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Roland Toussaint
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05-Juin-2011
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Invité:Roland Toussaint
directeur de l'hôpital de Trinité Martinique
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TRINITÉ

Le conflit se durcit à l'hôpital

B.L.France-Antilles Martinique01.06.2011
 
Onzième jour de grève pour le personnel mobilisé. Après dix jours de grève, la tension était palpable hier midi au centre hospitalier Louis-Domergue. La réunion prévue avec le chef d'établissement ayant tourné court, les grévistes ont investi le couloir menant aux bureaux de la direction et des ressources humaines. Objectif ? Contraindre le directeur à revenir négocier. En début d'après-midi, avec l'arrivée sur place des gendarmes, cris et coups frappés sur les portes et placards ont redoublé d'intensité. Aux alentours de 14 h 30, le directeur décidait finalement de quitter l'établissement non sans avoir proposé aux grévistes un nouveau rendez-vous ce mercredi à 11 h 30.

C'est par une réunion exceptionnelle du CHSCT (1) que cette journée de mardi a débuté. « Il s'agissait, après la grande coupure d'électricité de vendredi dernier, d'évoquer la question de la sécurité électrique de l'établissement, souligne Serge Aribo, secrétaire général de l'UGTM. L'établissement fonctionne avec un seul groupe électrogène, imaginez ce qui peut se passer si ce dernier tombe en panne. Le directeur nous a répondu qu'il n'avait pas les moyens d'acheter un deuxième groupe. »

À l'heure du déjeuner, direction et représentants du personnel devaient se retrouver autour de la table des négociations cette fois. « Un quart d'heure avant la réunion, le directeur nous a remis un document dans lequel il était censé faire état de ses propositions. Là encore, il se borne à dire qu'il ne dispose pas de moyens suffisants pour appliquer les directives ministérielles et les différents protocoles d'accord » , s'insurge Serge Aribo. Et d'ajouter : « À son arrivée dans la salle de réunion, il a refusé de négocier en présence du personnel. Nous avons proposé que seuls les représentants interviennent, le directeur n'a pas accepté. »

« Nous ne cèderons pas devant les provocations »

Scandant des « Négosié! Négosié la menm! » , les grévistes ont, quelques minutes plus tard, pris d'assaut le hall d'accueil de l'établissement et le couloir desservant les bureaux du directeur et des différents cadres. « Nous ne cèderons pas devant les provocations du directeur » , ont-ils martelé. Les rumeurs circulant sur le départ prochain du chef d'établissement pour Saint-Martin où il aurait été nommé, n'ont guère apaisé les esprits. « Nous ne le laisserons pas partir comme ça, nous voulons des réponses à nos revendications. »

Qu'il s'agisse des remplacements lors des congés ou arrêts maladie, de l'intégration du personnel contractuel, de la continuité des soins, de la sécurité électrique de l'établissement ou encore de la poursuite des travaux engagés au niveau de différents services, le personnel mobilisé n'entend rien lâcher. Autre revendication : la réouverture de la boutique autrefois située à l'entrée de l'établissement. « Les familles qui veulent acheter une bouteille d'eau, un jus de fruit, un journal, des mots croisés ou encore du dentifrice, sont dans l'incapacité de le faire depuis la fermeture en 2007 de cette boutique » , soulignent les grévistes. Tous réclament enfin le maintien de la chirurgie ambulatoire au sein du futur hôpital « comme cela avait été acté » .

Après avoir, dans un premier temps, rejeté la proposition du directeur appelant à une reprise des négociations ce mercredi, les grévistes ont finalement fait savoir qu'ils seraient bien présents autour de la table. Ce lundi, les porte-paroles du mouvement annonçaient des journées « rouges » à l'hôpital de Trinité. Hier, le ton a été donné...

(1) Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.


- Roland Toussaint : « Je me suis senti menacé »

« Si j'ai fait appeler les gendarmes c'est que je me suis senti menacé, confie Roland Toussaint, directeur du centre hospitalier Louis-Domergue. Entre les coups sur les portes et l'intrusion dans mon secrétariat j'ai jugé qu'il y avait lieu de prendre cette précaution. Je tiens toutefois à préciser que je suis parti sans escorte. »

Pour le directeur de l'hôpital de Trinité : « Derrière un savant habillage et différentes revendications, l'objet premier de cette grève n'est autre que le rejet de la fusion des trois établissements. »

« Je ne comprends pas, poursuit-il, que les grévistes réclament la construction du futur établissement avec chirurgie alors qu'en décembre 2009 lorsqu'on nous a donné les 65 millions d'euros pour reconstruire l'hôpital c'était « sans chirurgie » . Par ailleurs, sur la question des contractuels, je m'étais engagé, à mon arrivée, à mettre en place un plan d'intégration sur cinq ans. J'ai accepté de prolonger ce dernier de trois ans. En pratique, cela signifie que j'ai déjà intégré 121 contractuels et que je m'engage à en intégrer 36 de plus parmi lesquels six sage-femmes. Dans ces conditions, je vois mal comment répondre aux revendications des grévistes et il semble impossible de négocier... »
POUR EN SAVOIR
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http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/une/le-conflit-se-durcit-a-l-hopital-01-06-2011-114167.php


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Hôpital de Trinité : vers une fermeture du service chirurgie ?

Propos recueillis par B.L.France-Antilles Martinique07.07.2010





Plusieurs services de chirurgie et de maternité sont menacés de fermeture en raison d'une activité jugée trop faible. Le 4 juillet, le Journal du Dimanche a publié la liste des 54 services concernés, le service chirurgie de l'hôpital de Trinité en fait partie. Les décrets gouvernementaux actuellement en préparation fixeront à 1500 personnes opérées par an le seuil d'activité en dessous duquel les services de chirurgie seront condamnés à fermer, a expliqué le ministère de la santé. (voir notre édition du 6 juillet) Appelé à réagir sur cette annonce, Roland Toussaint directeur du centre hospitalier Louis Domergue rappelle que le Conseil d'administration de l'hôpital de Trinité a voté la reconstruction d'un établissement sans chirurgie générale mais avec un service de chirurgie gynécologique et ambulatoire.

Serge Aribo, secrétaire général de l'UGTM dénonce de son côté une mesure s'inscrivant dans une logique visant à favoriser la concentration des services hospitaliers au détriment des besoins existant sur le terrain.

Roland Toussaint, directeur du centre hospitalier Louis Domergue : « Des services de chirurgie gynécologique et ambulatoire au sein du futur hôpital »

Jusqu'à présent pour faire de la chirurgie ou de la médecine, les établissements de santé devaient demander tous les 5 ans une autorisation à l'A.R.S (Agence régionale de Santé).

Que dit le ministère aujourd'hui ? Dans les hôpitaux ne faisant pas 1500 actes de chirurgie par an, ces services sont appelés à disparaître. Il existe toutefois une mesure transitoire qui consiste à dire que ceux qui ne font pas 70% du seuil fixé doivent s'engager à mettre en oeuvre une coopération avec les établissements présentant une activité supérieure à ce même seuil. Ils doivent aussi se préparer à céder leur autorisation d'exercer la chirurgie à ce ou ces établissements en vue d'un regroupement de l'activité. Concernant l'hôpital de Trinité, il me parait important de rappeler qu'en dépit d'une baisse de 40% du nombre de lits (consécutive au séisme de 2007), nous avons dépassé le seuil des 70%.

Par ailleurs, je précise que le conseil d'administration de l'hôpital a voté un projet d'établissement portant sur la reconstruction d'un hôpital sans chirurgie générale mais avec des services de chirurgie gynécologique et ambulatoire. Le bloc opératoire de ce futur hôpital comportera 3 salles.

En cas de catastrophe majeure (séisme ou autre) ces salles pourront être utilisées pour pratiquer toutes sortes d'actes chirurgicaux.

Notons enfin que des discussions se tiennent à l'heure actuelle sous l'autorité de l'A.R.S au sujet d'un projet médical de territoire qui aboutira à la création d'un établissement de santé unique « réparti » sur différents sites.

Serge Aribo, secrétaire général de l'U.G.T.M Santé : « Nous dénonçons cette logique purement financière »



Cette mesure s'inscrit dans les orientations du gouvernement actuel à savoir une volonté de concentrer les services publics au mépris des besoins existant sur le terrain. Nous dénonçons cette logique purement financière.

À Trinité, depuis le séisme, le personnel de l'hôpital a consenti d'énormes efforts. En moins de trois ans, pratiquement toutes les activités qui étaient représentées sur place sont à nouveau hébergées par le centre hospitalier. Nous sommes parvenus à fidéliser la population. À l'issue d'une semaine de certification, le personnel a démontré qu'il était tout à fait apte à prendre en charge correctement les patients. Nous sommes à même de délivrer de soins de qualité avec des services de pointe tels que la diabétologie, l'endocrinologie, la cardiologie. Le fait de ne pas accoler un service de chirurgie à l'I.R.M, au scanner et au SMUR (service mobile d'urgence et de réanimation), semble totalement paradoxal. À quoi sert-il d'avoir installé un SMUR à Trinité, s'il faut ensuite transporter les patients jusqu'au Lamentin ou Fort de France pour les opérer ? Seule une réflexion totalement superficielle peut conduire à une aberration de ce type. Rappelons aussi que durant la brève période de fermeture des urgences de Trinité, on a assisté à un véritable engorgement des établissements du centre. Durant la dernière campagne électorale, nous n'avons cessé d'entendre que le Nord était un territoire en souffrance auquel il fallait donner un nouveau souffle. Avec de telles mesures, on ne fait que fragiliser davantage une population en difficulté. Une famille du Macouba dépourvue de véhicule devra débourser plus de 10 euros par personne (prix du taxi) pour aller voir un proche hospitalisé au Lamentin...

Il est important de souligner aussi que l'hôpital de Trinité est le plus gros « employeur » de la zone. Sept cents personnes y travaillent. Toutes ces données doivent être intégrées dans une réflexion répondant à une volonté de développement du territoire et de prise en charge optimale de la population du Nord.
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