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ERNEST LÉARDÉE (1896-1988)

Issu du petit peuple de Fort-de-France, Ernest Léardée perd sa mère à 6 ans et son père à 9 ans. Il est élevé par sa sœur Yaya et pratique très tôt toutes sortes de petits métiers. Un menuisier, Marius Collat, l’initie à la musique et lui apprend le violon. Le jeune garçon ne tarde pas à l’accompagner dans les bals de la Martinique. Léardée devient apprenti coiffeur tout en continuant de jouer du violon dans l’orchestre de Léon Apanon. Il gagne bientôt suffisamment d’argent pour se mettre à son compte.

En 1919, Stellio arrive de Guyane et l’engage pour jouer avec lui au Cinéma Gaumont de Fort-de-France. En avril 1929, c’est le départ pour Paris. Mais Léardée quitte bientôt Stellio pour former son propre orchestre au Bal Blomet. Il grave ses premiers disques en 1930 chez Salabert. Il délaisse alors le violon pour se mettre à la clarinette et au saxophone ténor. Il ouvre successivement plusieurs cabarets à Paris (l’Élan Noir, le Mirage…).

En février 1938, il part en tournée en Allemagne, en Autriche et en Hongrie. En mai 1940, il se trouve à Lille quand les Allemands envahissent la France. Il se retire dans l’Yonne durant les quatre années de l’Occupation. Dès la Libération, Ernest Léardée reprend son activité musicale comme chef d’orchestre dans de multiples cabarets parisiens, dancings des bords de Marne, bals de province, stations balnéaires en période estivale…

Dans les années 50 et 60, il participe à la vogue des nouveaux rythmes cubains et latino-américains : cha cha cha, mambo, baïon, samba, guaracha, rampa… dont il enregistre plusieurs disques. Il prend sa retraite en 1970 à Fontenay-sous-Bois où il décède en avril 1988. Ernest Léardée a aussi dirigé un casino à Saint-Pair-sur-Mer, il a fondé une édition musicale, il est l’interprète d’une publicité télévisée pour une marque de riz, et il a laissé à la SACEM plus de trois cents compositions.

SOURCE :http://www.lameca.org/dossiers/biguine_paris/biguine09.htm

 http://www.lameca.org/dossiers/biguine_paris/biguine09.htm

 
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 Ernest LEARDEE
(Violon - Clarinette - Saxo)

Né le 9 décembre 1896, dans le quartier populaire des Terres-Sainville à Fort-de-France. D'une famille très modeste, il perd ses parents alors qu'il est encore enfant, sa sœur Yaya prend la relève de ceux-ci, étant obligée de faire le ménage chez les gens aisés afin de subvenir aux besoins de son petit frère.
Bien qu'ils habitent la maison familiale et que les dépendances de celle-ci soient habitées par des locataires sans scrupule, refusant de couvrir les frais de location, c'est d'ailleurs suite à une altercation avec l'un d'entre eux que le petit Ernest alors âgé de dix ans se décide à chercher à travailler pour pouvoir aider Yaya.
Il commence par rendre de petits services dans le voisinage, il chasse le " Colibri " qu'il doit livrer vivant à un commerçant qui les expédie à un marchand de chapeaux en France, il se fait aussi un immense plaisir d'aller à la pèche aux crustacés qu'il rapporte à sa sœur afin d'améliorer l'ordinaire.
Lors de ses nombreux déplacements, il tombe en arrêt devant l'atelier d'un luthier - Ebéniste - Multi-Instrumentiste, Marius COLLAT répare et fabrique les instruments à cordes, il est aussi accordeur de piano. Il observe attentivement les faits et gestes du luthier et surtout le travail de son apprenti, ce dernier tourne une machine à force de poignets par manque d'électricité. Spontanément, Ernest lui offre son aide, devant la vivacité de son intervention, monsieur COLLAT le félicite et lui demande si cela l'intéresse d'apprendre le métier, l'offre est alléchante et Ernest lui dit qu'il en parlera à sa sœur Yaya.
Dés le lendemain, il se présente à l'atelier et c'est le départ d'une nouvelle vie pour lui, le garçon est intelligent, il observe le menuisier dans la fabrication des instruments et le choix des matériaux nécessaires.Ce qui impressionne davantage le nouvel apprenti c'est que son patron soit musicien et chef d'orchestre il est à la fois :
Clarinettiste, violoncelliste et pianiste, il est aussi père de deux garçons, André l'aîné étudie le violon, et Victor le cadet le piano et le violoncelle, très rapidement André et Ernest se lient d'amitié.
Ce dernier assimile tout ce que papa COLLAT inculque à son fils, Ernest confie à André son vif désir d'apprendre lui aussi à jouer au violon, dés qu'ils le peuvent, ils s'arrangent pour se retrouver seuls afin de pouvoir se partager l'instrument, les progrès de l'élève enseigné sont spectaculaires, et l'élève enseignant jubile.
L'idée de posséder son propre instrument perturbe le petit Ernest qui décide de le fabriquer à l'insu de son patron, petit à petit, il sélectionne les différents bois nécessaires à cette réalisation.
Il met de coté un moule et commence à façonner son violon lorsqu'il est surpris par son patron qui lui demande de s'expliquer, le violon me passionne répond-t-il et j'essaie de m'en fabriquer un, tu devrais me le dire, s'entend-t-il répondre par le patron qui s'empresse de l'aider dans le choix des matériaux afin d'aboutir à sa réalisation, déjà chachayeur, Ernest est maintenant violoniste débutant, il suit de plus en plus monsieur COLLAT dans ses animations musicales, il fait bientôt partie de cet orchestre. Un jour, Ernest LEARDEE est contacté par un musicien guyanais, éminent joueur de cornet à pistons qui lui propose de se joindre à son orchestre pour un contrat à l'île de la Dominique, LEARDEE soumet la proposition a sa sœur qui voit la chose d'un très mauvais œil, mais devant les arguments de son frère, elle se rend à l'évidence de cette éventuelle séparation.
L'Orchestre en question se compose de ELISEE au cornet à pistons et chef d'orchestre, ISAMBERT surnommé " serpent maigre", grand clarinettiste de l'époque de Saint-Pierre et du brillant violoncelliste DUVERGER, le succès obtenu est au-dessus de leurs espérances et le contrat initialement prévu pour un mois se voit prolongé d'un autre mois.Se faisant, monsieur COLLAT s'inquiète de l'absence prolongée de son employé et protégé, au retour du chachayeur - violoniste - fugueur, Yaya lui fait part de la colère de son patron.
LEARDEE prend la décision dénuée de toute élégance et décide de couper court à ses relations avec la famille COLLAT, c'est la fin d'une étroite et grande collaboration entre une famille généreuse et un ingrat.
L'argent gagné à la Dominique est épuisé et Ernest LEARDEE déambule dans les rues de Fort de France afin de trouver un autre travail lui permettant de subvenir à ses besoins, c'est ainsi qu'il est subjugué par le cliquetis des ciseaux d'un coiffeur et cette nouvelle rencontre sera déterminante pour lui, ce métier lui plait et le coiffeur et le coiffeur se propose de lui apprendre, il semble doué aussi pour la coiffure et cela lui donne l'occasion d'y faire ses preuves et de pouvoir s'installer à son compte, par la suite, jusqu'a son départ pour la France en avril 1929.
En 1919, le clarinettiste martiniquais Fructueux ALEXANDRE dit STELLIO rentre de Guyane pour animer les films muets dans le nouveau cinéma ouvert à Fort de France par René DIDIER, du nom de " Gaumont ", STELLIO engage le violoncelliste DUVERGER et le violoniste LEARDEE, ce trio s'accorde parfaitement à la mission qui les incombe, DUVERGER est parfois remplacé par le jeune Victor COLLAT, pianiste et violoncelliste de haut niveau, cette collaboration s'étend sur plusieurs années.
En dehors de leur animation au cinéma Gaumont, STELLIO et LEARDEE se créent des liens d'amitié, le clarinettiste vient souvent à la rencontre du coiffeur, afin de se réunir pour écouter ensemble la musique en provenance du vénézuéla ou des Etats Unis de façon à les interpréter ensuite à la sauce martiniquaise (cela explique leur complicité pour les nombreux plagias d'œuvres étrangères et même de Saint-Pierre), dans une page de son livre, LEARDEE justifie la chose par le fait que cet abus leur permettait de faire avancer et ventiler la musique traditionnelle des Antilles-Guyane tant à Paris que dans le reste du monde, je veux bien l'admettre… mais tout de même !
Vers la fin de l'année 1928, LEARDEE a une idée qui lui trotte dans la tête, il veut se rendre en France pour promouvoir la biguine, il en parle à son ami qui trouve l'idée intéressante, mais avoue que l'argent manque pour réaliser un tel projet. Le violoniste ne baisse pas les bras et soumet à son interlocuteur la formation de l'éventuel orchestre qui ferait le déplacement STELLIO en serait le chef, Archange SAINT-HILAIRE au trombone Victor COLLAT au violoncelle, Crémas ORPHELIEN à la batterie et au chant, et bien entendu LEARDEE au violon.STELLIO, accueille la proposition avec enthousiasme, LEARDEE ajoute que pour ce faire, il ne sera que de beaucoup travailler au prochain carnaval afin de constituer une cagnotte pour les frais de transport avec en plus quelque argent pour les premières journées de survie dans la grande capitale, hélas, le carnaval terminé, il s'avère que la somme récoltée ne couvre pas les frais escomptés ! C'est encore LEARDEE qui trouve la solution à leur problème, il décide d'emprunter une somme a son beau-père.
Il propose une association : STELLIO - SAINT-HILAIRE - LEARDEE - ORPHELIEN et COLLAT seront pris en compte par les associés, le 27 avril 1929, l'orchestre embarque sur le paquebot " Pellerin de la Touche ", après toutes les péripéties de leur voyage, ils sont enfin accueillis à la gare Saint-Lazare par messieurs BLERALD et LAVIOLETTE qui étaient charger de tout organiser et préparer leur arrivée et leur installation.
Dés le lendemain il y eut une répétition générale et l'orchestre fit son entrée au " Bal de la Glacière " situé Boulevard Blanqui à Paris, dans le quartier de la Glacière, leur succès fut tel que le Bal fut contraint de fermer ses portes sur plainte du voisinage pour les nuisances causées par un tel va et vient.
Je ne parlerai pas ici des tracasseries de l'association " STELLIO - LEARDEE - SAINT-HILAIRE" et de leur rupture.
Ernest LEARDEE est certainement le musicien antillais qui a bénéficié de toutes les opportunités qui ce sons présentés à lui, de simple musicien, il fut : Chef d'Orchestre - Compositeur - Propriétaire de Casino - Editeur de Musique - Sociétaire Définitif de la SACEM, et que je sais-je encore ? Tout cela n'a pas empêché qu'il ce face gruger par Francis SALABERT, par la publicité du riz " Uncle Ben's ", par les différents contrats de dancing… et tout le reste.
Peut-être que son grand amour pour la gent féminine dominait sa vie au point de piétiner ses différentes gestions ou alors, le manque de culture générale exprime-t-il son échec, afin de mieux le comprendre, je vous recommande la lecture de son livre co-signé de son épouse Brigitte et son grand ami Jean-Pierre MEUNIER, intitulé " la Biguine de l'Oncle Ben's " dont la présentation est de monsieur Gaston MONERVILLE.

Ernest LEARDEE mourut à son domicile de Fontenay-sous-Bois, 7 rue Gaston-Charle (Val-de-Marne), d'un cancer, à l'age de Quatre Vingt Douze ans dans la nuit du 12 au 13 avril 1988, il et inhumé le 15 avril en présence de nombreux parents et amis, au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, tombe 1073 ter, allée centrale, 13' division, ou il repose, avec sa clarinette et son violon.

Il laisse une œuvre considérable. (Aude BAGOE)

 
 
 
 
 
 
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