NOU KA SONJÉ
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Mano  Rétro

Nou Ka Sonjé

Léon Sainte-Rose



  LEON SAINTE-ROSE

Enseignant de profession à la retraite, militant de l’OJAM (Organisation de la Jeunesse Martiniquaise), musicien d’orchestres de bals, il défend la musique traditionnelle entre mazurka et bèlè dans les années 60 – 70. L’un de ses succès est « pliché tinen ». Dans les années 80, il monte Palantché, une structure musicale inégalée à ce jour avec 4 flûtistes, qui parcoura les festivals culturels



Léon Sainte Rose

Un des plus grands interprètes de la musique Martiniquaise ancestrale et tout à la fois moderne,le Bel Air. Dans ce disque il interprète aussi de splendides biguines, accompagnés par piano électrique, cuivres, sections rythmique et percussions.

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- BIO EXPRESS

Né le 26 août 1935 à Saint-Esprit

1955 : Titulaire du bac

1956 : Titulaire du CAP (Certificat d'aptitude professionnel à l'enseignement)

1959 : Participe aux émeutes urbaines de Fort-de-France

1962 : Colle le manifeste de l'OJAM

1963 : Arrêté avec d'autres membres de l'OJAM.

1964 : Fonde le goupe musical Los Caribes

1993 : Retraité de l'Education nationale

2005 : Médaille de la SACEM pour sa contribution au rayonnement de la musique martiniquaise

2012 : Se produit avec l'orchestre Palantché au Festival del Caribe, dédié à la Martinique à Santiago de Cuba.

SOURCE :Leïla Hamitouche / Adams Kwateh- Mercredi 05 décembre 2012

 

http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/une/leon-sainte-rose-je-suis-devenu-un-spectateur-desabuse-184191.php?EspaceConso=Valider

Léon Sainte-Rose-photo de (Fernand Bibas)
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Léon Sainte-Rose : « Je suis devenu un spectateur désabusé »

Leïla Hamitouche / Adams Kwateh -Mercredi 05 décembre 2012

PHOTO de (Fernand Bibas)

 

(Fernand Bibas) Il y a cinquante ans, il placardait sur les murs du Nord-Caraïbe, le manifeste de l'OJAM (l'Organisation de la jeunesse anticolonialiste martiniquaise).

Qui étaient les initiateurs de l'OJAM, l'Organisation de la jeunesse anticolonialiste martiniquaise ?

L'histoire de la constitution de l'OJAM peut laisser entrevoir l'existence de deux organismes. Le premier, que j'appellerais la partie émergée, réunissait des jeunes vivant en Martinique. Nous formions un groupe hétérogène formé de ceux qui étaient engagés au sein du Parti communiste martiniquais : Guy Dufond, Gesner Mencé, Roland Lordinot, Hervé Florent, Joseph René-Corail dit Khokho et d'autres qui n'appartenaient à aucun parti et qu'on appelait les nationalistes.L'autre organisme, que l'on peut considérer comme la partie immergée de l'OJAM, étaient les jeunes Martiniquais étudiants en France, auxquels il faut ajouter des militants politiques réunis au sein du Front antillo-guyanais : Glissant, Pulvar, Béville, Marie-Joseph, Manville, etc.Contrairement à ce que disait la police, nos réunions n'étaient pas clandestines : on se rencontrait à la Maison des syndicats au vu et au su de tous. Des sympathisants assistaient régulièrement à nos débats. Par ailleurs, nous n'avions nullement l'intention de lancer des actions violentes, contrairement à l'aile française qui envisageait l'option radicale. Cela dit, pour nous tous, l'objectif final était la prise en main ,par les Martiniquais, de leur destin.

 

Mais localement, votre baptême du feu a été l'affichage de votre manifeste sur l'ensemble du territoire de l'île. Comment cette première sortie avait été perçue par le public ?

Cette action a provoqué un véritable électrochoc au sein de toutes les couches de la population qui n'étaient pas habituées à de tels faits. Il faut dire que la très grande majorité des communes était détenue par la droite. Mais, ce sont les forces de l'ordre qui ont été les plus préoccupées par cet affichage sauvage, car elles n'avaient pas vu les choses venir. Nous nous étions réparti les tâches en fonction de notre lieu d'habitation ou de travail. J'avais placardé des affiches le 19 décembre 1962 à Saint-Pierre, à Ajoupa et au Morne-Rouge entre 23 heures et minuit.

Aviez-vous bénéficié du soutien des leaders politiques de l'époque tels que Georges Gratiant et Aimé Césaire ?

Je pense qu'ils ne désapprouvaient pas la finalité de notre action. La preuve, Georges Gratiant et Camille Darsières nous ont défendus lors du procès à Paris en 1963. Je pense que Césaire n'était pas hostile à l'OJAM. Car il était venu témoigner en notre faveur au procès. Pour ma part, j'ai été déçu quand il avait dit, en résumé, « Excusez ces jeunes qui se sont fourvoyés » .

Comment expliquez-vous les dissensions qui ont vite apparu entre les camarades de Martinique et ceux de Paris ?

Je pense que cela tenait au fait que l'aile parisienne était composée de personnes rompues au militantisme et à l'action révolutionnaire. D'ailleurs, un certain nombre d'entre eux, sinon la presque totalité, évoluait aux côtés du Front de libération nationale.

Cette différence d'expérience politique a-t-elle joué dans l'échec de l'OJAM pour constituer un front qui aurait pu négocier le statut de la Martinique avec l'Etat français ?

Les raisons de notre échec ne proviennent pas de cette réalité, mais davantage à des divergences idéologiques au sein de l'OJAM. Je pense qu'il y a eu des heurts et des malentendus.En fait, notre mouvement a échoué faute d'adhésion populaire. Ensuite, il a été très vite décapité par la police. L'Etat a pris la situation en main, en se disant que si en une seule nuit l'OJAM avait réussi à placarder son manifeste sur la quasi-totalité du pays, il pourrait être capable de mener des actions subversives...

  

Et la découverte de la valise d'Henry Armougon par les Renseignements généraux ne prouve-t-elle pas votre inexpérience ?

Notre analyse est que les services de Renseignements généraux se sont arrangés pour substiliser la valise d'Armougon dans sa voiture. Tout montrait qu'il était suivi de près depuis des semaines. La France ne voulait pas d'une seconde Algérie. Moi, j'ai été arrêté le 8 mars 1963. De tout le groupe, je suis le seul qui, physiquement, avait pris part aux émeutes de décembre 1959, notamment par des actions violentes : incendies des postes de police et jets de cailloux sur les forces de l'ordre.

 

C'était le début de votre engagement ?

Je faisais partie de la petite intelligentsia qui a pris conscience de la réalité politique de son pays à partir de l'insurrection algérienne du 1er novembre 1954. Le mouvement anticolonialiste mondial commençait à souffler sur la Martinique aussi... Et beaucoup d'entre nous se sentaient solidaires des luttes de libération menées ici et là dans le monde.

 

Pourtant les lois d'assimilation commençaient à produire leurs effets...

Nous désignions la Martinique comme un département-colonie. Ce qui montre que la départementalisation ne satisfaisait pas les membres et sympathisants de l'OJAM, ainsi que des Martiniquais politiquement plus engagés, considérant leur pays comme un département-colonie, puisque nous n'étions pas responsables de notre destin. Certes, la départementalisation a amélioré les conditions de vie, mais ne permettait pas l'émergence d'une personnalité martiniquaise. Cette situation perdure encore, car quel que soit le statut qui nous est proposé, nous demeurons sous la tutelle de la France.

 

L'OJAM vous a-t-elle permis de concrétiser vos engagements idéologiques en dehors des partis politiques traditionnels ?

Oui! Car les objectifs fixés par l'OJAM me concernaient, à savoir La Martinique aux Martiniquais. En clair, il n'y avait pas besoin de guides ou d'éléments extérieurs pour décider de notre développement économique.

  

Quelle est votre vision de la Martinique d'aujourd'hui et comment voyez-vous l'avenir ?

Pour ma part, je n'ai jamais trahi les idéaux de ma jeunesse, mais j'ai perdu mes illusions. Je pense que le système de consommation dans lequel nous sommes installés anesthésie les consciences. Je me demande aussi comment la Martinique pourrait prendre en charge la question de l'insécurité galopante, car tout n'est pas imputable à la France. Surtout pour tout ce qui concerne les questions liées aux valeurs et aux choix de société. Je pense qu'on ne peut pas combattre la violence en tenant dans une main le Deutéronome et dans l'autre, le code pénal. Donc ma conviction est qu'il faut combattre le délinquant avec ses propres armes.

 

Si c'était à refaire, vous vous engageriez au sein de l'OJAM ?

Je ne le ferais pas dans le contexte actuel. Cependant, mes convictions révolutionnaires restent intactes. Ainsi, il m'a semblé important d'être présent lors de la mobilisation contre la vie chère en février 2009 : le jour, je manifestais dans les rues de Fort-de-France, et la nuit j'étais sur le barrage de Génipa. Après cela, je suis devenu un spectateur désabusé quand j'ai vu les gens prendre d'assaut les grandes surfaces au lendemain de la signature qui mettait fin à la mobilisation. De plus, je me demande pourquoi certains de mes camarades se sont complètement retirés de tout engagement révolutionnaire pour la Martinique. Je pense à Henri Pied et Henri Armougon

Quelle leçon tirez-vous de l'OJAM ?

C'était un mouvement généreux, une bonne initiative. Il ne pouvait pas perdurer d'abord parce que le contexte socio-politique n'était pas favorable et d'autre part, nous n'étions pas encore une organisation de masse solide bien structurée capabale de mettre en place une stratégie capable d'obliger l'Etat français à prendre nos revendications autonomistes. Nous n'avions ni un Hocine Aït Ahmed comme l'Algérie ou Che Guevara comme Cuba. J'ai appris avec l'OJAM qu'une poignée de dirigeants convaincus et déterminés peut faire démarrer une révolution, mais que celle-ci ne peut aboutir sans participation populaire...

 

- BIO EXPRESS

Né le 26 août 1935 à Saint-Esprit

1955 : Titulaire du bac

1956 : Titulaire du CAP (Certificat d'aptitude professionnel à l'enseignement)

1959 : Participe aux émeutes urbaines de Fort-de-France

1962 : Colle le manifeste de l'OJAM

1963 : Arrêté avec d'autres membres de l'OJAM.

1964 : Fonde le goupe musical Los Caribes

1993 : Retraité de l'Education nationale

2005 : Médaille de la SACEM pour sa contribution au rayonnement de la musique martiniquaise

2012 : Se produit avec l'orchestre Palantché au Festival del Caribe, dédié à la Martinique à Santiago de Cuba.

 

- IMAGE : La flûte 

joyeuseL'enseignant, aujourd'hui à la retraite, a toujours mené de front musique et transmission du savoir. En témoignent les nombreux orchestres qu'il a mis sur pied. Ici, Léon Sainte-Rose est dans ses oeuvres lors de la remise de prix de la SACEM. Ce multi-instrumentiste est connu surtout pour son jeu de flûte de bambou. Outre l'enseignement de cet instrument qu'il dispense dans différentes parties de la Martinique, il fabrique lui-même ses flûtes. De nombreuses commandes lui parviennent d'ailleurs de Martinique et de Guadeloupe.

 

- PORTRAIT : Révolté

permanent« Aqui estoy! » tonne, Léon Sainte-Rose, sourire franc et bras ouverts pour nous accueillir. Une certaine chaleur mais aussi une « verticalité » pourrait-on dire. D'emblée on comprend que cet enseignant et musicien ne mâche pas ses mots, il n'a jamais appris à jouer de la langue de bois. Militant indépendantiste, il est « heureux » d'avoir participé aux événements de décembre 1959 et à l'OJAM.Déçu, mais pas amer, il dit avoir perdu ses illusions de jeunesse, « il y a deux ou trois ans » , mais n'a jamais renoncé à ses idéaux. Absolument de gauche, il est déconcertant quand il s'énerve, non sans humour, contre une jeunesse qui reste à glander, en attendant les minimas-sociaux, ou en dealant « le cul assis toute la journée... Man ka payé lenpo, pou ou rété san fè ayen et en plus après c'est toi qui viens m'agresser dans la rue! » . Il peste sans mollir contre « la mentalité d'assisté » , lui qui, à 77 ans, continue à travailler. Le travail, le goût de l'effort, l'émancipation, voilà des valeurs avec lesquelles on ne badine pas chez Léon Sainte-Rose.Son cheminement militant commence au lycée : « On était imprégné de ce mouvement de décolonisation et nous constations que la Martinique était en dehors, éternel département français! » La fréquentation de camarades plus avancés, la lecture d'auteurs comme Fanon, vont contribuer à former le militant, qui fera ses premières armes en 1959, dans les nuits d'émeutes de Fort-de-France. « J'avais 24 ans, avec les autres j'ai jeté des pierres et brûlé des commissariats » . Au quatrième jour, le calme revient. Jusqu'en décembre 1962. Léon Sainte-Rose s'est marié entretemps. Il est aussi devenu père, et son épouse est enceinte de leur deuxième enfant quand il est arrêté avec d'autres compagnons, le 8 mars 1963 dans le cadre de l'affaire de l'OJAM. Il sera emprisonné pendant près de cinq mois à Fresnes, avec d'autres frères d'armes, accusés d'atteinte à la sûreté de l'Etat.

 

 « NOTRE ENNEMI, C'EST NOUS-MÊMES! »

Le militantisme prendra ensuite une forme plus discrète. « A travers ma musique, mes textes évidemment étaient engagés. Je ne suis pas là pour participer à l'aliénation du peuple! En tant qu'enseignant, je me suis attaché à l'apprentissage de notre histoire. Il ne peut pas y avoir de révolution sans prise de conscience » .En février 2009, il est aussi dans les rues avec les manifestants. L'enthousiasme laissera place au désenchantement, « au lendemain de la grève on a levé le rideau des supermarchés et tout le monde s'est rué pour dépenser » . Le vote de janvier 2010, sur l'évolution institutionnelle finira de « scier » Léon Sainte-Rose, qui a développé un regard sans concession pour son pays : « Nous ne nous projetons pas dans l'avenir, il n'y a pas de grand dessein commun. J'aime mon pays, mais ce que je reproche aux gens de mon pays, c'est cette espèce d'inertie, cette acceptation passive où on se contente de consommer. Notre ennemi, ce n'est pas la France, c'est nous-mêmes! » Il a rêvé de Cuba, mais c'est dans la campagne du Saint-Esprit qu'il vit et cultive la terre, dans l'idée d'atteindre l'autosuffisance alimentaire. Un mode de vie singulier, assez proche de formes de militantisme actuel, comme une métaphore de l'indépendance qu'il voulait pour son pays.-

COUP DE COEUR

J'ai une grande estime pour Alfred Marie-Jeanne-

COUP DE GUEULE

L'incapacité de l'Etat français à lutter contre l'insécurité-

UN RÊVE

Etre détaché de tout ce qui est émotionnel, passionnel, matériel

SOURCE:.franceantilles.

Leïla Hamitouche / Adams Kwateh -Mercredi 05 décembre 2012 

 

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Léon Sainte-Rose

 
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Léon Sainte-Rose

(Fernand Bibas)

 

 
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Léon Sainte-Rose

   photo 1994

 

 
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