NOU KA SONJÉ
YO
CÉ LI MINME KI LA
Robert MAVOUNZY
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ROBERT MAVOUNZY
(Alias Rabôte)

Né à COLON (Panama), de mère Guadeloupéenne et de père Panaméen le 02 Avril 1917, dès son enfance, il à été initié à la musique et jouait à la scie musicale et à la batterie, il est âgé de 10 ans lorsque son père décède.
(Maman de Robert MAVOUNZY) De retour en GUADELOUPE avec sa maman et a peine ont-ils le temps de s'installer, l'enfant prodige est engagé comme batteur, dans le plus illustre des orchestre que dirige Roger FANFANT, " le Fairness's Jazz ", cet orchestre compte d'éminents musiciens qui sont : Madame THERMES au piano (professeur de musique) - Elie CHAUDREAU à la guitare - Maxime WILLIAM à la trompette - Roger CITE à la batterie - Robert et Roger FANFANT au violon, tous ces musiciens font la joie de leurs admirateurs, leur admiration pour ce gamin qui tient la batterie de manière électrique ajoute au succès du " Fairness's Jazz ".
En 1933, Robert MAVOUNZY fait l'acquisition d'un saxophone qu'il maîtrise assez rapidement, il s'amuse à jouer aussi bien du saxo alto au ténor en passant par le baryton sans oublier la clarinette, au sein du même " Fairness's Jazz ", il joue au saxo ténor et Staël GABALI est au saxo alto. En 1937, l'orchestre est désigné pour se rendre en France pour y animer le pavillon de la GUADELOUPE lors de l'exposition Internationale des Arts et Techniques, Madame THERME qui ne tient pas à faire le voyage, se désiste au profit du jeune pianiste Edouard PAJANIANDY dit " MARIEPIN ", une photo immortalise ce grand événement !
Avant son retour en GUADELOUPE, l'orchestre enregistre six faces de biguines aux studios Pathé puis, Robert MAVOUNZY ne tardera guère de revenir tout seul à Paris, c'est sans difficulté qu'il prend contact avec les grands musiciens de la capitale. Il joue avec le grand trompettiste Bill COLEMAN au " Club des Champs Elysées ", puis au " Chantilly " avec le guitariste Argentin Oscar ALEMAN.
La guerre de 39 - 45 éclate, les musiciens de couleur on du mal à trouver du travail, Félix VALVERT à une idée de génie, il décide d'aller en zone libre, il parvient à réunir les meilleurs musiciens antillais du moment, tels que : Abel BEAUREGARD - Paul LUDE - Jean DEGRACE à la trompette - Albert LIRVAT au trombone et à la guitare - Claude MARTIAL au piano - Alberto BORGIANO à la contrebasse - Fred ALEXI à la batterie - Robert MAVOUNZY - Eugène DELOUCHE - Emilio CLOTILDE et VALVERT lui-même au saxophone.
Nous sommes en Février 1942, L'épopée ne dure que quatre mois, au mois de juin, Robert MAVOUNZY revenu à PARIS se voit engagé dans l'orchestre du camerounais Fredy JUMBO qui officie à la brasserie " la cigale " ; MAVOUNZY est au saxo alto tandis que Sylvio SIOBUD est au saxo ténor, l'haïtien Maurice THIBAULT tient le piano, Henri GODISSARD le Guyanais tient la contrebasse et Fredy JUMBO le pipeau et la batterie.
Un musicologue bien connu écrit la chose suivante en parlant de RABOTE …le pilier de l'orchestre, arrangeur de la plupart des morceaux, était Robert MAVOUNZY qui transmettait son aura à tous les musiciens sans exception, capable de s'exprimer avec le même brio au soprano, à l'alto, au ténor, au baryton ou à la clarinette, il passait d'un instrument à l'autre et poussait la fantaisie jusqu'à en jouer de deux à la fois…
Au mois d'octobre 1942, " la Cigale " offrait à son public une section de quatre saxophones : Eugène DELOUCHE et Chico CRISTOBAL à l'alto (émule de Mavounzy) Sylvio SIOBUD au ténor et Robert MAVOUNZY au baryton ; un vrai feu d'artifice !!!
Le 18 Novembre 1942 se produit un grand événement discographique, l'orchestre de Fredy JUMBO enregistre chez "Polydor". Pour la circonstance, Robert MAVOUNZY fait appel à son ami Albert LIRVAT qui intègre la formation pour la guitare. Le non-voyant Claude MARTIAL tient le piano, Sylvio SIOBUD est au saxo ténor, Henry GODISSART à la contrebasse, Fredy le chef d'orchestre toujours à la batterie et au pipeau.
(Orchestre de Fredy JUMBO en 1943)
Voilà ce que rapporte le bien connu Jean-Pierre MEUNIER : les deux saxophonistes se placent dans la lignée des meilleurs américains, Robert MAVOUNZY à l'alto posséde l'aisance déconcertante, la logique sophistiquée et intuitive, l'élégance, l'invention, l'exubérance d'un saxophoniste comme Benny CARTER dans des chorus ou chaque attaque est un cri de joie, Sylvio SIOBUD, quant à lui, a retrouvé son ténor, la générosité véhémente, l'assise inébranlable, la flexibilité chaude et moelleuse d'un Coleman HAWKINS Albert LIRVAT assure le soutien métronomique et harmonique d'un Freddie GREEN. Dans une autre séance d'enregistrement, il est dit que : " Robert MAVOUNZY donne une démonstration de sa verve et de sa fantaisie à la clarinette ". Autre phrase à souligner, il s'agit en réalité d'une Jam-Session dans laquelle notre vaillant trio LIRVAT - SIOBUD - MAVOUNZY (ce dernier empoignant l'alto avant de conclure à la clarinette) nous donne en final
(Robert MAVOUNZY et Albert LIRVA)
une époustouflante improvisation collective emmenée par MAVOUNZY dans la plus pure tradition de la Nouvelle-Orléans. Autre phrase encore dans " georgina " composition de Robert MAVOUNZY, celui-ci développe un chorus de clarinette débordant de jubilation. Robert MAVOUNZY était de toutes les Jam-sessions organisées après la libération par Charles DELAUNAY, il à été le premier musicien en France à se lancer dans le style Be-Bop de Charlie PARKER, il fut aussi le premier à en faire des enregistrements à Paris, six mois avant que le grand trompettiste Dizzy GILLESPIE ne vienne en faire la démonstration de ce nouveau style de musique à la salle Pleyel en février 1948.
(Madame MAVOUNZY et son fils Robert avec Emilien ANTILE)
Robert MAVOUNZY fut le plus prestigieux des saxophonistes antillais, il a marqué le siécle par sa façon de s'exprimer au saxo, il fut souvent imité jamais égalé, il eut de nombreuses empoignades tant avec son émule Chico CRISTOBAL qu'avec Emilien ANTILE - Sylvio SIOBUD - Franck " Big Boye " Goudie etc. Après plus de trente ans d'animation à " la cigale " ce musicien de renom, compositeur émérite, fut pris d'un malaise dans cette brasserie de renommée internationale, haut lieu du Jazz à Paris, c'est aussi dans ce temple de la musique qu'il a pu se mesurer aux grands musiciens américains, donnant à ses fidèles admirateurs le maximum de son talent. Citons quelques unes de ses œuvres qui devinrent des classiques du genre ; Pour le Jazz : " la cigale " " georgina " et pour la musique traditionnelle Antillo-Guyanaise : " bon ti rhum la " " ka y fait ou " " bégonia " etc.

Robert MAVOUNZY succombe à son malaise le 24 Mars 1974.

Il fut remplacé à la cigale par le non moins valeureux saxophoniste "Ti Marcel" LOUIS-JOSEPH, c'est aussi Ti Marcel qui fut sollicité par le curé de l'église des Abbesses pour jouer " du Robert MAVOUNZY " au moment de la cérémonie religieuse, l'église fut archi-pleine des musiciens métropolitains, Américains et Antillo-Guyanais. Que d'yeux ce sont voilés ! la gente féminine fondait en larmes, adieu RABOTE ! ton nom restera gravé dans la mémoire de plusieurs générations de MADIKERA et de la GUYANE.
(Aude BAGOE)
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ROBERT MAZOUNZY
Robert Mavounzy
Robert Mavounzy
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Robert Mavounzy

Robert Mavounzy naquit à Colon ( République de Panama) le 2 Avril 1917

Il est décédé le 24 -Mars-1974 à L'hôpital Henri Mondor à Créteil-( Père de deux enfants : Marie et Jacky, Robert Mavounzy est enterré au cimetière de Saint-Ouen …

Il jouait du saxophone alto, ténor et soprano. Robert Mavounzy naquit à Colon ( République de Panama) le 2 Avril 1917 -de père et de mère guadeloupéens.Ses parents étaient partis travailler à la construction du Canal . Jeune prodige, il montre très tôt des talents de musicien. C'est en 1928 que sa famille vint se fixer en Guadeloupe où il fit connaissance du folklore local. Vers 17 ans il se met au saxophone alto. SUR LES TRACES DE L'ARTISTE TOUS LES ARTISTES DE CETTE ÉPOQUE RECONNAISSENT SES QUALITÉS DE SOUFFLEUR
Pendant l'occupation allemande le jazz ne fut pas interdit . Une grosse clientèle d'officiers maintenaient les autorisations des cabarets parisiens. Les antillais Al Lirvat et Robert Mavounzy, dits “musiciens coloniaux”, purent continuer à exercer leur art malgré que certains lieux soient interdits aux juifs et au nègres .Les titres américains furent un temps rebaptisés à la sauce Propaganda Staffel .Le Hot Club de France présenta Salle Pleyel le 19 décembre 1943 : le Hot Club colonial “un festival de musique nègre”avec : - un grand orchestre sous la direction de Félix Valvert (1) - un quintette et orchestre typique - Robert Mavounzy et son nouvel orchestre A Paris Robert joue avec le trompettiste Bill Coleman (jazz traditonnel et classique 1904-1981) au Café de Paris puis au Chantilly. Il passe à “la Cigale”au côté du trombone Al Lirvat en 1942. Accompagnateur et instrumentiste recherché, le 7 juillet 1943, il enregistre au sax alto au côté du guitariste Django Reinhardt et son orchestre : “Gaiement, Blues d'autrefois, Place de Brouckère” . Il enregistre également avec le noir américain Harry Cooper (trompet. 1903-1961 citoyen français en 1941) pour “Swing”, Léo Chauliac ( pianiste de jazz), Gus Viseur (accordéon jazz- musette 1915-1974 ), Hubert Rostaing (sax .a. et clarinet. 1918-1990) . Robert quitte en 1945 le café “la Cigale” pour “l'Elysée Montmartre”. A la libération on le voit rue Chaptal faire une jam session avec deux musiciens américains. Il enregistre pour Swing avec les :”Bebop Minstrels “en 1947: Allan Jeffrey et Jack Carmon (trompet.), André Persiany (pianiste), Emmanuel Soudieux (contrebass.1919-), Benny Bennett (drums). Participe à de nombreux concerts: École Normale, Théâtre Marigny, Salle Pleyel et d'autres, suivi d'une série de contrats entre 1947 et 1949 à l'Etincelle, au Parnasse, au Melody's, à La Boule Blanche et au Rêve; s'ensuit une série de tournées en France et à l'étranger. En 1954: enregistrement pour Pathé, en compagnie de Sonny Grey (trompet.), Bill Tamper (tromb.), Sam Walker (saxo ténor), Art Simmons (piano), Buddy Banks (contrebas.), Benny Bennett (batter). Une série de 78 tours avec Al Lirvat pour les cuisinières “Chauffé biguine là” (wabap) , il enregistre avec Paul Emile Haliar et son orchestre “Jeunesse” les oeuvres de Jean Bordin. Robert Mavounzy et Al Lirvat connaissent un grand succès de 1955 à 1960 à “La canne à Sucre”et participeront à la Revue de Josephine Baker” Paris mes Amours”pendant un mois probablement en Janvier 1960 à l'Olympia sur l'initiative de Bruno Coquatrix . Retour au pays en 1964, il restera en Guadeloupe jusqu'en 1970 . Marcel Mavounzy raconte qu'a la demande de ses fans il fit revenir Robert de la métropole en 1956 . “Le jour de son arrivée en rade de Pointe-a-Pitre, la joie était à son comble, avec des banderoles sur les immeubles du port, dans les rues de la ville, avec des orchestres locaux, des fleurs, des klaxons de voitures, un service d'ordre de police. Enfin tout ce qui est dû à une vedette ou un représentant d'un pays.” Le jazz et la biguine faisant bon ménage d'après les amateurs, de retour à Paris il rejoue avec son ami Al Lirvat à la brasserie “La Cigale” où il sera frappé du mal qui l'emportera en mars 1974.

Par Marcel MAVOUNZY


Peu après son passage à l’Exposition Internationale de Paris en 1937, il revient en France pour y faire carrière et commence au Café de Paris et au Chantilly. Durant l’Occupation, il fait sensation à La Cigale et participe à de nombreux concerts du Hot Club de France.

De 1947 à 1949, Robert Mavounzy est chef d’orchestre à La Boule Blanche. Il fréquente ensuite les jam-sessions et joue dans divers cabarets. En 1956, Robert Mavounzy est à La Canne à Sucre. Il fait une tournée en Guadeloupe en 1957 puis à la Martinique en 1958. En 1960, il accompagne Joséphine Baker à l’Olympia, part en tournée en Grèce avec Al Lirvat puis revient dans l’orchestre de La Canne à Sucre animé par Gérard La Viny.

Fin 1964, il part pour cinq ans en Guadeloupe. Revenu à Paris en 1970, il retrouve sa place à La Cigale dans l’orchestre d’Al Lirvat. Un soir, lors d’une représentation, il est victime d’un malaise et décède à l’hôpital de Créteil le 24 mars 1974. Prodigieux improvisateur, virtuose doué d’une oreille et d’une technique infaillibles, Robert Mavounzy est un génie du saxophone qui n’a jamais été égalé.

Par Jean-Pierre NEUNIER

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Emilien ANTILE
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EMILIEN ANTILLE-NOU KA SONJE
ÉMILIEN ANTILE (1925-1980
)


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Emilien ANTILE
(Monsieur SAX.)

Dés sa sortie du cours principal de Pointe-à-Pitre, Emilien fréquente un peu l'école de la rue, il cotroie le milieu des musiciens et du transport en commun, il joue de la flûte et s'intéresse au pipeau, très vite ; il travaille comme aide chauffeur dans un transport de passagers, il fait la ligne Pointe-à-Pitre Basse-Terre.
Au bout de long mois de travail, il réalise quelques économies avec lesquelles il décide de s'offrir un saxophone, dés lors, cet instrument ne le quittera plus, il séjournera aussi bien dans son autobus qu'a son domicile.
A cette époque ; ce rendre de Pointe-à-Pitre à Basse-Terre est un véritable calvaire, la cadence de rotation est d'un voyage aller-retour par jour. En quittant Basse-Terre à quatre heures, et s'arrêtant tout au long de la route ainsi que dans les villes entre le chef lieu et la capitale ; l'heure d'arrivée se situait entre sept et huit heures. Le véhicule déchargé, Emilien faisait quelques courses, et prenait place dans l'autobus en attendant le retour des passagers (marchandes de légumes de poisson et bien d'autres encore).
Le musicien en profite pour exercer ses connaissances et perfectionner la vélocité de ses doigts sur les clés de son saxo, rapidement, il maîtrise l'instrument, les premiers passagers de retour s'installent et une longue attente des tout derniers leur permet d'apprécier les talents de leur chauffeur-musicien, des lors, tout le monde en parle, et au fil du temps, l'on parle de " Monsieur SAX ".
Emilien ANTILE jouit d'une grande popularité dans tout le pays, il officie dans l'orchestre " El Calderon " que dirige Brunel AVERNE, avec lui, il y a aussi le guitariste André CONDOUANT et Henri DEBS.
A cette époque une grande rivalité existe entre les musiciens guadeloupéens surtout chez les saxophonistes, ceux-ci aiment bien se retrouver pour faire " le Bœuf ", les plus adroits cherchent toujours à mettre les moins expérimentés en difficulté, il s'agit pour eux de changer brusquement de tonalité laissant pantois celui qu'i n'arrive pas à les suivre, cela se dit dans le milieu " Baille en Tchimbé ", la victime se retrouve debout l'instrument en mains, ne comprenant pas ce qui lui arrive.

On parle beaucoup en France de Robert MAVOUNZY qui n'a pas son égal chez les saxophonistes antillais, Emilien décide de partir à Paris, persuader qu'il fera ce fameux MAVOUNZY remettre son instrument dans son étui, Emilien n'est-il pas surnommé " Monsieur SAX " ? Il se renseigne pour savoir ou ce phénoménal MAVOUNZY officie, il l'observe avec assiduité, il l'imite dans ses faits et gestes, il le copie, il commence des prestations ça et là, sans hésiter, il se met à vomir du " Robert MAVOUNZY " de nombreuses remarques lui sont faites à ce sujet, qu'a cela ne tienne ! Il n'a pas la classe ; le métier et l'élégance de Robert MAVOUNZY, soit !

Il fait son chemin dans le milieu musical antillais, il se perfectionne et parvient à se frotter aux meilleurs musiciens et même à MAVOUNZY.

En tout cas, Emilien ANTILE fait une brillante carrière comme excellent musicien et compositeur, ensuite, il quitte la France pour aller enseigner la musique au centre des arts de Dakar, seconder par le saxophoniste sénégalais Mady SISSOKO, il y demeura de nombreuses années, seule la maladie l'oblige à quitter ce magnifique Pays.

Emilien ANTILE à beaucoup travaillé et enregistré avec le grand maître Albert LIRVAT, son ami d'enfance Henri DEBS n'a pas hésité à lui sortir (plusieurs C.D.) ou Emilien excelle dans sa façon à lui d'interpréter et de composer les différents thèmes de la musique traditionnelle des Antilles-Guyane.

Il est sans doute le musicien antillais qui a attiré le plus grand nombre de personnes lors de ses obsèques.
(Aude BAGOE)
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 EMILIEN ANTILLE-NOU KA SONJE 
ÉMILIEN ANTILE (1925-1980)
Il apprend le saxophone alto en 1945 et joue en compagnie
du saxophoniste Marcel Louis-Joseph.
1975. Tombé gravement malade, il est rapatrié en urgence
et meurt à Montreuil le 30 mars 1980.
4 images
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ÉMILIEN ANTILE (1925-1980)
Émilien Antile, fils d’un chauffeur de bus de Guadeloupe, débute au banjo dans un orchestre amateur en 1941. En 1943, il devient lui-même conducteur d’autobus et s’achète une clarinette avec ses premières économies. Il apprend le saxophone alto en 1945 et joue en compagnie du saxophoniste Marcel Louis-Joseph.


En 1949, il intègre l’orchestre “El Calderon” du violoniste Brunel Averne. Après son service militaire effectué en 1951, Émilien Antile fait partie de l’orchestre “Jeunesse” de Paul-Émile Haliar. Passionné de bop et grand admirateur de Charlie Parker, il est déjà réputé pour sa vélocité à cette époque. En avril 1954, il s’embarque pour la métropole avec un contrat de trois mois en Allemagne. Il joue ensuite à Paris aux “Triolets”, rue de Montreuil, puis avec Jack Butler “Chez Frisco”, rue Notre-Dame de Lorette.


En 1957, Émilien Antile est engagé par Al Lirvat à
La Cigale. Il participe à la tournée africaine de l’orchestre en 1959 ainsi qu’au film “Paris Blues” en 1960. Il est présent à
La Cigale jusqu’en 1961. Durant cette période, il participe à de nombreux enregistrements avec Al Lirvat, Barel Coppet et Alphonso. De 1962 à 1963, Émilien Antile est à
la Canne à Sucre, dans l’orchestre de Gérard
La Viny. Il séjourne à
la Martinique de 1964 à 1966 puis à
la Guadeloupe de 1967 à 1972. Revenu à Paris, il repart pour le Sénégal où il enseigne le saxophone à Dakar jusqu’en 1980, avec une interruption en 1975. Tombé gravement malade, il est rapatrié en urgence et meurt à Montreuil le 30 mars 1980.

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Emilien ANTILE-(Monsieur SAX.)


Dés sa sortie du cours principal de Pointe-à-Pitre, Emilien fréquente un peu l'école de la rue, il cotroie le milieu des musiciens et du transport en commun, il joue de la flûte et s'intéresse au pipeau, très vite ; il travaille comme aide chauffeur dans un transport de passagers, il fait la ligne Pointe-à-Pitre Basse-Terre.

Au bout de long mois de travail, il réalise quelques économies avec lesquelles il décide de s'offrir un saxophone, dés lors, cet instrument ne le quittera plus, il séjournera aussi bien dans son autobus qu'a son domicile.

A cette époque ; ce rendre de Pointe-à-Pitre à Basse-Terre est un véritable calvaire, la cadence de rotation est d'un voyage aller-retour par jour. En quittant Basse-Terre à quatre heures, et s'arrêtant tout au long de la route ainsi que dans les villes entre le chef lieu et la capitale ; l'heure d'arrivée se situait entre sept et huit heures. Le véhicule déchargé, Emilien faisait quelques courses, et prenait place dans l'autobus en attendant le retour des passagers (marchandes de légumes de poisson et bien d'autres encore).

Le musicien en profite pour exercer ses connaissances et perfectionner la vélocité de ses doigts sur les clés de son saxo, rapidement, il maîtrise l'instrument, les premiers passagers de retour s'installent et une longue attente des tout derniers leur permet d'apprécier les talents de leur chauffeur-musicien, des lors, tout le monde en parle, et au fil du temps, l'on parle de ” Monsieur SAX “.

Emilien ANTILE jouit d'une grande popularité dans tout le pays, il officie dans l'orchestre ” El Calderon ” que dirige Brunel AVERNE, avec lui, il y a aussi le guitariste André CONDOUANT et Henri DEBS.

A cette époque une grande rivalité existe entre les musiciens guadeloupéens surtout chez les saxophonistes, ceux-ci aiment bien se retrouver pour faire ” le Bœuf “, les plus adroits cherchent toujours à mettre les moins expérimentés en difficulté, il s'agit pour eux de changer brusquement de tonalité laissant pantois celui qu'i n'arrive pas à les suivre, cela se dit dans le milieu ” Baille en Tchimbé “, la victime se retrouve debout l'instrument en mains, ne comprenant pas ce qui lui arrive.


On parle beaucoup en France de Robert MAVOUNZY qui n'a pas son égal chez les saxophonistes antillais, Emilien décide de partir à Paris, persuader qu'il fera ce fameux MAVOUNZY remettre son instrument dans son étui, Emilien n'est-il pas surnommé ” Monsieur SAX ” ? Il se renseigne pour savoir ou ce phénoménal MAVOUNZY officie, il l'observe avec assiduité, il l'imite dans ses faits et gestes, il le copie, il commence des prestations ça et là, sans hésiter, il se met à vomir du ” Robert MAVOUNZY ” de nombreuses remarques lui sont faites à ce sujet, qu'a cela ne tienne ! Il n'a pas la classe ; le métier et l'élégance de Robert MAVOUNZY, soit !


Il fait son chemin dans le milieu musical antillais, il se perfectionne et parvient à se frotter aux meilleurs musiciens et même à MAVOUNZY.


En tout cas, Emilien ANTILE fait une brillante carrière comme excellent musicien et compositeur, ensuite, il quitte
la France pour aller enseigner la musique au centre des arts de Dakar, seconder par le saxophoniste sénégalais Mady SISSOKO, il y demeura de nombreuses années, seule la maladie l'oblige à quitter ce magnifique Pays.


Emilien ANTILE à beaucoup travaillé et enregistré avec le grand maître Albert LIRVAT, son ami d'enfance Henri DEBS n'a pas hésité à lui sortir (plusieurs C.D.) ou Emilien excelle dans sa façon à lui d'interpréter et de composer les différents thèmes de la musique traditionnelle des Antilles-Guyane.


Il est sans doute le musicien antillais qui a attiré le plus grand nombre de personnes lors de ses obsèques.


(Aude BAGOE) /////////////


Emilien ANTILE c'était d'abord de l'or en Sax. Et puis quel rythme! quelle élégance dans les nuances harmoniques. Ces notes qui s'infusaient dans la cadence des biguines, des mazurkas créoles, et même des bel-air avaient tout le swing d'un certain jazz noir.

Consacré meilleur interprète dans le genre, Emilien ANTILE 'Mr Sax' continuait de nous étonner par la rénovation systématique de ses interprétations.

Chaque disque nouveau revêtait un cachet nouveau: 'le FEELING'.

Tous ses enregistrements ayant été fait en 33 Tours el ce support étant en voie de disparition. Henri a décidé de les rééditer en CD afin de conserver il travers le temps la mémoire de ce grand musicien Guadeloupéen.

Ecoutez, c'est sublime comme J'amour. C'est doux comme l'harmonie.

C'est chand comme le rythme

car elle incite à la danse:


Elle est bien de son auteur: Feu Emilien

F.BERCHEL


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Expression pure de l'âme Antillaise à travers des sonorités multiples, à travers un débit modéré ou rapide mais toujours approprié au thème et bien assis sut le rythme. Une imagination sans cesse débordante, tels sont les caractéristiques de l'art d'EMI LIEN ANTILE.


Reconnu comme le meilleur interprète des rythmes (Antillais) que sont les Biguines” Calypsos et Méringués, il est pris comme modèle copié par les uns, vénéré par les autres mais toujours inégalé. Ce qui laisse à penser qu'il n'est pas né celui qui succèdera dans le genre avec le même brio à Monsieur SAX.

DAN GARY
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SAM  CASTENDET

AMUEL CASTENDET
(Alias SAM)
(Clarinette - Batterie - Contrebasse - Compositeur et Chef d'Orchestre)

Né à Sainte Marie (Martinique) dans le quartier " Bezaudin " le 30 décembre 1906, d'une famille de la petite bourgeoisie de la commune. Sa maman est une sage-femme réputée à Fort-de-France. Son père Beauharnais CASTENDET est directeur d'une usine de rhum. Dés sa plus tendre enfance, Samuel est amoureux de la musique et son instrument de prédilection est la clarinette. Afin de donner libre cours à son inspiration, l'enfant se fabrique une flûte végétale. Il tarabuste sa maman pour lui offrir l'instrument de ses rêves. A cette époque, il n'est point question qu'un enfant dise à ses parents son désir de devenir musicien. Pourtant, pour son treizième anniversaire, sa maman consent à lui offrir une clarinette. C'est la jubilation ! Installé chez celle-ci à la Cité Clarac à Fort-de-France, il abandonne l'école pour apprendre l'ébénisterie puis la mécanique. Et, parvenant à convaincre la Sage-femme, celle-ci se décide de lui offrir un billet pour ce rendre en France.

Il promet à sa maman de le lui rembourser dés qu'il sera en mesure de le faire. Il tint parole, et pendant des années Madame CASTENDET recevra de l'argent de son fils. C'est en 1924, que Samuel CASTENDET débarque à la gare Saint Lazare à Paris.
Sans hésiter, il cherche à travailler. Il affiche une folle envie de s'en sortir et travaille par-ci par-là.

Puis employé comme tourneur aux établissements " Morane et Saulnier " c'est avec assiduité qu'il va de son emploi à son domicile.

Logé dans une " chambre de bonne " chez la famille BOISSON, il mène une vie de jeune homme tranquille. Il avait marqué ses débuts chez les BOISSON, en jouant un peu de la clarinette, et il avait bercé sa logeuse de petites mélodies de son pays natal. Par dépit, il abandonne l'instrument dans un coin du pigeonnier. Quelques années passent… En 1931, dans le courant du mois d'Octobre, rentrant de son travail, il trouve Madame BOISSON un peu perdue dans une sorte de rêve. Elle semble préoccupée ! L'interrogeant, elle lui confie son désarroi. Elle est employée au vestiaire du pavillon de la Guadeloupe, pour l'exposition coloniale internationale qu'anime STELLIO depuis le 06 mai. Celui-ci, afin d'ouvrir sa propre boite, " LE TAGADA-BIGUINE " rue de l'arrivée, dans le quartier de Montparnasse, a abandonné l'animation au pavillon de la Guadeloupe. Madame BOISSON confie à Sam la tristesse occasionnée par le départ du clarinettiste. A brûle pourpoint Sam CASTENDET rappelle à cette dame qu'elle se souvienne qu'il est lui aussi joueur de Clarinette. Dés lors, tout se passe très vite ! Sam reprend son instrument, le nettoie et lui fait subir une réfection des tampons.
Après avoir essayé quelques notes, Sam offre une sérénade à celle qui lui donne l'occasion de réaliser son rêve d'enfance. Et présenté par celle-ci au directeur de l'exposition, Monsieur FORTUNE avec qui le musicien avait voyagé sept ans auparavant. Pour l'audition, le pianiste Gaston ADELAIDE employé dans l'orchestre de STELLIO dès le début de l'exposition, demande à CASTENDET de lui donner " le LA ". Sam ne comprend pas du tout la question. Autodidacte qu'il est. Une seconde question vint augmenter son embarras : " que veux-tu jouer " ? Une biguine répond Sam soulagé ! Dans quelle tonalité ? Nouveau silence ! Le tromboniste MASSENA vole à son secours. " Fais les premières mesures et nous serons fixés " ! " C'est en mi bémol "! Première notion de solfège pour ce musicien d'instinct. Il est finalement engagé ! Pour sa première soirée, le clarinettiste en herbe joue cinq fois la même Biguine, ovationné par la foule, son employeur manifeste sa satisfaction et lui fait signer un contrat.

La soirée terminée, Monsieur FORTUNE invite CASTENDET à le suivre au " TAGADA-BIGUINE " pour prendre un verre. Sam subit sa deuxième audition et STELLIO estime que son remplaçant mérite la place. Sam CASTENDET remplit son contrat jusqu'à la fin de l'exposition, le 15 novembre. Mais, faire de la musique et travailler le jour n'est pas chose facile. Sam prend donc la décision d'abandonner son emploi de tourneur pour former son propre orchestre. Pour ce faire il cherche à réunir des musiciens confirmés. En attendant, il se fait indiquer quelques rudiments de solfège.

Il reprend contact avec un des impresarios qui l'avaient applaudit au pavillon de la Guadeloupe. Il se retrouve alors au cabaret " LA BOULE BLANCHE ". C'est dans ce lieu que démarre la brillante carrière de celui qui devint un merveilleux musicien, grand compositeur, et chef d'orchestre. A partir de " LA BOULE BLANCHE ". Sam CASTENDET et son orchestre font les beaux jours du tout Paris. Puis, ils animent quelques villes de province et ce, durant des années. Malheureusement, l'éclatement de la deuxième guerre mondiale 1939 - 1945, interrompt les activités des musiciens. D'aucuns sont faits prisonniers et envoyés au front ou dans des camp. Sam est mobilisé et expédié en Allemagne. C'est en compagnie de deux copains qu'il arrive à s'évader du train, et, à travers champs font quelques centaines de kilomètres avant d'arriver à Dijon où ils peuvent prendre le train pour Paris. Nous sommes en 1942. Une fois sur place, Sam reprend sa clarinette et fait le tour des lieux animés par les musiciens antillais : à la " CIGALE " que dirige le batteur camerounais, chef d'orchestre Freddy JUMBO ; au " PAVILLON D'ERMENONVILLE " et à la " VILLA D'ESTE ".
En 1946, toujours à la " VILLA D'ESTRE ", il y rencontre le batteur Maurice BANGUIO, gérant de la " CANNE A SUCRE " qui lui propose l'animation de ce cabaret de la rue Saint BEUVE n° 4 dans le quartier de Montparnasse que venait de quitter Ernest LEARDEE. Sam et son orchestre trouvèrent la bonne formule pour donner à cet endroit ses lettres de noblesses. Ils y accueillirent le duo " MARTINELES Y ALBERTO ". Dès lors, " LA CANNE A SUCRE " devient le point de rencontre de la " HIGHT SOCIETY " les personnalités du monde entier s'y retrouvaient. L'ambiance euphorique, les attractions, le ballet de la grande Nelly LUNGLA, le déhanchement des danseurs contribuaient à l'immense succès.

En 1951 , Sam CASTENDET est sollicité pour animer le tour de France cycliste. Il se fait remplacer à la rue Sainte BEUVE. Dès le départ de la course, les radios n'arrêtent pas la publicité dont le slogan est le suivant : " le tour de France est animé par Sam CASTENDET et son orchestre de la " CANNE A SUCRE ". Le succès fut inévitable ! A son retour en ce lieu désormais célèbre, devenu peu spacieux, Sam y restera encore une année, avant de se joindre aux meilleurs jazzmen du moment officiant dans l'orchestre de la " CIGALE ", composé de : Albert LIRVAT au trombone - Claude MARTIAL au piano - Robert MAVOUNZY tous saxes - Robert ROCH à la contrebasse - le trompettiste français Bernard HULIN et CASTENDET à la batterie. Ensuite, toujours à " LA CIGALE ", il joue sous la baguette du chef d'orchestre et trompettiste américain Jack BUTLER et le saxophoniste Antoine DUTEIL.

Tout en continuant ses activités, Sam décide de parfaire sa culture musicale en étudiant sérieusement le solfège et l'harmonie.

En 1952, après avoir évolué entre la " CANNE A SUCRE " " LA BOULE BLANCHE " " L'ELAN NOIR " et " LA VILLA D'ESTRE ", Sam signe un contrat pour animer durant quatre années quelques villes du Sud Ouest dont deux années pour la " PLANTATION " à Toulouse. Avec lui, le trompettiste martiniquais Maurice LONGRAIS - le guitariste guyanais Roland PATERNE et ensuite le Maestro Marcel YAMBA Alias MAYAMBA entre autres. En 1956, sollicité par sa maison d'édition pour une grande tournée en Afrique, Sam et son orchestre vont de succès en succès. La vente de son 45 tours " MARTINIQUE 48 " bat tous les records. Son meilleur souvenir de cette Afrique qui l'affectionne et l'apprécie, est l'ovation que lui ont réservée les cinquante mille admirateurs au stade de DOUALA. De retour à Paris, le clarinettiste est fatigué et a beaucoup maigri. L'examen médical lui trouve une insuffisance respiratoire. Sam pense à se reposer.
Il en profite pour se recycler. Il apprend à jouer de la contrebasse. Pour son instrument favori, c'est Maurice NOIRAN qui le remplacera. Quand bien même ce handicap, il jouera quelques biguines de son répertoire pour satisfaire sa clientèle. Après avoir parcouru l'Afrique, l'Europe et la France, Sam est attendu pour animer le carnaval de 1960, à la Martinique. Son orchestre se compose de : Barel COPPET (Saxo Clarinette) - Henry RENAULT Alias " TI POISSON " à la Trompette et Noël TALQUONE à la batterie. En prévision de la venue de ceux-ci, FRANCISCO qui avait " le vent en poupe ", s'est empressé d'aménager une chanson dénigrant cette intrusion. Mal lui en prit ! La réponse ne se fit pas attendre ! Barel COPPET ayant eu vent de la chose, composa la nuit une biguine qui fit le succès de ce carnaval, au grand désespoir de FRANCISCO Alias " TI COCO " qui déplorait l'événement. Jamais publicité n'atteignit un aussi grand succès. Cela avait contribué à ce que CASTENDET revienne l'année suivante.

Et puis, les années s'étalent et le grand musicien continue toujours ses activités musicales. Nanti de l'exclusivité des disques " COLUMBIA " et " PATHE MARCONI ", il ouvre une maison du nom de " LA BOITE A MUSIQUE ". Quant à son cabaret à la rue Molière, il l'anime avec passion. Mais la fatigue se faisant ressentir, il ne tarde pas à tout vendre. Il arrête tout pour ménager sa santé. Au fil du temps, il en profite pour revoir toutes ses relations de la bourgeoisie du monde de la nuit. Et petit à petit, il exerce par-ci par-là. A l'âge de soixante douze ans, il prend sa retraite. Il revient souvent à la Martinique pour de petits séjours. C'est au cours de l'un de ceux-ci que Bernard BOLOSIER lui donne la présidence d'honneur du sixième festival de la Clarinette dédié à Monsieur Léon APANON les 29 et 30 novembre 1986.

En 1991, Radio Caraïbe Internationale lui consacre une émission et lui décerne un diplôme d'honneur. Sam CASTENDET avait troqué son virus de la musique contre celui du bateau qui faisait les joies de sa retraite à la rochelle.



A la fin de 1992, il vint passer les fêtes de fin d'années dans son pays natal, il y décède le 18 janvier 1993.

Signalons aussi que Sam CASTENDET fit partie des tous premiers JAZZ-MEN antillais de Paris de 1929 à 1946 tels : Robert MAVOUNZY - Albert LIRVAT - Sylvio SIOBUD - Claude MARTIAL - Félix VALVERT - Eugène DELOUCHE - Pierre LOUIS - Abel BEAUREGARD - Louis Thomas ACHILLE - Marcel YAMBA et Florius NOTTE qui fût le premier à avoir fait du jazz avant 1929.

Outre l'immense succès remporté pour sa composition " NEG NI MOVE MANNIE " biguine qui jetait le discrédit sur la diaspora et la Martinique entière, vous trouverez ici la liste de ses meilleurs enregistrements.
DF 3361 Pendant moin dans l'armée
DF 3360

Lévé yo… Lévé yo ka
Cencen
DF 3359

Manman ou tèbè
Et alors
DF 3358

Crapaud
Touloulou
DF 3357

La rue zabimes
Cé nou memm.. nou memm
DF 3356

Martinique 48
Angélina
DF 3379


Ravète môdé
Pa ni ti Moun'
Zoiseau marins
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SAM CASTENDET-Décédé

SAM CASTENDET (1906-1993)

Samuel Sabinus Castendet est né le 30 décembre 1906 à Sainte-Marie, Martinique. Il apprend seul à jouer de la clarinette et vient à Paris en 1924 pour y travailler comme mécanicien dans l’aviation.

Son destin change en octobre 1931 quand on lui propose de remplacer Alexandre Stellio durant les trois dernières semaines de l’Exposition Coloniale. Dès lors, sa vie sera guidée par la musique. Sam Castendet joue dans les cabarets antillais de Paris puis part début 1932 pour une longue tournée dans le sud de la France et en Suisse. En 1935, il dirige l’orchestre du dancing “Le Mikado” à Paris et joue au grand hôtel Normandy du Touquet en 1936. Fait prisonnier par les Allemands en 1940, il s’évade et revient à Paris où il reprend son activité de musicien, notamment à la brasserie de la Cigale.

Après la guerre, Sam Castendet anime de 1946 à 1951 le cabaret de La Canne à Sucre à Montparnasse avec Al Lirvat au trombone et Maurice Noiran à la clarinette. À partir de 1950, il enregistre en exclusivité pour la marque Columbia. En 1952, il dirige durant un an son propre cabaret “Le Fort-de-France”, rue Molière à Paris. En 1954, c’est une tournée triomphale en Afrique. En 1956, il joue pour le roi Farouk d’Égypte. En 1959, 1960 et 1961, Sam Castendet anime avec Barel Coppet le carnaval de Fort-de-France.

Il se retire de la musique en 1965 pour devenir chauffeur dans un ministère. À partir de 1980, Sam Castendet passe une retraite discrète à La Rochelle. Il s’éteindra le 18 janvier 1993 à la Martinique, quelques mois après un accident cérébral lors d’un séjour dans son île natale. Sam Castendet a marqué les années cinquante en enregistrant des succès populaires immortels en disques 78 tours.
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SAM CASTENDET
SAM CASTENDET
SAM CASTENDET
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MAURICE NOIRAN

Né aux terres sainville, quartier bien en vue à Fort de France en 1914; il est le fils d'une famille assez connue.
Il suit sa scolarité à l'école d'application du quartier, puis aux cours complémentaires. Désireux d'apprendre la mécanique, il s'adresse à un vieil ami de la famille. Apprenti mécano; il s'amuse à étudier la flûte à ses heures de loisir. Parvenant à maîtriser cet instrument; il décide de passer à la clarinette. S'adressant à Anderson BAGOE; il étudie le solfège et l'harmonie. Décidé à s'exprimer convenablement; il fait le "bœuf" ça et la. Il fût aussi l'élève de Léon APANON et de Victor CORIDUN. A seize ans; il quitte la Martinique pour se rendre en Guadeloupe. La il fait la connaissance des frères MARTIAL. Ceux-ci animent un petit orchestre "Le Tommy's Jazz" Tom, l'aîné en est le chef d'orchestre et assure le piano, Claude le banjo, la guitare et la mandoline et Bruno tient la batterie.
Avec eux il y a le jeune Yoyo SIOBUD à la clarinette et au saxo; et l'ami des frères MARTIAL, les violonistes Gérard COLLETAS et Gaston DAVID. L'orchestre joue beaucoup de Jazz et de variété française. Tom intègre Maurice à l'orchestre et c'est le jeune Martiniquais qui imprime la musique traditionnelle à ses nouveaux copains. Le tommy's Jazz est pressenti pour animer l'exposition au pavillon de la Guadeloupe à Paris en décembre 1931. Les MARTIAL héritent de leurs parents et mettent tout en vente pour faire le voyage payant même celui de Maurice NOIRAN. Grosse déception à leur arrivée à Paris. STELLIO par ses relations leur ravit l'affaire. Après quelques déboires l'orchestre parvient à travailler. Plus tard NOIRAN est embauché en alternance avec STELLIO; il retrouvera le lyrisme exalté mais avec plus de sobriété et de charge émotionnelle; développant une sonorité lumineuse, ample et richement nuancée. Ayant toujours fait preuve de discrétion à l'égal de son talent.
Maurice NOIRAN est resté injustement dans l'ombre, surtout durant sa collaboration avec le pianiste ALPHONSO. Ce dernier ayant toujours fait croire à tous que c'est lui même qui jouait à la clarinette dans ses enregistrements. Il poussa même la plaisanterie jusqu'à se faire photographier sur les pochettes de disques, avec une clarinette à la main. Lorsque Emmanuel NOIRAN cousin du virtuose arrive à Paris pour étudier, Maurice travaille "Au Chalet du Lac". Belle retrouvaille! Le clarinettiste pressente à Emmanuel son épouse, la ravissante Guadeloupéenne Paulette. Après avoir côtoyé les plus grand musiciens antillais et Cubains, il remplace Sam CASTENDET frappé d'insuffisance respiratoire. Maurice fut aussi un grand compositeur. Qui ne connaît pas la merveilleuse biguine "An ti musicien". Hélas; la clarinette de ce virtuose cessa d'émettre des sons en 1978.
Bernard BOLOSIER lui dédia un festival de la clarinette. Adieux Maurice.
(Aude BAGOE)
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Eugene DELOUCHE
(Louis Passiodines)
Clarinette - Saxo

Né à Schœlcher en 1909, d'un père ingénieur des travaux publics et d'une mère qui tient une librairie, très jeune, il fait son apprentissage dans la cordonnerie. Il reçoit une éducation musicale dans l'orchestre philharmonique " l'aurore " que dirige Monsieur Daniel DANJOU, comme instrument il a choisit d'apprendre la clarinette, avec lui il y a Omer KROMWEL - THALY - Anderson BAGOE - FONTENELLE et de nombreux autres.
A l'age de vingt ans, il fait des remplacements au cinéma " Gaumont " lorsque STELLIO est occupé ailleurs.
En 1931, c'est à la demande de ce même STELLIO qu'il est sollicité pour se rendre en France en vue de le remplacer à l'Exposition Coloniale, il débarque donc au Havre le 24 Octobre, à bord du paquebot " Guadeloupe ".
A la gare Saint Lazare, il est accueillit par deux compatriotes chargés de le conduire chez Monsieur CAEN, propriétaire du cabaret " La Boule Blanche ".
Après un modeste repas chez son hôte, il se rend au cabaret pour une répétition concernant la soirée qu'il doit animer et qui débute à 21h30.
Il fut impressionné par le côté exigu du lieu et l'importante fréquentation de la clientèle, cela le changeait de ses habitudes de la MARTINIQUE ou il avait coutume de jouer dans des salles de bals immenses.
A PARIS, il est en contact permanent avec les autres musiciens tant MARTINIQUAIS, GUADELOUPEENS que CUBAINS, en 1935, il effectue un retour à la MARTINIQUE pour animer les fêtes du " tricentenaire ", son dancing est situé au parc Gallieni ainsi que celui d'Anderson BAGOE, ces deux amis se livrent à une animation des plus fabuleuses, leur succès reste encore gravé dans les mémoires.
De retour à PARIS, il forme son propre orchestre du nom de " Orchestre Dels' Jazz Biguine " comprenant :
Polo MALAHEL (guitare solo) - Germain ARACO (contrebasse) - René LEOPOLD (piano) - R. ALEXIS (guitare accompagnement) - Robert MONMARCHE (batterie) - Lui même à la clarinette.
C'est d'ailleurs avec ce même ensemble qu'il fait ses premiers enregistrements en Octobre 1935 (Martinique Habanera) puis en Novembre de cette même année (Complainte). En Février 1937, il enregistre une valse (Naomi) et une biguine de Polo MALAHEL " Les deux Jumeaux ", pour cette fois l'ensemble est " l'Orchestre Typique Martiniquais ". Toujours sous sa direction, en Avril 1937, " l'Orchestre Dels' Jazz Biguine " enregistre une rumba, (sous les tropiques) en plus des musiciens habituels, Claude MARTIAL remplace René LEOPOLD au piano et tient les maracas.
Eugène DELOUCHE, avec l'arrivée de la guerre 1939 - 1945, fait partie des musiciens obligés de quitter Paris pour aller travailler en zone libre sous la direction de Félix VALVERT, s'il est très bon clarinettiste, il excelle aussi au saxo.Sylvio SIOBUD
Bon compositeur de biguine et de mazurka, il se fait une réputation de maître en ce qui concerne la valse créole.
Dans le courant des années cinquante, il revient souvent à la MARTINIQUE en période de carnaval, tous se souviennent du tandem formé avec Polo MALAHEL qui est resté durant de nombreuses années son collaborateur fidèle, ensemble, ils enregistrent une vingtaine de disques.
Cordonnier de métier, musicien et compositeur émérite Eugène DELOUCHE termine sa vie comme chauffeur de taxi à Paris ; dans son appartement de Saint-Ouen, il continuait pourtant à fabriquer et à réparer des chaussures.
Il y décède en 1975.
(Aude BAGOE)

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EUGÈNE DELOUCHE (1909-1975)
Eugène Passion Delouche
Né le 28 mars 1909 dans la commune du Marigot (anciennement Fonds d’Or).


Décédé-à Paris le 9 août 1975 à l’âge de 66 ans, il exerçait le métier de chauffeur de taxi.




à Paris le 9 Il étudie à l’école des Arts et Métiers de Fort-de-France et commence à travailler comme dessinateur chez son père, architecte à
la Martinique.

Très jeune, il a l’amour de la musique et apprend le violon dans l’orchestre philharmonique “L’Aurore” dirigé par Daniel Danjou. Mais il adopte bientôt la clarinette après avoir entendu Stellio qui devient son modèle. Quand celui-ci partira à Paris, fin avril 1929, il lui succèdera au Cinéma Gaumont de Fort-de-France. Et c’est Stellio qui le fera venir à Paris en octobre 1931 pour le remplacer durant un an à
La Boule Blanche. Delouche joue ensuite en Tunisie puis à Rome.


En 1935, il est à
la Martinique pour les fêtes du Tricentenaire. De retour à Paris fin 1935, il se met au saxophone et s’intéresse au jazz sans abandonner pour autant la biguine. Durant la guerre, en marge de la musique, il travaille comme ouvrier spécialisé chez un facteur d’orgues réputé. Il reprend son activité de musicien à plein temps après
la Libération.


En 1951, Eugène Delouche crée RITMO, sa propre marque de disques 78 tours. Il est à nouveau aux Antilles pour le carnaval 1953. À sa mort, survenue à Paris le 9 août 1975 à l’âge de 66 ans, il exerçait le métier de chauffeur de taxi.


Eugène Delouche nous a laissé une abondante production phonographique, étalée de 1932 à 1953, comparable en importance à celle de Stellio. Avec son orchestre “Del’s Jazz Biguine”, comprenant le guitariste Pollo Malahel et le pianiste martiniquais René Léopold, il a enregistré quelques purs joyaux de la biguine. Il est aussi le compositeur de nombreux chefs d’œuvres de la valse antillaise, genre dont il s’était fait une spécialité.

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EUGENE DELOUCHE


“A mi-chemin de la vie je dédie les lignes qui vont suivre à tous ceux qui m'auront approché peu ou beaucoup, lors de la première tranche de ma vie sur cette planète nommée “Terre”. A tous ceux qui ont cru me”connaître ou voudraient mieux me connaître. A cette époque là, la mode était de laisser aux petits garçons jusqu'à l'âge de six ou sept ans, leurs cheveux de naissance et quand pour la première fois l'on me conduisit à l'école mixte maternelle de Schoelcher dans la classe de Madame Lacour, c'est avec mes longues boucles dorées, mi-châtain, mi•blondes que je franchis le seuil de cette école.

Dès les premiers jours, l'instinct du mâle se fit durement sentir; à force de menaces (de me frotter les dents avec du crottin de poule pour me les faire tomber, ou autres subterfuges) je finis par me résigner à ne plus mordre les oreilles ou les mains de mes petites compagnes.

A cette même époque, une voisine, mon aînée d'au moins sept ans (âgée donc de treize ans) crut bien faire en venant chaque fois qu'elle le pouvait me soustraire à la garde de mes parents. Très précoce, elle voulut et réussit à me faire exécuter l'une des choses matérielles de la vie. C'est sans doute pour cette raison que j'eus un amour prononcé pour le jeu de cache-cache communément appelé “Zwelséré” à
la Martinique et qui se joue entre garçons et filles.

Ce temps béni dont je rêve encore se déroulait à l'Anse-Madame, petit bourg situé à cinq kilomètres de Fort-de-France. C'est un quartier populaire de la ville de Schoelcher où venaient en villégiature bon nombre de citadins dans la période dite de « grandes vacances »,.

Là se sont écoulées les plus belles heures de mon enfance heureuse, où j'ai connu de nombreux qui me sont encore chers. J'ai connu vers l'âge de douze ans, toujours aux grandes vacances, celle que j'avais juré d'épouser un jour, mais en vain et malgré moi.

Pendant longtemps mes souvenir et mes rêve les plus doux ont été vers elle. Etait-ce là les signes précurseurs d'une vie sentimentale à jamais gâchée ? Par une sombre matinée, le 24 octobre 1931. l'année de l'Exposition Coloniale, je débarquai du paquebot Guadeloupe au Habre, à six heures. Dès lors mes yeux de vingt ans n'étaient pas assez grands pour contempler, admirer et ne pas manquer un détail de tout ce qu'ils allaient voir.”

EUGENE DELOUCHE

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LÉONA GABRIEL



LÉONA GABRIEL SOÏME (1891-1971)


Léona Gabriel est née à Rivière-Pilote le 8 juin 1891


dans une famille aisée. Orpheline à 14 ans, elle part vivre en Guyane avec sa tante et ses trois soeurs. De 1908 à 1912, elle participe à la vie musicale de Cayenne animée par son compatriote le clarinettiste Stellio. À sa majorité, elle est engagée comme secrétaire à la société du canal de Panama. Revenue quelques années plus tard à
la Martinique, Léona séduit par son talent de chanteuse populaire.


Après sa rupture retentissante avec un riche usinier de l’Île, elle émigre à Paris au début des années vingt. En 1925, elle y rencontre Léo Daniderf, auteur compositeur de variétés françaises qui la lance dans la chanson (passages à l’Olympia de 1926 à 1929). Elle l’épouse en 1928 mais divorce en 1931. De mai à novembre 1931, Léona Gabriel est la chanteuse de Stellio à l’Exposition Coloniale du Bois de Vincennes.


Elle enregistre avec lui de nombreux disques chez Odéon et Polydor puis en 1932, sous le peudonyme de “Mademoiselle Estrella”, avec le clarinettiste guadeloupéen d’origine guyanaise Alexandre Kindou. Elle est alors une figure du Montparnasse nocturne où sa voix gouailleuse se fait entendre dans les plus célèbres cabarets antillais :
la Boule Blanche, le Tagada, l’Élan Noir,
la Savane…


En 1933, la vie de Léona prend un nouveau cap quand elle épouse un médecin militaire, Norbert Soïme. Elle le suit durant deux ans au Sénégal puis ils reviennent à Paris. En 1948, le couple retourne vivre à
la Martinique. Léona continue de chanter avec des musiciens locaux et elle anime une émission radiophonique dédiée à la musique traditionnelle. En 1966, elle publie un recueil de souvenirs “Ça c'est
la Martinique !” rassemblant pas moins de 100 chansons du folklore ou de sa composition. Le 11 août 1971, âgée de 80 ans, elle s’éteint à Fort-de-France après avoir contribué à la transmission de tout un pan du patrimoine musical de Saint-Pierre de
la Martinique.


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Note

de l'Auteur

Je ne suis pas une romancière. Je demande au lecteur de ne s'attendre à trouver dans ce recueil aucun raffinement de style, aucun raccourci saisissant de ces formidables sondages du cœur humain.

En écrivant ce recueil composé uniquement d'une partie de mes émissions à « RADIO-MARTINIQUE », où chaque samedi et accompagnée par l'orchestre « SAINT-HILAIRE », je faisais entendre « ÇA ! C'EST
LA MARTINIQUE! », J’ai voulu faire mieux connaître à mes jeunes compatriotes, aux métropolitains, à l'étranger qu'il intrigue et émerveille notre petit pays qui fut autrefois un petit paradis.


J'ai écrit ce recueil pour que vivent ici chanson martiniquaise, la musique martiniquaise. Ces chansons sont en grande partie du vieux folklore, puis celles que j'ai composées de 1916 à ce jour. Stockées dans mes souvenirs d'enfant, d'adolescente et de femme, je les ai chantées toute ma vie sans aucune défaillance de mémoire.

Quant aux textes, ce ne sont que des récits vrais de certaines de nos coutumes, de nos mœurs, de nos traditions. Ce sont des récits sans fard, sans artifice, un pur métal sans alliage, des récits tout nus.

Je n'ai peut-être pas plu à tous les auditeurs de « RADIO-MARTINIQUE» puisqu'un Monsieur que je ne connais pas ou que je connais trop bien, qui signe « PETIT CLOWN » dans le journal « LINFORMATION », m'a traitée d'imbécile et de nullité.

Comme je plains ce pauvre petit, tout petit pitre!

Un petit Monsieur qui, sous l'anonymat, insulte une femme! Aussi je ne peux que revenir à l'axiome qui veut que:

Les chiens gueulent, hurlent, jappent,
la Caravane passe!

Aux Lecteur de juger !

Léona GABRIEL-SOÎME.



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Leona Gabriel
Leona Gabriel était une chanteuse de biguine martiniquais, 1891-1971, né à rivière-pilote, Martinique).

Fille d'un blanc créole, qu'elle a grandi en Martinique, aller à l'école de secrétariat à Cayenne, Guyana à 14 ans, passait à travailler comme secrétaire de la compagnie de Lesseps pendant la construction du Canal de Panama. Pour une période de retour à la Martinique, elle s'installe à Paris en 1920. En France, elle commence à chanter et d'enregistrement avec l'Orchestre du pianiste Alexandre stellio sous le nom de Mademoiselle estrella. Gabriel revient en Martinique dans les années 1940, devenant un animateur de radio, une carrière qui a duré plus de 30 ans. Elle a continué d'enregistrement jusqu'aux années 1960.


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LEONA GABRIEL
(Alias Miss Estrela)

Fille aînée d'une famille de cinq enfants, née à Rivière-Pilote à la Martinique en 1891, son père est un blanc créole géreur d'une habitation, sa maman élève ses enfants dans le contexte de vie qui leur est offerte. Des son plus jeune age, Léona côtoie le petit monde de l'habitation et observe les faits et gestes des nombreux ouvriers et manœuvres qui assurent un travail laborieux, exposés aux intempéries. Dans ce milieu, les femmes et les hommes chantent pour se donner du cœur à l'ouvrage, la coupe de la canne à sucre est pénible sous le soleil ardent, le rhum agricole, boisson favorite des gens de la coupe, occupe une place prépondérante dans leur quotidien, elle constitue l'essentiel des efforts déployés, à l'habitation, les journées sont parfumées d'un air suave, mêlé à une odeur de rhum ajoutée aux senteurs des amas de canne et de vesou.
La famille GABRIEL vit au milieu de cette effervescence , les trois sœurs de Léona et son frère mènent une vie comme tous les autres enfants, Léona vit autre chose, elle savoure ce mode de vie qui veut que la chanson soit omniprésente aussi bien sous le soleil que sous la pluie, les chansons de la coupe engendrent une cadence qui imprime le " rendement " de la tache.

Est-ce la le départ d'une grande aventure qui mènera Léona tout droit à la carrière de chanteuse ?

Tous les employés de l'habitation l'adorent, avec eux elle a droit à tous les honneurs, les femmes et les hommes qui la croisent lui adressent toujours de gentils compliments sur sa beauté, elle acquiesce les nombreux qualificatifs tels : " chabine dorée " - " belle mulâtresse " - " ti colibri bleu " - " ti chat' " - " ti fleur des îles " - " belle tout'relle " - " ti crème " etc.

Elle attend avec impatience la fin de la semaine qui correspond à la paie des ouvriers, tous regroupés et assis par terre, ils chantent les airs du folklore accompagnés par des tambouyés, Léona s'égosille, à la grande joie de tous, malheureusement, tout a une fin ! le père de Léona se tue accidentellement, cela crée un désarroi dans la famille, sa maman ne tardera pas à rejoindre son époux, Léona n'est âgée alors que de dix ans.

C'est l'époque de la ruée vers l'or, Léona a quatorze ans, elle suit une de ses tantes en Guyane avec ses trois autres sœurs, auguste le frère s'oriente vers une carrière militaire.

Léona entame sa vie d'adolescence à Cayenne, elle y étudie la dactylographie et la sténo, le temps passe, et c'est une ravissante jeune fille qui déambule dans les rues de la capitale Guyanaise avec sa tante et des amis de celle-ci elle fait ses premiers pas de danse ; elle est belle et imposante et les danseurs n'ont d'yeux que pour cette ravissante mulâtresse, en dansant elle fredonne les airs qu'elle connaît bien et elle reçoit des compliments pour sa voix.



Les musiciens sont presque tous Martiniquais, il y a le violoncelliste DUVERGER, le clarinettiste ISAMBERT alias " sèpen maig " BONIFACE, SAINT HILAIRE, STELLIO etc.

Le temps est venu pour la belle mulâtresse de penser à son avenir, ses diplômes lui donnent accès à un poste de secrétaire dans la société LESSEPTE chargée de creuser le canal de PANAMA.

Le temps d'un retour au pays natal lui trotte dans la tête, elle a réalisé des économies substantielles qui lui permettent de retourner à la Martinique ; des son arrivée, elle négocie l'achat d'une pharmacie pour une de ses sœurs ; sa beauté fait tourner la tête à plus d'un Martiniquais, finalement c'est un riche négociant en sucre et rhum, un des deux frères BELLONIE de sa commune Rivière-Pilote qui est l'élu de son cœur.

Le couple est remarqué dans tous les hauts lieux de la musique traditionnelle tant à Fort-de-France que dans les communes ; Saint-Pierre commence à renaître et Léona s'y attarde volontiers, pour la belle mulâtresse, la vie se déroule dans l'allégresse et l'euphorie, le couple a du succès, Georges BELLONIE est un belle homme d'une élégance légendaire et richissime négociant de surcroît ; il constitue le rêve de toutes les femmes.

Il est souvent vu en compagnie de nombreuses jeunes femmes, les matadors parlent de lui, Léona voit la chose d'un très mauvais œil, et c'est le point de rupture, elle décide donc de quitter la Martinique pour se rendre à Paris en 1920.

Sa beauté et sa jeunesse lui ouvrent les portes de la " jet set ", elle côtoie des personnalités et cela la conduit à rencontrer la talentueux compositeur français Léo DANY-DERF ; qui pouvait-elle trouver de mieux ?, il fait les arrangements de tous les airs que chante Léona ; puis c'est le mariage.

Le couple a beaucoup de relations, la chanteuse évolue dans le milieu Métropolitain, au bout de quelque temps, le couple se sépare, l'épouse cherche a rallier le milieu Antillais, la musique traditionnelle lui manque, elle fréquente la pianiste Fernande DE VIREL, c'est d'ailleurs chez celle-ci que se réunissent les musiciens tels : STELLIO - LEARDEE - MADELEINE - CARBET - VICTOR - COLLAT - ORPHELIEN et les autres. Au cours des répétitions madame DE VIREL tient le piano, cette femme est maman d'une petite fille qui se prénomme Cécile, elle adore la musique et fredonne en même temps que Léona, toutes les mélodies de l'orchestre de STELLIO, Léona en devient la chanteuse attitrée sous le pseudonyme de " mademoiselle Estrella ".
Elle prête aussi sa voix à d'autres orchestres, elle est de tous les galas et est applaudie dans les cabarets. C'est en décembre 1930 que Léona GABRIEL fait ses premiers enregistrements accompagnée par l'orchestre de STELLIO " a si paré " est une biguine de Léona et " soigné i ba moin " une mazurka de Saint-Pierre.

STELLIO s'approprie les deux titres, ce comportement amène le musicographe Victor CORIDUN à interpeller la S.A.C.E.M. puisque en 1929 il avait transcrit la mazurka dans son recueil de " chansons créoles d'avant 1902 ", par la suite, beaucoup d'autres enregistrements sont réalisés.

1935 célèbre la rencontre et le remariage de Léona avec l'officier de l'armée française SOÏME, qu'elle suit au Sénégal, à DAKAR, elle anime les soirées dans le cercle très fermé des amis de son mari, ses prestations revêtent beaucoup de succès durant deux années.

Afin de se faire connaître à la Martinique, elle expédie au fur et a mesure ses enregistrements à sa sœur qui devrait les lui commercialiser ; celle-ci ne partageant pas les idées d'artiste de Léona, achète le stock à chaque arrivée sans pour autant les ventiler.

(Léonie GABRIEL-SOIME en famille. Son époux et leur fille Henriette, derrière : Roland et Mauricette PATERNE) Vers la fin des années 40, madame SOÏME décide de faire un retour au pays natal, elle y est attendu et fort sollicitée, elle se manifeste tant à la Martinique qu'a la Guadeloupe, elle obtient d'animer des émissions radiophoniques qu'elle baptise " ça c'est la Martinique ", elle est accompagnée pour ce faire par deux grands instrumentistes du pays.
Le clarinettiste Hurard COPPET et le tromboniste Archange SAINT-HILAIRE, leur succès est total, elle donne une nouvelle impulsion au carnaval des années soixante, puis arrive le temps de poser les valises. Elle pense à préparer un recueil de chansons créoles relatant les chansons de l'époque de Saint-Pierre ainsi que celle de son répertoire qu'elle intitule du nom de ses émissions radiophoniques " ça c'est la Martinique ", 1971 marque la fin du brillant parcours de la grande dame de la chanson traditionnelle.

Sa commune natale baptise une rue de son nom.
(Aude BAGOE)

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Henry LEMERY
Ancien sénateur de
la Martinique Ancien sous-secrétaire d'état à
la Marine Marchande Ancien Garde des Sceaux, Ministre de
la Justice Ancien vice-président du Conseil des Ministres




PRÉFACE





j'ai lu votre manuscrit avec un très vif plaisir, et avec l'émotion que je ressens chaque fois qu'un compatriote comme vous, ou qu'un étranger comme « LAFCADIO HEARN », évoque la beauté de notre île magicienne et les traits si particuliers et si séduisants de sa population.



En relisant les chansons plaintives ou satyriques de votre livre et les commentaires dont vous les accompagnez, j'ai revu en pensée, nos vertes montagnes, nos pitons audacieux, nos mornes onduleux. Je me suis laissé bercer aux murmures des eaux de nos rivières et de nos ravines, au chant des filaos et des fougères de nos forêts.


J'ai reconnu le visage de ma ville natale « SAINT-PIERRE» avec sa fièvre de travail et de plaisirs, sa turbulence laborieuse et gaie. J'ai cru entendre encore dans la gloire des matins dorés, les marchands offrant le « corossol ¬doudou », les cocos frais, et remplissant l'air de leurs appels, de leurs propos, de leurs chants et de leurs rires.



Je vous félicite de faire revivre tout cela, d'avoir ressuscité tant de vieilles chansons du folklore martiniquais, ces chansons politiques qui furent les cris de ralliement des partis comme la « MONTAGNE EST VERTE» en l'honneur de Victor SCHOELCHER, Député qui siégeait au Groupe, qu'à l'Assemblée on appelait la « MONTAGNE ». Et la montagne était verte, couleur d'espérance; ou comme «
LA DEFENSE KA VINI FOLLE» qui dénonçait la

démence du Docteur LOTA et les polémiques de son journal «
LA DEFENSE COLONIALE».

Je vous félicite de faire revivre en même temps des complaintes amoureuses telles que :

« TUEZ MOIN. .. BA MOIN NINON ii (tuez-moi ou rendez-moi Ninon). Ou encore cet « ADIEU FOULARD … ADIEU MADRAS ii qui a fait le tour du monde par la radio. Et j'admire les chansons nouvelles dont votre beau talent a enrichi notre art populaire et traditionnel: « MALADIE D'AMOUR ii qu'on a voulu vous voler et qui a fait les délices de PARIS.

« PETITE FLEUR FANEE « ou « A SI PARE )) (A ce qu'il paraît) où s'exhale la plainte mélancolique de la femme trahie, restée fière et qui entend dominer la tristesse des abandons, laissant le père indigne et l'amant volage à son égoïsme et à son ingratitude.



Pendant que vous étiez en Afrique où la carrière de votre mari vous avait entraînée, tous ces airs chantaient en vous. Vos pensées, vos souvenirs, vos réflexions, vos rêveries vous ramenaient sans cesse à
la MARTINIQUE, notre doux pays.

/

Cette nostalgie invincible, je la connais bien ma chère compatriote et amie, vous l'exprimez avec poésie dans votre livre. Elle est au cœur de tous ceux qui, nés dans notre île enchantée, vivent loin d'elle.

Votre livre sera pour tous un ami cher qu’on voudra toujours avoir près de soi.

Henry LEMERY

Ancien sénateur de
la Martinique Ancien sous-secrétaire d'état à
la Marine Marchande Ancien Garde des Sceaux, Ministre de
la Justice Ancien vice-président du Conseil des Ministres

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Alexandre STELLIO
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FRUCTUEUX ALEXANDRE
L'étoile de la musique crëole dit
Alexandre STELLIO

Le 16 avril 1885 à vingt heures sur le territoire de la commune des Anses d'Arlets, quartier Anse Dufour, une jeune agricultrice agée de vingt deux ans, Louise Pierre-Lucien. met au monde dans sa demeure au lieu-dit "le Flandrin" un enfant de sex masculin qu'elle prénomme Fructueux. Celle-ci déclare son deuxième fils le 18 mai de la même année à l'Etat-Civile suivant l'Acte N°56 rédigé par Victor Genty, maire des Anses d'Arlets devant deux témoins, L'identité du père n'apparaît nullement sur l'acte de naissance.

Désireuse de mieux élever ses quatre enfants ; elle décide d'aller s'installer à Saint-Pierre. C'est en 1892 que se manifeste un marin pécheur du nom de Emile Alexandre d'une cinquantaine d'années, il reconnaît Fructueux comme son fils . Après cet aveu de paternité, plus rien n'est dit de lui. Louise quitte Saint-Pierre avec ses enfants pour vivre à Fort de France, après deux années dans cette ville, elle s'expatrie en Guyane avec ses enfants (deux filles et deux garçons). Nous sommes en 1898. A cette époque, bon nombre de Martiniquais décident d'aller faire fortune en Guyane, c'est la ruée vers l'Or! Louise Pierre-Lucien et ses quatre enfants sont accueillis et installé, dans une maison appartenant aux parents de Gaston Monerville (président du sénat de 1947 à 1968), celle-ci est d'origine martiniquaise. Afin de venir en aide à la famille Fructueux et son frère Théramène quittent le domicile familial pour aller en ville faire un numéro de saltimbanques ; Il était doué d'une grande souplesse. Déjà apprenti cordonnier, Fructueux monte son échoppe dans un recoin de la maison. Dés qu'il en a l'occasion il joue des airs du pays sur son lieu de travail et dans son numéro de saltimbanque. Bientôt il s'essaie à la clarinette, il a pour maître le grand clarinettiste de Saint-Pierre ISAMBERT surnommé "Sepent Maigre", ce dernier fait partie des quelques pierrotains à avoir échappé à l'éruption de la Montagne Pelée ayant quitté Saint-Pierre pour aller faire fortune en Guyane tout comme Archange Saint-Hilaire - Boniface - Marbot et bien d'autres. L'élève de "Sepent Maigre" progresse rapidement au point d'être en mesure d'aller faire le "bœuf" avec les musiciens du "Ti Balcon" la boite à la mode à Cayenne.
Le clarinettiste attitré se nomme monsieur Marbot, fonctionnaire de son état, d'une grande culture musicale classique, un autre clarinettiste complétait la formation, il s'appelle Alfred EDME dit " pays ", Isambert y faisait un passage éclair, retenu par son travail, assez rapidement, Fructueux devint l'animateur principal du " Ti Balcon ". Commence alors pour lui une période faste, tous les amoureux de musique traditionnelle viennent apprécier le talent de ce nouveau clarinettiste, cela lui vaut d'ailleurs le surnom de " STELLIO " attribué par un admirateur italien. La popularité de Stellio va grandissant, il est sollicité par un grand homme d'affaires propriétaire d'un cinéma à Cayenne.

Monsieur DIDIER demande au clarinettiste de venir dans son cinéma pour animer les films muets. Stellio satisfait les amateurs de cinéma. C'est ainsi que quelques temps après, monsieur Didier rentre à la Martinique pour acheter un cinéma baptisé " le Gaumont ", dés que les choses se précisent, il demande à Stellio de le rejoindre à Fort de France.

Nous sommes en 1919, la musique bat son plein dans la capitale, d'excellents clarinettistes font la joie des habitants. Les plus en vue se nomment : Apanon - Adidi - Chari - Elisabeth et bien sur les frères Augustine allias " les frères loulou ", tous trois clarinettistes de talent officiant au plus ancien casino du pays, " le casino des frères loulou " ou le " casino Bagoé ". Léon Apanon en est le numéro un. Doté d'une grande culture musicale et issu de l'orchestre philharmonique dont il fut directeur et chef d'orchestre, prenant la suite de son maître monsieur Daniel Danjou. Il est avec les frères Edragas de ceux qui ont évité la catastrophe de Saint-Pierre, il y a perdu ses parents et bien entendu tous leurs biens.

C'est lui qui procure à Stellio les musiciens qui devront l'accompagner pour l'animation des films muets du cinéma Gaumont : Léardée en sera le violoniste, Collat le violoncelliste. Stellio et Apanon entretiennent de bonnes relations, il leur arrive souvent de jouer ensembles.

En 1921 et en tout début d'année, Léon Apanon inaugure un nouveau casino, " le Select Tango ", bien entendu, Apanon à une très bonne clientèle. Il a animé des années durant le dancing les " Folies Bergères ", le " Select Tango " offre à sa clientèle un excellent confort, en 1922, Stellio rejoint Apanon, dés lors s'installe une grande rivalité entre eux, la rupture ne se fait pas attendre. Léon Apanon à une grande connaissance du solfège et de l'harmonie, Stellio lui ne joue que d'oreille, quelques remarques et conseils de son rival ne sont pas pour lui plaire.

Il quitte le " Select Tango " et avec l'aide de son employeur monsieur Didier il obtient un hangar que ce dernier possède à quelques mettre du fameux dancing que dirige Apanon. Ce hangar baptisé " le Quand Même " fait un peu d'ombre à l'établissement concurrent. Si Stellio est un excellent musicien, il est un bien triste gestionnaire, " le Quand Même " périclite. A la demande de Léon Apanon il revient au " Select Tango " et cette nouvelle collaboration s'étend sur plusieurs années, et ce, jusqu'au départ de Stellio pour la Métropole en avril 1929.



C'est Ernest Leardée qui décide de quitter la Martinique et suggère l'idée à son amie Stellio. Ce dernier est réticent et c'est encore Léardée qui trouve la solution en indiquant au clarinettiste la marche à suivre pour réaliser ce projet, il lui propose même la formation de leur futur orchestre, " tu tiendras la clarinette et moi le violon et nous nous ferons accompagner par Archange Saint-Hilaire au trombone, Marius Collat au violoncelle et Cremas Orphélien à la batterie et au chant.

Après quelques réunions au sein de l'éventuel orchestre, il est décidé de beaucoup travailler au prochain carnaval afin de se constituer une cagnotte pour les frais de transport et de premières semaines de survie en France, le carnaval terminé, il s'avère que l'argent récolté ne recouvrira pas les frais escomptés. Ernest Leardée propose d'emprunter une somme à son beau-frère, Archange Saint-Hilaire met sa côte par substantielle, Orphélien et Collat seront pris en compte par les trois associés. Tout étant bien mis au point, l'orchestre embarque le samedi 27 avril 1929 sur le paquebot " Pellerin de la touche ".
Outre les péripéties du voyage, l'équipe arrive à la gare Saint-Lazare, accueillie par monsieur Blérald qui s'était chargé de tout organiser à Paris, tant au point de vue logement que pour exercer leur métier de musiciens. Tous les frais de préparations en avaient coûté aux deux organisateurs Blérald et Laviolette.
Il n'a suffit que d'une journée pour la première répétition et l'inauguration a eut lieu le 11 mai. Le succès fut immédiat ! L'affaire ne dura que deux mois et il fallut déménager et trouver autre chose, le bal de glacière fermait ses portes. Le motif de fermeture n'était autre que le bruit et l'animation faite autour du bal par les Antillais et dont se plaignaient les voisins. Un autre lieu fut trouvé et sa durée n'a été que de deux mois encore… au début de l'automne de cette même année 1929 " le Rocher de Cancale " un restaurant du quartier de Bercy offre sa grande salle de banquet. Tout comme cela se passait dans les lieux précédents, messieurs Blérald et Laviolette assurent la vente des billets. Le patron se chargeait quant à lui de la boisson. Au mois d'octobre un des dirigeants de la firme Odéon ayant prit contact avec Stellio le chef d'orchestre, lui propose de signer un contrat d'enregistrement. Au jour J, Stellio - Leardée - Saint-Hilaire et Victor Collat se présente au studio, Orphélien absent est remplacé par son amie Jeanne Rosillette, six faces sont enregistrées, cinq biguines et une mazurka, la somme versée au chef d'orchestre, après déduction des frais divers engagés pour la circonstance est répartie entre les trois associés, Stellio s'attribuant le double des autres, convention datent de leur entente faite à la Martinique.
Le contrat signé chez Odéon stipulait le versement par la firme de cinquante centimes par face enregistrée, Stellio n'en fit pas part à ses associés. Un jour Léardée rencontre un négociant martiniquais venu s'approvisionner en disques, félicite celui-ci pour le succès de la vente des huit milles exemplaires tant en France qu'aux Antilles, et, s'étant rendu chez Odéon pour se réapprovisionner s'entend dire par monsieur Goudchaux que la maison est en rupture provisoire de stock et qu'a cette cadence de vente les associés doivent être millionnaires.

Ernest Léardée fait par à Saint-Hilaire de la nouvelle qui lui est rapportée. Tous deux dans une grande colère, s'en vont trouver le chef à son domicile, Stellio écoute la requête et reconnaît les faits qui lui sont reprochés et explique que la chose s'avère normale puisqu'il est à la fois compositeur auteur et chef d'orchestre. Malgré l'insistance de ses associés, il reste sur ses positions. Saint-Hilaire rentre dans une colère au point de tenter d'en venir aux mains, Léardée calme le jeu, la rupture est consommée et quelques jours plus tard Saint-Hilaire quitte la France en direction de la Martinique. Léardée s'en retourne chez Stellio afin d'obtenir ne serait ce que une infime partie des royalties mais en vain, il arrive à convaincre Stellio de l'employer comme musicien et non plus comme associé. L'entente se fait jusqu'au prochain enregistrement au mois de décembre et un soir, a l'issue d'une violente altercation au " Rocher du Cancale ", Léardée claque la porte sans demander son compte.
Le " Stellio's Band " compte de nouveau membres : Finotte Attuly au piano, Robert Charlery au Banjo.
Pour la préparation de l'exposition coloniale de 1931, Stellio engage d'autres musiciens :

Gastont Adélaide tient le piano, Henri Boye est au banjo, Masséna au trombone, Paul Mathias à la guitare et au chacha, Marcel Lemon à la batterie, Massal Duverger
au violoncelle et bien entendu Stellio à la clarinette. Leona Gabriel devenant la chanteuse en titre du " Stellio's Band ". L'exposition s'étant du mois de mai 1931 à novembre de la même année.
Au mois d'octobre Stellio abandonne l'animation de l'exposition pour ouvrir le " Tagada Biguine " sis au numéro 12 de la rue de l'arrivée à Montparnasse. Sam Castendet fut son remplaçant à l'exposition.
Eldege Fortuné le nouvelle associé de Stellio le quitte pour ouvrir la " Cabane Bambou " le " Tagada Biguine " haut lieu du tout Paris antillais reçoit souvent la visite de madame Fernande De Virel, maman de Moune De Rivel, qui s'installe au piano, accompagnant la gouailleuse chanteuse Léona Gabriel. Stellio est contraint de fermer l'établissement devant l'exigence du propriétaire compte tenu du succès grandissant du cabaret et surtout à cause de l'animation nocturne créée par l'énorme rassemblement d'Antillais dans le quartier.
L'année suivante Stellio tente une réouverture qui se solde au bout de quelques mois par un échec total. Il continue ses enregistrements, en 1935 il est de retour a " L'élan Noir " au numéro 124 du Boulevard de Montparnasse.

Dés lors s'amorce le déclin du grand clarinettiste, il souffre du cœur et refuse de se ménager.

Une exposition internationale des arts et techniques est annoncée, qui doit se dérouler durant tout l'été de 1937 au centre des colonies et dépendances d'Outre-Mer situé dans l'île des cygnes. L'orchestre de stellio est retenu ainsi que celui du violoniste guadeloupéen Roger Fanfant. Les deux pavillons sont contigus, il remportèrent tous deux un immense succès, le clarinettiste continue ses enregistrements jusqu'au mois de décembre 1938. Soixante quatre disques ont été recensés entre octobre 1929 et décembre 1938.

C'est pour honorer un engagement du pianiste martiniquais Alphonso que Stellio se rend rue de la Huchette à Paris afin d'animer un bal, qu'il est terrassé devant son public le 16 avril 1939. Transporté à l'hôpital, il meurt le 24 juillet de la même année des suites d'une embolie.
Quelques notes fâcheuses de la vie de ce grand musicien :
Stellio a signé de manière abusive bon nombre d'œuvres de compositeurs tant de l'époque de Saint-Pierre que ceux du VENEZUELA, tels Alberto Munoz et Lionel Balasco. Il perdit tous les procès intentés contre lui. La soit disant biguine " Sepent Maigre " n'est autre qu'un ragtime composé par le pianiste noir Américain du nom de Scott Joplin. Stellio ignorait tout du solfège et de l'harmonie, il ne connaissait même pas la tablature de son instrument ; sa force était de savoir interpréter la biguine et la mazurka par la puissance de ses lèvres sur des anches dures.

Toute fois, nous nous devons de reconnaître le gros travail effectué par lui au cours des années de 1929 à 1939, ses nombreux plagiats permirent tout de même la propagation de notre répertoire de musique traditionnelle tant en Europe qu'en Afrique et bien entendu dans la Caraïbe.

J'en profite pour faire un clin d'œil au musicologue bien connu Jean-Pierre Meunier pour tout le travail de recherche qu'il a effectué tant à Paris qu'aux Antilles Guyane afin de nous restituer l'intégralité des enregistrements des disques " 78 tours " de 1929 aux " Années Cinquante ". Cette collection a été enregistrée en CD par Fremeaux et Associés S.A.

Jean-Pierre est aussi co-auteur du livre " La Biguine de l'Oncle Bens " relatant la vie du grand ami de Stellio, Ernest Léardée.
(Aude BAGOE)

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STELLIO et son orchestre Antillais

SÊPENT MAIGRE - Biguine créole Exécutée par l'orchestre antillais. Direction Stellio (sept. ou oct. 1929)
AH! GÂDÉ CHABINE-LÀ - Biguine Exécutée par l'orchestre antillais. Direction : Stellio. Vocal : Léardée et Rosillette (sept. ou oct.1929)
MÉMÉE LA CRÉOLE - Biguine créole Exécutée par l'orchestre du Bal Antillais. Direction : Stellio. Vocal : Léona Gabriel (déc.1929 ou jan.1930)
PARIS-BIGUINE - Biguine Orchestre Tagada-Biguine. Direction : Stellio. Vocal : Mademoiselle Estrella (Léona Gabriel) (c.1931)
ALBERTE ET ANDRÉ - Valse Orchestre Stellio de l'exposition Coloniale de Paris, (c.1931)
STA-VISKA - Biguine martiniquaise Stellio et son orchestre créole. Vocal : Orphélien (c.1934)
MUSSIEU DOLLAR - Biguine martiniquaise Exécutée par l'orchestre antillais. Direction : Stellio. Vocal: Léardée et Rosillette (sep. ou oct.1929)
CALALOU - Biguine Stellio et son orchestre créole. Vocal : Léona Gabriel (c.1934)
LA NUIT - Mazouk - Danse créole Orchestre Stellio de l'exposition Coloniale de Paris, (c.1931)
EN L'AI MONE LA - Biguine Orchestre de l'Élan. Direction : Stellio (c.1934)
FINOTTE - Biguine Orchestre Tagada-Biguine. Direction : Stellio (c.1931)
OUÉ, OUÉ, OUÉ, OUÉ (MANMAN... LA GRÈVE BARRÉ MOIN) Orchestre de l'exposition Coloniale de Paris, 1931. Direction : Stellio Vocal : Léona Gabriel (c.1931)

YAYA, MOIN NI L'AGENT - Mazouk Orchestre antillais. Direction: Stellio (sep. ou oct.1929)
DOUCE ESPÉRANCE - Valse antillaise Stellio et son orchestre créole. (c.1937)
NANA OU GROS ZOZO - Biguine créole Orchestre du Bal Antillais. Direction : Stellio. Vocal: Orphélien (déc.29 ou jan.1930)
PLEUREZ, PLEUREZ CHABIN - Biguine Exécutée par Stellio et son orchestre créole (c.1939)
TI-CITRON - Mazurka créole Stellio et son orchestre créole (sept. ou oct.1929)
MUSSIEU SATAN FACHÉ - Biguine martiniquaise Orchestre antillais. Direction : Stellio. Vocal : Léardée et Rosillette (c.1934)
À L'OMBRE DES PALMIERS - Valse pasillo Stellio et son orchestre créole (c.1937)
MOIN BELLE! MOIN JEUNE! - Biguine Stellio et son orchestre créole Vocal : Léona Gabriel (c.1934)
CONVERSATION - Mazouk Stellio et son orchestre créole (c.1935)
V'LOPPEZ MOIN DOUDOU - Biguine Stellio et son orchestre créole (c.1937)
CHANSON CANNES - Biguine Stellio et son orchestre créole (c.1935)
EN SENS UNIQUE, S.V.P. - Biguine L'orchestre antillais. Direction : Stellio (sept. ou oct.1929)
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Alexandre Stellio-Décédé

C'est le 16 avril 1885 à huit heures du soir, sur le territoire de la commune des Anses-d'Arlets au sud ouest de
la Martinique, qu'une jeune cultivatrice âgée de 22 ans, Louise Pierre-Lucien, met au monde dans sa demeure située au lieu-dit “Le Flandrin” un enfant du sexe masculin qu'elle prénomme Fructueux. Elle ira le déclarer à l'État-Civil le 18 mai suivant comme en a gardé trace l'acte de naissance n° 56 rédigé devant deux témoins par Victor Genty, maire des Anses-d'Arlels. Cet acte de naissance reste cependant totalement muet quant à l'identité du père. On sait peu de choses sur l'enfance de celui qui, en dépit de ses origines bien modestes, allait devenir le plus célèbre interprète et compositeur de musique martiniquaise. Quelques informations nous sont données par son épouse Adéla, décédée en janvier 1992 à l'âge de 94 ans. Louise Pierre-Lucien ne tarde pas à quiller les Anses-d'Arlets pour aller vivre à Saint-Pierre où, vraisemblablement, il lui était plus facile d'assurer la subsistance de sa petite famille. Nul doute que le jeune Fructueux ait été profondément marqué par l'effervescence musicale qui régnait en permanence à Saint-Pierre, centre culturel, politique et commercial de
la Martinique jusqu'à l'éruption de

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la Montagne Pelée qui détruisit la ville en 1902. Très tôt, le garçon s'exerce à reproduire les airs populaires sur une petite flûte. C'est pendant celle période, en 1892, qu'il est reconnu par son père, Émile Alexandre, un marin pêcheur alors âgé de cinquante ans. En 1898, après semble-t-il un séjour de deux années à Fort-de-France, la mère s'embarque avec ses enfants pour
la Guyane et s'installe à Cayenne, dans une maison appartenant aux parents de Gaston Monnerville, qui fut Président du Sénat de 1947 à 1968. Tout jeune témoin de cet épisode, Gaston Monnerville se rappelle que Fructueux avait un frère aîné et deux soeurs. Pour gagner sa vie et aider sa famille, le jeune homme apprend le métier de cordonnier. C'est alors qu'il se prend de passion pour la clarinette, instrumeut qu'il étudie opiniâtrement en autodidacte, et dont il acquiert peu à peu une étonnante maîtrise. Quelques années après la catastrophe de 1902, il se joint à des musiciens locaux et devient une célébrité de Cayenne en se produisant au “Petit Balconl”, le principal dancing de la ville. La capitale guyanaise, où avait émigré depuis longtemps une importante colonie martiniquaise, joua de toute évidence un rôle essentiel dans la survivance du patrimoine musical de Saint Pierre, constitué comme on le sait de biguines, valses, mazurkas créoles, chansons satiriques et politiques (se reporter à J'album BIGUINE, double CD, réf. FA007). Dès cette époque, le clarinettiste se forge un style personnel, identifiable dès la première note, caractérisé tant par la sonorité incisive si particulière obtenue de son instrument que par le lyrisme flamboyant de ses interprétations. Un admirateur lui donne bientôt le surnom de STELLIO, surnom qu'il portera toute sa vie et qui deviendra son second patronyme. Fructueux Alexandre s'appellera désormais Alexandre Stellio, l'étoile de la musique créole.

A Cayenne, Stellio joue aussi dans une petite salle de cinéma exploitée par un homme d'affaires martiniquais installé en Guyane, René Didier. Le musicien a été engagé pour agrémenter la projection des films muets en créant sur le vif l'ambiance correspondant à chaque scène. Après la fin de la première guerre mondiale, René Didier décide de venir s'établir en Martinique. Il s'associe à William Ba'rdury, le tout premier concessionnaire d'un cinéma à Fort-de-France, et fait construire, au 34 de la rue Lazare-Carnot, une salle moderne de quatre cents places. Pour la réussite commerciale de son entreprise, René Didier s'assure bien évidemment le concours de Stellio et de ses improvisations musicales. C'est dans ces circonstances qu'en 1919 notre musicien remet le pied sur son île natale, après en être resté éloigné pendant plus de vingt ans. La formation du cinéma Gaumom comprend, outre le clarinettiste, deux musiciens recrutés sur place:

Ernest Léardée (violon) et Duverger (violoncelle). Dès son arrivée, Stellio se produit dans divers dancings (souvent appelés “casinos”) de Fort-de-France: le “Casino Bagoé” de la rue du Pavé, le “Dancing Palace” qu'il inaugure en 1919 avec Léardée au n° 5 de la rue



du Commerce. La musique du Maestro fait l'effet d'une révélation sur le public qui redécouvre avec stupéfaction le répertoire et l'ambiance des bals de Saint-Pierre. Stellio, dont le jeu fougueux, mordant, puissant et nuancé correspond si bien à la sensibilité créole, enflamme littéralement ses compatriotes. Il est de plus en plus demandé pour animer les réunions dansantes de la société martiniquaise. A partir de 1922, Stellio joue au “Sélect Tango”, 68 boulevard Allègre, en alternance avec le titulaire du lieu, le clarinettiste Léon Apanon qui en avalt fait l'ouverture le samedi 8 janvier de l'année précédente. Mais les jeux des deux interprètes ne supportent pas la juxtaposition. Une rivalité se fait jour. Au bout de quelques mois, la dissension éclate et Stellio quitte le Sélect Tango avec fracas. Trois cents mètres plus loin, il ouvre sa propre salle de bal, qu'il baptise le “Quand-Même”, dans un entrepôt mis à sa disposition par René Didier dans ['enceinte de la fabrique de glace industrielle que celui ci exploite à
la Pointe Simon, en bord de mer. Cet épisode savoureux consacrera pendant des années la suprématie artistique de Stellio. En peu de temps, le Sélect Tango se vide de ses clients, tandis que le Quand-Même n'arrive pas à accueillir toute la foule des danseurs venus biguiner sur la musique de leur idole. Léon Apanon en personne, accompagné de son tromboniste Masséna, viendra un soir au Quand-Même proposer la réconciliation à son rival. Celui-ci se laissera convaincre et, pour célébrer sa victoire, composera la biguine intitulée Quand-Même, présente dans cet album. A grand renfort de publicité, la direction du Sélect Tango annonce le retour de Stellio au grand bal d'inauguration donné le samedi 5 janvier 1925 pour la réouverture du dancing. Par la suite, Stellio continuera d'y jouer régullèrement, et ce jusqu'à son départ de
la Martinique en 1929.

Vers la fin des annéés vingt, Stellio, au sommet de sa popularité, se sent bien à l'étroit dans son île. Et les Martiniquais qui reviennent de Paris rapportent des nouvelles qui font rêver. Il se prépare là-bas, pour le prestige des Colonies Françaises, une exposition comme on n'en a jamais vue. Il paraît aussi que, dans un petit bal antillais du 15e arrondissement, la biguine remporte un succès fou auprès d'une certaine clientèle d'artistes et d'intellectuels de Montparnasse. Aussi, quand Ernest Léardée fait part à Stellio de son intention de partir à Paris, le chef d'orchestre se laisse-t-il tenter par l'aventure. C'est à ce moment que deux Martiniquais:

Monsieur Blérald, voyageur de commerce, et Monsieur

Laviolette, officier de
la Marine Marchande, font le projet d'ouvrir à Paris un nouveau bal de bonne fréquentation. Là pourront se retrouver chez eux, dans une ambiance familiale, tous les Antillais qui fuient le Bal Colonial du 33 de la rue Blomet, envahi par une foule de curieux depuis qu'il fait la une des journaux. Le 14 décembre 1928 en effet, Madame Weiler, fille d'un riche industriel, a tué de trois balles de revolver son mari, ingénieur et fils du Gouverneur Militaire de Paris, au retour d'une folle nuit passée au Blomet, faisant à cet établissement une publicité dont il se serait bien passé. Léardée et Stellio s'associent à Archange Saint-Hilaire,

un fameux tromboniste revenu de Guyane deux ans auparavant, et qui les accompagne souvent au Sélect Tango. Les trois compères, ayant réuni les fonds nécessaires, engagent le violoncelliste et pianiste Victor Collat, ainsi que le batteur et chanteur Orphélien (de sou vrai nom Paul Crémas). Les cinq musiciens quittent Fort-de-France sur le “Pellerin de
la Touche” de
la Compagnie Générale Transatlantique dans la soirée du samedi 27 avril 1929 et débarquent au Havre le jeudi 9 mai au matin. L'après-midi, ils sont à Paris où les attendent Blérald et Laviolette qui ont prévu leur hébergement dans un hôtel meublé au 9 rue Berthollet.

Une seule journée pour répéter et, le samedi Il mai au soir, ils font l'ouverture du “Bal de
la Glacière”, boulevard Auguste Blanqui dans le 13' arrondissement, devant une foule enthousiaste informée depuis longtemps de leur arrivée. En dépit de ce premier succès, le Bal de
la Glacière doit fermer au bout de quelques mois en raison des plaintes du voisinage, peu habitué à cette animation nocturne, comme nous l'a rapporté Léardée. Les musiciens se produisent alors, ûn 1929, en semaine au “Canari”, 8 Faubourg Montmartre, ainsi que dans un restaurant du Quai de Bercy, “le Rocher de Cancale”, transformé le samedi et

la plupart des musiciens de l'Exposition, qui enregistre le 20 novembre chez PATHÉ les six derniers titres reproduits dans cet album. L'année suivante, Stellio se vit contraint, pour des raisons financières, de fermer son établissement. Il put cependant le rouvrir à la même adresse en novembre 1932 sous un autre nom: le “Madinina Biguine”. L'objet de la présente réédition s'arrête aux trois premières années de l'activité discographique de Stellio. Mais cette activité ne fut pas moins intense par la suite, puisqu'on a pu répertorier au moins 128 faces enregistrées par le chef d'orchestre d'octobre 1929 à décembre 1938. Celui-ci devait mourir à Paris l'année suivante, le 24 juillet 1939, des suites de l'embolie qui le terrassa devant son public le 15 avril, veille de son anniversaire, alors qu'il animait un bal, rue de
la Huchette.

Les quarante premières faces enregistrées par Stellio, au delà de l'éclairage qu'elles nous apportent sur l'art de l'instrumentiste, constituent un précieux ensemble documentaire sur la musique martiniquaise du début de ce siècle; sur ses thèmes, inspirés de la chronique de l'époque; sur ses sonorités résultant à la fois de la structure des orchestres et du style des interprétations. La toute première séance en particulier nous fait découvrir ce son étonnant obtenu par la fusion intime de la clarinette, du trombone, et du violon, ce dernier étant joué parfois pizzicato, à la manière d'un banjo. Les enregistrements réalisés deux ans plus tard au moment de l'Exposition ne reconstituent que partiellement ce style originel, le trombone de Masséna se limitant le plus souvent à des effets de riffs, bien moins éloquents que les contrepoints alertes, mobiles et puissants improvisés par Saint-Hilaire. On pourra aussi reprocher à certaines des premières exécutions les défauts de leur jeunesse: un tempo mal assuré, ou des instruments insuffisamment accordés. Les interprétations vocales d'Orphélien, à la voix singulièrement féminine, surprendront parfois. Mais ces imperfections se laissent vite oublier du fait de l'extraordinaire charisme du clarinettiste, menant son orchestre à sa guise, jouant sans jamais faiblir, parfois d'un bout à l'autre du morceau, développant le thème, stimulant les musiciens, assurant le lien entre les divers instruments. Bien des contemporains de Stellio ont été stupéfaits de sa technique développée sur un instrument antique qui n'avait pas encore bénéficié de tous les perfectionnements du système Boehm, et sur lequel l'artiste employait les anches les plus dures. Le disque nous restitue aujourd'hui avec fidélité la sonorité ample et incisive, le phrasé flexible, nuancé, expressif, la richesse d'invention mélodique, la puissance de souille, l'ardeur passionnée du créateur, toutes qualités qui firent la gloire de Stellio à son époque.


Jean-Pierre MEUNIER © FRÉMFAUX & ASSOCIÉS S.A. 1994
Fructueux Alexandre, dit Alexandre Stellio ou tout simplement Stellio, est né le 16 avril 1885

Commune des Anses-d’Arlets Martinique

Il Joue rue de
la Huchette (Claude Luter dit avoir pris des leçons de clarinette de Stellio), L’orsque,victime d’un infarctus, il

s'écroule en scène, le 15 avril 1939 ; il allait avoir 54 ans. Transporté à l'hôpital de l'Hôtel Dieu, tout proche, il y meurt le 24 juillet 1939 a près une longue agonie, sans même

Avoir pu écouter les six dernières faces qu'il a enregistrées quelques mois plus tôt.

La trajectoire parisienne de Stellio aura duré exactement dix ans. Une décennie seulement, durant laquelle il aura révélé les rythmes créoles aux parisiens, influencé toute une génération de clarinettistes, pesé sur l'évolution du jazz français, et surtout nous aura laissé en héritage, l'énorme production phonographique d'environ soixante disques double face, quelque cent vingt morceaux, la plupart de sa composition ou bien ses propres arrangements d'airs traditionnels.

C'est une partie de cet héritage que nous rééditons sur ce compact, afin que Stellio, l'étoile noire de la musique créole, brille à jamais dans nos cœurs et au firmament des musiciens disparus.


Alain Boulanger

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Louis JEAN-ALPHONSE
Alias Aljean et Alphonso
(1905 - 1981)

Né à la Martinique en 1905, fils d'un bijoutier Basque venu à Fort de France et ayant épousé une Martiniquaise, Louis Jean-Alphonse suit une scolarité qui le conduit jusqu'au baccalauréat.

En 1921, il quitte la Martinique pour étudier le droit à Paris. Il a pour passion le piano. Il est bien sûr autodidacte et cherche à progresser, sans pour cela s'adresser à une école ou un professeur. Il fait le tour des lieux animés par les Antillais, tel le Bal nègre de la rue Blomet. Là, il observe beaucoup le chef d'orchestre, Jean Rézard-Desvouves, qui est pianiste, et qui permet à Jean-Alphonse de s'exprimer en lui accordant un petit quart d'heure à accompagner les musiciens suivants (rescapés de la guerre 1914-1918) :
 
Louis Jean-Alphonse est plutôt un pianiste trés moyen, pour ne pas dire médiocre. A cette époque, seuls les musiciens Cubains et Haïtiens tiennent le haut du pavé a Paris. Ils sont issus de leur conservatoire respectif. Il jouent sur partition. Les musiciens Martiniquais, Guyanais et Guadeloupéens se heurtent à ce phénomène, qui leur est complètement étranger. seuls quatre ou cinq d'entre eux connaissent le solfége et l'harmonie. Louis Jean-Alphonse est chahutéil n'a pas sa place auprès des communautés Cubaine et Haïtienne.
Les pianistes antillais du moment sont des femmes. L'une est Guadeloupéenne en la personne de Fernande de Virel (mère de Moune des Rivel), l'autre Martiniquaise répond au nom de Maïotte Almaby. Toutes deux sont issues du conservatoire de Paris.
Louis Jean-Alphonse végétera durant une dizaine d'années, vivant de petits jobs.
L'année 1929 salue l'arrivée de Stellio, Léardée, Collat, Saint-Hilaire et Orphelien. Le petit pianiste les côtoie et leur propose ses services et sa disponibilité. Il suggère de mettre à leur disposition ses années de présence et d'expérience dans le grand Paris. Il est hors de question de faire le boeuf dans l'orchestre, Victor Collat est un grand pianiste et violoncelliste, il jouent sur partition ce qui n'est pas le cas de Stellio et des autres. Stellio ne tolère pas le boeuf. Il est question de l'ouverture prochaine de l'exposition international fixée pour mai 1931.
L'orchestre de Stellio est retenu pour l'animer aux lieu et place du jeune orchestre des frères Martial, contacté un an à l'avance pour cette prestation. Evincés par Stellio, ils n'arriverons à Paris qu'à la fermeture de l'exposition en novembre.
Louis Jean-Alphonse forme enfin un orchestre. IL loue la compétence du grand saxophoniste et clarinettiste Maurice Noiran. Celui-ci vient de quitter l'orchestre des frères Martial. Erneste Léardée quitte le bal de la rue Blomet à la grande joie de Louis Jean-Alphonse, qui a pour pseudonyme "Aljean". Il revendique nombre de grands classiques du répertoire de Saint-Pierre et sutout la mazurka intitulée Rat'la, transcrite dans les années 20 par Léon Apanon.
Aljean se construit une réputation de clarinettiste. Il commence à enregistrer et pousse la plaisanterie jusqu'à se faire photographier sur les pochettes de disques, une clarinette à la main.
C'est pourtant grâce au concours de Maurice Noiran que ces enregistrements ont du succès. Jamais il ne mentionne le nom de ses clarinettistes. L'orchestre du "Bal Blomet" sous la direction de Jean-Alphonse se compose de Maurice Noiran, clarinettiste et arrangeur, d'Anany à la batterie et de Sosso Pé-En-Kin au chant. Entre 1939 et 1940 le pseudonyme de Jean-Alphonse devient Alphonso.
C'est au tour de Michel Berté de remplacer Maurice Noiran, Loulou Mogére.
Lors d'un rassemblement des musiciens sur la place Pigalle, Alphonso décroche plusieurs contrats, qu'il sous-traite ensuite. Plus homme d'affaires que musicien, il gagne un peu mieux sa vie.
Toujours comme pseudo-clarinettiste, il décroche un jour un contrat qu'il ne peut honorer. Ne bénéficiant plus du concours de Maurice Noiran, de Michel Berté ni de Loulou Mogère, il s'adresse à Stellio, qui, comme joueur invététré, a un grand besoin d'argent. Il accepte la prestation et s'écroule devant son public le 16 Avril 1939, aprés une longue agonie, il meur en Juillet de la même année. Tout comme Stellio, Alphonso a plagié nombre de compositions.
Je vous joint le listing de deux de ses disques, vous jugerez vous-même de

son audace. Disque n°1
Face A
Bête à feu (Alphonso)
biguine
Papa chacha (Alphonso)
cha-cha-cha
Brise tropicale (Alphonso)
valse créole
Sonnez (Aljean)
biguine
Roulez (Alphonso)
biguine
Antilles (Aljean)
mazurka
Han-Hi-Han (Aljean)
biguine
Face B
Et voilà (Alphonso)
samba-guaracha
Macaque-la (Alphonso)
biguine
Tropic-Calypso (Alphonso)
calypso
Chantons Noël (Alphonso)
Biguine
Rachel (Aljean)
biguine
Ernestine (Alphonso)
mazurka
Meler (Aljean)
biguine
---------------------
Disque n°2
Face A
Coco-Zabricot (Alphonso)
biguine
Deux Chabines (Alphonso
biguine
Ti Bap (Alphonso)
calypso
Rêverie antillaise (Aljean)
valse créole
Biguine pour toi (Alphonso)
biguine
Rat'-la (Alphonso)
mazurka créole
Rentrez (Aljean)
biguine
Face B
Canne-à-sucre (Alphonso)
biguine
Rhum (Aljean)
biguine
Amantine (Aljean)
biguine
Ti piment (Aljean)
biguine
Serpent maigre (Alphonso)
biguine
Parfum des iles (Alphonso)
mazurka
Alors (Alphonso)
biguine
-------------------
Bobert Claise à la clarinette
Robert Charlery au Banjo
Bernard Zélier à la batterie
Jean Rézard-Desvouves au piano
---------------

(Aude BAGOE)
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Edouard MARIEPIN-
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Edouard PAJANIANDY
Alias MARIEPIN

Né à Pointe-À-Pitre en 1916, d'une famille aisée, mère pianiste, père accordéoniste, ce couple de mélomane initie très tôt leurs trois enfants à la musique. Edouard et ses deux sœurs suivent des cours de solfège et de piano, plus tard, ils étudieront l'harmonie.
A l'age de sept ans, Édouard a pour professeur un premier prix international d'harmonie (vous commencez la musique par la ou elle fini) s'entend-t-il dire, tant il a assimilé ses cours, il affiche de l'avance sur le programme qui lui est imposé, au lycée il est le condisciple de Romney, de Edmond Lautrie et bien entendu de Albert Lirvat, il adhére évidemment à l'orchestre ” Los Créolitos ” du lycée Carnot, dirigé par Albert Lirvat. Ensemble ils lancent la biguine ” Doudou… mi touloulou a ou la ” vous connaissez le succès remporté !, Edouard est à la clarinette et au saxo. Venu à la Martinique en 1942 afin d'effectuer son service militaire, il y restera jusqu'à la fin de la guerre en 1945, il y fait la connaissance de Sonson Alivon, un jeune pianiste Martiniquais ; en compagnie du guitariste Marcel Fibleuil, de Roland Théolade et des frères Gaboli qui sont médecins, ceux ci le conduisent chez Anderson Bagoé, avec ce dernier, il découvre qu'il est en plein dans le milieu musical Martiniquais.
Les deux musiciens s'apprécient et se lient d'amitié, Mariépin considère qu'ils ont le même tempérament, la même conception de la musique et peut être les mêmes gênes, ils sont tous deux très accrocheurs et très entreprenants ; et leur mentalité se vaut, Édouard adhère à l'orchestre que dirige Anderson, leur collaboration les pousse à s'associer à l'ouverture d'un dancing Boulevard du Général De Gaulle à Fort de France, ces deux grands musiciens ne se sépareront qu'au départ de Mariépin pour la France, ” je garderai de toi un précieux souvenir ” dit-il à Anderson en accédant au bateau.
Dés qu'il arrive à Paris, il se rend ” Place Pigalle ” ou à lieu le rendez-vous des musiciens, il y rencontre de nombreux copains dont Albert Lirvat qui l'embauche à la ” Cigale ” très rapidement, il aura une proposition d'enregistrement d'un des directeurs de la maison Pathé qui venait régulièrement l'écouter ensuite, il signe un contrat au ” Club de l'Opéra ” ses prestations sont appréciées tant au piano, a la guitare, a la clarinette et au saxophone, celles-ci se terminent toujours par un ” bœuf ” quand viennent le voir Robert Mavounzy, Emilien Antile ou les trois frères. Avec don Bareto, il décroche un contrat qui les conduira dans une tournée en Europe (Suisse, Allemagne, Belgique, Hollande etc.). Edouard Pajaniandy déjà chef d'orchestre et excellent poly-instrumentiste, s'affirme comme excellent compositeur ” je suis dit-il de la trempe des grands compositeurs tels que Gérard LAVINY, Albert lirvat, Barel Coppet, Anderson Bagoe “
C'est avec un succès sans précédent que les musiciens et ses admirateurs accueillent la merveilleuse biguine ” Parfum des Iles ” suivent quelques autres aussi belles, ” Pour te faire régner “, ” Paradis Antillais ” ” Fête à la Guadeloupe “, ” Feu de Camp ” et des dizaines encore.
En 1965, après avoir longuement écouté plusieurs trompettistes et dans sa logique d'excellent musicien, perfectionniste de surcroît, il décide de s'acheter une trompette, après une étude approfondie de l'instrument, il en sort des sons au dessus de ses espérances, il se perfectionne et se sentant le maîtriser, il se voit en mesure de donner un concert afin de se faire connaître comme trompettiste, il remporte une ovation à la dimension de sa personnalité, l'on connaissait Mariépin grand clarinettiste et saxophoniste, grand pianiste et guitariste, grand joueur de batterie le voilà grand trompettiste.
Ses compatriotes acceptent difficilement ce genre de performance, ils le qualifient de musicien arrogant et prétentieux, imbu de sa personne, affichant du mépris autour de lui.
Les sœurs de Mariépin devinrent aussi de grandes musiciennes, pianistes et guitaristes, elles officièrent dans plusieurs orchestres à Paris, Mesdames Troubadour et Balthazar eurent chacune un fils de la même envergure que leurs mamans et oncle, ce sont Roland Balthazar et Antoine Troubadour, les familles Fanfant, Siobud, Benoit, Pajaniandy et autres ont marqué le siècle dans le domaine de la musique traditionnelle des Antilles-Guyane.
Il decede en Guadeloupe le mercredi 21 janvier 2004
(Aude BAGOE)

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ÉDOUARD PAJANIANDY (1916-2004)

Édouard Pajaniandy dit “Mariépin” est né à Pointe-à-Pitre dans une famille de mélomanes. Son père, éleveur, exploitait un dancing au n° 108 de la rue Frébault. Le jeune garçon apprend le banjo, le piano et fait partie avec Albert Lirvat de “Los Creolitos”, un orchestre de lycéens. Il se produit dans les soirées privées de la société guadeloupéenne et envisage une carrière professionnelle.

En 1937, il accompagne Roger Fanfant à l’Exposition Internationale de Paris. De retour en Guadeloupe, il se passionne pour Benny Goodman et se met à étudier avec opiniâtreté la clarinette, l’harmonie et l’improvisation. En 1942, militaire à la Martinique, il rencontre les musiciens locaux, joue dans l’orchestre du saxophoniste Anderson Bagoé et forme un quintette avec le trompettiste guadeloupéen Henri Reynaud. Pajaniandy arrive en France début 1945. Il est engagé à son arrivée dans l’orchestre cubain des frères Barreto qu’il accompagnera durant cinq ans. Il fait ensuite plusieurs tournées en Europe, notamment dans l’orchestre du trompettiste Rex Stewart puis dans celui du trompettiste Bill Coleman.

À partir de 1952, il passe avec sa propre formation dans les casinos de France, se produit à “L’Éléphant Blanc” à Paris et enregistre plusieurs 78 tours. En 1961, Mariépin regagne définitivement la Guadeloupe. Sur la commune du Gosier, il ouvre une boîte de nuit “La Tortue”. Le pianiste de jazz guadeloupéen Alain Jean-Marie l’accompagnera durant quatre ans.

Dans les dernières années de son activité, Mariépin se produisait au piano-bar des grands hôtels de la Guadeloupe, avec un art et un brio dont il avait le secret. Pajaniandy a été injustement oublié par rapport à d’autres clarinettistes et saxophonistes antillais plus connus bien qu’il les ait souvent surpassés du point de vue de la technique, de l’habileté dans l’articulation du phrasé ou de l’invention harmonique

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