution Socialiste qui se bat pour l'émancipation sociale et économique des Antilles).

Le théâtre lui semble la voie la plus évidente pour atteindre les consciences d'un peuple hanté par les affres de l'esclavage, une politique aliénante voulue par la puissance coloniale et à la recherche de son identité. Œuvres originales, La fin douloureuse et tragique d'André Aliker (1969), Dessalines ou la passion de l'indépendance (1983) et œuvres de la réécriture – Don Juan (1984) adapté de Molière et de Tirso de Molina, Mambo (1986) adapté d'Athol Fugard, ou encore Massacre au bord de la mer de Tartane (1989) adapté de Carlo Goldoni – sont autant de tentatives de montrer la « haine qui cloue les langues et déchire les cœurs », à inviter les hommes à vivre avec « courage, dignité et allégresse l'aventure humaine ».

Il faut relire Une journée torride (1991) pour comprendre son attachement à la terre américaine (et non états-unienne !), au processus de création réalisé par les Américains. Aux Amériques naît « une conscience de soi qui aboutit à la formulation esthétique d'un réel américain », en particulier chez Alejo Carpentier et Jacques-Stephen Alexis, qui conduit à réviser les notions européennes acquises. Grand défenseur de l'américanité, Vincent Placoly est en pleine rédaction d'un essai sur ce sujet quand il meurt le 6 janvier 1992 à Fort-de-France.

Œuvre ouverte qui donne à lire, par une écriture mesurée, toute la misère d'un peuple, matérielle et surtout psychologique, sans que jamais ce réalisme ne tombe dans un quelconque populisme et une quelconque facilité. En somme, elle donne à lire une politique de la subversion de la vie et de la société.

– Daniel Seguin-Cadiche

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Oeuvres principales:
Romans:
La vie et la mort de Marcel Gonstran. Paris: Denoël, 1971.
L'eau-de-mort guildive. Paris: Denoël, 1973.
Frères Volcans ; Chronique de l'abolition de l'esclavage. Paris: La Brèche, 1983.
Le cimetière des vaincus. 1991 (inédit).
Essais et nouvelles:
Une journée torride, essais et nouvelles. Paris: La Brèche, 1991.
Essais:
"Nouvelles tendances de la littérature de langue française", Revue Casa de las Américas, La Havane (1983).
" "Parler langage", Réflexion sur l'étude des créoles". Journal of Asian and African Studies (Tokyo) 27 (1984).
"L'économie des Antilles françaises et le problème de la dette extérieure" (inédit), La Havane, 1985.
"La maison dans laquelle nous avons choisi de vivre". La Quinzaine Littéraire 436 (16 mars 1985).
"Pour une relecture de notre littérature à la recherche de notre identité caribéenne" (inédit). Travaux de l'Association "French Caribbean Studies", Pointe-à-Pitre Guadeloupe, mars 1985.
"N'importe où, hors du monde - L'esthétique romanesque de André Brink (Un instant dans le vent)". Tranchées (Publication du Groupe Révolution Socialiste, Fort-de-France), février 1986.
"La mer et la forêt". Europe (avril 1986).
"La création romanesque aux Antilles" (inédit), Colloque international GRELCA, Université Antilles-Guyane, Schœlcher, mai 1987.
"Antillanité, Créolité américaine" (inédit), Travaux de la "French Colonial Society", Pointe-à-Pitre, mai 1989.
"Existe-t-il une opinion publique aux Antilles" (inédit), Rencontres du Club Presse/ Martinique, Fort-de-France, avril 1990.
"La représentation théâtrale", Festival caribéen du théâtre, CMAC, Fort-de-France, avril 1990.
"L'esthétique au temps de la dépendance", Paraboles à propos de La Transgression des couleurs de Roger Toumson (inédit), Fort-de-France, mai 1990.
"À propos du débat sur le créole". Révolution Socialiste (14 octobre 1989).
"Entretien avec Vincent Placoly", interview. France-Antilles (19 octobre 1991); France-Antilles (7 janvier 1992, 2e publication, le lendemain de la mort de Vincent Placoly).
"Sur une nouvelle de Jorge-Luis Borges (Identité et Culture)", Tranchées Spécial, Publication du Groupe Révolution Socialiste, Fort-de-France (janvier 1993).
"Un portrait de Jean-Jacques Dessalines", La Havane (12-14 novembre 1991), Tranchées Spécial, Publication du Groupe Révolution Socialiste, Fort-de-France (janvier 1993).
Les Antilles dans l'impasse ? Des intellectuels antillais s'expliquent, Édouard Glissant, Laurent Farrugia, Yves Leborgne, Vincent Placoly, Roland Suvélor... [etc.], témoignages recueillis par Alain Brossat et Daniel Maragnès. Paris: Éditions caribéennes / l'Harmattan, 1981.
Pamphlets:
Quand passent les Senghor : Néo-coIoniaIisme ou révolution ?, en collaboration avec Philippe Pierre-Charles, supplément à Révolution Socialiste 112 (Fort-de-France, février 1976).
Portrait d'un dictateur. Fort-de-France: Édition du G.R.S, 1974 (Supplément à Révolution socialiste 199); réimpression 1988.
Théâtre:
La fin douloureuse et tragique d'André Aliker (inédit). Postface : le créole, langue et théâtre. Paris: Publication Libération Antilles-Guyane L.A.G, 1969.
Dessalines ou la passion de l'indépendance. La Havane: Casa de las Américas, 1983 ; Dessalines. Fort-de-France: Éd. L'Autre Mer, 1994.
Don Juan, comédie en 3 actes. Adaptation du Don Juan de Molière et de Tirso de Molina pour le T.P.M (Théâtre Populaire Martiniquais), édition bilingue français-créole. Fort-de-France: Hatier-Antilles, 1984 ; Adaptation pour la télévision RFO, 1985.
Mambo (inédit). Adaptation de Master Harold d'Athol Fugard pour la compagnie « Poutÿi pa téat », Festival Caribéen de Théâtre. Fort-de-France: Imprimerie CMAC, 1986.
Scènes de la vie de Joséphine-Rose Tascher de la Pagerie (inédit), pour la compagnie théâtrale Téat Lari et le Conseil Général, Fort-de-France, 1986.
Arlette Chaussette (tiré d'une fantaisie de M-T Julien Lung-Fu). Comédie pour le Téat Lari, Fort-de-France, 1988.
L'auberge des trois passes (inédit), pour le Téat Lari, Fort-de-France, 1988.
Guanahani (inédit), pour le Téat Lari et la ville de Schœlcher, Fort-de-France, 1988.
Pamélo ou la liberté pour le Téat Lati, 7e Festival caribéen de théâtre, CMAC, Fort-de-France, 1988.
Vivre ou mourir ou La mort de Mara (inédit), pour la compagnie Téat Lari et le CMAC, Fort-de-France, 1988 ; Adaptation pour la télévision RFO-Martinique, 1989.
Massacre au bord de la mer de Tartane (inédit). Adaptation du Baroufle à Chioggia de Goldoni pour le Centre Dramatique Régional au Festival Culturel de Fort-de-France, 1989 ; Adaptation pour la télévision RFO-Martinique, 1989.
La véritable histoire de Médard Aribot. Production CMAC, Téat Lari et Association « Le Bel Age », Fort-de-France, avril 1990.
La fin douloureuse et tragique d'André Aliker (inédit). Opéra, Fort-de-France, 1990.
Grand Hôtel (inédit). Drame pour le CMAC, Fort-de-France, 1991.
Colomb 92 (inédit). Adaptation de El nuevo mundo descubierto por Colon, La découverte du nouveau monde de Lope de Vega (161 4), Fort-de-France, décembre 1991.
Les nuées ardentes : Saint-Pierre 1902 (inédit). Schoelcher, 1992.
Frères Volcans, (inédit). Adaptation de Frères Volcans (1983) par S. Bernard-Gresh pour le théâtre Artistic Athévains, 1998.
Prix et Distinctions littéraires:
1983 Prix Casa de las Américas, pour Dessalines ou la passion de l'indépendance.
1991 Prix Frantz Fanon, pour Une journée torride.

Sur Vincent Placoly:
André, Jacques. Parcours libidinal d'une œuvre : La vie et la mort de Marcel Gonstran. Pointe à Pitre: CARE, 1976.
Chali, Jean-Georges. Vincent Placoly, un créole américain. Fort-de-France: Desnel, 2008.
Christian, Rita. "Vincent Placoly". The New Oxford Companion to Literature in French. New York: Oxford University Press, 1995: 626.
Christian, Rita. "The Life and Death of a Creole American". Vincent Placoly and the Passion for Independence (à paraître en 2007).
Lemare, Liliane. La mort dans l'œuvre romanesque de Vincent Placoly. Mémoire de Maîtrise de Lettres Modernes, Université Antilles-Guyane - Schœlcher, 1992.
Lemare, Liliane. La condition féminine dans l'œuvre romanesque de Vincent Placoly. Mémoire de D.E.A. « Caraïbes-Amériques Latine et du Nord », Université Antilles-Guyane, Schœlcher, 1997.
Lorne, Louise. Temps et Histoire dans l'œuvre romanesque de Vincent Placoly. Mémoire de D.E.A « Caraïbes-Amériques Latine et du Nord », Université Antilles-Guyane, Schoelcher, 1996.
Seguin-Cadiche, Daniel. Vincent Placoly dramaturge. Mémoire de Maîtrise de Lettres Modernes, « Caraïbes-Amériques Latine et du Nord », Université Antilles-Guyane, Schoelcher, 1993.
Seguin-Cadiche, Daniel. Vincent Placoly, romancier de l'identité américaine. Mémoire D.E.A, « Caraïbes-Amériques Latine et du Nord », Université Antilles-Guyane, Schoelcher, 1995.
Seguin-Cadiche, Daniel. Le système des écritures dans l'œuvre de Placoly : Structures, Idéologies et Symboles. Thèse de Doctorat, Université Antilles-Guyane, Schoelcher, 2000.
Seguin-Cadiche, Daniel. Vincent Placoly : une explosion dans la cathédrale, ou Regard sur l'oeuvre de Vincent Placoly. Paris: L'Harmattan, 2002.
Sourieau, Marie-Agnès. "Dramaturgie et histoire : la représentation de Dessalines, de Vincent Placoly". Les Théâtres francophones et créolophones de la Caraïbe (sous la direction d'Alvina Ruprecht). Paris: L'Harmattan, 2003: 155-169.

Vincent Placoly, fiche d'auteur sur le site de LAMECA, répertoire théâtral antillais (quelques dates et titres varient légèrement des pièces citées ci-dessus).
Vincent Placoly (in English), fiche d'auteur, par Rita Christian, sur Answers.com.
« Un spectacle qui se met à table », article de Sylvie Chalaye sur une mise en scène de la pièce Frères Volcans. Africultures (15 août 2007).
« À cinq heures pile comme tous les jours... » et « Dreamer and Fisherman » (le même texte en anglais), par Vincent Placoly (Revue Noire n° 6).
« Frères Volcans (un livre-journal) », article sur la pièce du site Passion-Théâtre (1999).



Xavier Orville
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Xavier Orville

Xavier Orville est né le 3 janvier 1932 à Case-Pilote, en Martinique. Il effectua ses études secondaires au lycée Schoelcher de Fort-de-France où il décrocha son baccalauréat de philosophie. Puis, il quitta la Martinique en 1952. Il continue ses études par une agrégation d'espagnol et un doctorat du IIIe cycle à la Faculté de Lettres de Toulouse. Le sujet de sa thèse était « Le Monde caraïbe dans l'œuvre romanesque de Alejo Carpentier ». Il enseigna l'espagnol au lycée polyvalent du Mirail (Toulouse).

Plus tard, il devint le conseil culturel du président sénégalais Léopold Sédar Senghor (1979-1981) puis à son successeur, Abdou Diouf (1981-1982). Par la suite, il fut chef de la mission d'action culturelle au Rectorat des Antilles-Guyane et fut aussi chargé d'enseigner à cette université. Il décéda des suites d'un cancer le 19 août 2001

Romans
Délice et le Fromager, Paris, Grasset, 1977.
La Tapisserie du temps présent, Paris, Grasset, 1979.
L'Homme au sept noms et des poussières, Paris, Grasset, 1980.
Le Marchand de larmes, Paris, Grasset, 1985.
Laisser brûler Laventurcia, Paris, Grasset, 1989.
Cœur à vie, Paris, Stock, 1993.
La Voie des cerfs-volants, Paris, Stock, 1994.
Moi, Trésilien-Théodore Auguste, Paris, Stock, 1996.
Le Corps absent de Prosper Ventura (préface de Martine Le Coz), Paris, Du Rocher, 2002.
Nouvelles
Koubaril, Toulouse, Gutenberg, s.d.
Le Parfum des belles de nuit, Saint-Maur, Sépia, 1996.
« Sous-marins », in Bernard Magnier (dir.), À peine plus qu'un cyclone aux Antilles, Cognac, Le Temps qu'il fait, 1998, p. 31-36.
Théâtre
Certaines pièces de Xavier Orville ont été mises en scène et publiées, comme Cœur de vie (Paris, Stock, 1993) et La Romance (1994). Traversée a été jouée par le théâtre du Flamboyant de la Martinique en octobre 1995 et présentée au Festival des francophonies à Limoges.

Articles
« Création romanesque et conception antillaise du monde », Parcours, n° 13-14.
« Écrire dans la Caraïbe aujourd'hui », Conjonction, n° 202 (1997), p. 81-86.
Distinctions littéraires[modifier]1979 : Prix littéraire des Caraïbes, pour Délice et le Fromager.
1993 : Prix Frantz-Fanon, pour Coeur à vie.
Les œuvres à son insu[modifier]Patrick Chamoiseau, « Les Mémoires d'un arbre » (compte-rendu de Délice et le Fromager), Le Naïf, magazine antillais, n° 142, 7-13 septembre 1977.
Jérôme Garcin,« Les mots, quelle magie ! » (compte-rendu de L'Homme au sept noms et des poussières), Les Nouvelles littéraires, 8 janvier 1981, p. 33.
Bernard Magnier, « L'Homme au sept noms et des poussières » (compte-rendu), Notre Librairie, juillet 1982, p. 90-91.
Bernard Magnier, « Même plus de quoi pleurer » (compte-rendu du Marchand de larmes), La Quinzaine littéraire, 16 juin 1985.
Gunter Reus, « La présence de la nature en nous ; entretien avec Xavier Orville », Southern African Writing : Voyages and Explorations, ed. Goeffrey V. Davis. Amsterdam/Atlanta, Rodopi, 1994, p. 199-205.
Charles H. Rowell, « Une densité de symboles : une interview avec Xavier Orville » (A Density of Symbols : An Interview with Xavier Orville (trad. Mohamed B. Taleb-Khyar et Véronique McNelly), Callaloo, n° 38, hiver 1989, p. 158-169.
Nathalie Schon, « Sexualité et sacré dans l'œuvre de Xavier Orville », Notre Librairie, juillet-septembre 2003, p. 100-105.

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Voici quelques unes de ses publications :

Koubaril
Délice et Fromager, Grasset (1977)
La tapisserie du temps présent, Grasset (1979)

En 1980, écrit un article sur Béhanzin dans la revue ETHIOPQUES

l'Homme aux sept noms et des poussières, Grasset (1981)
le Marchand de larmes, Grasset (1985)
Laissez brûler Laventurcia, Grasset (1989)
Coeur à vie, Stock(1993)
La voie des cerfs-volants, Stock (1994)
Moi, Trésilien-Théodore Augustin, Stock (1996)


Le 19 août 2002, un hommage proncé par Edouard Delépine :
LE SERMENT DE CAS-PILOTE.

Le 15 Octobre 2005, lors de l’inauguration de l’Espace culturel Xavier Orville au Collège Asselin de Beauville de Ducos, Roger Parsemain, membre de l’Association des Amis de Xavier Orville, donne une conférence qui a pour thème :
"Personnages, fictions, authenticité" .

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Félix Morisseau-Leroy
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Félix Morisseau-Leroy (Feliks Moriso-Lewa)
 Est né à Grand-Gosier (Haïti) le 13 mars 1912.
Il étudie le droit à Port-au-Prince puis enseigne à Jacmel. Auteur bilingue (français-créole), il occupe une place de choix dans le corpus littéraire haïtien. 
Décédé à Miami le 5 septembre 1998. Une rue de Miami, dans la zone de Little Haiti, porte son nom.

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Félix morisseau-Leroy (Créole haïtien: feliks moriso-lewa; 13 mars 1912 – 5 septembre 1998), était un écrivain haïtien qui a écrit en Créole haïtien de poésie et de pièces de théâtre, le premier écrivain important de le faire. En 1961, il réussit à Créole reconnu comme langue officielle d'Haïti, après accroître son enseignement dans les écoles et l'utilisation dans la littérature créative. Morisseau a également publié des ouvrages sur la littérature française, Créole haïtien et français haïtienne. Il a travaillé à l'étranger, encourager le développement de la littérature nationale au postcoloniale au Ghana et au Sénégal. En 1981, il s'installe à Miami, en Floride, où il eut une grande influence en réunissant la communauté haïtienne autour de Créole et encouragé son étude dans le milieu universitaire.



Mariage, éducation et jeunesseNé à Grand gosier en 1912 dans une famille de mulâtre instruits, aisée, Morisseau étudie à proximité Jacmel, où il a fait ses études en français et en anglais. Il rencontra sa future épouse Renée, qui admire ses compétences comme un cavalier. Dans les années 1940, Morisseau est allé aux États-Unis pour gagner une maîtrise en littérature de l' Université de Columbia à New York. Lui et sa famille retournent à Haïti, où il a enseigné dans la capitale Port-au-Prince. C'est alors qu'il payé plus d'attention à la Créole des rues et a commencé à penser à son pouvoir comme une langue écrite d'unir le pays. À cette époque, français a été utilisé par les classes éduquées et Créole était la langue du peuple.

Morisseau-Leroy épousa Renée à Jacmel et a toujours dit qu'elle a inspiré sa poésie. Ils eurent deux fils et une fille.

CarrièreMorisseau-Leroy a enseigné la littérature et le théâtre et a également travaillé comme un écrivain et journaliste. Il a été nommé aux bureaux politiques au sein du gouvernement, y compris le directeur dans l' haïtien, Ministère de l'Instruction publique et directeur général de l'éducation nationale.

Connue officieusement comme « moriso », il fut des pères de la Renaissance du Créole. Il fait la promotion du mouvement de stimuler l'utilisation de la langue Créole haïtien (ou Kreyol) et d'établir sa légitimité pour utilisation créative dans la littérature et la culture. Comme c'était la seule langue de la majorité du peuple, qui étaient essentiellement rurale, Morisseau croyait fermement à l'aide de Créole comme un moyen d'unir le pays. Morisseau traduit la tragédie grecque classique Antigone en créole comme Wa kreyon, dans le même temps, adapter les personnages et le contexte de la culture haïtienne, par exemple, mettant en vedette un prêtre Vodoun.
La montée du régime autocratique de Papa Doc Duvalierferme beaucoup des écrivains plus prometteurs, comme il a été menacé par la liberté d'expression. Selon une légende, Duvalier envoyé des forces armées d'escorte Morisseau à l'aéroport et forcer en exil parce qu'il était offensé par son travail. Seulement le fait qu'ils étaient amis et anciens camarades de classe probablement sauvé la vie de Morisseau.  

Morisseau-Leroy a été invité en France pour produire le kreyon Wa à Paris. Alors que là, il rencontra des figures majeures dans le mouvement de la Négritude , aimé césaire et Léopold Senghor. Ils ont encouragé son travail et aussi influencent son futur enseignement dans les pays de l'Afrique et aux États-Unis.

Ensuite, il s'installe au Ghana, où il a enseigné et dirigé le théâtre national, comme le colonialisme a été se terminant. Il a enseigné au Ghana pendant sept ans, puis s'installe au Sénégal, où il a enseigné jusqu'en 1979. D'autres auteurs haïtiens exilés par Duvalier au Sénégal incluaient Jean brierre, gérard chenet et Roger dorsinville.

Morisseau-Leroy dernière s'installe à Miami, en Floride, en 1981, où il y a une grande communauté haïtienne. Il s'installe avec sa famille pour le reste de sa vie. Dans l'enseignement de la littérature et le Créole haïtien, il a aidé à unir les immigrés et leurs descendants autour de leur patrimoine. Il a écrit une chronique hebdomadaire dans le périodique Haïti en-Marche. En 1995, il a publié son dernier travail, un roman épique d'Haïti dont il était fier, intitulé Les Djons d'Haiti Tom (Peuple d'Haïti avec Courage).
Quelques années plus tard, son balai d'un blanc aux cheveux Afro est devenu une marque de commerce, comme c'était son sens de l'humour.

En 1991, une collection de traductions anglaises (par Jeffrey Knapp, Marie Marcelle Buteau Racine, Marie Hélène Laraque et Baron de Suze), Haitiad et curiosités, a été publié à Miami. Il contient « Natif Natal, » à l'origine écrit en français, 12 poèmes, y compris les « Boat People », "Thank You Dessalines" et « Eau, » à l'origine écrit en créole haïtien

Il meurt à Miami en 1998. 

InfluenceDyakout je (Diacoute) (1953) Recueil de poésie et d'autres œuvres en Créole ont été publiés dans la traduction en six langues.
En outre, Morisseau publié un travail critique sur le Créole, haïtienne français et la littérature nationale française .
Par le biais de son enseignement et son leadership, Morisseau a contribué à créer de la littérature nationale et théâtre du Ghana et au Sénégal.
Son enseignement à Miami, en Floride, encouragé les immigrants, descendants et autres à étudier et à écrire en créole haïtien, ainsi que menant à l'étude académique du créole aux États-Un
 Honneurs et héritage
Auteurs ont consacré des pièces de théâtre et de recueils de poésie à Morisseau-Leroy.
Une rue dans le quartier de Little Haïti de Miami, Floride, a été nommée après lui.
En 1991, Morisseau-Leroy a été invité par Jean-Bertrand Aristide en Haïti est un conférencier invité lors de son inauguration. Il Aristide a confirmé le Créole comme langue officielle.
La revue canadienne Étincelles nommé Morisseau comme écrivain de l'année.
La question du 13 mars 1992 de Finesse magazine (publiée à New York) était un hommage collectif à la 80e anniversaire du Morisseau.
En 1994, le journal français Sapriphage a consacré une édition spéciale de son travail appelé la présence d'Haïti. 

Selected worksPlénitudes (1940), poésie
Natif de natal, conte en vers (1948), courte histoire dans le verset
Dyakout (Diacoute) (1951), poésie
Wa Kreyon (Antigone) en créole (1953), jouer adaptée pour Haïti
Haitiad et curiosités (1991), poésie
Les Djons d'Haiti Tom (Peuple haïtien avec Courage) (1995)
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Maurice Sixto
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Maurice Sixto


Maurice Alfredo Sixto, né le 23 mai 1919 aux Gonaïves
  Décédé le 12 mai 1984 aux États-Unis, est un professeur de littérature, conteur et humoriste haïtien.
 Il écrivait en créole haïtien et en français.

Il est considéré comme l'un des plus grands humoristes haitiens avec Théodore Beaubrun dit Langichate. Ses principales œuvres sont Sintaniz, Gwo Moso, Zabèlbok où il peint la réalité haïtienne.

La Fondation Maurice Sixto qui perpétue son nom[2] a été créée en 2004 pour la promotion de l'éducation et de la culture haïtienne.

Bibliographie[modifier]Volume I Lea Kokoyé Madan Ròròl.
Volume II Zabèlbòk Berachat Bòs Chaleran.
Volume III Ti Sentaniz Madan Senvilus Lòk Tama Pè Tanmba.
Volume IV Gwo Moso Ti Kam Tant Mezi Ronma lan ekspò Priyè devan katedral.
Volume V J'ai vengé la race Dépestre ; Le corallin du Célibataire ; Les ambassadeurs à Kinshasa.
Volume VI Madan Jul Ton chal ; L'homme citron Men yon lòt lang Pleyonas Téofil ; Le jeune agronome Général Ti Kòk ; La petite veste de galerie de Papa.
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La révolution tranquille de Maurice Sixto

Par Jacques Désinor
Source: Le coin de Carl Fombrun, 20 juin 2007



Cette appréciation lucide des œuvres de Maurice A. Sixto nous rappelle une fois de plus que l’immortel conteur haïtien ne faisait pas les choses à moitié, il s’est montré un véritable révolutionnaire… Autant il aimait les femmes, autant il les défendait, il les dépeignait dans leur beauté, dans leur sensibilité, dans leur intelligence, dans leur inconscience, mais aussi… dans leurs misères. Ce texte publié après la sortie de Lea Kokoye et de Tisaintanise, nous rappelle ce dont pourquoi Maurice a lutté, mais surtout pour responsabiliser chaque Haïtien face à son devoir de lutter pour une société juste et équitable. Zacary Morin, Assistant Coordonnateur (FMAS)

Pour Maurice Sixto, tout a commencé depuis son adolescence studieuse à Saint-Louis de Gonzague. Il égayait les moments de détente de ses condisciples avec son remarquable talent de diseur. Il les étonnait en imitant presque à la perfection le monstre sacré du théâtre qui a nom Sacha Guitry. Il parodiait Sténio Vincent, prince de l’éloquence haïtiennne. Changeait facilement de registre en entrant dans la gorge d’un pitoresque magistrat communal. Il excellait aussi bien dans les interprétations en français que dans l’incarnation des personnages désopilants de notre folklore national. Avec un indiscutable acccent du terroir, Maurice démontrait combien à côté de la culture française et latine inculquée sur les bancs de l’école, le vieux fonds de notre langue vernaculaire, dont l’usage était pourtant formellement interdit à l’intérieur de l’établissement, recelait tout un trésor de culture que nous ne devions pas mépriser.
Avec une telle disposition d’esprit on ne doit point s’étonner du Maurice Sixto d’aujourd’hui. Ses convictions se sont fortifiées au contact de nos réalités et des vicissitudes de la vie. C’est ainsi qu’il a pu parvenir au plein épanouissement de sa carrière d’artiste en exaltant une langue qui demeure le patrimoine inaliénable de toute la population haïtienne. Véhicule de notre culture populaire, le créole constitue pour Maurice Sixto le moyen le plus immédiat pour atteindre les masses au service desquelles il entend consacrer l’autre quart, et, peut-être plus, d’une vie qui est loin d’être inutile.

Ne voulant ressembler en rien à ces infirmières décrites par Arturo Paoli qui pansent les membres ensanglantés sans se soucier de la langue que parle le blessé, Sixto juge qu’il est préférable de dire au blessé, dans sa propre langue, le traitement qui lui est nécesaire. Ainsi la collaboration se trouve totale entre le patient et son médecin. L’artiste en cela est aussi devenu médecin.

Avec son incontestable talent, Maurice Sixto aurait pu s’adresser à d’autres milieux. Il aurait pu gagner de l’argent en se contentant d’être purement et simplement un amuseur de foule. Faire rire les gens d’un gros rire, de ce rire inconscient provoqué. Il aurait pu gagner de l’argent en s’adressant à ces milieux huppés où, par snobisme, pour avoir bonne conscience, on ouvre généreusement sa bourse, tout en fermant son cœur, pour faire parler de soi, de ses largesses face aux handicaps physiques d’un homme de talent.

Pour avoir fréquenté ou vécu dans ces milieux bourgeoisement égoïstes, Maurice Sixto sait très bien quelle part d’exploitation il aurait pu en tirer, à très bon compte, s’il omettait de toucher, même de loin, à ces troublantes questions sociales. On lui permettrait assurément de faire brillante carrière et gros sous pour ses vieux jours. Il se retirerait ensuite sous sa tente avec l’orgueil de faire partie des gens respectés qui regardent les autres de très haut, avec insolence. Mais Sixto préfère à de telles commodités un rôle éminemment social en se penchant sur le sort des démunis, des exploités, afin de les porter vers la conquête de la dignité, en les aiguillonnant sur le chemin de la libération totale. Et cela, avec les mots simples de notre vocabulaire créole, avec toute la profonde philosophie que véhicule notre langue parfaite bien que non encore figée en des règles grammaticales écrites.

Après avoir médité sur l’étrange dualisme linguistique d’une communauté affligée au surplus d’une ambivalence sociale encore plus étrange, le galopin espiègle de Saint Louis de Gonzague a compris la nécessité d’entreprendre un travail de conscientisation nécessaire de nos masses illettrées en même temps que celle de nombreux membres de notre société qui réclament avec ostentation et fatuité d’être des intellectuels.

Près de deux décennies après que Jean Paul II se fut agenouillé pour baiser la terre d’Amérique, Maurice Sixto abordait l’Afrique pour la première fois et eut à accomplir le même geste de piété sur les rives de Dakar, au Sénégal. C’était pour Maurice sa façon de souligner son retour aux sources vives de notre Africa Mater.

Au Zaïre où il se dévouait comme enseignant, il constata tout ce qui a pu être accompli en fait d’éducation populaire dans la langue d’usage des tribus africaines. Et sur cette terre africaine des entrailles de laquelle sont sorties les masses d’esclaves qui finirent, en Haïti, par transformer leurs chaînes en armes de combat, Maurice Sixto eut le loisir, tout en initiant ses élèves à la connaissance de l’anglais, de mûrir les personnages types de Léa Kokoyé, de Ti Saintanise et de tant d’autres œuvres de grande maturité intellectuellle.

De nos jours, bien que le titre d’intellectuel prête à confusion et qu’il soit souvent employé au péjoratif, bien qu’il soit devenu une sorte d’injure sur les lèvres des gens dénudés de culture au point d’imaginer possible un pays sans élite intellectuelle, il ne faut point hésiter à reconnaître en Maurice Sixto un grand intellectuel. S’il ne l’était pas, nous n’aurions pas l’immense plaisir de le placer aujourd’hui sur le pavois en reconnaisance de l’utilité de ses œuvres plus qu’enrichissantes de notre littérature créole.

«Au risque de lui décocher une grosse injure, je dirai qu’il est un intellectuel», clamait André Thérive à propos de son ami Paul Nisan. À notre tour, il nous faut ajouter à l’adresse de certains béotiens qu’il faut éviter à tout prix de mettre dans le même panier, les intellectuels, les vrais, à côté du peloton des demi-lettrés, parasites improductifs.

Maurice Sixto, en intellectuel, sait que le rire est parfois inconscient, mais aussi que le rire est souvent sérieux. Les gens ont besoin de rire. Et l’on a parfois raison de les faire rire. Le rire a une fonction sociale. À condition de savoir prendre «toutes les précautions de l’art comique pour que le rire soit vainqueur».

«Castigat Ridendo Mores» Maurice Sixto sait que cette maxime a existé longtemps, bien longtemps avant Molière. Aussi, sans que d’aucuns s’en aperçoivent, Maurice Sixto, pour nous délivrer son message, s’est ingénié à nous faire rire. Mais, après avoir beaucoup ri, la leçon à tirer de ce rire fait que tout le comique se fige aux coins de nos lèvres pour se transformer en un rictus beaucoup plus grave. Afin de porter les gens à réfléchir, du haut en bas de l’échelle sociale. Une humble femme du peuple arrivée tout récemment au Canada ne se réjouissait-elle pas, en nous rapportant que depuis la diffusion de Ti Saintanise en Haïti, bien des mégères, par crainte d’être classées comme telles plutôt que par bonté d’âme, ont rapidement changé de comportement vis-à-vis de leurs domestiques qui ont compris maintenant bien des choses grâce à Maurice Sixto?

N’est-ce pas que la leçon morale à tirer de Léa Kokoyé, de Ti Saintanise et de toutes les autres œuvres de Maurice Sixto, si elles étaient écrites en français, auraient été comprises d’une minorité qui serait trop aise de cacher la vérité sous le boisseau comme cela est arrivé depuis plus d’un siècle d’exploitations?

L’impact des œuvres de Maurice Sixto, écrites en créole, se fait, sur la totalité des Haïtiens. De telle sorte que, des années et des années plus tard, des générations d’analphabètes sorties de leur ghetto intellectuel et de leur prison psychologique pourront dire: «Bénédiction à jamais pour Maurice Sixto qui, le premier, a soulevé pour nous un pan de ciel bleu en rouvrant nos yeux à la lumière.»

•Fondation Maurice Sixto : Pour la promotion de l'Education et de la Culture Haïtienne.

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Maurice Sixto
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Toto Bissainthe
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Toto Bissainthe 

Marie Clotilde "Toto" Bissainthe (1934 à Cap-Haïtien, Haïti - 4 juin 1994, Haïti) était une chanteuse, compositrice et actrice. Son mélange innovateur de musique traditionnelle, d'arrangements contemporains de de textes modernes, a rendu hommage aux vies, aux difficultés et à la spiritualité du peuple haïtien, en particulier la classe ouvrière et les paysans.

Née en 1934, elle quitte Haïti très jeune, pour poursuivre des études à l'étranger. Elle entreprend une carrière théâtrale en 1956 avec la compagnie Griot, dont elle est une des fondatrices.

Elle est révélée en 1973 avec le spectacle, présenté à La vieille grille, à Paris. Toto Bissainthe s'impose alors comme une chanteuse et compositrice incontournable
.

Artiste en exil durant la majeure partie de son existence, Toto Bissainthe a vécu trente ans en France et n'a pu retourner à Haïti qu'après le départ du dictateur Jean-Claude Duvalier, en 1986. Cependant, elle connut là-bas de multiples déceptions, en constatant les problèmes politiques et les querelles intestines qui affectaient Haïti, sa terre natale qu'elle aurait tant souhaité aider à rebâtir.

Elle s'éteint le 4 juin 1994, des suites d'un cancer du foie.

Une rétrospective de sa musique a été publiée par Créon Music en 2006.

Discographie[modifier]Toto à New York (Chango, 1975)
Toto chante Haïti (Arion, 1977, Prix de la chanson TF1 en 1978, réimpression 1989)
Haïti Chanté - Chant du Monde (réimpression, 1995)
Coda (réimpression, 1996)
World Network Vol. 43: Haiti (with Ti Koka) (World Network, 1999)
Rétrospective (Créon Music, 2006)
Filmographie[modifier]Les tripes au soleil, 1959.
Le théâtre de la jeunesse: La case de l'oncle Tom, Le, 1963.
La Noire de..., 1966.
L'homme au contrat, série télévisée, 1974.
En l'autre bord, 1978.
West Indies, 1979.
Toto Bissainthe de Sarah Maldoror (5mn - documentaire), 1984
Haitian Corner, 1988.
An Alé, 1989, de Irène Lichtenstein
L'homme sur les quais, 1993.
Théâtre[modifier]1960 : Les Oiseaux d'Aristophane, mise en scène Guy Kayat, Théâtre des Arts
1962 : Le Tableau d'Eugène Ionesco, mise en scène Jean-Marie Serreau, Théâtre de l'Œuvre
1962 : Les Bonnes de Jean Genet, mise en scène Jean-Marie Serreau, Théâtre de l'Œuvre
1965 : Les Bargasses de et mise en scène Marc'O, Théâtre Édouard VII
1966 : Mêlées et démêlées d'Eugène Ionesco, mise en scène Georges Vitaly, Théâtre La Bruyère
1967 : Les ancêtres redoublent de férocité de Kateb Yacine, mise en scène Jean-Marie Serreau, TNP Théâtre de Chaillot
1968 : Arc-en-ciel pour l'Occident chrétien de René Depestre, mise en scène Jean-Marie Serreau, Théâtre de la Cité internationale
1968 : Drôle de baraque d'Adrienne Kennedy, mise en scène Jean-Marie Serreau, Odéon-Théâtre de France
1974 : Sa Négresse Jésus de Michel Puig, mise en scène Michael Lonsdale et Catherine Dasté, Nanterre
1976 : Boesman et Lena d'Athol Fugard, mise en scène Roger Blin, Théâtre de la Cité internationale
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Toto Bissainthe

Marie Clotilde "Toto" Bissainthe est née en 1934 au Cap-Haïtien et est décédée le 4 juin 1994 en Haïti.

Toto Bissainthe était chanteuse, compositrice, comédienne et actrice. Son mélange innovateur de musique traditionnelle, d'arrangements contemporains de textes modernes, a rendu hommage aux vies, aux difficultés et à la spiritualité du peuple haïtien, en particulier la classe ouvrière et les paysans.

Elle quitte Haïti très jeune, à l’age de 16 ans, pour poursuivre des études à l'étranger. Après un an aux Etats-Unis, elle se fixe en France. Elle y entreprend une carrière théâtrale en 1956 avec la compagnie Griot, dont elle est une des fondatrices (le première troupe française « de noirs »).

Ses rencontres avec Jean-Marie Serreau et Roger Blin seront déterminantes. Elle joue les plus grands auteurs classiques et modernes : Ionesco, Pouchkine, Molière, Cocteau, etc.

Plus tard elle travaillera également avec des écrivains et des metteurs en scène haïtiens comme Raoul Peck et Syto Cavé. C'était également une amie de Jean Métellus, mais nous n'avons pas trouvé de liens artistiques entre eux.


Discographie incomplète


•Toto à New York (Chango, 1975)
•Toto chante Haïti (Arion, 1977, Prix de la chanson TF1 en 1978, ré-impression 1989)
•Haïti Chanté - Chant du Monde (ré-impression, 1995)
•Coda (ré-impression, 1996)
•World Network Vol. 43: Haiti (with Ti Koka) (World Network, 1999)
•Rétrospective (Créon Music, 2006).
Filmographie

•Les tripes au soleil, 1959.
•Le théâtre de la jeunesse: La case de l'oncle Tom, Le, 1963.
•La Noire de..., 1966.
•L'homme au contrat, série télévisée, 1974.
•En l'autre bord, 1978.
•West Indies, 1979.
•Toto Bissainthe de Sarah Maldoror (5mn - documentaire), 1984
•Haitian Corner, 1988.
•L'homme sur les quais, 1993.
An alé – Toto Bissainthe au Sénégal



An Ale - (Haïti / Sénégal) Extrait
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Au théâtre

•1962 : Le Tableau d'Eugène Ionesco, mise en scène Jean-Marie Serreau, Théâtre de l'Œuvre
•1962 : Les Bonnes de Jean Genet, mise en scène Jean-Marie Serreau, Théâtre de l'Œuvre
•1965 : Les Bargasses de et mise en scène Marc'O, Théâtre Édouard VII
•1966 : Mêlées et démêlées d'Eugène Ionesco, mise en scène Georges Vitaly, Théâtre La Bruyère
•1967 : Les ancêtres redoublent de férocité de Kateb Yacine, mise en scène Jean-Marie Serreau, TNP Théâtre de Chaillot
•1968 : Arc-en-ciel pour l'Occident chrétien de René Depestre, mise en scène Jean-Marie Serreau, Théâtre de la Cité Universitaire
•1968 : Drôle de baraque d'Adrienne Kennedy, mise en scène Jean-Marie Serreau, Odéon-Théâtre de France
•1976 : Boesman et Lena d'Athol Fugard, mise en scène Roger Blin, Théâtre de la Cité International. 

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 Toto chante Haïti

samedi 16 mai 2009, par afiavimag


De même que Myriam Makeba évoque l’Afrique du Sud et Césaria Evora, le Cap-Vert, la voix de Toto Bissainthe évoque Haïti. Comme une autre grande chanteuse haïtienne, Martha Jean-Claude (1953-2001), elle a connu l’exil prolongé et elle est revenue terminer sa vie au pays de la résistance et de la « terre glissante ». Le sens de la résistance, l’esprit d’avant-garde et l’énergie tranquille imprègnent la vie de cette artiste aux multiples talents.





Gouverner la rosée ?

C’est avec une âme d’amazone et d’alchimiste que Toto Bissainthe a suivi un parcours hanté par la quête permanente. Marie Clotilde Bissainthe, devenue Toto, naît en 1934, l’année de la fin de l’Occupation Américaine en Haïti (1915-1934). Elle laisse Haïti, à 17 ans au moment où le colonel Paul-Eugène Magloire surnommé Kanson Fè (pantalon de fer) commence à gouverner. En 1956, année du crépuscule militaire du colonel Magloire, Toto Bissainthe entame à Paris une carrière d’actrice d’avant-garde. Pendant ce temps, sur la scène haïtienne, le décor va changer : de 1957 à 1986 le Duvaliérisme va dérouler sa tragédie durant trois décennies. A l’étranger Toto chantera « lorsque nous gouvernerons la rosée ». En 1986 le fils du dictateur aux allures de croque-mort est renversé. Il cèdera la place à un nouvel acteur de tragédie grotesque, un curé populiste et mégalomane aux discours prometteurs. C’est l’avenir d’une illusion, dans un pays promis aux chimères. Toto va s’enivrer d’amertume. La dernière page de son cahier du retour au pays natal s’écrit le 4 juin 1994, lors des derniers mois du coup d’Etat sanglant du général Cédras contre le régime de Jean-Bertrand Aristide, dans un pays en transe cauchemardesque. La rosée de l’espoir n’est pas au rendez-vous du petit matin politique du pays réel. Entretemps elle aura connu un parcours plein d’illuminations et de clairs-obscurs.

Le pays en dehors

La curiosité de Toto, son goût pour la marginalité lui évitent de se laisser enfermer dans deux sortes de cases : la case vide du reniement des racines et la case sombre du ressassement des origines. Son répertoire est celui d’une artiste très ouverte sur la diversité du monde : l’Irlandais John Millington Synge, le Français Jean Genêt, le russe Pouchkine, le Roumain Ionesco, l’Algérien Kateb Yacine, le Sénégalais Abdou Anta Ka, sans parler des classiques tels que Aristophane (Les Oiseaux) et Molière (Le Malade imaginaire). Elle joue sous la direction de metteurs en scène de référence du milieu théâtral parisien (Roger Blin, Jean-Marie Serreau) mais elle travaille aussi avec des Haïtiens comme Syto Cavé. Elle chante les chansons de certains grands compositeurs interprètes français des Trente Glorieuses : Léo Ferré, Jean Ferrat, Jacques Brel, Barbara, Claude Nougaro. Parmi les musiciens et chanteurs haïtiens qui l’accompagnent, on note la présence d’Amos Coulanges, Boulot Valcourt, Joël et Mushi Widmaïer. Elle chante des textes créoles et français de Marco Wainright, Syto Cavé, Lionel et Rolph Trouillot, et de son mari Michael Norton. C’est un peu vers la fin des Trente Glorieuses, que Papa Loko, le dieu du vent dans le panthéon haïtien, semble la pousser davantage vers les eaux haïtiennes comme le montre sa discographie : Toto chante Haïti (1977), Haïti chante Toto.

La rosée pervertie

Dans Toto chante Haïti, la voix de la chanteuse est comme densifiée par la captation des échos de la souffrance du peuple haïtien (Dèy : le deuil), habitée par l’espoir (rasanbleman, Papa Loko). Le Vaudou convoqué par Toto dans ses chansons n’est pas celui de la folklorisation des origines, mais un Vaudou articulé avec l’expression des drames d’un pays coincé entre le marasme du cauchemar et le chemin de la Liberté, chanté par Beethova Obas. De 1979 à 1984 Toto est en Martinique, comme s’il fallait une étape préparatoire avant de retrouver la terre ingrate, loup-garou d’elle-même, dévoratrice insatiable de ses propres enfants. En août 1986 Toto retrouve la terre des gouverneurs de la rosée. Quels gouverneurs ? Elle tourne dans deux grands films haïtiens de Raoul Peck : Haïtian corner (1988) et L’Homme sur les quais (1993). Dans L’Homme sur les quais, elle incarne la détermination d’une grand-mère courage face à l’horreur banalisée d’une dictature enlisée dans le crime et l’arriération. Le film montre également comment les « autorités » de la milice civile des tonton makout phagocyte peu à peu les militaires quasiment réduits à de la figuration. Pourtant les militaires ressuscités après le départ de Jean-Claude Duvalier exécutent un coup d’Etat d’une grande cruauté contre le régime populiste d’Aristide I, qui était encore populaire à l’époque. Où était donc le grand rassemblement ou kombit qui aiderait à trouver la source pour mieux gouverner la rosée ? Un an après la sortie du film Toto tire sa révérence en juin 1994. Sa manière de chanter, en saisissant les mots par la racine, reste encore dans nos mémoires

Rafael Lucas

1/ Il s’agit des trente années d’expansion économique en France qui vont de la fin de la II° Guerre Mondiale au choc pétrolier de 1974. L’expression est calquée sur les « Trois Glorieuses », les trois journées du 27, 28, 29 juillet 1830 correspondant à la chute de Charles X et à l’instauration de la Monarchie de Juillet, de Louis- Philippe. 
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Toto Bissainthe
Toto Bissainthe
Davertige (Villard Denis)
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Davertige (Villard Denis)
photo © Johanne Assedou
Outremont (Québec), août 2003
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Davertige est né le 2 décembre 1940 à Villard Denis à Port-au-Prince. Son père Aristhene Denis, un directeur d'hôtel et sa mère Jeanne Fequiere, à l'origine de Cavaillon se sont mariés en 1933. Ils ont quatre enfants : William, Raymonde, Daniel et Villard.

Villard Denis vit avec ses parents dont la propriété fait partie de la plantation de Laforesterie, à Port-au-Prince dans le centre-ville de Morne L'Hopital. Sa mère lui avait de croire qu'ils ont des origines de la bourgeoisie. Une fois adulte, il a maintenu l'impression, qu'il a grandi dans un château.

Très tôt, il a appris le français et parle couramment grâce à un antillais, Alice, une vieille femme qui vit avec sa famille de 1939 à 1945 et qui il appelle affectueusement, grand-mère Alice. À l'âge de cinq ans, Villard Denis tombe de l'escalier extérieur de la maison. Dès lors, il a considéré comme un enfant de santé fragile. À six ans, il entre à l'école primaire privée, Colbert Bonhomme.

À l'âge de neuf ans, sa famille commence à l'avis de son intérêt pour les arts visuels et de dessin. Ses parents encouragent son œuvre d'art, à la condition qu'elle n'interfère pas avec ses études. Comme il est impossible de jouer avec ses camarades de classe en raison de son état de santé, il lit littérature française manuels, depuis le moyen âge jusqu'à la Révolution française. Il familiarise avec le travail de Villon, Du Bellay et autres classiques.

À douze ans, en plus de ses études secondaires à l'école privée Simon Bolivar, il s'inscrit dans le Centre de céramique éducation nationale, où il travaille avec le peintre et céramiste Tiga. Il rencontre il y d'autres artistes. Au cours de ses études, il devient un penseur plus indépendant et conscient des mistruths sociales et familiales.

Il commence à fréquenter le Foyer des Arts visuels en 1954. Il prend un apprentissage sous la direction du peintre, Dieudonné edor, qui il considère comme son maître. Il dévore la bibliothèque du Foyer il et découvre le livre, la vie de Van Gogh (Hachette, 1959) qui lui affecte profondément. Il dit lui-même, « Je serai comme Van Gogh qui a jamais vendu une peinture unique au cours de sa vie. » Ses premières peintures n'intéressent pas n'importe qui. La vie intellectuelle du Foyer lui, cependant, permet d'observer la présente parisien et la culture mondiale.

Il écrit ses premiers poèmes à l'âge de dix-sept ans. Comme communiste, il participe activement à la lutte de l'étudiant.

En février 1958, il montre ses premières œuvres à la société nationale d'Art dramatique. Il présente, entre autres, la peinture, « Christ negre ». Marquée par le réalisme social, son œuvre dépeint injustice mondiale. L'exposition est applaudie par l'historien Michel-Philippe Lerebours dans la revue, Coumbite.

En 1959, il présente ses premiers poèmes sous le pseudonyme de Davertige, le nom de Villard Denis déjà trop lié à sa peinture. Il rencontre Roland Morisseau, le premier poète avec qui il partage sa poésie.

Il devient l'ami le poète René Philoctète, suite à une réunion du groupe littéraire, Samba. Ce groupe de poètes — Roland Morisseau, Rene Philoctète, Davertige, Serge Legagneur, Anthony Phelps, Auguste Thénor — willl devenu par la suite les artistes fondamentales d'Haïti littéraire.

En 1960, il achète la bibliothèque du peintre Jacques Gabriel. Il apprend alors que la bibliothèque avait appartenu au peintre et intellectuelle Roland Dorcely. Les œuvres avaient été soigneusement choisis par les auteurs français Maurice Nadeau et Michel Leiris du poète Magloire Saint-Aude. Les amitiés développé autour d'Haïti littéraire — Davertige et Legagneur ; Morisseau et Philoctete — enrichir considérablement leurs créations.

Suite à l'arrestation de son ami, l'élève de Jacques Duvieulla, Davertige se réfugie au domicile d'une blanchisseuse, un ami de son mentor edor, dans la banlieue de Port-au-Prince. Il écrit il sa collection Idem de septembre 1960 à février 1961. Il passe son temps à lire des poèmes à haute voix à la Lautréamont.

Le 7 janvier 1962 à Port-au-Prince Idem est sorti, publié par l'imprimerie Theodore, avec une préface écrite par le poète Serge Legagneur dans la collection Haïti littéraire. Afin de payer pour l'impression de 300 exemplaires, Davertige vend sa voiture, une Jeep Willis. Toujours pas assez, il élimine — sous la pression de Theodore — un quart du texte qui il jette dans un égout. Les poèmes rejetés étaient engageant des oeuvres, influencées par le réalisme social.

Le poème, "Pétion-Ville en blanc et noir", le dernier de la collection, témoigne de sa cachette forcée à l'ami de son mentor. Ce poème, le 9 février 1961, est une concession à la Haitain à gauche, fervent de réalisme social, qui l'accusent d'être un ermite.

Villard Denis vit sa peinture de 1960 à 1962, qui permet à Davertige d'écrire. Il travaille pour Issa El Saieh, galeriste, faisant près de quatre cents dollars par mois.

En 1962, qu'il cède ses tableaux pour les livres à la librairie Select, où il rencontre le libraire Noisy et l'un des éminents lecteurs de Port-au-Prince, Guy Dallemand. Il passe une tout aussi grande quantité de temps dans le magasin de livres La Pléiade. Sa lecture lui sert bien. une fois à Paris, il est profondément familier avec la littérature contemporaine. Il lit Saint-John Perse, les poètes afro-américaine et les voix de la négritude : Aime Cesaire, Léon-Gontran Damas, Leopold Sedar Senghor…

Le début des années 1960, malgré sa renommée comme un peintre et poète, il reste unique. Bohême, il sollicite prostituées de temps en temps.

En 1962, la critique littéraire Maurice Lub, pendant un séjour à Paris, distribue les œuvres de Haïti littéraire et donne une copie de Idem au poète, Alain Bosquet. En 1963, Bosquet reconnaît le génie de l'écrivain de Idem dans le journal Le Monde.

En 1963, les poètes d'Haïti littéraire — Morisseau, Philoctète, Phelps et Thénor — sont reconnus par Eugénie Galpérina, critique littéraire soviétique. Dans son article, réimprimé en Haïti, nom du Davertige est choquant est omis. Pour remédier à l'injustice, René Philoctète a écrit un article élogieux sur Idem dans la revue de Semences.

Dans une interview assignée à la Franco-haïtienne d'examen May Subd Geog], en 1964, Davertige déclare « Je n'ai pas honte de dire qu'un jeune écrivain qui favorise un lot d'ambition doit quitter son pays. Le besoin d'oxygène ». Quelques mois plus tard, avec l'intention d'explorer l'Europe, Davertige arrête pendant plusieurs jours à New York. Il reste pendant un an. Il travaille à l'Art d'Haïti, une petite boutique de peintures géré par Leon Chalom où il crée l'art commercial pour la société Carlman.

La même année, grâce à un ami commun, il rencontre Alain Bosquet, au Carnegie Hall. Après la rencontre chaleureuse, Bosquet a écrit un article faisant l'éloge Idem, publié dans le Combat en 1965. Avec une préface de Bosquet, Idem est réédité à Paris à 650 clients des arts à Seghers. Davertige vit toujours aux États-Unis. Une déclaration qui est apparu dans L'Express à tort prétend, « pratiquées par les « tontons macoutes » de Duvalier, il pouvait ne plus retourner en Haïti ».

En octobre 1965, Davertige arrive à Paris où il vit dans un petit hôtel dans le quartier Latin. Il aime sa vie dans la ville. Il passe de temps avec les poètes Alain Bosquet, Pierre Emmanuel, André Laude… les auteurs français rendre hommage dans leurs œuvres Idem.

En 1967, toujours à Paris, il s'installe avec une jeune femme française, Chantal, qu'il a rencontré par l'intermédiaire de son activisme politique dans le groupe gauchiste F.A.R.H. Leur fille Eleonore est né en 1968.

Le début des années 1970 : la désillusion. Le poète considère il a perdu tout en Europe : le sens de la langue française, de son prestige et son génie.

De 1967 à 1973, il voit le poète Gary King sur une base quotidienne, rue Gay-Lussac, cinquième de district. Il conserve également compagnie avec les intellectuels haïtiens à Paris comme Gerard Aubourg, Daniel Arty, Jean-Claude O'Garo.

En 1968, avec les directeurs de F.A.R.H. Fred et Reneld Baptiste, Davertige feuilles pour la Chine, où il apprend à l'approche du gouvernement afin d'obtenir l'argent et des munitions, mais la Chine n'exprime pas un intérêt dans la lutte révolutionnaire en Haïti. Le début des années 1970, Davertige démarre le projet pour un roman qu'il espère sera son chef-d'œuvre. Il remplit plus de 2000 pages d'un livre de calligraphie, sans marges ou des espaces. Plus tard, il consomme tout.

En 1970, à Paris, il rencontre Herard Jadotte, rédacteur en chef de la maison d'édition Nouvelle Optique, qui invite à venir vivre à Montréal. En 1976, il rompt avec Chantale et quitte Paris pour Montréal.

De 1976 à 2002, il se retire de son personnage. Il peint et réécrit Racine et Lafontaine. Il prend une voix mystique. « L'obscurité : vie réalise lui-même. Pas plus Denis de Villard. Davertige est dans le passé. Son représentant Villard Denis est mort".

En 1987, il retourne à Haïti. Il reste six mois avec son ami René Philoctète. En 1999, invité à montrer son travail, il retourne à Port-au-Prince à l'occasion des ministres de la réunion d'Amérique latine.

En 2003, il a réécrit la plupart de ses poèmes de Idem, conception et participer activement à leur publication à la mémoire d'encrier à Montréal, sous le titre Davertige, Anthologie sécrètent. Le travail est sorti au Salon du Livre de Montréal en novembre 2003.

Davertige (Villard Denis) meurt à Montréal le 25 juillet 2004. Une série de textes — hommage avec l'encre des Davertige — de la série « D'aluminium fantome » sera disponible en ligne sur « ile en ile ».

French Biography
Le poète Davertige naît Villard Denis à Port-au-Prince le 2 décembre 1940. Son père Aristhène Denis, maître d'hôtel, et sa mère Jeanne Féquière, originaire de Cavaillon, se sont mariés en 1933. Ils ont eu quatre enfants: William, Raymonde, Daniel et Villard.

Villard Denis vit avec ses parents dont la propriété est limitée par la plantation Laforesterie, domaine situé à Port-au-Prince au bas du quartier Morne L'Hôpital. Sa mère lui fait croire qu'il est d'origine bourgeoise. Devenu adulte, il garde l'impression d'avoir vécu, enfant, dans un château.

Très tôt, il apprend le français et le parle couramment grâce à une Guadeloupéenne, Alice, dame âgée hébergée par ses parents de 1939 à 1945 et qu'il appelle affectueusement Grand-mère Alice. À cinq ans, Villard Denis tombe de l'escalier extérieur de la maison. Depuis, il est considéré comme un gamin de santé délicate. À six ans, il entre aux Cours privés Colbert Bonhomme où il fait ses études primaires.

À neuf ans, sa famille remarque son intérêt pour le dessin et les arts plastiques. Ses parents l'encouragent à condition que cela ne nuise à ses études. Comme il ne peut jouer avec ses camarades à cause de son état maladif, il lit des manuels de littérature française, du Moyen-âge jusqu'à la Révolution française. Ainsi, il fréquente l'œuvre de Villon, de Du Bellay et d'autres classiques.

À douze ans, parallèlement à ses études secondaires aux Cours privés Simon Bolivar, il entre au Centre de céramique de l'Éducation nationale où il travaille avec le peintre et céramiste Tiga. Il y rencontre également d'autres artistes. Au fil de ses lectures, il acquiert une autonomie de pensée et prend conscience des mensonges sociaux et familiaux.

Il commence à fréquenter le Foyer des Arts plastiques en 1954. Il entreprend son apprentissage sous la direction du peintre Dieudonné Cédor qu'il considère comme son maître. Il dévore la bibliothèque du Foyer et découvre l'ouvrage La vie de Van Gogh (Hachette, 1959) qui l'attriste profondément. Il se dit: «Je serai comme Van Gogh qui de son vivant n'a pas vendu un seul tableau». Très sombres, ses premières toiles n'intéressent personne. La vie intellectuelle du Foyer lui permet pourtant d'être au fait de l'actualité culturelle parisienne et mondiale.

Il écrit ses premiers poèmes à dix-sept ans. Communiste, il participe activement à la lutte des étudiants.

Villard Denis expose en février 1958 ses premières toiles à la Société nationale d'art dramatique (S.N.A.D.). Il présente, entre autres, la toile «Christ nègre». Marquée par le réalisme socialiste, son œuvre rend compte de l'injustice du monde. L'exposition est saluée par l'historien Michel-Philippe Lerebours dans la revue Coumbite.

En 1959, il présente ses premiers poèmes sous le pseudonyme de Davertige, le nom de Villard Denis étant trop rattaché à ses activités de peintre. Il rencontre Roland Morisseau, le premier poète à qui il montre ses poèmes. Il se lie d'amitié avec le poète René Philoctète à la suite d'une séance du groupe littéraire Samba. Ce groupe de poètes – Roland Morisseau, René Philoctète, Davertige, Serge Legagneur, Anthony Phelps, Auguste Thénor – deviendra par la suite Haïti Littéraire.

En 1960, il achète la bibliothèque du peintre Jacques Gabriel. Il apprend par la suite que la bibliothèque avait d'abord appartenu au peintre et intellectuel Roland Dorcély. Les ouvrages avaient été soigneusement choisis par les écrivains français Maurice Nadeau et Michel Leiris.

Pour mieux incarner la modernité, Philoctète et Davertige veulent rompre avec la tradition poétique haïtienne, parnassienne et romantique. Ils suivent les traces du poète Magloire-Saint-Aude. Les grandes amitiés développées au sein d'Haïti Littéraire – Davertige et Legagneur; Morisseau et Philoctète – enrichissent énormément leurs créations.

Suite à l'arrestation de son ami, l'étudiant Jacques Duvieulla, Davertige se réfugie chez une dame lavandière de profession, amie de son mentor Cédor, en banlieue de Port-au-Prince. Il écrit alors son recueil Idem de septembre 1960 à février 1961. Il passe son temps à lire ses poèmes à haute voix, à la Lautréamont.

À Port-au-Prince, le 7 janvier 1962, Idem paraît, publié sous les presses de l'Imprimerie Théodore à compte d'auteur, et préfacé par le poète Serge Legagneur dans la collection Haïti Littéraire. Pour payer le tirage des 300 copies, Davertige vend sa voiture, une Jeep Willis. Comme la somme n'est pas suffisante, il supprime – sous la pression de Théodore – le quart du texte qu'il balance dans un égoût. Les poèmes jetés sont des textes engagés, influencés par le réalisme socialiste.

Le poème «Pétion-Ville en blanc et noir», le dernier du recueil, est un témoignage de son séjour forcé chez la lavandière. Ce poème, écrit le 9 février 1961, facile d'accès, est une concession à la gauche haïtienne, fervente de réalisme socialiste, qui l'accuse d'être hermétique.

Villard Denis vit de sa peinture de 1960 à 1962, ce qui permet à Davertige d'écrire. Il travaille pour Issa El Saieh, galeriste, gagnant près de quatre cents dollars par mois.

En 1962, il troque sa peinture contre des livres à la Librairie Select où il rencontre le libraire Noisy et l'un des grands lecteurs de Port-au-Prince, Guy Dallemand. Il fréquente également la librairie La Pléïade. Ses lectures lui sont fructueuses; plus tard, à Paris, rien ne lui sera étranger. Il lit Saint-John Perse, les poètes afro-américains et les voix de la Négritude: Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Léopold Sedar Senghor...

Au début des années 1960, malgré sa renommée de peintre et de poète, il n'a pas de fiancée. Bohème, il fréquente de temps à autre les prostituées.

En 1962, le critique littéraire Maurice Lubin, à l'occasion d'un séjour à Paris, fait circuler les œuvres du groupe Haïti Littéraire et adresse une copie d'Idem au poète Alain Bosquet. En 1963, celui-ci salue le génie de l'auteur d'Idem dans le journal Le Monde.

En 1963, les poètes d'Haïti Littéraire – Morisseau, Philoctète, Phelps et Thénor – sont applaudis par Eugénie Galpérina, critique littéraire soviétique. Dans son article, repris en Haïti, le nom de Davertige est malencontreusement omis. Afin de réparer l'injustice, René Philoctète écrit un article élogieux sur Idem dans la revue Semences.

Dans un entretien accordé à la revue franco-haïtienne Conjonctions, en 1964, Davertige déclare: «Je n'ai aucune honte, moi, à dire qu'un jeune écrivain qui nourrit beaucoup d'ambitions doit s'expatrier. Par besoin d'oxygène». Quelques mois plus tard, avec l'intention d'explorer l'Europe, Davertige s'arrête quelques jours à New York; il y demeure un an. Il travaille alors à Art d'Haïti, petite boutique de peinture tenue par Léon Chalom où il fait de l'art commercial pour le compte de la maison Carlman.

La même année, par l'entremise d'un ami commun, il fait la connaissance d'Alain Bosquet au Carnegie Hall. La rencontre est chaleureuse. Bosquet écrit un élogieux article sur Idem dans Combat en 1965. Avec une préface de Bosquet, Idem est réédité à Paris à 650 exemplaires chez Seghers. Davertige vit toujours aux États-Unis. Une note parue dans L'Express dit, à tort: «poursuivi par les tonton-macoutes de Duvalier, il ne pouvait plus retourner en Haïti».

En octobre 1965, Davertige arrive à Paris où il vit dans un petit hôtel du Quartier Latin. Davertige est assez heureux de sa rencontre avec le milieu parisien. Il fréquente les poètes Alain Bosquet, Pierre Emmanuel, André Laude... Les écrivains français lui rendent hommage dans une mise en espace d'Idem.

En 1967, toujours à Paris, il s'installe avec une jeune Française, Chantale, rencontrée dans le cadre de ses activités politiques avec le groupe gauchiste F.A.R.H. Leur fille Éléonore naît en 1968.

Au début des années 70: la désillusion. Le poète considère avoir tout perdu en Europe: le sens de la langue française, son prestige et son génie.

De 1967 à 1973, il voit quotidiennement le poète Gary Klang, rue Gay-Lussac, 5ème arrondissement. Il fréquente également des intellectuels haïtiens de Paris comme Gérard Aubourg, Daniel Arty, Jean-Claude O'Garo.

En 1968, avec les dirigeants du F.A.R.H. Fred et Reneld Baptiste, Davertige part pour la Chine où ils entreprennent des démarches auprès du gouvernement pour obtenir de l'argent et des munitions, mais la Chine ne manifeste aucun intérêt pour les luttes révolutionnaires en Haïti.

Au début des années 70, Davertige commence la rédaction d'un roman qu'il espère l'œuvre de sa vie. Il cumule plus de 2000 pages d'une calligraphie menue, sans marge ni espacement. Plus tard, il met tout au feu.

En 1970, à Paris, il rencontre Hérard Jadotte, éditeur de la maison d'édition Nouvelle Optique, qui l'invite à venir vivre à Montréal. En 1976, il rompt avec Chantale et quitte Paris pour Montréal.

De 1976 à 2002, il se replie sur lui-même. Il peint et récrit Racine et Lafontaine. Il entame une voie mystique. «Les ténèbres: la vie s'achève. Plus de Villard Denis. Davertige est au passé. Son représentant Villard Denis est mort.»

En 1987, il rentre en Haïti. Il séjourne pendant six mois chez son ami René Philoctète. En 1999, invité à exposer ses œuvres, il retourne à Port-au-Prince à l'occasion de la Rencontre des ministres latino-américains.

En 2003, il récrit la plupart des poèmes d'Idem, dessine et participe activement à la publication de ses œuvres chez Mémoire d'encrier à Montréal, parues sous le titre Davertige, Anthologie secrète. L'ouvrage a été lancé au Salon du Livre de Montréal en novembre 2003.

Davertige (Villard Denis) est mort à Montréal le 25 juillet 2004. Une série de textes-hommages avec des encres de Davertige – de la série «Aluminium fantôme» – seront prochainement mis en ligne sur «île en île».

– Rodney Saint-Éloi

Biographie adaptée de la «Chronologie» de Rodney Saint-Éloi, parue dans Anthologie secrète de Davertige (Montréal: Mémoire d'encrier, 2003): 147-151.

Poetry and biography translation by Samantha Levine

James Weldon Johnson
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James Weldon Johnson


James Weldon Johnson (17 juin 1871 – 26 juin 1938) était un écrivain, poète, activiste de la cause afro-américaine et l'une des principales personnalités de la Renaissance de Harlem. Il fut également l'un des premiers professeurs noirs de l'université de New York.

James Weldon Johnson est né à Jacksonville (Floride) et fit ses études à l'université d'Atlanta (appelée aujourd'hui Clark Atlanta University) jusqu'en 1896. Il dirigea la Stanton College Preparatory School, une école pour noirs-américains à Jacksonville, jusqu'en 1906. Puis il partit s'installer à New York, où il devint consul du Venezuela et du Nicaragua. Il se fit connaître en publiant des poèmes dans le Century Magazine et The Independent. Il participa à la NAACP de 1920 à 1931. Il sortit en 1922 The Book of American Negro Poetry. Il mourut en 1938 à Wiscasset (Maine), lorsque sa voiture heurta un train. Ses funérailles à Harlem réunirent plusieurs milliers de personnes.

Œuvres[modifier] Poésie[modifier]Lift Ev'ry Voice and Sing (1899)
Fifty Years and Other Poems (1917)
Go Down, Death (1926)
God's Trombones: Seven Negro Sermons in Verse (1927)
Saint Peter Relates an Incident (1935)
The Glory of the Day was in Her Face
Selected Poems (1936)
Autres[modifier]The Autobiography of an Ex-Colored Man (1912/1927)
Self-Determining Haiti (1920)
Black Manhattan (1930)
Negro Americans, What Now? (1934)
Along This Way (1934)
The Selected Writings of James Weldon Johnson (1995, posthumous collection)

Guy Tirolien
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Guy Tirolien
Guy Tirolien naît le 13 février 1917 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).
 Guy Tirolien meurt le 8 mars 1988

Après des études secondaires au Lycée Carnot de Pointe-à-Pitre, où il rencontre, pour une amitié au long cours, Albert Béville (Paul Niger), il part en France en 1936. À Paris, il prépare le concours d'entrée à l'École Nationale de La France d'Outre-mer au Lycée Louis-le-Grand.
Guy Tirolien fait la connaissance de Léopold Sédar Senghor en 1940 dans le stalag où ils sont prisonniers des Allemands. Libéré en 1942, Tirolien participe à l'ébullition de la Négritude qui aboutit à la création de Présence Africaine. De 1944 à 1960, il est administrateur de la France d'Outre-mer en Afrique : en Guinée (chef de subdivision de Dubréka, affaires économiques à Conakry) ; au Niger (chef des subdivisions de Dakoro et de Maïnè Souva) ; au Mali (chef de subdivision de Djéné, adjoint au commandant cercle de Gao) ; et en Côte d'Ivoire (chef de subdivision de Touba, de Lakota, adjoint au commandant de cercle de Séguéla). Tirolien prend une part active dans la vie du RDA (Rassemblement Démocratique Africain), parti anticolonialiste fondé en 1946.

En 1961, il publie son premier recueil de poèmes, Balles d'or, chez Présence Africaine à Paris. Il reste dans l'administration dans les pays indépendants : au Niger, il est Commissaire à l'information culturelle (1961-1965), ensuite, il est représentant des Nations-Unies au Mali (1965-1970) et au Gabon (1970-1973). Il est Conseiller culturel du deuxième Festival Mondial des Arts Nègres au Nigéria (1975-1976).

En 1977, Guy Tirolien publie Feuilles vivantes au matin, recueil de poèmes et de nouvelles. En juillet, il s'installe en Guadeloupe où il livrera, sans succès, une joute électorale lors des législatives de mars 1978 avec la volonté affirmée de donner au peuple guadeloupéen « un pouvoir de décision en négociant, par les voies démocratiques, les moyens qui lui permettront d'avoir prise directe sur ses propres affaires ».

Guy Tirolien meurt le 8 mars 1988, les yeux fixés sur « l'azur menteur de la mer Caraïbe » depuis son île de Marie-Galante.

Guy Tirolien ou la germination mélodique

N'en déplaise aux exécuteurs testamentaires de Lagarde et Michard, nous osons proclamer que jamais poète de langue française, quel que soit le siècle considéré, n'a atteint un tel degré dans le génie de la mélodie. Tirolien allie l'ondulation somptueuse d'un Perse à la rythmique nègre et la simplicité d'un Damas. Si Césaire est parole de l'Impératif, Tirolien est celle de l'Indicatif. Césaire ordonne, prophétise ; Tirolien scrute le quotidien en changeant « en mélodie les tumultes du monde », saisissant au vol « la germination muette des réponses là même où la question n'est pas encore posée ». L'un est fleuve en furie, l'autre est chuchotis de rivière parcourant l'en-bas-bois.

« J'eusse goûté un langage qui ne fût sens ni rythme, et pas même musique mais chuchotis de sève au cœur rocheux des mots
plus discret mille fois et doucement obsédant
que l'image d'un rêve se mouvant dans un rêve. »

Cette conscience du son, celle qui fait de la poésie un modelage de la langue, une distillation des mots, s'exprime à travers les nombreuses occurrences des vocables « rythme » et « mélodie » qui soutiennent – au sens vertébral – véritablement l'œuvre poétique de Guy Tirolien. Plus qu'un simple motif, « rythme » et « mélodie » sont comme deux notes créant le rythme et la mélodie dans un environnement où dominent souvent allitérations et assonances : « Griot glapis ton chant strident/ voici voilant le cri des circoncis/ la polyrythmie tendre des pilons » ; « et ma race aussi vivace que l'acacia coriace qui pousse à Saint-Domingue » ; « glouglou du sang/ glissant sur les courants puissant/ du fleuve Mississippi » ; « oyez ces cocotiers crier cokiyoco/ quand les grêles grillons d'une voix de crécelle/ aiguisent leur refrain ».

Le poète avoue sans détour dans des entretiens sa passion viscérale pour « l'eau musicale des chansons » : « La musique était ma détermination principale ; dans les poèmes, après le rythme, c'est la musique [...] Je suis pris par certains rythmes envoûtants. Je ne peux pas faire un poème sans me mettre en état de rythme [...] Le rythme c'est le monde, c'est le cosmos ». Dans sa poésie comme dans ses interviews, l'auteur guadeloupéen ne semble pas faire de distinction nette entre rythme, mélodie et musique. Le rythme est premier chez Tirolien ; la mélodie est « rythme au sein d'un rythme » quand le poète « guette l'arôme et la saveur des mots dans les virages du langage ».

Cette fixation musicale est loin d'être un cache-réel. Bien au contraire, Tirolien sait la distance entre le simple message et la poésie : il revendique cette haute poésie qui serait comme une circularité ininterrompue entre forme et fond : « Tire de ton balafon la chanson de ton sang ; ensemence ta nuit, et les chiens se tairont ». Le rythme se veut donc sanguin, paroles de tambours rassemblés « en un bouquet de cris à briser le tympan de nos frères endormis ». Tirolien n'oublie ni « les désirs rouges réchauffant les nuits d'Alabama », ni l'Afrique « âme du noir pays où dorment les anciens », ni la Guadeloupe « dent mal chaussée dans l'éclatant dentier Caraïbe ». Il ne s'agit pas de « suaves mélodies » pour « doudous de miels déployant leurs foulard sur nos plages de sucre » mais d'une mélodie qui maintient l'homme en sa digne germination.

– Wonal
(Ronald Selbonne)


Oeuvres principales:
Poésie:
Balles d'or. Paris: Présence Africaine, 1961, 1982.
Feuilles vivantes au matin (nouvelles et poésie). Paris: Présence Africaine, 1977.
Entretiens:
De Marie-Galante à une poétique afro-antillaise, entretiens recueillis par Michel Tétu. Paris: Éd. Caribéennes; Québec: GEREF, 1990.

Sur Guy Tirolien:
Alante-Lima, Willy. Clefs pour Guy Tirolien. Fort-de-France: Académie des Antilles et de la Guyane, 1990.
Alante-Lima, Willy. Guy Tirolien: l'homme et l'oeuvre. Paris: Présence Africaine, 1991.
Condé, Maryse et Alain Rutil (coordination). Bouquet de voix pour Guy Tirolien. Pointe-à-Pitre: Jasor, 1990.

http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/tirolien.html
René Maran
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René Maran

Né à Fort-de-France le 5 novembre 1887, René Maran demeure le grand oublié de cette littérature que l'on nomme aujourd'hui « francophone ». Alors que Léopold-Sédar Senghor en a lui-même fait le « précurseur de la négritude », et malgré un prix Goncourt gagné deux années après la victoire de Proust, le nom de Maran reste méconnu de la plupart des spécialistes en lettres francophones. Il est vrai que les origines de Maran font de lui un auteur difficile à catégoriser.
Le jeune Maran fut très vite contraint de déménager dans « la métropole », à Bordeaux plus précisément, alors que son père est muté au Gabon. D'autre part, ses parents n'étaient pas d'origine martiniquaise, mais guyanaise. Enfin, l'auteur de Batouala passa la plupart de sa vie entre la France et l'Afrique, en Oubangui notamment, ce qui rend d'autant plus problématique la catégorisation de l'appartenance géographique de cet écrivain, mais ceci explique aussi son intérêt pour la communauté noire, non seulement antillaise, mais aussi d'Afrique, de France et des États-Unis (on notera au passage l'importance de sa correspondance avec Alain Locke).

L'œuvre de René Maran est celle du déchirement : fidèle corps et âme à la France (il voudra même s'engager dans l'armée lors de la première guerre mondiale), il n'en demeure pas moins critique du système colonial, système qui empêcha son père d'obtenir la Légion d'honneur. Sa fonction d'administrateur des colonies le met dans une position délicate : il se doit de servir son pays qu'il chérit tant, mais ne peut s'empêcher de se sentir solidaire des peuples d'Afrique équatoriale française. Ce sentiment de double appartenance sera cristallisé dans son roman Un homme pareil aux autres.

Mais c'est surtout avec Batouala, roman qu'il juge « trop noir et ineuropéen » pour les Français, qu'il se fera connaître, roman qui force l'admiration des uns, et provoque la colère des autres, notamment des responsables de l'administration coloniale qui interdit la diffusion du livre en Afrique (Maran sera contraint de démissionner de son poste). La préface de Batouala (1921) constitue en effet une véritable diatribe contre le système colonial puisque Maran s'attaque de manière directe à la façon dont l'administration coloniale gère ses territoires de l'Afrique Équatoriale Française. La corruption de cette administration coloniale – que Marguerite Duras dénoncera également en parlant de l'Indochine – s'accompagne de débordements en tous genres de la part des hauts fonctionnaires. Ces débordements, surtout causés par les abus d'alcool, seront justifiés par la fameuse « mission civilisatrice » de la France que Maran attaque de plein fouet, racontant dans cette préface que les villages concernés sont peu à peu pillés et dépeuplés.

Toutefois, la prise répétée de quinine, le manque répété de sommeil, et la mort de ses proches pousseront René Maran à un retour en France sans fanfare, où il meurt le 9 mai 1960, laissant derrière lui une œuvre inspirée du naturalisme à la Balzac, mais qui emprunte également des rythmes de l'Afrique qu'il a tant aimée.

– Steve Puig



Oeuvres principales:
Romans:
Batouala, véritable roman nègre. Paris: Albin Michel, 1921, 1938. Avec des illustrations de Iacovleff. Paris: Éditions Mornay, 1928. Édition définitive avec "Youmba, la mangouste": Albin Michel, 1985, 1989, 1999. Avec une présentation, notes, questions et après-texte par Josiane Grinfas: Paris: Magnard, 2002.
Djouma, chien de brousse... Paris: Albin Michel, 1927.
Journal sans date, roman inédit. Les Oeuvres libres (Paris) 73 (1927): 105-236.
Le cœur serré. Paris: Albin Michel, 1931.
L'homme qui attend, roman inédit et complet. Les Oeuvres libres (Paris) 176 (1936): 37-130.
Un homme pareil aux autres. Paris: Éditions Arc-en-Ciel, 1947.
Mbala, l'éléphant. Illustrations de G. Barret. Paris: Éditions Arc-en-Ciel, 1947.
Bacouya, le cynocéphale. Paris: Albin Michel, 1953.
Essais:
Asepsie noire ! Paris: Laboratoires Martinet, 1931, 45 p.; Paris: Jean-Michel Place, 2006, 64 p.
Le Tchad de sable et d'or. Documentation de Pierre Deloncle. Paris: Revue française, 1931.
Afrique Équatoriale Française: terres et races d'avenir. Illustré par Paul Jouve. Paris: L'Imprimerie de Vaugirard, 1937.
Livingstone et l'exploration de l'Afrique. Paris: Gallimard, 1938.
Brazza et la fondation de l'A.E.F. Paris: Gallimard, 1941.
Les pionniers de l'empire. Paris: Albin Michel, 1943-55. Tome 1: Jean de Béthencourt. Anselme d'Isalguier. Binot le Paulmeir de Gonneville. Jacques Cartier. Jean Parmentier. Nicolas Durand de Villegaignon. Jean Ribaut. Tome 2: Samuel Champlain. Belain d'Esnambuc. Robert Cavelier de la Salle. Tome 3: André Brüe. Joseph-François Dupleix. René Madec. Pigneaux de Behaine.
Savorgnan de Brazza. Paris: Éditions du Dauphin, 1951.
Bêtes de la brousse. Paris: Albin Michel, 1952.
Félix Éboué, grand commis et loyal serviteur, 1885-1944. Paris: Éditions Parisiennes, 1957.
Bertrand du Guesclin, l'épée du roi. Paris: Albin Michel, 1960.
Nouvelles:
Peines de cœur. Paris: "Univers," 1944. ("Peines de cœur", "L'homme qui attend", et "Deux amis").
Le petit roi de Chimérie, conte. Préface de Léon Bocquet. Paris: Albin Michel, 1924, 237 p.
Poésie:
La maison du bonheur. Paris: Le Beffroi, 1909.
La vie intérieure; poèmes (1909-1912). Paris: Le Beffroi, 1912.
Le livre du souvenir, poèmes, 1909-1957. Paris: Présence Africaine, 1958.
Prix et Distinctions littéraires:
1921 Prix Goncourt, pour Batouala.

Sur René Maran:
ouvrages collectifs:
Hommage à René Maran. Paris: Présence Africaine, 1965 (textes de Charles Astruc, Mercer Cook, Albert Darnal, Manoel Gahisto, Charles Kunstler, Léopold-Sédar Senghor, René Violaines ; témoignages de Charles Bareilley, Odet Denys, François Descoeurs, A. Fraysse, J. Jacoulet, Albert Maurice, Pierre Paraf, Jean Portail, François Raynal, Martial Sinda, Paul Tuffrau ; et le texte intégral de Djogoni de René Maran).
Francofonía 14 (2005), numéro dirigé par Lourdes Rubiales (articles de Pierre-Philippe Fraiture, Pierre Halen, Marie-Hélène Koffi-Tessio, Roger Little, Buata Malela, Anthony Mangeon, Bernard Mouralis, Lourdes Rubiales et une lettre inédite de René Maran à André Fraisse).
essais, études:
Cameron, Keith. René Maran. Boston: Twayne, 1985.
Cook, Mercer. « René Maran ». The French Review 17.3 (January 1944): 157-159.
Cook, Mercer. Five French Negro authors. Washington, D.C.: The Associated Publishers, 1943.
Edwards, Brent Hayes. The Practice of Diaspora: Literature, Translation, and the Rise of Black Internationalism. Cambridge: Harvard University Press, 2003. (Chapter 2 on René Maran).
Fabre, Michel. « Rene Maran, The New Negro and Negritude ». Phylon 36.3 (3rd quarter 1975): 340-351.
Fabre, Michel. « Autour de René Maran ». Présence Africaine 86 (2ème semestre 1973): 171.
Guimendego, Maurice. « Le roman Batouala de René Maran: portrait satirique du colonisateur ou materia prima pour l'histoire? » Francofonía 10 (2001): 61-77.
Janken, Kenneth. « African American and Francophone Black Intellectuals during the Harlem Renaissance ». Historian 60.3 (Spring 1998): 487-505.
Little, Roger. « René Maran on Lucie Cousturier, a Champion of Racial Understanding ». Research in African Literatures 34 (Printemps 2003): 126-36.
Ojo-Ade, Femi. René Maran, the Black Frenchman: a Bio-Critical Study. Washington, D.C.: Three Continents Press, 1984.
Onana, Charles. René Maran; Le premier Goncourt noir, 1887-1960. Paris: Duboiris, 2007.
Sanko, Hélène. « Les Mots pour le dire: L'Afrique d'après Batouala de René Maran ». Francographies 2 (1993): 131-41.
Trautmann, René. Au pays de Batouala: noirs et blancs de l'Afrique. Paris: Payot, 1922.
Filmographie:
René Maran, l'éveilleur de consciences. Film documentaire réalisé par Barcha Bauer et Serge Patient. France 3 Aquitaine, La Lanterne, RFO Guyane, Prodom Canal Antilles, 2007, 52 min.

Traductions:
In English:
Batouala. Trans. Adele Szold Seltzer. New York: Thomas Seltzer, 1922.
Batouala; a Negro novel from the French. London: Jonathan Cape, 1922.
Batouala; a true Black novel. Trans. Barbara Beck and Alexandre Mboukou. Washington: Black Orpheus Press, 1972.
Batouala. Trans. Alexandre Mboukou; Introduction by Donald E. Herdeck. Rockville, Maryland: New Perspectives, 1973.
En Español:
Batuala; verdadera novela de Negros. Prólogo, traducción y notas de José Mas. Madrid: V.H. Sanz Calleja, 1922.
Batuala. Buenos Aires: Ediciones Siglo Veinte, 1945.
Batouala a également été traduit en polonais (1923).
 sur « île en île » :
Batouala, extraits de la préface du roman (1921), par René Maran.
ailleurs sur le web :
Francofonía 14 (2006), numéro spécial de la revue consacré à René Maran.
René Maran, présentation de l'auteur (site de Rédris). On y indique la naissance de René Maran en mer; toutes les autres sources donnent sa naissance à Fort-de-France.
René Maran (1887-1960), bibliographie commentée des œuvres de René Maran (Librairie Soumbala).
Lander, Salim. « Qui était vraiment René Maran, le premier Goncourt Noir ? ». Mondes francophones (2007).
Rubiales, Lourdes. « Désillusion et frustration : l'administration coloniale contre René Maran ». SIELEC (Société Internationale d'Etude des Littératures de l'Ere Coloniale) (2007).
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/maran.html


Mongo Beti
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Mongo Beti

Alexandre biyidi awala (30 Juin 1932-8 octobre 2001), surnommé Mongo beti, est un écrivain camerounais .

VieBien qu'il vit en exil depuis de nombreuses décennies, la vie du Beti révèle un engagement indéfectible envers l'amélioration de son pays d'origine. Comme l'a écrit un critique après sa mort, "le chemin militant de ce romancier, essayiste et chroniqueur a été régi par une seule obsession : la quête de la dignité des peuples africains. »[[] 1]

[Modifier] Début de la vieLe fils de Oscar Awala et Régine Alomo, Alexandre est né en 1932 à Akométan, un petit village à 10 km de Mbalmayo, elle-même 45 km Yaoundé, la capitale du Cameroun. (Le nom du village vient Akom 'rock' et Etam 'source' : de vieilles cartes de la région, le nom est écrit en deux parties).

Dès son jeune âge, Beti a été influencé par les courants de la rébellion, balayant l'Afrique dans le sillage de la seconde guerre mondiale. Son père s'est noyé lorsque Beti avait sept ans, et il fut élevé par sa mère et la famille élargie. Beti rappelle argumenter avec sa mère sur la religion et le colonialisme ; Il rappelle également l'exposition précoce aux opinions et analyse du leader de l'indépendance Ruben Um nyobe, dans les villages et à la résidence privée du Nyobe. Il a transporté ces vues dans la salle de classe et fut finalement expulsé de l'école missionnaire de Mbalmayo pour son franc-parler. En 1945, il entre au lycée Leclerc à Yaoundé. Son diplôme en 1951, il est venu en France pour poursuivre ses études supérieures en littérature, tout d'abord à Aix-en-Provence, puis à la Sorbonne à Paris. 

Exil et l'écriture au débutLe début des années 1950, Beti avait tourné à l'écriture comme véhicule de protestation. Il écrit régulièrement pour la revue présence africaine. Parmi les pièces était un examen de camara laye Enfant noir qui critiquait Laye pour ce que Beti vu comme bassement goûts européens. Il a commencé sa carrière dans la fiction avec la nouvelle Sans haine et sans amour ('sans haine ou love'), publié dans la revue présence africaine, édité par Alioune Diop, en 1953. Son premier roman Ville cruelle ('Cruel City'), sous le pseudonyme de eza botosuit en 1954, publié aux éditions de présence africaine.

Toutefois, c'est en 1956 qu'il acquiert une réputation très répandue ; la publication du roman Le pauvre Christ de Bomba ('le pauvre Christ de Bomba') provoqua un scandale en raison de sa description satirique et mordante du monde missionnaire et coloniale. Sous la pression de la hiérarchie religieuse, l'administrateur colonial au Cameroun a interdit le roman dans la colonie. Ce fut ensuite Mission terminée, 1957 (le prix sainte beuve 1958) et Le Roi miraculé, 1958. Il a également travaillé pendant ce temps pour l'examen de Preuves, pour lequel il relevait de l'Afrique. Il travaille également comme enseignante suppléante au lycée de Rambouillet.

En 1959, il est nommé professeur certifié au lycée Henri Avril à Lamballe. Il a pris de l' Agrégation de Lettres classiques en 1966 et enseigna dans le lycée Pierre Corneille de Rouen.[[] 2] partir de cette date jusqu'en 1994. Après l'assassinat du Nyobe par les forces françaises en 1958, cependant, Beti se turent comme un écrivain pour plus d'une décennie, restant en exil de son pays natal. Après sa mort, Odile Tobner a noté que l'exil n'était pas facile sur Beti ; Il est resté torturé par sa préoccupation pour son pays crénelé.

[Modifier] Fin de carrièreEn 1972, il rentra dans le monde de la littérature avec un bang. Son livre Main basse sur le Cameroun, publié ('Cruel main sur le Cameroun, autopsie d'une décolonisation') a été censuré à sa parution par le ministère français de l' intérieur Raymond Marcellin , sur la demande, relayée par Jacques foccart, du gouvernement camerounais, représenté à Paris par l'Ambassadeur Ferdinand oyono. L'essai, une histoire critique du Cameroun récente, a affirmé que le Cameroun et autres colonies est restée sous contrôle français dans l'ensemble mais nom, et que les élites politiques après l'indépendance avaient activement favorisé cette dépendance continue. Beti a été inspiré pour écrire en partie par l'exécution de Ernest ouandie par le gouvernement du Cameroun. En 1974, il publie Perpétue et Remember Ruben; ce dernier a été le premier d'une trilogie explorant la vie et l'impact de Nyobe. Suite à une action judiciaire depuis longtemps, Mongo Beti et son éditeur françois maspéro enfin obtint, en 1976, l'annulation de l'interdiction de la publication de Main basse.

Beti retourne à l'écriture critique et politique au moment même où il est retourné à la fiction. En 1978, lui et son épouse Odile Tobner a lancé la revue bimensuelle Peuples Noirs. Peuples africains (' peuple noir. African People'), qui a été publié jusqu'en 1991. Cette revue la chronique et dénonce inlassablement les maux apporté à l'Afrique par les régimes néocoloniale. Au cours de cette période ont été publiés les romans La ruine presque cocasse d'un polichinelle (1979), Les deux mères de Guillaume Ismaël Dzewatama futur camionneur (1983), La revanche de Guillaume Ismaël Dzewatama (1984), également Lettre ouverte aux Camerounais ou la deuxième mort de Ruben Um Nyobe (1984) et le Dictionnaire de la négritude (1989avec Odile Tobner). Frustrés par ce qu'il considérait comme l'incapacité des gouvernements après l'indépendance d'apporter une véritable liberté d'Afrique, Beti adopté une perspective plus radicale dans ces œuvres.

En exil, Beti reste vitale connecté à la lutte au Cameroun. Tout au long des années soixante-dix et quatre-vingt, connaissance avec Beti ou son travail pourrait faire mal pour un citoyen du Cameroun ; à maintes reprises, Beti a utilisé ses connexions en France pour sauver l'un de ses jeunes lecteurs, beaucoup d'entre eux connaissaient de son périodique et ses essais polémiques. Ambroise Kom, arrêté simplement pour l'abonnement aux Peuples noirs, a été sauvé de l'incarcération par actions du Beti en France en son nom.

[Modifier] Dernières annéesEn 1991, Mongo Beti retourne au Cameroun, après 32 ans d'exil. En 1993, il a publié La France contre l'Afrique, retour au Cameroun. ; Cet ouvrage relate ses visites dans son pays natal. Après sa retraite de l'enseignement en 1994, il revient au Cameroun en permanence. Diverses tentatives d'affaires au alors échoué ; Finalement, il a ouvert à Yaoundé, la Librairie des Peuples noirs (librairie des peuples noirs) et organisé des activités agricoles dans son village de Akometam. L'objectif de la librairie est d'encourager l'alphabétisation engagée dans la capitale et également de fournir un débouché pour les auteurs et les textes critiques. Au cours de cette période, Beti a également appuyé John fru ndi, un leader de l'opposition anglophone. Il a créé des associations de défense des citoyens et donne à la presse de nombreux articles de protestation. Le gouvernement a tenté d'entraver ses activités. Sur son premier retour au Cameroun, police l'empêche de s'exprimant lors d'une conférence prévue ; Beti adressée au contraire une foule à l'extérieur de la salle de conférence verrouillé. Il a été soumis en janvier 1996, dans les rues de Yaoundé, à l'agression de la police. Il a été contesté lors d'une manifestation en octobre 1997. En réponse, il a publié plusieurs romans : l'histoire du fou en 1994 puis les deux volumes initiales Trop de soleil tue l'amour (1999) et Branle-bas en noir et blanc (2000), d'une trilogie qui restera inachevé. Il a été hospitalisé à Yaoundé le 1er octobre 2001 pour une insuffisance hépatique et rénale aiguë qui reste non traitée par manque de dialyse. Transporté à l'hôpital de Douala le 6 octobre, il y meurt le 8 octobre 2001. Certains critiques ont noté la similarité de sa mort à celle de son héroïne Perpetua, également décédé en attente de traitement dans l'un des hôpitaux surchargé du pays.

[Modifier] TravailDu début à la fin, les travaux du Beti a été informé par deux principes. En termes de style, il était réaliste. Dans une déclaration critique publiée en 1955, il a affirmé que "étant donné les conceptions modernes du beau dans la littérature, donnée à tout le moins ces conceptions essentielles, si une œuvre est réaliste, qu'il a beaucoup de chances d'être bonne ; Si non, en supposant que même qu'il a des qualités formelles, elle risque manquant de résonance, profondeur, qui dont toute la littérature a le plus grand besoin--l'homme ; d'où il s'ensuit qu'il a beaucoup moins de chances d'être bon--si seulement il avait certains--qu'un travail réaliste. »[[] 3] Fiction du Beti demeure fidèle à ce credo. Thématiquement, travail du Beti est unifié par un engagement indéfectible à la lutte contre le colonialisme, manifeste et secrète. Objectif du Beti toujours, même dans sa critique sévère du gouvernement de l'indépendance du Cameroun, a été de renforcer la prospérité et l'autonomie africaine.

« Sans haine et sans amour ", 1953 est une histoire courte et les premiers travaux important du Beti. 

Ville cruelle1954 : Comme beaucoup des premiers romans par les écrivains africains, premier roman de Beti dispose d'un jeune protagoniste pris entre les cultures européennes et africaines. Banda, protagoniste du roman, tente de se marier avec la femme de son choix ; Il est en mesure de le faire par la voie d'une chaîne de coïncidences improbables. Le roman n'est pas largement lu aujourd'hui. Beti publié sous le pseudonyme de Eza Boto, un nom de plume, il n'a pas utilisé plus tard afin de dissocier les travaux. Encore, le roman a reçu des éloges de certains critiques, tels que David Diop, qui loue sa représentation rigoureuse des dommages provoqués par le colonialisme.
Le pauvre Christ de Bomba1956 Succès de percée de Beti. Écrit comme le journal de l'assistant du jeune prêtre, le roman raconte l'histoire d'un missionnaire dans les années 1930. Le prêtre réalise lentement la futilité et l'absurdité de tenter de convertir les africains qui, comme il conclut, déjà adoraient Dieu à leur manière. Gerald Moore note que dans ce roman, Beti a appris à utiliser naïveté du son protagoniste comme outil de satire : réflexions simpliste de l'apprenti sur son expérience avec le prêtre "devient le miroir pur par lequel nous voyons la cupidité, la folieet les malentendus tragiques d'une époque ensemble dans l'histoire de l'Afrique. »[[] 4] 

Mission terminée1957 : Un roman comique décrivant la visite d'un jeune homme camerounais avec une éducation occidentale dans un village à l'intérieur. Jean-Marie Medza, le protagoniste, vient d'échouer son examen du Baccalauréat . Il rentre à la maison s'attendant humiliation. Au lieu de cela, il est chargé de l'obligation de se rendre dans Kala, un village éloigné, pour obtenir le retour d'une jeune femme qui a fui son mari violent, dominateur. Dans Kala, Medza tombe dans un groupe d'amis de son âge. L'essentiel du roman dépeint une série de mésaventures du ridicule qui offrent Medza une meilleure compréhension de sa propre culture et de lui-même. La traduction en anglais est intitulée Mission de Kala.

Le roman a été bien accueilli, remportant le Prix Sainte-Beuve en 1958. wole Soyinka a salué son réalisme, écrivant « idéalisation est une parodie de la vérité littéraire ; Pire encore, il trahit seulement immatures comprendre de l'impulsion créatrice. »[[] 5] Le roman a également reçu des critiques quelque peu contradictoires ; Chinua Achebe réprimandé Beti pour idéaliser le passé précolonial, tandis que Donatus Nwoga critiqué "Cynisme de Beti" sur le même sujet. 

Le roi miraculé : chronique des Essazam1958 : Décrit la transformation d'une ville imaginaire africaine par le capitalisme, le christianisme et colonialisme. Le héros ici, Le Guen, avait été un personnage mineur dans Le Christ pauvre de Bomba; Ce roman se déroule peu après la seconde guerre mondiale. Le Guen tire parti d'une reprise apparemment miraculeuse de la mort de convaincre le chef local de Essazam à adopter le christianisme. Le chef fait donc avec zèle, mais sa répudiation de ses nombreuses épouses mène au chaos, comme chaque jockeys pour le droit de faire sa une femme « true ». Ce chaos alarmes l'église et l'administration coloniale. à la fin, Le Guen est transféré et Essazam retourne à ses modes traditionnels.

[Modifier] Main basse sur le Cameroun et Les procès du Camerounles deux 1972 ; ces longs essais marqués retour du Beti à l'écriture publique. Tous deux ont été inspirés par les gouvernements après l'indépendance du ahmadou ahidjo; l'insatisfaction du Beti ce mécontentement a été déclenché par l'arrestation et l'exécution ultime de l'UPC activiste Ernest Ouandie et évêque Albert Ndongmo sur des accusations de complot en vue de renverser le gouvernement. Les travaux, qui adopta une position ferme contre le néocolonialisme, ont été interdites au Cameroun et en France, jusqu'à ce que la contestation juridique du Beti été couronnée de succès en 1976. Beti révisé et leur réédité dans les années 1980.

[Modifier] Perpétue et habitude du malheur1974. Premier roman du Beti depuis Le roi miraculeuse. Elle est parfois considérée comme partie d'une trilogie qui comprend également Remember Ruben et Remember Ruben 2; Toutefois, dans le thème et en traitement, il est sensiblement différente. Le roman traite l'enquête d'un homme, Essola, sur les circonstances de la mort de sa sœur. Il trouve que ses parents cupides avaient forcée dans un mariage loveless et inapproprié. son mauvais traitements aux mains de son mari a commencé une série d'événements qui ont conduit à sa mort prématurée. Le roman est à la fois une exposition réaliste des conditions postcoloniales dans la nation et une allégorie : Perpetua est développé comme un symbole de la nation et son mariage inapproprié symbolise la sordide et incomplète de la libération du pays dans son ensemble.

Peuples noirs, peuples africains, 1978-1991.
Les langues africaines et le néo-colonialisme en Afrique francophone, 1982.
Les deux mères de Guillaume Ismaël Dzewatama, futur camionneur, 1983.
La revanche de Guillaume Ismaël Dzewatama, 1984.
Lettre ouverte aux Camerounais, ou, La deuxième mort de Ruben Um Nyobe, 1986.
[Modifier] Dictionnaire de la négritude1989 ; Édité, avec Odile Tobner et des contributeurs à l'examen des Peuples noirs - Peuples africains. Dans ce travail, Beti énoncée à préciser (et en grande partie à rejeter) la doctrine de la négritude. Son but avoué était de passer le concept de ses origines dans la mythologie raciale à un site dans l'histoire. Dans ce nouveau poste, il croyait, négritude pourrait être employé comme un outil conceptuel pour comprendre non seulement expérience africaine, mais aussi le rôle du colonialisme dans l'élaboration de cette expérience. Entrées couvrent l'expérience des africains en Afrique et dans le monde entier (la première entrée est pour Ralph Abernathy). 

La France contre l'Afrique : retour au Cameroun1993. Ce travail de journalisme chronique de retour du Beti au Cameroun en 1991. Il traite non seulement ses propres expériences, qui comprenait des réunions longtemps retardé et harcèlement policier, mais aussi ses impressions sur ce que plus de deux décennies de l'indépendance nominale et autocratique avait fait pour les conditions matérielles et psychologiques de son countrypeople.

L'histoire du fou, 1994.
Trop de soleil tue l'amour, 1999.
Branle-bas en noir et blanc, 2000.
[Modifier] Notes1.^ Kemedjio 147.
2.^ lycée Pierre Corneille de Rouen - histoire
3.^ Rand 82.
4.^ Moore 78.
5.^ Soyinka 396.
[Modifier] RéférencesBishop, Rand. Littérature africaine, les critiques africains. New York : Greenwood Press, 1988.
Breitinger, Ekchardt. « Lamentations Patriotiques : écrivains, la censure et la politique au Cameroun. » Affaires africaines 92 (1993): 557-575.
Gikandi, Simon. Encyclopédie de la littérature africaine. New York : Routledge, 2002.
Kimedjio, Cilas. « Me souviens Mongo Beti. » Recherche dans les littératures africaines 37 (2006): 446-50.
Moore, Gerald. Sept écrivains africains. Oxford : Oxford University Press, 1962.
Wole Soyinka, prix. « D'un tissu de dos commun : une réévaluation de l'Image littéraire africain. » Chercheur américain 32 (1963): 387-96.
Taoua, Phyllis. « L'Archive anticoloniale : France et l'Afrique inachevé. » SubStance 32 (2003): 146-64.
[Modifier] Liens externesPeuples Noirs. Peuples Africains revue des radicaux noirs publiée par Mongo Beti et son épouse Odile Tobner de 1978 à 1991.
Bibliographie critique sur les œuvres de Mongo Beti (Auteurs.contemporain.info) (En français)
Biographie et guide to recueillies œuvres: Centre d'études africaines, Leiden
Ferdinand Oyono
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Ferdinand Oyono


Ferdinand Léopold Oyono, né le 14 septembre 1929, mort le 10 juin 2010[1], est un diplomate et homme politique camerounais ainsi que l'auteur de trois romans publiés à la fin des années cinquante.

Biographie[modifier]Né en 1929 à Ebolowa, dans la Province du Sud Cameroun, Ferdinand Léopold Oyono poursuit au lycée de Provins, en France, des études commencées au lycée de Yaoundé. Il réussit ensuite des études supérieures de droit à la Sorbonne avant d'entrer à l'École nationale d'administration (ENA) de Paris en section diplomatique.Il décède le 10 juin 2010 à Yaoundé au Cameroun.

Il débuta en 1959 une brillante carrière de haut fonctionnaire avant de devenir ambassadeur du Cameroun dans divers postes (auprès des Nations unies à New York, en Algérie, en Libye, en Grande-Bretagne et en Scandinavie). À partir de 1987 il participe à de nombreux gouvernements de son pays et assure la charge de différents ministères comme les Affaires étrangères ou la Culture.

Œuvre[modifier]À la fin des années 50, Ferdinand Léopold Oyono publia en langue française trois romans qui ont trait à la vie quotidienne en Afrique à l'époque coloniale et qui, mettant en cause aussi bien l'administration que la police ou l'Église des missionnaires, feront scandale dans cette période de décolonisation.

Une vie de boy, publié en 1956, est centré sur le personnage de Toundi, boy instruit placé chez le commandant d'un district de la colonie française. Le roman dénonce les pratiques autoritaires de la colonisation et au-delà, la négation de l'humanité des colonisés à qui on ne pardonne pas de quitter leur place en découvrant l'envers du décor des maîtres blancs. La place faite à la frustration sexuelle de Toundi vis-à-vis de sa patronne blanche et les turpitudes intimes de celle-ci offrent par ailleurs une approche renouvelée du problème colonial.

Le vieux nègre et la médaille, publié en 1956, se concentre sur la date symbolique du 14 juillet, fêtée dans un district éloigné. Ce jour-là, Meka, qui a donné du terrain aux missionnaires pour leur église et dont les deux fils sont morts à la guerre, est d'abord heureux d'être honoré par une médaille de reconnaissance de la France, à laquelle tous ses proches applaudissent. En deux jours, après une cérémonie qui tourne au grand guignol et une nuit d'humiliation, le vieil homme prend conscience que ce 14 juillet n'est en fait qu'une mise en scène hypocrite des pouvoirs coloniaux qui parlent d'amitié en maintenant une stricte exclusion des colonisés. La solidarité africaine qui l'entoure à la fin du roman constitue un contrepoint politique et, avec la fierté retrouvée du peuple colonisé, une réponse à la colonisation des Blancs.

Chemin d'Europe, publié en 1960, raconta quant à lui l'exploration plus ou moins chaotique du monde des Blancs dans une bourgade africaine par un jeune homme qui veut se couper de ses racines et rêve d'Europe malgré les mises en garde de son père.

Ces œuvres qui associent des registres variés, avec des pages drôles ou grinçantes ou émouvantes, ont marqué les esprits dans cette période où s'esquisse la décolonisation et Ferdinand Oyono n'a pas exploré d'autres sujets en cessant d'écrire des romans depuis 1960.

Extrait[modifier]« Il réalisa qu'il était dans une situation étrange. Ni son grand-père, ni son père, ni aucun membre de son immense famille ne s'étaient trouvés placés, comme lui, dans un cercle de chaux, entre deux mondes, le sien et celui de ceux qu'on avait d'abord appelés les “fantômes” quand ils étaient arrivés au pays. Lui, il ne se trouvait ni avec les siens ni avec les autres. Il se demanda ce qu'il faisait là. Il aurait bien pu attendre avec Kelara qui était sûrement dans la foule qui piaillait derrière lui et on l'aurait appelé pour lui donner la médaille quand le Chef des Blancs aurait été là. Mais quelle drôle d'idée avait eu le Chef des Blancs de Doum de le placer dans un cercle de chaux ! Voilà une heure qu'il était là, et peut-être même plus. Le grand chef des Blancs n'était pas toujours là. »

Ferdinand Léopold Oyono Le vieux nègre et la médaille, éditions Julliard, 1956. (coll.10/18, II° partie, ch.1, p. 95)

Liens externes[modifier]Biographie officielle sur le portail du gouvernement camerounais
Moustapha Tambadou, « Structure de la triologie d'Oyono », Ethiopiques
Ferdinand Léopold OYONO est mort!
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