NOU KA SONJÉ
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CÉ LI MINME KI LA
 
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Mou Ka Sonjé-Paul ROSINE

Paulo Rosine, ne au Lamentin Ie 26 janvier 1948. Pianiste
autodidacte et surdoué,

-Décédé. Le 31 janvier 1993, l'un des piliers du Malavoi,
Paulo Rosine, est décédé d'un cancer à l'âge de 45 ans.

 
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En 1965, après son service militaire, Mano trouve sa voie dans l’éducation Nationale. Christian de Négri se lance dans Ie métier ducommerce. La formation continue d’animer les soirées dansantes. Entre-temps, les violons se sont augmentés d’une nouvelle recrue : Ie benjamin Maurice Lagier (né Ie 25 janvier 1953) âgé de douze ans seulement. Lui aussi habite les Terres-Sainville, tout près de chez Mano. Lui aussi est un brillant élève de Colette Frantz, passionné de vioIon et travailleur acharné. Le groupe est bientôt rejoint par Paulo Rosine, ne au Lamentin Ie 26 janvier 1948. Pianiste autodidacte et surdoué, pourvu d’une extraordinaire mémoire musicale et d’un sens instinctif de l’harmonie, Paulo à débute dans l’orchestre de la Jeunesse étudiante Chrétienne de Fort-de-France. Mano et lui se sont connus dans Ie groupe « Conjunto Moderno » de Roger Jaffory. Les répétitions reprennent de plus belle, chez Jean-Paul Soïme ou chez Mano dont les parents ont l’avantage de posséder un piano.
 
 
 
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LA NAISSANCE DE MALAVOI

 Quand Ie groupe musical qui allait devenir l’ orchestre Malavoi fut créé dans les années soixante par quelques jeunes garçons martiniquais, nul n’aurait prévu son incroyable ascension ni Ie rôle qu’il allait jouer durant plus de trente ans dans l’évolution de l’identité musicale martiniquaise et sa diffusion a travers Ie monde.
Cette histoire commence à la fin des années cinquante. L’instigateur en est un lycéen de quinze ans passionné de musique : Emmanuel « Mano » Césaire, né à Fort-de-France Ie 26 février 1944. il est Ie fils d’Omer Césaire, docteur en pharmacie, frère aîné du poète Aimé Césaire. La mère de Mano, d’origine guyanaise, est une brillante pianiste classique formée à Paris dans les années 1920. Mano apprend Ie violon à l’âge de huit ans. Son professeur Paul Calonne, féru de musique et collectionneur d’instruments, est cet homme distingué, affable et paternel qui ne ménage pas sa peine pour ses élèves dans Ie documentaire « Le Roman de la Biguine » tourné en 1987 par Christiane Succab-Goldman et Jean Pierre Krief sur Ie compositeur Ernest Léardée. Mano joue d’abord dans les églises de la Martinique au sein du groupe d’élèves conduit par Monsieur Calonne. En 1957, il passe à un degré supérieur en intégrant l’école de musique classique nouvellement créée à Fort-de-France par la violoniste Colette Frantz.
il convient à cet endroit de présenter Colette Frantz dont Ie rôle fut déterminant dans la vocation de ses élèves et dans la diffusion de la musique classique à la Martinique. Née Ie 9 octobre 1903 à Paris 17 éme, Colette Marie Frantz était

issue d‘une famille de musiciens originaire de la Lorraine. Son grand-père Jean­Baptiste Frantz et son père Albert Frantz avaient été  facteurs de pianos àMetz puis à Paris. Entrée au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris àl‘âge de 12 ans, Colette Frantz en sort en 1924 avec un premier prix de violon. éminente représentante de léecole française de violon conduite par Ie grand Jacques Thibaud, elle se lance dans une carrière de concertiste internationale. En fevrier 1932, avec la violoncelliste Edwige Bergeron, Colette Frantz est invitée par André François-Poncet, Ambassadeur de France en Allemagne, pour donner une série de concerts àBerlin, Karlsruhe, Cologne. Elle se produit la même année en Autriche, Finlande, Suède, Pologne, Tchécoslovaquie. En avril 1933, elle est applaudie au théatre musical de Tartu en Estonie. Pendant la guerre de 1939-45, Colette Frantz vit àMontpellier. Elle y reçoit ses allis musiciens comme Ie compositeur tchèque Bohuslav Martinu. En 1950, elle joue en Finlande avec Ie pianiste Tapani Valsta. En 1954, accompagnée du pianiste grec Nicolas Astrinidis, elle part en tournée dans les îles de la CaraIbe, se produisant notam­ment àCuraçao et en Martinique. C’est en 1957 qu‘elle s’etablit a Fort-de­France, àl‘invitation du Députe-maire Aime Césaire, pour y creer a l‘âge de 54 ans Ie premier Conservatoire de Musique des Antilles Françaises. Nicolas Astrinidis la rejoint en 1959. ils fondent l‘Orchestre de Chambre de la Martinique (OrchestreJean-Philippe Rameau), un ensemble semi professionnel auquel étaient conviés les meilleurs élèves du Conservatoire. Colette Frantz pour­suivra seule la direction de l’école après Ie départ de Nicolas Astrinidis en 1962. Unanimement aimee et estimée de ses élèves, c‘etait une femme au caractèreénergique et au parler franc, réputée pour la rigueur et la qualité de son enseignement. Les cours d’instrument s’accompagnaient de leçons de solfège, ècriture, théorie musicale. Les élèves devenaient rapidement d’habiles lecteurs. Après avoir commencé par des cours à domicile, l’école de musique siégea plusieurs années dans un vaste bâtiment du bord de mer prêté par la Mairie de Fort-de -France. Elle occupa ensuite un local de l’ancienne caserne Bouillé dans Ie centre ville. Outre Ie violon et Ie piano, l’école proposait des cours de chant, guitare, flûte et violoncelle.
Quand Colette Frantz quitta la Martinique au début des années 1970 pour prendre sa retraite à Paris, il n’y eut personne pour lui succèder. Cette grande dame qui consacra sa vie entière a la musique est décédée centenaire Ie 7 janvier 2004 à Châtillon dans les Hauts de Seine. Mano Césaire se souvient d’elle avec respect et gratitude : « Nous gardons tous un très bon souvenir de cette violoniste exigeante mais généreuse, qui n’bésitait pas ià assurer gratuitement des cours de violon quand les parents avaient des difficultès financiéres. Sa motivation premiere n’était pas l’argent mais le souci de voir progresser ses nombreux èlèves. Aucun d’entre eux n’a oublié cette période où, grâce à elle, la musique classique était très vivante à Fort-de-France. Femme dynamique et pleine d’initiatives, elle avait fondé l’orchestre philbarmonique de l’école avec tous ses étèves dont la participation était obligatoire.  »
Deux copains de Mano fréquentent la classe de violon de Colette Frantz :
Christian de Négri (né Ie ler janvier 1946) et Jean-Paul Soïme (né Ie 28 août 1950). Mano et Jean-Paul sont voisins et habitent Ie quartier des Terres-Sainville,au pied du Morne Desaix, au centre nord de Fort-de-France. Les Terres-Sainville sont un quartier populaire, une pépinière de musiciens où, portes et fenêtres ouvertes, les rues résonnent du matin au soir de biguines et mazurkas, airs anciens de Saint-Pierre ou nouvelles créations que répètent des musiciens en herbe ou des vétérans rompus aux cadences subtiles et facétieuses nées au cours des siècles du mariage inattendu des battements syncopés de l’ Afrique et de la musique lègère européenne. Les boutiques de cordonniers et de coiffeurs sont autant de lieux qui paliicipent a la diffusion de la chanson créole, véritable gazette des petits potins de la ville. La jeunesse de Mano est marquée des figures légendaires de la musique martiniquaise :le chansonnier Faitsalles-Vaingducs qui attirait les badauds sur Ie marché de Fort-de-France et raflait tous les prix de biguine et de mazurka,l’instituteur Victor Coridun qui recueillit méticuleuse¬ment les anciennes chansons du Carnaval de Saint-Pierre, l’immense chanteuse Léona Gabriel-Soïme dépositaire de tout Ie passé musical de la Martinique, mais aussi ceux qui commençaient à prendre la relève comme Ie violoniste Maurice Champvert chef d’orchestre du « Swing King Concerto » ou les pianistes Marius Cultier, Nel Lancey, Georges-Edouard Nouel. ..
Les trois amis font de rapides progrès Quelques années plus tard, ils se produisent régulierement en concert dans l’orchestre Jean-Philippe Rameau. Après les cours de musique classique, les jeunes violonistes n’ont qu’une hâte: se défouler en jouant de la musique de danse. On se retrouve chez Mano pour répéter. Denis Dantin (ne Ie 2 avril 1945), un copain de lycee qui habite a deux pas, amene sa batterie ; un autre, Marcel Remion, sa guitare ; un autre, SergeLossen, sa flûte en bambou. On se passionne pour les airs cubains à la mode, en commençant par ceux de l’illustrissime Charanga Aragon dont la signature était ce délicieux cocktail de flûte et de violon hérité de la contredanse, du son et du danzon. On puise aussi chez d’autres orchestres cubains comme la Sonora Matancera ou Johnny pacheco à ses débuts. Quand il le faut, Mano transpose au violon les
riffs des sections de cuivres, donnant au petit groupe ce son inédit qui ne Ie quittera plus. une large place est donnée à la musique traditionnelle de la Martinique : airs du folklore et compositions personnelles car Mano, depuis qu’il est enfant, a Ie goût de la création. Sa tête est remplie de mélodies ensoleillées qu’il harmonise en s’aidant de sa guitare. Le groupe prend de l’assurance et se fait connaître peu à peu, jouant d’abord dans des réunions d’amis. nest bientôt demandé de manière plus officielle pour animer des soirées dansantes organisées dans les communes de l’île. C’est ainsi que voit Ie jour, en 1963, l’orchestre des « Merry Lads » (les joyeux lurons). il est composé de Mano Cesaire et Christian de Negri (violons), Serge Lossen (flute), Marcel Rémion (guitare), Leon Raphanel (harmonica, guitare basse), Denis Dantin (timbales) et Julien Constance (chant). Pas encore de piano. Serge Lossen, sur sa flûte en bambou, improvise et reproduit avec beaucoup de brio les succès de l’orchestre Aragon. Le petit groupe trouve dans toute la Martinique un accueil chaleureux. Durant les festivités du carnaval, il est occupé à plein temps. Chaque après-midi jusqu’en début de soirée, on peut danser sur sa musique vivifiante sur la terrasse couverte de « La Rotonde », au dernier étage d’un cafe à l’angle de la place de la Savane et de la rue de la Liberté, face à la Bibliotheque Schoelcher. La foule se presse sur trois étages dans l’escaller et la queue déborde sur Ie trottoir et jusque dans la rue.
Les annees passent. Les jeunes gar~ons entrent peu a peu dans la vie active. En 1965, après son service militaire, Mano trouve sa voie dans l’éducation Nationale. Christian de Négri se lance dans Ie métier ducommerce. La formation continue d’animer les soirées dansantes. Entre-temps, les violons se sont augmentés d’une nouvelle recrue : Ie benjamin Maurice Lagier (né Ie 25 janvier 1953) âgé de douze ans seulement. Lui aussi habite les Terres-Sainville, tout près de chez Mano. Lui aussi est un brillant élève de Colette Frantz, passionné de vioIon et travailleur acharné. Le groupe est bientôt rejoint par Paulo Rosine, ne au Lamentin Ie 26 janvier 1948. Pianiste autodidacte et surdoué, pourvu d’une extraordinaire mémoire musicale et d’un sens instinctif de l’harmonie, Paulo à débute dans l’orchestre de la Jeunesse étudiante Chrétienne de Fort-de-France. Mano et lui se sont connus dans Ie groupe « Conjunto Moderno » de Roger Jaffory. Les répétitions reprennent de plus belle, chez Jean-Paul Soïme ou chez Mano dont les parents ont l’avantage de posséder un piano.
Depuis longtemps, Mano mûrit un projet qui lui tient à coeur. La musique traditionnelle martiniquaise n’est pas pour lui un genre mineur. il veut lui redonner une nouvelle dimension, un nouvel éclat face à la concurrence que lui livrent sur son terrain les musiques haïtiennes et latino-américaines. Les compositions de Mano sont bien au point et il rêve de leur donner une large audience grâce au disque. Cette idée se précise fin 1967 avec l’arrivée a la Martinique du pianiste Alain Jean-Marie (né Ie 29 octobre 1945). Alain et Mano se connaissent depuis l’enfance. Leurs pères respectifs sont cousins germains, natifs de la commune du Lorrain. Alain venait souvent passer ses vacances chez Mano a la Martinique. à !’inverse, Mano avait séjourné en Guadeloupe dans la famille d’Alain en 1962. Durant toute une année scolaire, ils avaient suivi la même classe au Lycée Carnot de Pointe-à-Pitre. En 1967, devenu musicien professionnel, Alain Jean-Marie travaille six mois a l’Exposition Internationale « Terre des Hommes » de Montréal. L’orchestre comprenait trois musiciens martiniquais : Ie chanteur Pierre Jabert, Ie saxophoniste Paul Julvecourt et Ie batteur Jean-Claude Montredon. Alain les suit à la Martinique après la fermeture de l’Exposition. Monsieur Nayaradou, patron de « La Bananeraie », grande et célèbre paillote du Lamentin, demande à Alain de reformer et de diriger l’orchestre mi haïtien, mi martiniquais, de son établissement. Cet orchestre intitulé « Tropicana » portait Ie même nom qu’un autre ensemble très connu en Haïti à cette époque. La « Bananeraie » ne désemplissait pas chaque soir de la semaine tout comme Ie dimanche pour Ie « punch en musique » et Ie « thé dansant » de l’après-midi. De 1968 a 1970, Alain Jean-Marie retourne jouer trois etes de suite au Canada. ilrevient chaque fois se produire à la Martinique avec Ie saxophoniste Paul Julvécourt au « Cactus », route de Moutte, et à l’hôtel « Diamond Rock » sur la commune du Diamant où il lui arrive d’accompagner la jeune chanteuse Lola Martin.
C’est tout naturellement que Mano Césaire pense à Alain – qui jouit d’une renommée bien établie – pour assurer Ie succès de ses premiers disques. Reste à trouver un producteur et un studio d’enregistrement. à la fin des années soixante, la production phonographique des Antilles Françaises se trouvait localisée essentiellement en Guadeloupe chez deux producteurs : Henri Debs et Raymond Célini qui disposaient de vrais studios professionnels. Ce dernier, soucieux de la sauvegarde des richesses musicales de son pays, avait déjà publié une série de disques de folklore qui se vendaient tres bien en Martinique et en Guadeloupe. Alain Jean-Marie, avant son depart au Canada, avait participé chez Célini a plusieurs séances où il avait accompagné Robert Mavounzy, Emilien Antile, Gaby Siarras … Quand Mano Cesaire contacte Raymond Célini pour lui soumeltre son projet, ce dernier accepte aussitôt. Un dernier point à régler : choisir un vrai nom de scène, un nom porteur en parfaite harmonie avec la philosophie du groupe et Ie style de sa musique. C’est Jean-Paul Soïme qui Ie trouve : la formation s’appellera « Malavoi », nom d’une variété de canne à sucre mais aussi titre d’un ancien bel air, chant traditionnel des veillées martini-quaises. Et comment exprimer avec plus de force Ie cri d’un peuple, concentrer en un mot ses joies, ses peines, son histoire, sa lutte pour la liberté et la survie autrement que par l’évocation du dur labeur de la canne qui symbolise à elle
seule des siècIes d’oppression pour établir la richesse écononlique de l’lle …
La voie est tracée. Les choses vont alier tres vite. Mano travaille d’arrache pied, peaufine les arrangements, écrit les partitions de chaque violon, prépare les grilles d’accords pour Ie piano et la guitare basse. à ce dernier instrument, il s’assure Ie concours d’Alex Bernard (né en 1948), autre musicien de l’orchestre de la Jeunesse étudiante Chrétienne, devenu bassiste professionnel. Les violons sont ceux du noyau fondateur de Malavoi : Mano, Jean-Paul Soïme, Christian de Négri et Maurice Lagier. Mano Césaire a la chance de s’adjoindre Ie chanteur Pierre Jabert, la plus belle voix masculine de la Martinique à cette époque. Musicien professionnel, il chantait dans les grands hôtels et notamment à!’Hôtel Hilton devenu aujourd’hui « La Bateliere » sur la commune de Schoelcher. Incomparable crooner s’accompagnant lui-même a la batterie, il possédait une diction impeccable et s’était constitué à force de travail un immense répertoire international pour répondre ala demande de la clientèle. Le batteur de la séance sera bien sùr Denis Dantin. Doué d’une voix brillante et haut placee, et ne dédaigne pas chanter lui aussi pour assurer les secondes voix. Quelques répétitions pour la mise en place et, un beau matin de 1969, les huit compagnons et leurs instruments s’envolent a bord d’une Caravelle pour la Guadeloupe. Les billets d’avion et Ie séjour ont été pris en charge par Raymond Célini. Retour prévu Ie lendemain. route l’équipe est exaltée a l’idée de graver ses prenliers disques. La séance commence à la fin de la journée dans Ie studio du producteur, un local tout en longueur aménagé au fond d’un magasin. Le preneur de son se trouve dans un coin de la salie avec un Revox à deux pistes etune table de mixage. Bien que Ie lieu soit insonorisé, il faut attendre Ie soir pour commencer, de crainte que des bruits de circulation intempestifs ne viennent perturber Ie travail depuis la rue. Six morceaux sont enregistrés pendant la nuit. Les musiciens s’arretent a l’aube, harasses mais heureux car la seance est une pleine réussite.
Les disques sortent Ie mois suivant : trois 45 tours de deux titres, sous Ie nom de « Mano et la formation Malavoi », rehaussés de pochettes chatoyantes cons;ues avec beaucoup de personnalité par Ie jeune illustrateur guadeloupéen Jean Claude Toribio. Les compositions de Mano, relayées par la radio, trouvent un succès immédiat en Martinique et en Guadeloupe. Le producteur ne tarde pas a organiser une seconde séance pour réaliser un album 33 tours de dix titres. Mano garde la même formation mais ilIa complete d’une conga prêtée et tenue par un voisin Camille Ouka, de trois choristes et surtout d’un vibraphone en la personne de Paulo Rosine dont c’est l’un des rares enregistrements sur cet instrument. Ce sont donc treize musiciens qui s’envolent cette fois pour la Guadeloupe. Les conditions de prise de son sont plus problématiques car tout ce monde a peine a tenir dans Ie studio devenu trop exigu. Maurice Lagier se sou¬vient avec humour de cette seance tres speciale: « Nous elions treize musiciens dans ce couloir! On etait les uns sur les autres et l’on ne se voyait pas car nous etions obligés de nous tourner te dos. Mais on s’entendait par contre … II fallait enregistrer tous les instruments en une seule prise. Et il n y avait pas d’autrefar;on defaire parce que, de toutefar;on, les micros repiquaient un peu partout. C’etait tres particulier. II ny avait pas non plus de sépara-
lion avec te technicien, il se trouvait juste un peu à l’écart, avec son matériel. .. Mais nous étions très enthousiastes. On ne se rendait pas compte de l’exiguité du lieu ni de la chaleur qu’il faisait. Et quand on réécoutait, on était émerveillés d’entendre une belle composition de Mano pour la première fois avec un certain recut. Ie crois que nous avions un immense plaisir à enregistrer à cette époque. « Le jour est levé quand la séance se termine vers six heures. Les musiciens repartent sans avoir dormi car ils doivent reprendre l’avion dans la matinée.
Le disque LP issu de cette seconde séance n’est malheureusement pas tant réussi que les précédents, non pas à cause de la prestation des musiciens mais tout simplement parce que Ie preneur de son eut l’idée saugrenue d’ajouter sur quatre titres (que nous avons préféré eliminer) une réverbération du plus mauvais effet qui les rend quasiment insupportables a l’écoute. Par chance, les autres titres furent épargnés ce qui nous permet d’apprécier de vrais joyaux d’humour créole comme « Ginette demarre moin » et « Ti nain l’en morue », ou encore une composition très inspirée d’Alain Jean-Marie et Paulo Rosine intitulée « Paulain » où, sans les violons, se révèIent la complémentarité et la complicite des deux musiciens se répondant au piano et au vibraphone. Ce dernier instrument, peut être à cause de sa lointaine parenté avec Ie balafon africain, connaissait un certain engouement aux Antilles, pratiqué notamment par Pierre Rassin, Georges-Edouard Nouel, ou Ie jeune Eddy Louiss. Les commentaires au verso de la pochette du disque sont d’une rare éloquence : « Assurément, MAIAVOI est l’une des formations les plus originalesdes Antilles par Ie fait même qu’elle rassemble une diversité d’instruments peu utilisés dans la musique popufaire. Ce qui frappe surtout dans cette jeune formation, c’est la qualite du travail d’orchestration, la justesse, la coherence des morceaux qu’elle présente. Harmonies classiques et modernes, rigueur des arrangements contrebalancés par les effits inattendus des improvisations de Paul Rosine au vibraphone et d’Alain Jean-Marie au piano, sonorités agréables et douces des violons constamment présents par la variété de leur jeu, tantôt lascif et sensuel dans les bossas-novas et les boléros, tantôt mordant et léger dans les biguines. Cependant, tous ces instruments d’origine classique sont fort heureusement complétés par la percussion ou Ie batteur Denis Dantin s’impose grâce a un rythme extremement développé. II est secondé par Camille Ouka dont la Conga reflète les accents nègres de notre folklore. II demeure inutile de présenter Ie bassiste Alex Bernard, lequel fait preuve d’une technique efficace caractérisée par sa vélocité et la precision de son jeu. Enfin, il en est un qu’on ne peut passer sous silence tant sa voix chaude, expressive et vivante charme les oreilles aussi bien que les caJurs, nous faisons allusion a Pierre Jabert dont la renommee s’accrott de jour en jour. II est admirablement soutenu par les trois jeunes choristes aux voix claires et harmonieuses : Danièle Césaire, Lucie Bibas et Micbèle Gouacide. Elles forment un trio remarquable par son homogénéité et son dynamisme. Malavoi est donc un symbole de renouveau dans fa conception de la musique antillaise.  » Precisons que Daniè et Mano Césaire étaient tout jeunes mariés et qu’ils s’étaient connus dans la classe de Colette Frantz où Danièle était aussi une éminente violoniste.
C’est Ie début de la légende de Malavoi. L’année suivante, en 1970, Ie groupe enregistre deux nouveaux 45 tours pour la marque Hit-Parade. Jean-Paul Soïme, parti en Métropole pour y poursuivre ses études, en est absent. La section de violons est accompagnée du trio « Liquid Rock » formé par Alain Jean-Marie à son dernier retour du Canada avec Ie batteur martiniquais Jean-Claude Montredon et Ie bassiste Winston Berkeley (originaire de la Grenade). Le chanteur est Julien Constance accompagné de Pierre Jabert et Ralph Thamar (né en 1952) qui apparaît pour la première fois dans Malavoi. Deux titres, dont Ie succès « Ralé senn’ la », sont reproduits ici grâce a l’obligeance de Mme Roy-Lareinty. Ces enregistrements sont les derniers avec Alain Jean-Marie dont la présence se limitait d’ailleurs aux disques. Pris toute l’année par de multiples engagements dans l’île et au dehors, il ne pouvait se joindre en permanence à Malavoi. Alain quittera définitivement la Martinique en décembre 1972 pour une tournée au Maroc avec Jho Archer avant de gagner la Métropole et y commencer sa brillante carrièrere de pianiste dejazz. Le pianiste regulier de Malavoi etait déjà Paulo Rosine a ce moment-là.
à partir de 1970 Ie groupe, dont la notoriété ne fléchit pas, se produit dans des configurations variables dont la base est constituée des violons reduits à trois ou à deux, de Paulo Rosine au piano et de Denis Dantin a la batterie. Autour de ce noyau viennent graviter des musiciens multiples et changeants : basse, guitare, percussions, flûte, chant. Au bout de quatre ans, la formule s’essouffie et ne parvient pas a se renouveler. Maurice Lagier quitte Ie groupe, d’abord pour raison de service militaire puis pour s’en alier lui aussi en Métropole. Malavoi s’arrête durant presque un an. Le concept est réactivé en 1975 par Paulo Rosine mais dans une configuration totalement refondue. il ne reste plus qu’un seul violon en la personne de Christian de Negri. Les autres sont remplacés par des souf¬flants : Paul Pastel (trompette, trombone), Michel Pastel (trombone), Bib Monville (saxo tenor et soprano). La formation comprend aussi guitare basse, batterie, percussions (Denis Dantin, Dédé Saint-Prix) et divers chanteurs (Raymond Mazarin, Raphael Rimbaud, Maurice Marie-Louise qui signent plusieurs compositions). Les arrangements sont élaborés par Paulo Rosine dans la mouvance latin jazz et salsa: harmonies complexes, rythmique appuyée et swing orchestral privilégiant cuivres et percussions, tantôt a la manière de la cadence haïtienne, tantôt dans Ie style d’un Tito Puente revisité à la créole. En dépit de ce revirement suscité davantage par l’évolution des goûts du public, et après quelques disques et un engagement quasi permanent au club sélect du Udo a Schoelcher, la lassitude s’instalie à nouveau et l’orchestre finit par se dissoudre en 1978.
Malavoi restera sur sa réserve encore durant trois ans. Mais ce sera pour mieux renaître en 1981 pour Ie troisième acte de son histoire. Les quatre vioIons du début sont de retour, sauf Maurice Lagier remplacé par Philippe Porry auquel succédera plus tard Patrick Hartwick. La nouveauté, c’est l’arrivée d’un violoncelle en la personne de Jean-José Lagier, frère de Maurice. Piano, basse, batterie, percussions, chanteur (Ralph Thamar, issu de Fal Frett) et choristes complètent la formation. Cette fois, les violons reviennent sur Ie devant, comme élément musical certes mais aussi dans une mise en scène visuelle et animée, attractive et colorée. Les arrangements conçus par Ie leader Paulo Rosine sont d’une variété et d’une sophistication jamais entendues jusqu’alors, réalisant un étonnant amalgame de sons classiques, traditionnels martiniquais, cubains, brésiliens, sur fond de percussions aux prégnantes résurgences africaines, avec des intermèdes atteignant la profondeur et l’emotion d’une grande musique symphonique, Ie tout sans que la force vitale indispensable à la danse ne soit jamais altérée. Le répertoire s’enrichit de nouvelles et captivantes compositions de Mano Cesaire et Paulo Rosine. Ce dernier avait pendant un moment imaginé un orchestre avec une dizaine de violons. La Martinique s’embrase pour Malavoi. Les succès, les concerts, les festivals et les disques s’enchaînent. Pour la première fois, la notoriété du groupe dépasse les Petites Antilles et se répand à partir de 1983 en Métropole (Printemps de Bourges) et dans Ie monde entier : tournées en Colombie, Suisse, Japon, Etats-Unis, Allemagne, Pays-Bas, Belgique … Huit jours à l’affiche du Théâtre de la Ville à Paris en 1984, concert sur la scène magique de l’Olympia en 1985. L’année suivante, nouveau record de ventes avec « La Case a Lucie » de Paulo Rosine. En 1987, c’est un triomphe au Zénith devant un auditoire surchauffé, un nouveau « Printemps de Bourges » avec Kassav, puis une tournee au Brésil, en Equateur, au Canada, terminée en apothéose par un grand concert au Centre des Arts de Pointe-à-Pitre.
Se pose alors la question du statut des musiciens face aux sollicitations et aux contraintes de plus en plus problématiques qui pésent sur leurs vies de famille et leurs emplois a la Martinique. Le moment n’est-il pas venu de devenir musiciens professionnels ? Paulo Rosine, par ailleurs Attaché à la Préfecture de Fort de-France, y est résolument opposé. Après mures réflexions, Ie groupe convient de ne pas dévier de la ligne de conduite, garante de leur indépendance artistique et financière, qu’il s’est fixee au départ. Seul Ralph Thamar en 1987 décide de franchir Ie pas pour se lancer dans une carrière solo. Le chanteur à la voix suave, pénétrante et cuivrée de crooner latino avait été la figure de proue de Malavoi durant plus de six ans. L’orchestre doit s’adapter. n s’attache Ie concours de Pipo Gertrude et, pendant un temps, de Tony Chasseur qui reprennent Ie répertoire de Ralph. Les tournées nationales et internationales se pour suivent : Nouvelle-Orleans, Quebec, Olympia de Paris en 1988 ; Japon, Parc Gorki de Moscou en 1989 ; Zenith et Bataclan de Paris en 1990 (Mano Cesaire, qui ne supporte plus Ie rythme des tournees, se retire cette annee-la) ; New York, Paris (Palais de l’Elysee, Bataclan), Fort-de-France, Reunion en 1992. L’album « Matebis », sorti en 1992, est sans doute l’reuvre la plus achevee de Malavoi, eblouissant patchwork musical faisant intervenir une pleiade d’invites de pre¬mier plan: Edith Lefel, Tanya Saint-Val, Jocelyne Beroard, Francisco, Philippe
Lavil, Marce, Ralph Thamar, Beethova Obas, Kali, Sam Alpha …
Puis Ie 30 janvier 1993 c’est la consternation: Paulo Rosine, malade depuis quelques mois, meurt d’un cancer à 45 ans. Musicien charismatique et inspiré, compositeur arrangeur prolifique et novateur, il etait Ie gourou de l’orchestre. Sa disparition prend la dimension d’une catastrophe. Mais Malavoi est devenu un monument. Le flambeau de l’âme musicale de toute la Martinique ne peut s’éteindre. Jean-Paul Soïme reprend la direction du groupe tandis que Jose Privat succede a Paulo Rosine au piano. Les concerts redemarrent autour du concept Matebis avec une formation remaniee, notamment sur Ie plan des violons. L’orchestre tourne aux Antilles, en Guyane, avant de revenir a Paris sur la scene de l’Olympia en septembre 1993. Dès 1994 sort Ie premier album sans Paulo Rosine: « An Maniman ». Cette meme année, l’orchestre se produit a Paris, au Bataclan et au New Morning. Nouvelle tournee sur la cote ouest des Etats-Unis en 1995. D’autres albums suivront avec « Shé Shé » (1996), « Marronnage » (1998), et « Flèch Kann » (1999).
A l’approche des quarante ans de son existence, Malavoi est a nouveau sur sa reserve, provisoirement n’en doutons pas. nest fascinant aujourd’hui de pou¬voir ecouter les premiers disques de sa jeunesse, quand la moyenne d’age des musiciens depassait a peine vingt ans. Avec Ie recul, les qualites qui firent d’emblee la specificite et Ie succes du groupe ressortent avec d’autant plus d’eclat. Le signe distinctif de Malavoi, c’est avant tout la couleur sonore donnée par les vioIons. L’instrument en lui-même n’était pas une nouveauté car il avait été longtemps présent dans les orchestres populaires, que ce soit au temps des polkaset quadrilles de Saint-Pierre avant 1902 ou à l’époque de la biguine à Paris au début des années trente. Rappelons-nous que les premiers disques gravés par Alexandre Stellio en 1929 Ie furent avec une formation comprenant violon (Ernest Léardée) et violoncelle (Victor Collat). Mais dans les anciens orchestres de biguine, de plus en plus marques par l’avènement du jazz, Ie violon était tombé en désuétude car il ne trouvait plus sa place dans Ie volume sonore fourni par la batterie, Ie banjo, les anches et les cuivres. L’idée originale, c’est d’avoir réuni quatre violons en une section agissant comme un seul instrument à la dynamique et a l’ampleur renouvelées. Encore fallait-il que la parfaite cohésion en fût assurée grâce à la virtuosité des violonistes, tous de formation classique.
La seconde force de Malavoi se trouve dans la qualité du répertoire et les sources de son inspiration. Les thèmes des chansons écrites avec soin puisent dans la vie quotidienne et la culture du petit peuple martiniquais. Chacun peut s’y retrouver ou y reconnaître son voisin. Les couplets tantôt graves, tendres ou remplis d’humour acéré révèlent l’acuité du regard porté par leur auteur sur les travers de ses compatriotes ou les blessures de la société qui l’entoure et dont il fait partie. Ainsi voit-on Ie vaniteux ]ojo delaisser sa famille et s’endetter pour la chimere d’une automobile, ou l’infâme Albert poursuivre de ses assiduités la femme de son meilleur ami. Nous partageons la révolte de la classe laborieuse contre la vie chère (Nou pé pa kimbé), Ie découragement du chômeur qui n’arrive plus à nourrir ses nombreux enfants (Parole pé pa soulagé moin). Nous assistons au travail harassant du coupeur de canne (Coupé cann’), à la solidarité de la pêche a la senne (Ralé sen’ la) et aux moments de convivialité inten-
se où l’on noie ses soucis dans Ie rhum, la danse et la musique (Baye la voix, Couté biguine la).
Le merite de Mano Césaire, fondateur de Malavoi, c’est aussi d’avoir préservé l’authenticité d’un patrimoine musical herite de la Martinique profonde en gardant la pulsation de base de la biguine mais en lui donnant un nouvel attrait pour la jeunesse par !’introduction de composantes modernes tirees des musiques afro-cubaine, latino-americaine et de la salsa. Mano Cesaire est un expert de l’ecriture, aux competences recherchees par ses amis musiciens, crea¬teur de nombreuses harmonisations pour la chorale « Joie de chanter ». II est l’auteur de melodies lumineuses qui vous transportent et ne vous quittent plus, dans des arrangements temoignant d’une veritable science de l’orchestration. Les riffs de violons, arrivant avec la meme sfirete qu’une section de cuivres, entretiennent la stimulation d’un bout a l’autre des morceaux. N’omettons pas l’empreinte de la musique de jazz, specialement perceptible dans les premiers enregistrements avec Alain Jean-Marie. II suffit d’entendre les ardentes improvisations de Mano et son violon dans « Nou pé pa kimbé » et « Non pa fe ça Albè ». On peut regretter qu’elles se soient rarefiees par la suite, dans des arrangements qui laissaient moins de liberté à chaque musicien pour exprimer sa personnalité.
Malavoi, c’est encore et surtout une grande et belle histoire d’amitié. C’est Ie suprême plaisir de jouer ensemble, ressenti et partage par l’auditeur. C’est la fraternité dans la communion d’une meme culture, d’une meme passion de la musique et de la danse. C’est la spontaneité, la fougue, la joie, l’optimisme de l’éternelle jeunesse. Les ingrédients qui firent Ie succès de Malavoi étaient tous réunis dans Ie petit groupe forme par Mano Cesaire en 1969 : section de violons d’une précision sans faille; arrangements ciselés et swing incomparable; mélodies superbes portées en avant par la voix de crooner ; continuité entre tradition, classicisme et modernité. Ainsi naissait Ie « son Malavoi » – ce merveilleux mélange sucré salé pimenté reconnaissable à la première mesure – qui popularisa la musique martiniquaise durant plus de trente ans dans Ie monde entier.
Jean-Pierre MEUNIER

SOURCE:Jean-Pierre MEUNIER

Disques Frémeaux & Associés

jeanpier.meunier@free.fr

 

 
 
 
 
 
 
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Philippe Pilotin

29 janvierVendredi 31 janvier 2014, cela fera 21 ans que le célèbre pianiste, auteur, compositeur, interprète du groupe "MALAVOI" , Paul ROSINE alias Paulo ROSINE nous quittait. Pour honorer la mémoire de ce grand musicien, faisons le en écoutant ses chefs d'œuvre musicaux durant toute la journée de vendredi. Les différents médias (radios et les télés) doivent se sentir concerné et la presse écrite a le de...voir de lui consacré une page de leur une et au cours des diverses manifestations du premier week-end de février 2014, ce serait honorable que les associations lui rendre un vibrant hommage.

Paul ROSINE alias Paulo ROSINE est né au Lamentin (Martinique) le 26 janvier 1948 d’une famille de mélomane. Comme la plupart des enfants, il reçoit pour étrennes un harmonica, l’instrument sur lequel il découvrira seul les harmonies.
A douze ans, il s’intéresse au piano familial domaine privilégié de sa sœur. Là encore il apprend seul.
Son apprentissage, il le fait dans la rue avec les amis de son âge passionnés de musique qu’il retrouve dans des petits groupes de musique.
C’est ainsi que le jeune Paulo Rosine va côtoyer des musiciens qui deviendront célèbres : Marius CULTIER, Alex BERNARD, Serge LOSSEN, Daniel MISAINE, Christian COCO, Michel PACQUIT, Bibi LOUISON….
Il intègre le groupe CONJUNTO MODERNO dirigé par Roger JAFFORY. Il y assure le rôle d’arrangeur au côté d’Henri PASTEL et d’Alex BERNARD à la contrebasse, Emmanuel CESAIRE au violon.
- 1964 : rencontre avec Henri GUEDON, il le rejoint au sein du groupe les CONTESTAIRES dont la spécialité musicale est le jazz et les rythmes latino-américain.
-1968 : Paulo ROSINE est sollicité par le musicien Emmanuel CESAIRE qui vient de former le groupe les MERRY-LAD’S (1er nom du groupe MALAVOI) avec Christian de NEGRI au violon, Serge LOSSEN au saxophone, Jean-Paul SOÏME au violon.
- 1974 : il rejoint définitivement le groupe qui a pris la dénomination de MALAVOI (une variété de canne de la Martinique). Il signe son premier titre « MARTINIQUE ».
- 1977 : les membres du groupe MALAVOI se séparent.
- Début années 80 : Le groupe MALAVOI se reforme avec pour ambition une recherche musicale plus traditionnelle. Paulo Rosine devient le leader du groupe.
Il a mené de front la direction de deux orchestres majeurs durant plusieurs années : le WEST INDIES JAZZ BAND fondé en 1987 par le CMAC et le groupe MALAVOI.
- 1990 : MALAVOI fait une tournée de quatre concerts au JAPON qui s’est soldé par un véritable succès.
Le 31 janvier 1993, Paulo ROSINE meurt d’un cancer à l’âge de 45 ans.
Il aura eu le temps de participer à l’enregistrement de l’album « MATEBIS » dans lequel MALAVOI accompagnait de nombreux artistes. Le jour de ses funérailles, la foule accompagne Paulo ROSINE à sa dernière demeure sur un de ses succès « Jou ouvè ». Il est inhumé dans la commune du Morne-Vert.

Paulo était un musicien-philosophe, maniant le verbe au service du rythme, alliant la richesse de la musique martiniquaise à la diversité des musiques de monde :
« Si yo mandé-w kouman ou yé / Souplé di moun lan ou pa sav ayen ».
Il a composé la musique du film Rue Case Nègre « bac ti-bouk » - en hommage au bateau qui faisait, dans le temps, la navette maritime entre Petit-Bourg et Fort-de-France.

Paul ROSINE a été remplacé par José PRIVAT, qui l'avait déjà secondé durant sa maladie.
Paulo fut un créateur majeur de son époque, aussi bien en tant que compositeur qu'en tant qu'arrangeur. Des productions récentes à tendance jazz ou "biguine jazz" font référence à son œuvre, sous forme de réarrangement ou de reprise.

Bien qu’il était un exceptionnel de compositeur, arrangeur et musicien, Paul Rosine n'avait jamais quitté son emploi à la préfecture.
De 1986 à 1989, il a été vice-président de la commission d’identification de la SACEM (Société des Auteurs et Compositeurs), qui lui a décerné un prix pour l’arrangement en 1988.
Sa mort est une perte énorme pour la musique française et caribéenne et pour le groupe « MALAVOI » en particulier, sur lequel il avait laissé une empreinte indélébile.
Le 30 avril, lors d’un concert dans le Palais des sports de Paris, le groupe « MALAVOIi » et de nombreux artistes de tous horizons lui ont rendu un vibrant hommage. Quelques jours plus tard, dans le parc floral dans Fort-de-France, un autre concert a été donné en sa mémoire.

SOURCE: Philippe Pilotin

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Paulo Rosine Biguine - Jazz / Antilles

Paulo fut un créateur majeur de

son époque, aussi bien en tant

que compositeur qu'en tant

qu'arrangeur. Des productions

récentes à tendance jazz ou "biguine jazz"

font référence à son oeuvre,

sous forme de réarrangement ou de reprise.
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• Paulo Rosine 15 ans déjà

SOURCE:

http://www.afrik.com/musik/paulo-rosine/artiste/2376

 
 
 
 
 
 
 
 
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